‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 157 sur 179 · Donné, Cours de microscopie · texte numérisé non relu

Donné, Cours de microscopie

3. Parmi les brillants élèves formés à leur école, nous pouvons citer Beaunis et Mathias Duval.

4. Plus pratiques que les Allemands, les Français ne s'intéressèrent guère aux études histologiques que lorsqu'ils entrevirent la possibilité de leur application à la pathologie, et c'est à Lebert que nous sommes redevables de ce service signalé. (Voy. Broca, Traité des tnmeni's.) Il fut d'ailleurs généreusement suivi dans cette voie de recherches ; citons parmi les savants contemporains qui ont renouvelé l'anatomie pathologique : Robin, à qui revient le mérite d'avoir trouvé le mode de développement d'une série de tumeurs analogue à celui des glandes ; Virchow, dont la Pathologie cellulaire, après avoir régné quinze ans en souveraine dans la science, fut renversée par Ptccklinghausen et Cohnheim , qui montrèrent les mouvements spontanés des globules blancs et leur sortie hors des vaisseaux dans l'inflammation ; Vulpian et Chavcot, qui ont successivement illustré la chaire d'anatomie pathologique à la Faculté de Paris; Morel, professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg, puis ensuite à celle de Nancy ; Cornil et Ranvier, dont les deux noms sont devenus désormais inséparables.

vailleur qui, après avoir illustré l'enseignement libre, est devenu une des gloires delà Faculté de médecine, protesta énergiquement contre la dernière partie de cette assertion, et pour lui de nouvelles cellules, semblables ou non aux cellules-mères, peuvent prendre naissance dansunblastème vivant, ayant lui-même une origine cellulaire et en état de rénovation moléculaire incessante.

Vers 1846, Reichert, s'inspirant d'idées qui étaient déjà en germe dans Bichat, fit une tentative infructueuse pour réunir dans un même groupe les tissus adipeux, fibreux, tendineux, élastique, cartilagineux et osseux, sous le nom de substance conjonctive i. Plus tard, les travaux de Kolliker et de Virchow, en apprenant aux savants que le tissu osseux peut dériver du tissu conjonctif, commencèrent à préparer les voies dans le sens de Reichert, et elles se trouvèrent entièrement aplanies, lorsqu'en 1851 Virchow et Donders aperçurent chacun de leur côté, bien qu'à rinsul'un de l'autre, des cellules étoilées qui peuvent être envisagées comme l'équivalent des cellules cartilagineuses; et pour démontrer péremptoirement ces connexions texturales, Virchow fit encore voir que, dans la genèse du tissu osseux, aux dépens du tissu conjonctif ordinaire, la néoformation s'effectue par les cellules étoilées de ce dernier.

Enfin la découverte des terminaisons nerveuses dans les muscles striés est encore une conquête de notre époque, et son histoire a eu diverses phases, avant d'arriver au point où nous la rencontrons aujourd'hui. En 1840, Doyère vit chez les tardigrades les fibres nerveuses se terminer par une petite éminence connue depuis sous le nom de colline de Doyère, et six ans plus tard Wagner faisait rejeter du domaine scientifique l'hypothèse des anses terminales pré-

1. De Blainville disait déjà, vers 1830, que le tissu celluleux devenait, ea s'endurcissant, hypo-scléreux (tissus fibreux et tendineux), proto-scléreux (cartilagineux) , deuto-scléreux (osseux).

cédemment décrites (1838) par Valentin et par Emmert. Kûhn aperçut en 1860 sur les insectes des sortes de renflements terminaux assez analogues aux collines de Doyère, et le professeur Rouget annonçait en 1862 * que chez les vertébrés les neifs se terminent, dans les muscles de la vie de relation, par des plaques de substance nerveuse. Ces plaques sont constituées par l'épanouissement du cylinder axis et se présentent sous l'aspect d'une substance g-ranuleuse, de forme ovalaire, ayant de 4 à 6 u. d'épaisseur. La fibre nerveuse se dépouille de sa myéline à un endroit assez rapproché du point d'immersion, et la gaîne de Schwann ou périnèvre de Robin se continue à ce niveau avecle sarcolemme.

Il nous a semblé utile d'attirer Tattention sur ces études d'ordre morphologique; elles constituent sans doute une science encore neuve, mais qui n'en a pas moins réalisé de grands progrès, et pendant qu'à l'étranger les Kolliker, les Rokitansky, les Yirchow, etc., se sont efforcés de soulever peu à peu le voile qui nous dérobe la solution de ces problèmes ardus, MM.Ranvier et Ch. Robin, à Paris, exposent avec un rare talent, l'un au Collège de France, l'autre à la Faculté de médecine, les acquisitions nombreuses que fait l'histologie.

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