‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 171 sur 179 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

Le xix*^ siècle chirurg-ical ne le cède sous aucun rapport à ceux qui l'ont précédé; des travaux nombreux, des découvertes de premier ordre, permettent à 'l'art de se développer librement, et la pathologie, la thérapeutique, la cHnique elle-même, lui tendant une main secourable, apparaissent comme de puissants auxiliaires aux hommes qui le cultivent. Quelle étonnante rapidité dans cette évolution! Nous avons vu naguère la chirurgie franchir d'un bon impétueux l'intervalle immense qui sépare l'enfance de l'âge adulte ; aujourd'hui les procédés dont elle dispose sont au moins aussi perfectionnés que ceux de la médecine elle-même. Généreuse initiatrice du progrès, la France a applaudi aux eilorts des autres nations pour rivaliser avec elle; mais n'oublions pas que notre patrie tenaille premier rang à une époque rapprochée de nous, et qu'elle n'a encore à ce sujet rien à envier aux peuples voisins. La plupart des auteurs se sont brusquement arrêtés dans le cours de leurs investigations au seuil de notre siècle, comme s'ils n'eussent osé le franchir ; seule parmi toutes

les branches médicales , la chirurgie contemporaine a trouvé dans M. le docteur J. Rochard un historien véridique et éclairé. Ce savant s'est ainsi efforcé de combler une regrettable lacune^ en retraçant brillamment dans un livre, que l'on aimerait à voir entre les mains de tous les praticiens, le prodigieux mouvement d'idées et les conquêtes remarquables qui^ depuis quatre-vingts ans environ, ont transformé cet art *.

Les places qu'occupèrent les chirurgiens éminents duxvni'' siècle restaient vides, et c'est aux champs de batailles qu'il faut demander les noms des médecins militaires attachés à la fortune et au triomphe de nos armées : Heurteloup (17o0-1812) -, Percy (1754-1820)% J.-D. Larrey (1766-1842) * réprésentent ces opérateurs habiles et intrépides qui excitèrent l'admiration de TEurope. Mais où chercher ce lien nécessaire, ce trait d'union indispensable entre l'Ecole de chirurgie déjà éteinte et l'avènement de Dupuytren qui se prépare, sinon dans ces hommes, fidèles continuateurs de l'œuvre de Desault et ennemis déclarés de toute innovation : Pelletan (1747-1829), Sabatier (1732-1811), Boyer (4757-1833)% etc., étaient les plus

1. J. B.ochaid, Histoire de la chlrurijie française au XIX^ siècle. Etude historiqueet critique sur les jtrogrès faits en chirurgie et dans les sciences qui s'y rapportent, depuis la suppression de V Académie Royale de chirurgie jusqu'à Vépoque actuelle. Paris, 187ô.

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