‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 172 sur 179 · Voy. Notice biographique, par Bégin · texte numérisé non relu

Voy. Notice biographique, par Bégin

3. Les œuvres de Percy se trouvent indiquées daas Ch. Laurent, Hist. de la vie et des ouvrages de Perey, composée sur les manuscrits originaux. Versailles, 1837. — Eloge par Pariset, Histoire des membres de V Académie de Médecine. Paris, 1850.

4. Pour les détails concernant sa vie et ses ouvrages, voir i?ioyr. méd.., Hist. du Consulat et de V Empire, de Thiers, etc.

6. Nous pourrions joindre à ces noms celui d'Antoine Dubois (1756-18.37), si son caractère, diamétralement opposé à celui des hommes que nous venons de citer, ne lui créait une place à part. Aventureux et passionné pour l'indépendance, Dubois s'est surtout illustré comme accoucheur; il assista à la naissance du roi de Rome.

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célèbres crentreeux, et s'ils ne se firent remarquer ni par l'originalité de leur talent, ni par la profondeur de leurs vues, ils n'en coordonnèrent pas moins les conquêtes de leurs prédécesseurs pour donner à leurs élèves une instruction solide et des sentiments élevés.

L'aigle de la chirurg-ie contemporaine parut enfin et soutint vingt ans l'admiration du monde. Dupuytren (1778-1835) * sortit en effet victorieux de ces brillants concours que la valeur et la distinction même des candidats rendirent à tout jamais mémorables. L'anatomie normale, ranatomie pathologique, séduisirt^nt son esprit attentif et perspicace, et on croyait déjà entrevoir en lui un digne émule des Laennec et des Cruveilhier, lorsque la destinée lui réserva d'autres devoirs et par cela même d'autres triomphes. iVppelé à occuper la chaire de clinique chirurg-icalc, on le vit déployer à l'Hôtel-Dieu une activité jsaisissante. La droiture de son jugement n'avait d'ég-ale que la fermeté de sa main et son impassibilité dans le danger. Dupuytren fascinait ses élèves par l'admirable clarté et la méthodique précision de l'enseignement, non moins que par la profondeur et la hardiesse da diagnostic. Toujours en garde contre lui-même et se défiant de ses lumières, il ne se prononça jamais qu'après avoir tout prévu, calculé et mûri. Cette même réserve, cette prudence admirable, m'apportait d'ailleurs dans les opérations, n'aimant à en user que lorsqu'une impérieuse nécessité le lui commandait, et les exécutant dans ce cas avec une dextérité remarquable. Clinicien complet en un mot, on lui a reproché avec raison d'être peu communicatif, froid et presque

1. Voir pour la biographie de Dupuytren : Eloge, par Pariset; — Essai historique de Vidal de Cassis, Paris, 1835 ; —Dupuytren, par Malgaigne, dans la Nouvelle BiograpMe générale, Paris, 1856 ; — Discours prononcé àVinau* guration de sa statue pav'H.i])^). Larrey. Paris, 1869.

ombrageux envers les élèves; mais cesdéfauts réels furent bien compensés par cet ensemble de qualités qui firent de lui le promoteur d'une chirurgie nouvelle. Inutile d'interrog-er ses écrits pour se rendre compte de sa célébrité * ; ses inventions ne firent pas non plus époque dans l'histoire^, et c'est dans l'homme lui-même, dans le charme et la profondeur de ses leçons, dans les nombreux élèves qu'il a formés et le niveau de Fart qu'il a relevé; c'est, disons-nous^ dans cet édifice chirurgical qu'il s'est étudié à simplifier et à enrichir, qu'il convient de chercher le prestig'e attaché à son nom et à son école.

De son vivant, plusieurs chirurgiens furent tenus à l'écart, par suite du soin jaloux que mettait Dupuytren à les éclipser : de ce nombre furent Richerand (1779-1840)'', personnalité plus remuante que considérable, et à laquelle la chirurgie n'est redevable d'aucune invention; Roux (1780-18o4) *, opérateur d'une extrême habileté, et malheureusement un peu téméraire, qui eut le mérite de vulgariser les résections osseuses, et introduisit la staphylloraphie dans la pratique chirurgicale; Lisfranc (1790- 1847)^, si honorablement connu pour la rig^ueur et la

1. Dupuytren a fort peu écrit : sa thèse de concours sur la iithotomie, quelques mémoires se rapportant aux fractures du péroné, à une nouvelle méthode de traitement des anus accidentels [Mém. de VAcad. de Méd. Paris, 1828, tome I, p. 259), aux étranglements herniaires, par le collet du sac, constituent à peu près tout le bilan de ses œuvres. Il légua à ses disciples le soin de n(>us transmettre ses idées : Brierre de Boismont et Buet publièrent ses Leçons de cUniqve chirurgicale. Paris, 1832, 4 vol. in-8. — 2e édition par Brierre de Boismont et Marx. Paris, I83G, G vol. in-8.

2. Parmi les rares innovations qui lui ont survécu, citons la résection des os de la face, l'entérotomie, la section sous-cutanée du sterno-mastoïdicn, la substitution de la ligature à l'amputation dans les fractures compliquées par des lésions artérielles.

3. Voir son Mo{/e, par Dubois (d'Amiens), .Mémoires de V Académie de JJèdeciiie.

4. Mentionnons parmi ses biographes Jules Cloquet, Dubois (d'Amiens), Malgaigne, Marjolin.

5. Consulter, au sujet de Lisfranc, le Discours jjrononré à ses funérailles

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précision mathématique de ses méthodes, et à l'heureuse initiative duquel nous devons des règ-les utiles pour la désarticulation de l'épaule, du poignet, delà hanche, pour l'amputation partielle du pied, l'amputation du col de l'utérus, l'ablation du cancer rectal, l'excision des hémor-

rhoïdes, etc Signalons encore Sanson (1790-1841) et

Jules Cloquet(1790) à Paris; Delpech (1777-1832)' et Lallemand (1790-1853), à Montpellier. Ces deux derniers, envoyés à la province par la capitale, tinrent haut le sceptre de la chirurg-ie, et la réputation de Delpech ne fut pas sans porter ombrage à Dupuytren lui-même. C'était, en effet, un merveilleux opérateur, mais ses écrits sont diffus; le manque de méthode, le défaut d'enchaînement déparent tous ses ouvrages. Lallemaud,espritaventureux, d'une originalité puissante, fut, dit Courty, « le type accompli du professeur de clinique », et ses œuvres resteront comme des modèles de logique et de profondeur. La science lui doit un procédé d'autoplastie par inclinaison du lambeau sans torsion du pédicule, l'idée de la transformation du tissu éreclile en tissu fibreux à l'aide d'aiguilles qui le traversent, des modifications heureuses dans le traitement des rétrécissements uréthraux par les caustiques, et les premières recherches pour la guérison des fistules vésico-vaginales. Son Traité des pertes séminales est un des plus beaux monuments de la médecine contemporaine, bien que l'auteur y exagère la fréquence et la gravité de ces sortes d'accidents -.

par Pariset. — Réveillé-Parise , Galirie médicale , in Gazette médicale^

1. Voy. pour sa biographie : Parallèle de Delpech et de Bupuytren, par le prof. Bouisson(1841). — Eloge académvjrte y^^v Béclaid {Mém. deVAca^ demie de Médecine, tome XXVII. — Dezeimeris, Dict hist., etc.

2. Lallemand, Des pertes séminales involo7itaires.Y^.ïis,\'6iÇ,-\iîi2,?,v6\..m-%. Broca, à la Société de Chirurgie, et Courty, à la séance de rentrée de la

Les hommes qui se présentèrent pour recueillir l'héritag-e dn chirurg^ien en chef de l'Hôtel-Dieu imprimèrent à l'art une impulsion réelle, bien qu'aucun d'eux ne pût encore prendre en main la direction du mouvement, à la façon d'un chef d'école. S'il fallait pourtant assigner un successeur à la glorieuse personnalité qui venait de s'éteindre, tous les regards se tourneraient assurément vers Velpeau (1795-1868) '. Lui seul en effet nous semble posséder une somme de qualités suffisantes pour faire oublier jusqu'à un certain point la grande fig-ure de Dupuytren. Professeur et écrivain, Yelpeau éleva l'art chirurgical à son apogée *. Doué d'une intelligence pénétrante, et homme du devoir avant tout, nul, plus que lui, n'apporta dans l'exercice de ses fonctions une exactitude rigide et une abnégation absolue. Son œuvre écrite est des plus vastes''. La pathologie des tumeurs et l'étude des maladies du sein lui sont redevables de précieux éclaircissements.

Faculté de Montpellier, ont fait l'un et l'autre un éloge de Lallcmand qui ne laisse à peu près rien à désirer, ni pour le fonds, ni pour la forme.

1. On peut consulter, en ce qui concerne Velpeau : le Discours pronoticé à la séance annuelle de rentrée de V Ecole de Médecine et de Pharmacie de Tours, le 28 novembre 1867 ; V Eloge prononcé à la séance solennelle de la Société de Chirurgie, le 20 janvier 1869, par U. Trélat ; VEloge prononcé à la séance annuelle de V Académie de Médecine, le 15 décembre 1868, par J. Béclard ; les Discours de Nélaton, Kichet, Longet, Husson, Guyon, insérés dans diverses revues médicales, et notamment dans la Gazette heidumadaire, 1867.

2. « La parole de Velpeau, comme professeur, dit Richet, était claire, « abondante, facile ; c'était le professeur classique par excellence ; sa mé- « thode était sûre et rarement il en déviait. On lui a reproché de s'enfermer « toujours dans le même cadre. C'est un reproche immérité, et, de plus, « c'est une erreur de ceux qui ne l'entendaient que rarement. Son esprit, « au contraire, essentiellement chercheur et ami du progrès, se laissait souci vent aller loin des sentiers battus : il avait même une prédilection mar- « quée pour les esprits inventifs, qu'il recherchait avec ardeur. »

3. Velpeau, Nouveaux éléments de médecine opératoire, 2" édition, Paris, 1839. — Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, 3« édition. Paris, 1837. — Traité complet de Vart des accouchements, 2« édition, Paris, 1835.

VeJpeau contribua en outre à faire connaître l'infection purulente et à vulgariser les injections iodées ; signalons aussi ses travaux sur la fièvre urélhrale et sur les phlegmons de la main: « Jamais, dit Trélat, il n'entraîna la science qu'il cultivait dans des voies dangereuses ou décevantes ; il en accrut le domaine sans le compromettre ».

A ses côtés, mais sans pouvoir être mis en parallèle avec lui, nous trouvons :

Gerdy (1797-1856) ', célèbre pathologiste, qui ne parvint jamais à devenir un grand chirurgien ;

Blandin (1798-1849)», réputé pour ses opérations autoplastiques, et dont le Traité daimtomie chirurgicale, bien qu'inférieur à celui de Velpeau, n'est pas absolument dénué d'utilité et d'intérêt:

Auguste Bérard (1802-1846), prématurément enlevé par la mort, et qui laissait déjà entrevoir une intelligence d'élite " ;

Stanislas Laugier (1799-1872) *, esprit ingénieux, enclin aux recherches et aux innovations ;

Jobert de Lamballe (1799-1867) », auquel la vulgarisation de l'emploi du fer rouge dans les affections utérines, la suture intestinale avec adossement des séreuses et la cure radicale des fistules vésico-vaginales assurent la reconnaissance des chirurgiens ^ ;

1. 1.' Éloge de Gerdy fut prononcé à la Société de Chirurgie par Paul Broca, et a l'Académie de Médecine par Jules Béclard.

2 Voir discours de Laugier et d'Isidore Bourdon sur la tombe de Blandin, m Gazette des Hôpitaux, 1849.

3. Bérard le p-emier conçut l'idée de la fondation de la Société de. Chirurgie ; elle se constitua sous sa présidence, le 23 août 1843.

4. Laugier eut pour panégyristes Nélaton, Broca, Félix Guyon Verneuil 5 Le prof. Eichet a prononcé, le 14 avril 1868, V Éloge deJohert de Lam.

balle, a la Faculté de Médecine.

6. Voir son Eloge par A. Guérin et les discours prononcés sur sa tombe.

Amussat (1796-1856), dont le nom se rattache aux premiers essais de iithotritie ;

Et Vidal de Cassis (1803-1856) ', Fauteur du fameux Traité de pathologie externe^ qui a servi de guide à plusieurs générations médicales.

Mais il est un homme qui, par l'importance de ses études, et par son influence sur l'histoire de la chirurgie, mérite de nous arrêter : Malgaigne (1806-1865)^ fut un esprit à la fois étonnant et insaisissable. Doué d'une prodigieuse aptitude pour le travail, ce n'est cependant ni comme clinicien, ni comme opérateur qu'il s'illustra ; il dut seulement à sa vaste érudition et à son talent éprouvé dans l'art de la parole, la grande part qui lui revint dans l'évolution scientifique de son pays. Plein d'un immense savoir, cri tique fin, polémiste hardi, Malgaigne joignait l'éloquence du tribun aux séduisantes qualités de l'homme de lettres. Une série de publications importantes témoignent de son zèle infatigable et de ses labeurs incessants.. Son Manuel de médecine o;9e>«^oeVe atteignit huit éditions successives ^, et fut traduit en toutes les langues; c'était, en effet, le traité le plus original et le plus au courant de la science qu'on eût jamais vu. Signalons encore son Traité des fractures et luxations'', son ouvrage sur les hernies, ses

— Jobcit, Traité de ehirurgie plastique. Paris, 1841» , 2 vol. iu 8, avec Atlas in fol. — Traité des fistules résico-ntérincs, résico-vtéro-vaglnales, entérO'Vaginales et recto- vaginales. Paris, 1852, 1 vol. iu8. — De la réunion en chirurgie. Paris, 18t)4:, in 8.

1. Vidal, Traité de 'pathologie externe et de médecine opératoire avec des résvmés d'anatomie des tissus et des régions. 5e édition, par S. Fano. Paris, 1861,6 vol. in 8.

2. Consulter pour sa biographie 1h Discours prononcé à ses funérailles par Velpeau ; V Eloge prononcé par le prof. Jarjavay, à la séance de rentrée de la Faculté de médecine, le 3 novembre 1866 ; le Discours de Denonvilliers, à l'ouverture de ses Leçons de médecine opératoire.

3. Son gendre, le professeur Léon Le Fort, a publié la dernière.

4. Malgaigne, Traité des fractures et luxations. Paris, 1847-18Ô4.

leçons d'orthopédie, son Traité d'anatomie chirurgicale * et la belle édition des Œuvres complètes dA. Paré, véritable chef-d'œuvre historique, où la facilité et l'élégance du style rehaussent la profondeur des pensées *. Malgaigne, ainsi que l'a montré Yelpeau^, attira l'attention des praticiens sur les inconvénients et les difformités finales, qui peuvent être les conséquences naturelles des opérations, et s'efforça de faire prévaloir les statistiques bien faites en chirurgie.

S'il fut avant tout un savant, Nélaton (1807-1873) '% \n\, n'a été qu'un praticien, mais un praticien que la fortune parut environner de ses plus singulières faveurs; sa vraie popularité, sa renommée universelle datent de Tépoque où il fut appelé auprès de Garibaldi *. Cet événement imprévu, la perspicacité dont il fit preuve en cette circonstance, donnèrent tout à coup à son nom un retentissement sans égal, et le temps seul lui fit défaut pour suffire à toutes les exigences d'une clientèle aussi nombreuse que choisie. Entraîné par le tourbillon d'une vie active, Nélaton n'eut pas

1. Malgaigne, Traité d" anatomir, chirurgicale et de chirurgie expérimentale^ 2» édition. Paris, 1859.

2. Paré, Œtovres complètes, revues et collationnées sur toutes les éditions, avec les variantes. Paris, 1840, 3 vol. gr. in 8.

3. Voy. pour Nélaton : la Notice historiqiie lue à la séance publique de V Académie de Médecine, le -1 juin 1878, par J. Béclard, et l'Eloge prouoncéle 19 janvier 1876, à la Société de Chirurgie, par Félix Guyon. Consulter également l'art. Nélaton, in i?tc^. encycl. dex sciences médicales, II« série, tome 12.

4. Au combat d'Aspromonte, le général Garibaldi avait reçu un coup de feu dans l'articulation tibio-tarsienne droite. Ses médecins ordinaires (Cipriani, Ripari, Albanesse) niaient la présence de la balle, et l'état du malade s'aggravait tous les jours. Le chirurgien anglais Patridge et le chirurgien russe Pirogoff, appelés auprès de Garibaldi^ partagèrent l'opinion de leurs confrères italiens, et l'amputation était décrétée , lorsqvi'on manda Nélaton par dépêche. Après un examen minutieux, ce dernier parvint à déterminer le siège précis de la balle, dont un traitement approprié favorisa l'expulsion .

]e loisir d'écrire. Rappelons pourtant, parmi les sujets qu'il s'appliqua plus spécialement à approfondir, l'étude des polypes naso-pharyngiens et des hématocèles retro-utérines; mentionnons aussi ses ingénieux procédés autoplastiques, ses remarquables leçons sur l'ovariotomie , les modifications qu'il apporta à l'opération de la taille (taille prérectale).

Avant de clore cette liste abrégée des chirurgiens défunts, il convient d'accorder au moins un souvenir à Jarjavay (1819-1868) ; ii Alphonse Robert (1801 1862) i jàMichon (1802-1866) ; à Rouvier '; à Ghassaignac (1804-1879)^ à Demarquay * ; à Follin (1823-1867)'' ; à Rroca (1824-1880), illustres morts, dont la science conserve les noms avec respect, parce qu'ils ont vigoureusement travaillé à l'édification de ses monuments ! Rroca, l'homme éminent, le chirurgien érudit qui, hier encore, captivait ses auditeurs de l'hôpital Necker par l'attrait irrésistible d'une parole pure , concise et correcte ; le fondateur de cette école d'anthropologie qu'il dota de curieuses recherches sur les origines ethnologiques de notre population , sur le poids relatif du cerveau des Français et des Allemands, sur la

1. Verneuil a lu V Éloge d'Alph. Eobert à la Société de Chirurgie, le 20 janvier 1864,

2. Bouvier, Ltçons cliri'iqves niir les maladies chroniqnes àe rajjparei locomoteur. Paris, 1858, 1 vol. in-S, avec Atlas in folio de 20 pi.

.S. L'inventeur de l'écrasement linéaire et l'ingénieux créateur du drainage chirurgical. Voy. VÉlor/e prononcé à la Société de Chirurgie par M. Horteloup, secrétaire général, le 18 janvier 1882.

4. Demarquay, Essai dcpneumatologie médicale. Recherches physiologiques, cliniquex et thérapeutiques sur Icsgaz. Paris, 186G, 1 vol. in-8. — De la régé.nèration des organes et des tissus en physiologie et en chirurgie. Paris, 1873,1 vol. in-8. — Traité des tumeurs de Vorbite. Paris, 1860. — Bêla glycérine et de ses applications à la chirurgie et d la médecine. Paris, 1868,

5. Les recherches de Follin sur l'ophthalmoscopie ont fait justement époque, et ce savant a dévoilé, par sa collaboration à un des ouvrages qui tiennent le plus de place dans l'histoire de la chirurgie contemporaine, un jugement droit et un profond savoir. Voir Moge de Follin par Verneuil ,

capacité des crânes prussiens à diverses époques^ etc. ; Broca, disons -nous^ que sa précieuse collaboration au magnifique Atlas d'anatomie descriptive suffirait à immortaliser, s'il n'était l'auteur de ce beau Traité des anévri/smes (i8o6) couronné par l'Institut, et de cet ouvrage sur les tumeurs (1866) que n'eût pas renié le plus grand d'entre les écrivains chirurgicaux ',

De nos jours, d'illustres représentants del'enseig-nement officiel attirent encore autour de leurs chaires un groupe nombreux d'élèves et de praticiens, dont l'assiduité redit assez haut dans quelle estime ils tiennent ces maîtres de la chirurgie française.

Richet, l'infatigable travailleur , l'élève éminent de Velpeau, a conquis une brillante position non moins par la publication de son Traité d'anatomie chirurgicale que par les aperçus élevés et les idées lumineuses qu'il a su répandre sur diverses questions pratiques, et vouloir dresser un inventaire de toutes ses recherches, reviendrait à parcourir le cadre tout entier de la chirurgie 2.

La Clinique chirurgicale àe Gosselin' est aujourd'hui entre les mains de tous, et chacun peut juger par lui-même de la remarquable expérience et du réel talent de son auteur.

Quant à Yerneuil, il s'est fait l'apôlre autorisé de l'in-

1. Dans ses localisations cérébrales, Broca a marqué la place de l'organe de la parole et lui a assigné pour siège la troisième circonvolution frontale, dite circonvolution de Broca. Voy. les Discoursprononcés à ses obsèques par MM. Verneuil et Trélat.

2. Signalons ses études sur les ankyloses , les tumeurs blanches, les luxations, ses remarquables leçons publiées dans diverses revues. Voy. les articles Anévrysmes, Carotides, Clavicule du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques publié par le D"" Jaccoud.

3. Gosselin, Clinique chirurgicale de V hôpital de la Charitc, 3« édition. Paris, 1878. — Voyez aussi les articles J»iW, Blepharite, Conjonctivite, Crurale, Erysipèle, Ophthalmie, Os, Mectum, du Nouveau Dictionnaire di' médecine et de chirurgie pratiques, publié par le D"^ Jaccoud.

fluence exercée par les diathëses sur les affections dites chirurgicales , déduisant de cette influence même de précieuses données relatives aux indications etaux contreindicationsthérapeutiques. Yerneuil est d'ailleurs le maître à suivre pour la pratique journalière; il s'étudie toujours, aussi biendansses opérations que dans ses leçons cliniques, à se mettre à la portée de ceux qui le regardent et l'écoutent.

Le Fort et Trélat se sont conciliés l'estime et l'admiration même de leurs disciplespar la remarquable lucidité de leur enseignement et le soin qu'ils y apportent.

Félix Guyon ' et Duplay , bien que derniers venus dans notre école , s'y étaient déjà honorablement fait t'onnaître par leurs travaux antérieurs.

Nous citerons encore Armand Desprès -, élève de Velpeau et de Nelalon, à qui ses nombreux travaux sur la chirurgie, la syphilis, etc., assurent une place dans la science contemporaine ^.

Mais ce serait une erreur de croire qu'il suffit de retracer l'évolution de la chirurgie parisienne, pour donner

1. Félix Guyon, Leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires. Paris, 1S80, 1 vol. gr. in-8. — Eléments de chirnrgie clinique, comprenant le diagnostic chirurgical, les ojyérations en général, Vhygiène, le traitement des blessés et des opérés. Paris, 1873.

2. A. Desprès, Traité de Véiysipèle, Paris, 1862. — La Chirurgie journalière, leçons de clinique chirurgicale, 2' édition. Paris, 1881. — Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicale (arec le Dr Bouchut). — La Prostitution en France. Paris, 1883.

3. En dehors même de cet enseignement officiel, il est des hommes qui se sontacquis unejuste notoriété en chirurgie. De ce nombre sont :

Maisonneuve, dont le nom se rattache à de nombreux et importants travaux, tels que le cathétérisme sans conducteur, la cautérisation en flèches pour l'ablation des cancers, etc. . . ;

Alphonse Guérin, à qui revient l'honneur d'avoir préconisé les pansements ouatés (ils offrent le double avantage de filtrer l'air au voisinage de la plaie et d'exercer une douce compression sur la plaie elle-même) ;

Péan, l'élégant opérateur.l'ovariotomiste distingué, dont les brillants succès sont connus de tous.

Galezowski, professeur d'ophthalmologie à l'Ecole pratique, qui occupe parmi les spécialistes un rang aussi élevé qu'honorable, etc.

une idée à la fois exacte et complète de ce que dut être le mouvement chirurgical du monde. La province, l'étranger eurent des praticiens dignes de rivaliser avec la capitale de la France et apportèrent leur contingent de travaux et de découvertes à l'édifice commun.

Nous avons signalé Delpech et Lallemand à Montpellier; Bouisson i, Gourty, Dubrueil 2, etc., continuent leurs glorieuses traditions dans la célèbre Faculté du Midi.

C'est à Strasbourg- que Sédillot ^ s'est fait sa renommée, et Eigaud, Ilergott, aujourd'hui professeur à la faculté de médecine deNaucy,Kœberlé *, etc., s'y sont illustrés de même dans les diverses branches de la chirurgie.

Gensoul, Amédée Bonnet % Valette ", Ollier, assurèrent enfin à l'Ecole de Lyon cette position favorable qu'elle occupe avec honneur depuis un demi- siècle.

Quelque brillantes que puissent être les illustrations chirurgicales étrangères de la période que nous étudions, il en est une qui les efface toutes, c'est celle d'Astley Gooper (1768- 1843), l'émule de Dupuytren et le plus célèbre représentant

1. Bouisson, Tribut à la chirurgie. Paris, 1858, 2 vol. in 4. — Traité de la méthode anesthésiqua apjdupiée à la chirurgie et aux différentes ir anches de Vart de guérir . Paris, 1850, in-8.

2. Dubrueil, Des anomalies artérielles. Paris, 1847, 1 vol. in-8, avec Atlas in-1: de 17 pi. col.

o. Sédillot, De V infection purulente ou pyoémie. Paris, 18-19, 1 vol. in-8. — Traité de médecine opératoire, iandages et appareils, 4e édition. Paris, 1870, 2 vol. in-8. — De V évidement sous-périoste des os, 2^ édition. Paris, 1867, 2 vol. — Contributions à la chirurgie. Paris, 1869, 2 "vol. in-8.

4. Kœberlé, De V Ovariotovi'ie {Mém. de VAcad. de méd., in-8. Paris, 1863, tome XXVI, p. 321 à 472, avec 6 pi.), et Des maladies des ovaires et de V Ovariotoinie. Paris, 1878, 1 vol. in-8.

5. Amédée Bonnet, Traité des sections tendineuses et musculaires, Paris, 1841, I vol. in-8. — Traités des maladies des articulations. Lyon, 1845, 2 vol. in-8, avec Atlas in-4 de 16 pi. — Traité de thérapetitique des maladies articulaires. Paris, 1853, 1 vol. in-8. — h ouvclles méthodes d« traitement des maladies articulaires , 2^ édition. Paris, 1860, iu-8. — Traité pratipte de la cautérisation. Paris, 1856, 1 vol. in-8.

6. Valette, Clinique chirurgicale de V HôteUDieu de Lyon. Paris, 1875.

362 LA MÉDECINE CONTEMPORAiNE,

de l'école de Hunter '. Après lui surgirent encore en Angleterre Lawrence, Brodie, Travers, Liston, Th. Holmes *, Henry Thompson, ' etc., *.

L'Amérique se glorifie de Valentine Mott (1785-1865), de Ashurst, ^ de Hamilton "^ ;

La Suisse, de Mayor de Lausanne (1775-1846).

L'Allemagne s'est distinguée elle-même par des productions originales émanant d'hommes tels que de Grœfe (1787-1840), Langenbeck (1776-1850), Dielfenbach (1795- 1847), etc..

En embrassant par un coup d'œil synthétique les innovations chirurgicales de ce siècle, on est vivement frappé de leur nombre et de leur importance. L'introduction dans la pratique de l'anesthésie chirurgicale \ la découverte de

1. A. Cooper s'adonna spécialement à l'étude des hernies et des fractures.

2. Holmes, Tliérapeiitiquc des maladies chirnrgicales des enfants, trad. et annoté par le D'' O. Larcher. Paris, 1870, 1 vol. in-8.

3. H. Thompson, Traité pratique des maladies des voies nrinaires, 2" édition. Paris, 1881, 1 vol. in-8.

4r. Un chirurgien de Londres, Lister, se basant sur les expériences si concluantes du grand chimiste français, M. Pasteur, relativement aux germes et ferments atmosphériques, susceptibles d'arriver au contact du pus et de déterminer sa putréfaction, a imaginé un pansement antiseptique, dont le but est d'empêcher, au moyen de l'acide phénique, le développement des bactéries au niveau des plaies.

5. Ashurst, Encyclopédie internationale de cJiirnrgie. Paris, 1883-188é, 6 vol. gr. in-8, avec figures. Œuvre considérable qui réunit les plus grands noms de la chirurgie française et étrangère.

6. Hamilton, Traité des fractures et des luxations ; trad. par le D'' G. Poinsot. Paris, 1883.

7. A l'instigation duD'' Jackson, le dentiste Mortou employa le premier et avec plein succès l'éther sulfurique comme moyen d'anesthésie dans l'extraction des dents (18i6). L'année suivante, Malgaigne et Velpeau firent part de leurs résultats obtenus par l'éthérisation, le premier à l'Académie de Médecine, le second à l'Institut, et presque en même temps, Flourens constatait les effets physiologiques à peu près analogues d'un corps jusqu'alors T^QU coiwin, \e c\ûovoiorxîiQ {Comptes rendus à VAcad. des sciences, 1847' tome XXIV), que Simpson, professeur d'obstétrique à Edimbourg, ne tarda pas à substituer à l'éther dans la pratique chirurgicale.

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