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CHAPITRE VII

Les Gaulois possédèrent de célèbres philosophes et théologiens connus sous le nom de Druides; ceux-ci furent à la fois juges, sacrificateurs et médecins.

1. oc Tl existe en Chine un médicament appelé Ling-pao-jou-y-ion, c'està-dire trésor surnaturel ponr tous les désirs. C'est un sudorifique très puissant. Il se vend au poids de l'argent et sous la forme de globules. — Un Seul de ces petits globules longs, réduit en poudre, et mis dans le nez comme une prise de tabac, occasionne une si longue suite non interrompue de vio. lents éternuments, que bientôt tout le corps entre en transpiration ; et lorsque entin, après cette crise sternutatoire, on revient à soi, on se trouve comme inondé de sueur. On se sert encore de cette poudre pour voir si un malade

Pline nous enseigne que le gui de chêne * était fort en honneur parmi eux, et on le considérait comme un excellent remède à la stérilité et aux morsures ; aussi la récolte en fut-elle accompagnée de cérémonies bizarres. On fit grand usage aussi d'un végétal, selago^ offrant de grandes analogies avec la sabine ^.

César, de son côté, nous apprend ^ que lorsque quelque Gaulois se trouvait gravement malade, il formait le vœu d'offrir un sacrifice humain, et les Druides consentaient à devenir les instruments de ces horribles immolations, ce qui a fait dire à Plutarque :

« N'eût-il pas mieux valu, pour les Gaulois, n'avoir jamais connu de dieux, que de croire qu'ils aimaient à se repaître du sang des hommes, et de regarder les victimes humaines comme le sacrifice le plus parfait qu'ils puissent leur offrir? »

est en danger prochain de mort : si une prise, disent les Chinois, est incapable de le faire éternuer, il mourra certainement dans la journée ; s'il éternue une fois, il. n'y a rien à craindre jusqu'au lendemain ; enfin l'espoir augmente avec le nombre des éternuments. » (Hue.)

1. a Rien n'était plus sacré à leurs yeux que le gui excessivement rare qui vient sur le rouvre, qu'ils appelaient d'un nom signifiant remède iiniversel. Quand on en avait découvert un, on le cueillait en grand appareil le 6e jour de la lune. On préparait, sous le rouvre, selon les rites, des sacrifices et des festins, et l'on y amenait deux taureaux blancs dont les cornes n'avaient pas encore été attachées. Le prêtre, en vêtements blancs, montait sur l'arbre, et avec une serpe d'or détachait le gui, que l'on recevait en bas sur une soie blanche. Puis on immolait les victimes en implorant la faveur du Dieu. » [La Gaule et les Gaulois, d'ajjTcs les écrivains grecs et latins. Paris.)

2. La verveine, le samolus furent encore, aux yeux des Gaulois, des plantes sacrées. (Voir Pline, L. xvi, 95 ; XXIV, 62, 63 ; LXIT, LXill.) — L'oursin pétrifié fut considéré comme un précieux talisman.

3. Oésar, De bello gallico. Livre VI. — Les victimes étaient ou frappées par le glaive ou brûlées dans d'immenses mannequins d'osier. Un autre genre de sacrifice consistait à acheter quelque misérable que l'on nourrissait pendant une année entière aux frais du Trésor. Le jour de l'immolation arrivé, il était promené dans la ville , puis conduit hors des murs et mis à mort.

L'antiquité druidique remonte à une époque inconnue ; suivant Aventinus, il y avait eu un collège de Druides sous un certain llerman ou Hermion, roi des Allemands, que certains historiens prétendent avoir été contemporain lui-même du patriarche Jacob. La date qui rappelle la chute de leur ministère offre les caractères d'une certitude beaucoup plus grande : Pline ^ et Suétone '^ disent, en effet, que les empereurs Tibère et Claude rendirent contre eux de sévères édits qui les forcèrent à s'exiler ou à mourir.

A côté des Druides, les Gaulois, suivant Diodore de Sicile 3, ont aussi des devins quijouissent de la plus grande vénération. Ces devins prédisent l'avenir par le vol des oiseaux et par l'inspection des entrailles des victimes. Lorsqu'ils veulent présager quelque grand événement, ils immolent un homme en le frappant à la région sus-diaphragmatique, et rendent ensuite leurs oracles d'après la chute delà victime, les convulsions des membres et l'écoulement du sang, fidèles à la tradition antique et à la foi de leurs sacrifices.

Quoique rudes à la fatigue et d'un caractère hautain, les Gaulois s'adonnent à leurs appétits brutaux. Diodore ajoute que, « malgré la beauté de leurs femmes, ils ont très peu de commerce avec elles, mais se livrent à la passion la plus absurde pour le sexe masculin, et couchés à terre sur des peaux de bêtes sauvages, ils ont d'habitude, de chaque côté, un compagnon de lit. Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'au mépris de toute pudeur naturelle, ils prostituent ainsi avec insouciance la fleur de la jeu-

1. c( Tibère supprima les Druides et toute cette race de deviDS et de médecins. » (Pline.)

2. ce Après lui, Claude abolit complètement, dit Ruétone, cette religion si cruelle. »

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