HIPPOCRATE ; SA VIE ET SES COMMENTATEURS
Hippocrate naquit à Cos, la première année de la 80*^ olympiade, 30 ans avant la guerre de Péloponnèse et 460 av. J.-G. *. Si les auteurs sont à peu près unanimes à fixer cette date, nous devons avouer notre ignorance sur l'époque précise de l'année où le père de la médecine vit le jour. Soranus de Gos se contente de nous dire que c'est sous le règne d'Abriadès, le 26 du mois Agrianus, qui est d'ailleurs le seul dont le nom nous ait été conservé.
La généalogie d'Hippocrate est au reste fort obscure. Il eut pour père Héraclide, pour mère Praxithée ou Phénarète, et fut, dit-on, le i8^ descendant d'Esculape, du côté de son père, le 19" descendant d'Hercule par sa mère ^. Ses
1. Histomaque assigne cette date à la naissance d'Hippocrate.
Voy. Guardia (J.-M.), La Médecine à travers les siècles, Histoire et philosojfhie. Paris, 1865.
2. D'après Soranus, Hippocrate serait le 19° descendant d'Esculape et le 20« descendant d'Hercule .
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fils, Thessalus et Dracon P', passent pour avoir joui d'une grande réputation et ont laissé un certain nombre d'écrits. Quant à son gendre Polybe, sa participation à la collection Hippocratique est considérée par Littré comme certaine.
Le divin Hippocrate n'eut pas pour seul maître son père Héraclide ; il fut instruit en outre dans l'art médical par Hérodicus de Sélymbrie, dans l'éloquence par le sophiste Gorgias, et dans la philosophie par Démocrite, ainsi que nous l'apprend Celse '. On connaît peu de détails sur sa vie : il parcourut, paraît-il, diverses villes grecques de l'Europe et de l'Asie^; à en croire Erotien, voyagea également en Afrique, recueillit de précieuses observations, et retourna enfin dans sa patrie ^, oîi il publia les immortels écrits qui vont nous occuper.
Nous ne ferons que mentionner quelques anecdotes, au moins peu authentiques, sinon tout à fait fabuleuses.
Telle est celle qui témoignerait de la perspicacité dont il fit preuve à la cour du roi Perdiccas. Appelé à soigner ce prince, Hippocrate reconnut, dit-on, quesa maladie était dueà un amour secret pour une des concubines de son père, et le diagnostic aurait été facilité par le changement de physionomie du royal malade, lorsqu'il se trouvait en présence de cette femme *.
Citons encore pour mémoire le glorieux honneur d'avoir mis fin à une peste épouvantable qui ravageait Athènes en