‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 60 sur 179 · Bacchius, Lycus de Naples, Erotien, Kufus d'Ephèse · texte numérisé non relu

Bacchius, Lycus de Naples, Erotien, Kufus d'Ephèse

Littré n'ose g-arantir l'authenticité i, l'auteur compare le corps à un cercle ^, et appuie sacomparaison sur la facilité avec laquelle se propagent les maladies, quel que soit d'ailleurs l'endroit où elles aient débuté ; puis il déclare que l'anatomie doit être le point de départ de toute la médecine. S'occupant ensuite des veines, il leur assigne la tête comme origine^ dit aussi quelques mots des nerfs, du tissu musculaire, et s'arrête un peu plus longuement sur les os et les articulations ; l'ostéologie fut au reste la partie anatomique la mieux connue.

Nous lisons au début du Traité des plaies de tête, ouvrage dont la paternité n'est aucunement douteuse ^, quelques détails intéressants sur la conformation extérieure du crâne ; les sutures y sont bien décrites et les points osseux de moindre résistance s'y trouvent ausssi soigneusement indiqués. Enfin la distinction dans les os crâniens d'une table interne et d'une table externe, séparées l'une de l'autre par le diploé, est de même parfaitement notée.

Le Mochlique ^ qui est un abrégé du Traité des articulations et d'une partie du Traité des fractures "^ ^ renferme encore des notions élémentaires sur les divers os qui composent le corps humain. Enfin le Traité du cœur, l'un des plus récents de la collection Hippocratique ^, semble être

1. Il range ce traité dans la classe des écrits qui, dépourvus de témoignages Buifisants pour être attribués à Hippoorate, portent cependant le cachet de l'Ecole de Cos, et doivent être considérés comme l'ouvrage des disciples de cette Ecole qui lui ont prochainement succédé.

2. L'idée de cette comparaisen se retrouve ailleurs dans la collection Hippocratique. Ep. vi, 2, 3.

3. Personne ne paraît janais avoir douté de son authenticité, et rien dans l'ouvrage ne témoigne contre elle.

4. Bien que le 31ocldiqne soit un abrégé du Traité des articula 'Ions et de celui des fractures , il est aisé de se convaincre qu'il offre çà et là des modifications par rapport à l'original, et ces remaniements divers indiquent un travail subséquent, accompli par Hippocrate ou par ses successeurs.

5. Ce traité n'a pas été compris dans la liste d'Erotien; il est impossible de l'attribuer à Hippocrate. .

l'œuvre d'un anatomiste assez observateur. Outre laconformatioti extérieure de l'organe, on y trouve la description de la membrane d'enveloppe, le péricarde^ et des quatre cavités cardiaques. L'auteur n'ignore pas que l'aorte sort de l'un des ventricules et l'artère pulmonaire de l'autre; il étudie les valvules sigmoïdes et constate même qu'elles opposent en se relevant une barrière infranchissable à tout ce qu'on voudrait essayer de lancer par le cœur dans le vaisseau; il voit enfin les artères pleines de sang, mais les idées physiologiques sont loin de correspondre à ces données anatomiques.

Dans le livre consacré aux glandes ', que Littré juge à peu près contemporain du précédent, le cerveau est rangé parmi ces dernières, et un grand nombre d'entre elles sont passées sous silence. Quoi qu'il en soit, il est dit que les glandes abondent dans les régions humides de l'organisme, et qu'elles font de Thumidité leur propre nourriture. Les poils doivent être assimilés aux glandes et ont les mêmes usages.

Parmi les autres ouvrages de la collection Hippocratique dignes d'être consultés avec fruit pour fournir quelques renseignements sur les connaissances anatomiques de l'époque, nous signalerons le Traitédela nature 'des os^, qui contient une énumérali.on assez exacte des différents os du squelette et des principaux viscères.

En résumé, et pour en finir avec l'anatomie des Hippocratistes. nous dirons avec Daremberg « qu'elle n'est plus une science d'occasion, comme dans Homère, et qu'elle n'est pas encore du domaine de l'histoire naturelle et de la biologie, comme chez Galien ; ce n'est, à cette époque,

1. Il n'est cité par aucun ancien ; Galien le fait remonter à quelque médecin de Cos venu après Hippocrate.

2. Compilation de cinq morceaux provenant de différentes sources.

qu'un instrument fort imparfait delà médecine pratique ».

Envisagée comme sérieuse étude des fonctions organiques, la physiologie elle-même est à peu près nulle ou du moins très défectueuse. Sur quoi, en effet, pourrait-elle se baser, sinon surTanatomie, et nous avons vu combien cette science est encore imparfaite. Si quelques progrès ont été réalisés à Tégard des os et des articulations, c'est aussi sur la nature du mouvement, son étendue, ses modifications normales ou pathologiques, que la physiologie a acquisses données les plus sûres. Partout ailleurs on ne rencontre que confuses hésitations ou absurdes hypothèses. Les mots de fibres, de nerfs, de tendons, sont constamment employés les uns pour les autres; les artères se trouvent rarement distinguées des veines, et lorsque cette distinction est établie, elle repose sur ce fait que les artères contiennent de l'air et les veines du sang.

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