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CHAPITRE IV

La maladie est donc un trouble dans l'harmonie normale des divers liquides de l'économie ; à la prédominance de telle ou telle humeur se rattache tel ou tel tempérament particulier *, et c'est là le vrai fondement de cethumorisme galénique qu'on ne verra tomber que sous les coups vigoureux du génie en délire de Paracelse.

L'importance qui est inhérente à la distinction si féconde en résultats pratiques de deux termes, confondus encore

1. Suivant que le sang, la pituite, la bile ou l'atrabile existent en plus grande quantité, on a le tempérament sanguin, phlegmatique, bilieux ou mélanique.

de nos jours par les organiciens, n'avait pas échappé au médecin de Perg'ame,et tandis que l'afTection indique pour lui un état général de l'organisme, plus restreint dans son acception véritable, le mot maladie s'emploie pour désig-ner l'état local *.

Naguère encore plusieurs de nos maîtres "^ insistaient avec raison sur cette différence, et malgré leurs efforts pour éclairer ce point de doctrine, le malentendu subsiste. Nous dirons donc avec Monneret : « L'affection est une modification que l'org-anisme éprouve sous l'infiuence d'une impression morbide quelconque et qui s'ex» prime par la maladie. La maladie locale est le résultat de l'affection; elle est distincte de l'affection, comme l'effet est différent de sa cause '. » En un mot, l'affection est la modification générale imprimée à l'organisme, et on entend par maladie l'ensemble des symptômes par lesquels on la voit se traduire.

Galien expose long-uement, dans le Traité De locis affectis^ la façon dont il comprend le diagnostic : « Voici la route à suivre, dit-il, dans cette investigation : s'enquérir de tous les symptômes présents ou passés, en examinant par soi-même les symptômes actuels, et en s'informant des symptômes passés, non seulement auprès du patient, mais encore auprès de ses proches *. »

La douleur, le siège du mal, la fonction lésée, les matières excrétées, les symptômes spéciaux mettent sur la voie du lieu affecté, et le diagnostic se fait de trois manières seulement : par l'examen de chaque partie du corps, par celui

1. Galien disait en effet : <r Morbi dignotio et curatio pendent ex intellectione afEectûs, et non partis affectie ».

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