PHILOSOPHIE GRECQUE APRÈS ARISTOTE
ap. J.-C, l'école s'effondra au iv^ siècle, mais plusieurs de ses théories survécurent à sa ruine, et le moyen âge en recueillit les fragments.
Epicure n'étudie la nature que pour débarrasser Vâme de Vépoiivante que provoquent en elle des croyances superstitieuses à Dieu, à la mort. Sa physique est un renouvellement du mécanisme matérialiste de Démocrite. Toutefois le mouvement des atomes ne s'accomplit pas exclusivement sous l'action de leur pesanteur. Mû par le besoin d'expliquer la liberté humaine, Epicure confère à l'atome un pouvoir discrétionnaire de déclinaison — le clin amen de Lucrèce — grâce auquel il peut dévier un peu, à sa guise, de la direction rectiligne que lui imprime l'action de la pesanteur. Toute connaissance est d'origine et de nature sensible, et l'existence même d'une sensation est garante de son objet, celui-ci n'étant pas la chose extérieure, mais la représentation que cette chose produit en nous. Le vouloir est un mouvement mécanique, et il est libre. A rencontre de la morale stoïcienne, la morale épicurienne est une apologie de l'individualisme et du plaisir égoïste. Toutefois ce plaisir individuel, qui est le bien suprême, réside bien plus dans la quiétude et l'absence de douleur que dans un assouvissement positif de l'âme.
Ainsi le stoïcisine et l'épicurisme, tout en différant dans leurs principes, aboutissent à une même définition du bonheur.
III et IV. — L'école péripatéticienne, pendant cette période, continua l'enseignement d'x4ristote. Les écoles sceptiques, (l'école de Pyrrhon d'Elis, vers 360-270, la seconde Académie ou Académie moyenne, instituée par Arcési- LA^ de Pitane, 315-240 ; et la troisième ou la nouvelle Acadérnie, instituée un siècle plus tard par Carnéade de Cyrène 213-129) sont d'importance secondaire.
34. L'éclectisme de la seconde moitié du IP s. av. J.-C, jusqu'au IIP s. ap. J.-C. — Se développant parallèlement dans un même centre, à Athènes, les écoles stoïcienne, péripatéticienne et sceptiques vinrent à déteindre l'une sur l'autre et leurs doctrines se compénétrèrent. Il- en résulta un ensemble de doctrines éclectiques , dont les auteurs se rattachent néanmoins, a poiiori, et malgré leurs emprunts, à l'une des quatre directions principales de la philosophie post-aristotélicienne. Les éclectiques de cette période subordonnent le choix de leurs théories à la convergence de celles-ci vers le but
de la vie pratique ; et le critère suprême de ce rapport de convertrence est la conscience immédiate^ la croyance instinctive , indépendaminent de toute objectivité réelle de la C07inaissance. Une voix intérieure se fait entendre, et ses indications sont des ordres qu'on ne discute pas. C'est le subjectivisme : ici encore l'éclectisme rappelle le scepticisme.
A l'éclectisme stoïcien on peut rattacher la philosophie de SÉNÈQUE (premières années de l'ère chrétienne — 65 ap. J.-C), alliage de stoïcisme et de platonisme i) ; à l'éclectisme de l'académie, Cicéron (106-43) qui, sans avoir aucune originalité, eut le talent d'accommoder des idées grecques à la mentalité du monde romain 2) ; à l'éclectisme péripatéticien, un groupe de commentateurs d'Aristote : tels, Andronicus DE Rhodes, chef de l'école athénienne de 60 à 40 av. J.-C, qui publia, avec le concours du grammairien Tyrannion, une édition complète des œuvres du maître, et surtout Alexandre d'Aphrodisias (vers 200), qu'on a appelé le second .[ristote, bien qu'il s'écarte en des points capitaux de la théorie aristotélicienne et penche vers le matérialisme.