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ART. II. — LA PHILOSOPHIE BYZANTINE ET ORIENTALE

65. La philosophie byzantine. — Bannie d'Athènes par le décret de Justinien, en 529, la philosophie grecque se transplante dans la capitale de l'empire d'Orient et s'y maintient

pendant tout le moyen âge. L'œuvre de la philosophie byzantine est peu féconde ; elle a des allures encyclopédiques ; ses représentants se réclament les uns de Platon (Arethas au x^ s., Michel Psellus au xi^ s., etc.), les autres d'Aristote (Photius au ix^ s., J. Italus au xi^ s., etc.), sans avoir de personnalité bien marquée.

Le schisme grec (S^S) fut le point de départ de malentendus séculaires entre l'Occident et l'Orient. Aussi, pendant cette période le contact de ces deux mondes est superficiel. Il fallut les croisades et la prise de Constantinople, en 1204, pour mettre fin à l'isolement intellectuel de l'orient.

66. La philosophie chez les Arméniens, les Perses et les Syriens. — En Arménie, on rencontre le nom d'un célèbre traducteur d'Aristote, David l'Arménien (vers 500 ap. J.-C).

En Perse, la cour hospitalière de Chosroës Xuschirwan recueillit les derniers représentants de la philosophie grecque, le syrien Damascius, Simplicius, et une foule de néo-platoniciens bannis d'Athènes, mais le mouvement philosophique créé par les savants grecs fut éphémère.

Les Syriens reçurent de première main la succession de la philosophie grecque, et de nombreux traducteurs (écoles d'Edesse, de Resaïna, de Chalcis) transmirent aux Arabes et indirectement aux Juifs diverses œuvres d'Aristote, de Porphyre, de Galien, etc.

67. La philosophie chez les Arabes et les Juifs. — Les Arabes eurent pendant trois siècles et demi une philosophie spécifique, résultant d'un alliage de la philosophie d'Aristote — pour qui ils professent un respect sans bornes — avec certaines doctrines néo-platoniciennes. Leurs théories de Témanation des sphères et de l'existence extra-humaine de l'intellect humain confèrent à leur explication du monde un caractère distinctif. Ajoutons que l'harmonie de la philosophie et du dogme musulman est une des préoccupations principales de la plupart des philosophes arabes.

El-Kindi (mort vers 873), El-Farabi (mort 949 50) i) et surtout Avicenne (980-1036) 2) sont les principaux représen-

i) Commentaires sur les Derniers analytiques : traité de ortu scientiarum, de intellectu et intclligihili.

2) Chifâ (sufîicientiaî des scolastiques), Métaphysique, Nadjât, Livre des théorèmes et des avertissements, Guide de la sagesse.

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