PHILOSOPHIE BYZANTINE ET ORIENTALE
tants de la branche orientale des philosophes proprement dits. La procession des sphères, telle que l'entend Avicenue, tend à donner à son S3^stème un sens moniste, et l'intellect agent est un rouage métaphysique de ce devenir. Mais Avicenne contrebalance ces tendances panthéistes par une psychologie individualiste et une affirmation nette de l'immortalité personnelle.
En Occident, un nom éclipse tous les autres, celui d'AvER- ROÈS (1126-1198) i). Son admiration pour Aristote tient du culte. L'intelligence des sphères, l'éternité et la potentialité de la matière, le monisme de l'intellect humain (agent et passif) et la négation de l'immortalité personnelle comptent parmi les principales théories d'Averroës. Il obtient l'accord de sa philosophie avec le Coran en prenant son recours à l'interprétation allégorique des textes.
Les philosophes juifs sont largement tributaires des Arabes. Un des plus marquants est Avicebron (vers 1 020-1 050 70), auteur d'un traité FonsVitœ, beaucoup consulté par les scolastiques du xiii^ s., et où s'étale un panthéisme émanatif inspiré du néo-platonisme. D'un Dieu unique, être suprême d'où déborde toute réalité, sort un esprit cosmique formé de matière et de forme ; de l'inaltérable puissance génératrice de ces deux principes matériel et formel jaillissent, par une série d'intermédiaires, tous les êtres de l'univers, chacun portant en lui, outre les principes communs du cosmos, des matières et des formes dérivées, et celles-ci sont constitutives des perfections spécifiques et individuelles. Au nom d' Avicebron on peut associer celui de MoïSE Maimonides (i 135-1204) 2), le dernier grand représentant de la philosophie juive.
i) Destruction de la Destruction, Quœsita ifi libres logicœ Aristotelis, de substantia or bis.
2) Guide des égarés.