Période du sanscrit (500 av. J.-C. jusqu'à nos jours
5. Les Hymnes du Rigveda. — Le Véda est l'ensemble des écrits sacrés auxquels les Indiens orthodoxes attribuent une origine et une autorité divines. Le Rigveda, qui en constitue la première partie, est le plus lointain monument de la civilisation indo-germanique, et développe un panthéisme substantialiste et cosmique : un être unique apparaît sous mille formes à travers les multiples phénomènes de l'univers.
6. La philosophie des Brâhmana's et des Upanishad's. — Dans les Brâhmana's et plus tard dans les Upanishad's (deux autres parties du Véda), le panthéisme revêt uxie forme psychologique : le fonds constitutif de notre individualité (âtman) et de toutes choses est absolument identique avec Brahman, l'être éternel, surélevé au-dessus du temps, de l'espace, de la multitude et du devenir. Brahman est le principe de tout et en lui tout se résorbe. L'âtman ou conscience moniste se forme dans les éléments, la terre, les plantes, pour descendre jusqu'à l'homme ; la nature entière est d'ordre psychique. Pour arriver à l'âtman, il ne suffit pas d'atteindre la réalité empirique qui est multiple, finie, et seule connaissable. Il faut percer l'enveloppe dont se recouvre l'âtman unique et infini et s'unir à son ineffable essence, en s'identifiant avec lui.
7. Les systèmes de la période sanscrite. — Parmi les nombreux systèmes qui se développent en conformité avec l'esprit des livres védiques, et que pour cette raison on appelle orthodoxes (Mîmânsâ, Vedânta, Nyâya, Vaiçeshikam, Sânk-
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hyam, Yoga), le plus intéressant est le Vedânta : les phénomènes que saisit la science inférieure ne sont qu'illusions ; en réalité, l'âtman ou Brahman en qui tout se confond est inconnaissable et sans attributs. Le but de la vie est la connaissance supérieure de notre identité avec Brahman. Cette connaissance s'obtient par des révélations mystiques et peut seule nous libérer de la transmigration des âmes et de la métempsycose.
A côté de ces théories orthodoxes on rencontre de nombreux systèmes hétérodoxes, s'écartant de l'enseignement des Védas, et dont le plus répandu est le Buddhisme. Cette doctrine, qu'on rattache à Çâkya-]\Iuni, se réduit à une morale pessimiste : pour s'affranchir des misères de la vie et aussi de la transmigration, il faut chercher le bonheur dans un repos impersonnel. Ce repos, rêvé par toutes les philosophies orientales, ne consiste pas, comme pour le Brahmanisme, dans l'absorption de l'âme en Dieu. Le Buddha le représente sous la vague forme du Nirvânam (extinction) résultant pour les uns de l'anéantissement de la personnalité, pour les autres d'un état de béatitude positive.
8. La philosophie de la Chine. — On rencontre en Chine trois systèmes philosophiques principaux :
1. La doctrine de Lao-Tsee (né en 604 av. J.-C.) qui reconnaît un Etre premier, intelligent, d'où émane le monde. Elle est complétée par une morale d'une irréprochable pureté.
2. La doctrine de Confucius (né en 551 av. J.-C), ensemble incohérent de sentences morales peu remarquables.
3. Le Buddhisme, qui, banni de l'Inde, fut introduit en Chine au début de notre ère, au Thibet au vir siècle après Jésus-Christ, et qui constitue la pensée fondamentale du mysticisme lamaïque.
Les philosophies de l'Asie orientale sont demeurées réfractaires aux contacts extérieurs. Celles qu'on y rencontre aujourd'hui se rattachent sans interruption et sans transformation à la haute antiquité.
La philosophie grecque
g. Division de la philosophie grecque. — La philosophie grecque remplit six siècles avant et six siècles après Jésus- Christ. On peut la diviser en quatre périodes, en se basant sur la sucession de ses préoccupations fondamentales :
1. De Thaïes de Milet jusqu'à Socrate (viP s.-v^ s. av. J.-C.) : préoccupations cosmologiques.
2. Socrate, Platon et Aristote (v*' et iv^ s.) : préoccupations psychologiques.
3. Depuis la mort d' Aristote jusqu'à l'avènement de l'école néo-platonicienne (fin du IV^ s. av. J.-C. -IIP s. ap. J.-C.) : préoccupations morales.
4. L'école néo-platonicienne (depuis le IIF s. ap. J.-C. ; ou bien, en y rattachant les systèmes précurseurs du néo-platonisme, depuis la fin du P"" s. av. J.-C. jusqu'à la fin de la philosophie grecque au VP s.) : préoccupations mystiques.