‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 17 sur 89 · LIVRE III. CHAPITAB I · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITAB I

mal qui avait soui^ent sans péril attaque son enfance^ avant qu*il eût été proclamé Théritier de Charles II. Il ajoutait que l ëtoile de la maison kl' Autriche avait toujours été funeste à ceux qui s étaient opposés à sa grandeur. Une accusation ciirecte eftt peut-être été moins insultante que cette teriible insinuation. Lelecteur n'eut alors d'autre ressource que daller traîner sa disgrâce en France et dans les Pays-Bas, dont on lui promettait la souveraineté pour le dédommager de la perte de son patrimoine.

La France ('Ile-même était menacée sur toutes ses irontieres. La jperte de Landau exposait TÂlsaceà une invasion immmente. La Provence était menacée par terre et par mer* La perte de la plus grande partie de la Flandre mettait à découvert TArtois et k Picardie.

Succès de Philippe V en Espagne, — En Espagne, la cause de Philippe Y paraissait tellement desespérée, qu on pi'oposa à la cour de France d*envoyer Philippe V régner en Amérique. Ce prince y avait consenti : on Teût fait embarquer avec les Espagnols qui lui étaient restés iidèles. Alors les Français auraient profité exclusivement du commerce du Mexique et du Pérou, et la France eût trouvé une source de richesses dans le revers même de la famille de Louis XIV. On délibéra sur ce projet à Versailles ; mais la constance des Castillans et les fautes des ennemis conservèrent le trône à Philippe V. Jusqu'alors les Espagnols avaient fait peu d'efforts pour soutenir leur roi légitime; ils en firent de prodigieux quand ils le virent en danger. Les Portugais, les Anglais, les Autrichiens qui étaient en Espagne, furent harcelés partout, et s'aperçurent qu'ils étaient en pays ennemi. Philippe V rentra triomphant dans Madrid , et y fut reçu avec autant d*acc]amations que son rival avait rtsDContré d indifférence et de froideur.

I^O HISTOI» ras HMVi AhanMNBS.

Louis XIV lui^néim vedoubk d'efforts. Il plaçait: des milices sur toutes les côtes de rOeéan es de Ift

Méditerranée, pour empêcher les débarquements des Anglais j il envoyait de nouvelles armées en Flandre^ en Alsace, eu Navarre, dans le Koussillon^ il iâiseû passer des secours au mareckal de Berwiek, qui eom^. mandait les troupes de Philippe V en Castille. Mais, tant d'eftui t.s furent inutiles : l;t 1 rauce fut env.ihie. En 1707, le prince Eugène et le duc de Savoie pénétrèrent en Provence par le col de Tende, pendant qu'une flotte anglaise assiégeait et bombavdait Tou* ' Ion. Heureusement les maladies daeimèrent l'armée ennemie, qui ne put faire de grands progrès.

Bataille cT Oudenarde, — La FroMQû eH ensfahm par la frontière du nord. L année suivante, Tarniée française en Flandre, commandée par le duc de Yen* donie et parle pelit-fils de Louis XIV, le duc deBourgoj^ne, fut vaincue à Oudenarde par le prince Eugène et Marlborough, qui avaient réuni leure forces. L ennemi, maître du terrain, assiégea liUe, et, au grand étonnement de toute TEurope, s^eiupara de cette place réputée imprenable. Maître de Lille, le prince Eugène prit successivement liruges et Gand. La route de Paris était ouverte à Tennemi. La terreur régnait dans cette ville. Un parti hollandais^ oommandé par des Fran» çais émigrés, eut la hardiesse de pénétrer de Cotmrai jusqu auprès de Versailles, et d'enlever, sur le pont de Sèvres, le premier ecuyer du roi.

La détresse de la France augmentait de jour en jour. Les ressources s épuisaient; le crédit était anéaait» Sans Tindustrie de quelques armateurs de Saint-Malo, qui rapportèrent trente millions du Pérou et qui en prêtèrent la moitié à lEiat, Louis XIV naurait plus été en état de payer ses'troupes. Mais cette ressource était précaire. Chiamillart se démit, en 1708, du mini»» tère des ilnances, qu il laissa dans un désordre extrême*

Son suec6M«iir DMRiarett m parant pa» à vëtablir Im ctédh anéanti.

Hwprd£ I J09. — - Misère de In France, ~Lonfs XIV^ offre de traiter, — Ses propositions sont rejetccs, L année 1709 Sut une année terrible : d abord un hi^ Ter meurtrier , puis k famine. Les oliviers du midi de la France périrent; préside tous les arbres fruitiers gelèrent. 11 n'y eut point d'espérance de récolte. Les grains qiion faisait vernir du Levant étaient enlevé» par les ^giaie. La misère se fit sentir à tons. Le roi 'Vendit pour quatre cent mille franc» de vaieselie d*or; Siis laquais mendiaient à la porte de Versailles: madame de Maintcnon nmngea du pain bis. Des compagnies de cavakrie tout entières désertaient enseignes déployées, po«tr gagner leur vie pur Itk eontrdi>anda. Les recruteur» faisaient la ohMse am homnnes. L'im«* pot prenait toutes les formes pour atieindre le peuple. Pour la première fois , les actes de l'état civii furent taxés : on paya pour naître et mourir. Les paysans in-* solnbl^5 poursuivis, tnqwés duns les bois par les peroepieura d'imp6r , perdirsnt patience dans quelques pro\ inces. Dans le Languedoc , ils s armèrent et prirent d assaut la ville de Casia^. Louis XIV ne trouvait plus k emprunter à quatre cents pour cent. Peu avant sa mon, la dette montait à plis de trois milliards^ Sa détresse devint telle, qu'il résolut de demander la paix. De|;i en 1704 et en 1706, il l'avait proposée à ces mêmes Hollandais qu'ii êmÀ% voulu détruire autrefois. Mais les Hollandais avaient rejeté ses oiÉres* Après la besaille d'Oudenerde il recommença ses négodntione, « Les confédérés demandèrent pour l'Autriciie, que Ift monarchie espagnole i\it donnée dans sa totalité à Tarchiduc Charles; pour l'Angleterre , que la reine Anne tàt reconnue, la succession protestante admise, lepré^ tendant renvoyé de France, le port de Dunkerque comblé et ses fortifications détruites j pour les Uollan-

ig% HISTOIAB DBS TBMFS MODBKNBS.

daiS) quon élevât une barrière dans laquelle seraient comprises les places de Lille, de Menin, d'Ypres, de Fumes, de Gondé^ de Maubeuge, enlevées à la France; pour le duc de Savoie, qu'il rentrât dans la partie de ses Etats occupée par Louis XIV, et qu*il gardât ce qu il avait pris sur lui (i). > Les dépêches du prési* dent Rouillé, chargé des négociations, arrivèrent dans le temps de la plus afifreuse misère ; le peuple périssait par la famine; les troupes n'étaient point payées; partout régnait la désolation. Le duc de Beauvilliers fit dans le conseil unepeinturesi louchante de 1 état où la France était réduite, que le duc de Bourgogne versa des larmes, et que lesautres conseillers y mêlèrent les leurs. Les iniiiislres de la guerre et des finances avouèrent quils étaient sans ressources. « Une scène si triste, dit le marquis de Torci, serait difficile à décrire, quand même il serait permis de révéler le secret de ce qu'elle eut de plus touchant.» Le marquis de Torci proposa d'aller lui-même partager les outrages que Ton ferait au roi dans la personne du président Kouillé. Le grand pensionnaire Heinsius, que Louvois avait menacé autrefois de la Bastille, parce quil avait parlé trop vivement pour les réformés d'Oran^^fe, fut bien étonné lorsquon lui annonça que le principal ministre de ^^rance était dans son antichambre. Les confédérés ne s*en tinrent pas aux premières conditions qu'ils avaient faites. Ils exigèrent en outre qu'on cédât à TEmpire Strasbourg, Brisach et Landau; que Louis XIY se contentât d'avoir sur l'Alsace seulement le droit de préfecture qui lui était accordé par le traité de Munster, qu^l démolît les forteressesWlu Rhin depuis Baie jusqu'à Philipsbourg , enfin qu'il s entendît avec les alliés pour enlever la couronne espagnole à Philippe V.

(i) Migoet , p. \cu

LiyU III« CHAPIT&B I*

Lorsqu'on fit connaître ces conditions si dures a Louis XtV, le vieux roi s*écrîa en plein conseil : « Puis-

« qu'il faut faire la guerre, j'aime mieux la faire à mes « ennemis qu'à nies enfants. » Pour la première fois, il se justifia devant ses sujets : il adressa aux gouverneurs des provinces, aux communautés des villes, une letu e circulaire par laquelle il les informait de tout ce qu'il avait tenté pour donner la paix à ses peuples, et des propositions outrageantes de ses ennemis. Alors les esprits furent changés, et Louis XIV se releva par l'excès même de son humiliation. La famine qui désolait les campagnes fut une ressource pour la guerre ; ceux qui manquaient de pain se firent soldats. Les terres restèrent en iriche^ mais ou eut une armée, Ija. manière dont les Français combattirent cette année indique assez combien la guerre était devenue nationale.

Bataille de Malplacjuet. — Les alliés, commandés par Marlborough et le prince Eugène, marchaient pour assiéger Mons. Le maréchal de Yiliars et le maréchal de BoufBers commandaient les Français. Les deux armées se rencontrèrent près du village de Malplaquet (9 septembre 1709). « L'armée des alliés était d'environ quatre- vingt mille combattants, et celle du maréchal de Villars d'environ soixante et dix mille. Les Français traînaient avec eux quatre-vingts pièces de canon , les alliés cent quarante. Le duc de Marlborough commandait l'aile droite, où étaient les Anglais et les troupes allemandes à la solde d'Angleterre; le prince Eugène était au centre; Tilli et un comte de JVassau à la gauche avec les Hollandais.

« Le maréchal de Villars prit pour lui la gauche, et laissa la droite au maréchal de BoufUers. Il avait retranché son armée à la hâte, manœuvre probablement convenable à des' troupes inférieures en nombre, longtemps malheureuses^ dont la moitié était composée

ig4 HISIOI&B B£S XJiAtBS MAfiJSANES.

de nouvelles recrues, et convenable encore à la situation delà France, qu'une dé£sûte entière eût uiiseau]i& deroiers abois. Il y a eu^ depuis plusieurs siècles , peu de batailles plus disputées et plus longues, aucune plus meurLiicre. Je ne dirai autre cliose de cette bs^ taille que ce qui fut avoué de tout le monde. La gauche des ennemis, où combattaient les Hollandais , fi]Ut presque toute détruite, et même pqursuivie la baïonnette au bout du ftisil. Marlborough, à la droite, faisait et soutenait les plus grands eilorts. Le maréchal de \ illars dégarnit un peu son ceotre pour s'opposer à JVIarlborougby et.aUM?& mèniie ce centre feu attaqué. Im retranchements: qui le eouirra*eat forent empoi^ tés. Le régiment des gardes qui le défendait ne put réiïister. Le maréchal, en accourant de sa gauche à son centre, tut blessé et la baJaiiie £ut perdue* Le champ était jonché de près de trente mille morts oil mourants.

« On marchait sur les cadayres entasses, surtout au quartier des Hollandais. La France ne perdit guère plus de huit mille hommes dws catae jam*née*. Ses ennemis en laissèrent envino» vingt el. un mille tués ou blessés; mais le centre étant foreé, les deux ailes coupées, ceux qui avaient lait le plus grand carnage furent les Taincusw

« Le maréchal de fioufflers fit sa mtndtn en faon^ ordre , aidé du prinœ de Ciogré-Montmorency, depuis maréchal de Luxembourg, héritier du courage de ses pères. L ai niée se retira entre le Quesnoy et ValencienneSj emportant plusàMws d^^^apeaux et étendasd^ pris^ sur les ennemis«. Ce» dépau&Ues< eonselènutt Louis XIV, et on compta pouo «mt nieteii^ rbouBeur de l'avoir disputée si longtemps, et de n'avoir pendis que.k champ de bataille (x^* ^

(0 Toltaiie^ SiM» àê lmk XW.

11 fallut encore négocier. C'est alors ^ue furent tenues les conférences de Gertruydenberg. Toutes ijes coodilions des préliminmes de la Haye furent renou^ velées, de plus on e»g«ait que Louis SLIV cédât ÏAlr* sace, ainsi que toutes les conquêtes faites depuis la paix des Pyrénées, et de plus qu il détrônât lui-même et tout seul Pliiiippe Y. Liouis XIV coasentit à céder FAlsaiee) il offrît de payer un million par mois aus allies pour chasser son petil>£ls d'Espagne, s'U ne tou*^ lait pas quitter son royaume. Les coiiiedérés eurent la folie de refuser les oiîres du roi.

Pendant ce temps y. d'iinportauts événements qui se passaient en Esjpagne allaîenti joints à d*aatsef . faits imprévus, ckangpr entiècement la &ce àes aCfaites.

Victoire de Villaviciosa en Espagtia» Eu i^pa^ ne, le tcone de Philippe fondé mut ainsi dire par le maréchal de fierwick à Almanxa {1707), fut afftwni à Villaviciosa par Vendôme (1710). Vaincu à Aime* nara, Philippe V s'était retiré à Sarago&se; puis, après une seconde dé£ûte plus complète encore et plus saU'p

fiante^ il s était réfugié à Maorid. L archiduc Chadee y poursuivit, et Philippe V fut obligé une seconde fois d'abandonner sa capitale, et de tr^sférer à Vallar dolid le siège du gouvernement.

Les grands d'Espagne, fidèles à la cause de Philippe V.. écrivirent alors à Louis XIV pour lui demaor* der le duc de Vendôme, qu'ils croyaient seul capable de tenir tête à Tennemi. La présence de ce général en Espagne valut une armée. Là grande réputation ^uUs était £iite en Italie, sa. popularité, sa libéralité quii allait jusqu a la proftisîim^ sa franchise, son amour pour les soldats^ attirètent «e foule de volontaires sous ses drapeaux. IT n'avait point d'argent : les coramunautés des viUes et des villages et les ordres religjicns eux-mêmes en donnèrent* Le doc de Vendoui^r

XQQ HISTOIRB des T£MPS MOBSiUlES.

profite de l'enthousiasme général. Il organise une armée^ poursuit les vainqueurs ^ ramène le roi à Madrid,' et remporte à Villaviciosa uneTictoire complète. Quatre mois auparavant, la situation de Pliilippe Y avait para désespérée. Le vainqueur le fit coucher sur un lit de drapeaux. Les débris de l'armée vaincue se renfermèrent dans Barcelone, et ^ à la fin de la campagne, il ne resta plus aux alliés que cette place et celle de Tarragone dans toute TEspagne.

Mort de ^empereur Joseph F^. — Les résuhats militaires de lannée 171 1 furent peu mémorables. Mais un événement inattendu vint simplifier la guerre et annoncer une pacification prochaine. Le^fils aîné de Léopold, l'empereur Joseph, mourut le 1x7 avril 1711, Il eut pour successeur son frère Charles, ^ui portait déjà le titre de roi d'Espagne.

Les Anglais avaient voulu empêcher que Louis XIV ne régnât sous le nom de son petit-fils à Naples, en Stcile, en Lombardie, en Flandre, en Espagne et en Amérique; mais maintenant que rélévatioii de Tarchiduc Charles à TEmpire faisait craindre la réunion de TEmpirc et de l'Espagne , ils ne trouvaient plus leur compte à abaisser Louis XIV pour élever un nouveau Charles-Quint. D'ailleurs, l'Angleterre se lassait de payer. Les frais de la dernière année allaient à sept millions de livres sterling, La nation anglaise ouvrit donc les yeux : un nouveau parlement ayant été con* voqué, les whigs furent renversés et les torys arrivèrent au pouvoir. Ce parti voulait la paix. Des négociations furent entamées à Londres. «Les préliminaires de Londres, signés le 8 octobre 171X9 furent le traité séparé de la France avec FAngleterre. Ils décompo« sèrent la coalition , qui fit vainement tous ses efforts pour les empêcher. L'exemple de l'Angleterre entraîna la Hollande, et, quatre mois après, les préliminaires de Londres servirent de base aux négociations d'U->

liiv&B m* GKAPiiJis i« . xgj

trecht, ouvertes en février 1712. Avant qu'elles fussent terminées par le célèbre traité qui porte leur ncœ, la : victoire de Denain vint jeter quelque éclat »tir ellef et donner un air de gloire à ce retour de fortune (i). »

Victoire de Denain (1712). — Au milieu des négociatiouSi la guerre n'avait pas discontinué. Marlborough avançait toujours en Flandre, et la route de P^ris lui était ouverte. Malgré ses victoires, il fut rappelé tout à coup. De retour à Londres, il chercha en vain à relever son parti. Le prince Eugène, qui passa en Angleterre pour seconder ses partisans, ne fut pas plus heureux. Il s'en retourna pour continuer seul la guerre. Toutefois, quoique privé du secours des Anglais, il était encore supérieur de vingt mille hommes à Tarmée française. Villars ne put l'empêcher d entreprendre le siège de Landrecies. Des détachements de ses soldats pénétraient jusqu'aux portes de Reims, Ta» larme régnait à Versailles, et les conférences ouvertes à UtAclit ne rassuraient personne , parce qu'une victoire du prince Eugène pouvait les rendre infructueuses. Déjà Louis XIV parlait de se mettre à la tête de sa noblesse, et de la conduire à Fennemi, malgi^ son âge de soixante et quatorze ans, lorsqu'une faute du piiiH e iMigène sauva la France.

11 avait trop étendu ses lignes pour secourir à temps ses divers corps d'armée. Villars, averti de cette faute ^ essaya de donner le change à l'ennemi. Un corps de dragons s'avança tout près du camp autrichien, comme pour l'attaquer, et tandis que les dragons se retiraient sur Guise après avoir fait ce mouvement, le maréchal se dirigea vers Denain avec son armée divisée en cinq colonnes. Dix-sept bataillons, com* mandes par le général All)emarle, étaient retranchés dans ce village. Ils sont siupris et £ûts prisonniers.

(i) Miguel, p. xcvi.

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Le jmnce Eai|fètte arma trop favd povrr prendre

part au combat. Il retourna a son camp, après avoir *été tévsuÀn de la défaite des siens. Villars poursuit sas. araMages* Il «anohe sur Marchiennes défendue fW^qvam wUe faomRiea, les assiège, les 'frit prisonniers^ au boitl âm trais jours, et se vend maître de ')tDistes les munitiims de guerre et de bmiclie que le jpnnoe EugeM aurait .^massées pour la campagne* S)ès 'laas les Fran<^ds repiinsnt TaTiantage «mr iKnia Hs fiMit». frime Eugène leva le siège de Landreoîes, ^^t ne put s'oppoaer à la reprise de Douai y du QuesiiOf et de Bouchain parles Français.

' La victoire de Denain avait disposé à la paix tous Isa alliés, eaGe|yté rempereur. Toutefois, le péril où '*aa 'trouvait am année en Catalogne lui faisait désiivr un traité particulier pour révacuation du cette province; mais la France et l'Angleterre n*y consentirent .^k condition qu'on stipulerait en même temps la MUlvalité de Tlialie* Ces deux objets ayant éte^églés, laalsipmattK éiraicoèff«nt la Catalogne. Bientôt Borae-

lone fat prise par le maréchal de lierwick, et les Catalans furent punis de leur obstination par la perte de kurs privilèges.

Paix d'UtrechU — La paix d'Utrecht fiit signée le 91 atiil I7f3. Elle se compose d'autant de traités particuliers qu'il y avait de nations belligérantes.

Traité cwec la Grande-Bretagne, — La France re- .oaaiDut salenneUement l'ordre de auceemon étabb m Angleterre par les actes du parlement , en faveur de .la mse Anne et dé la Hgrte protestante de Hanovre. Philippe V, roi d'Espagne, renonça à ses droits sur la couronne de France, et « la séparation perpétuelle des deux monapohies de Franceet d'Espagne fut établie .«ooiiM Fune des règles fondamentales du droit pobKc européen. « Le duc de Berri, son frère, héritier présomptif de la France, après la mort de Tunique ar-

rière-perit-fils qui restât à Louîs XIV, renonça également à la couronne d'Espagne en cas qu'il devint roi é» France. Le duo d'Ortémft fit iftinéiiie renonciation. Louis XIV restitua à TAAfglIeieiTe la baie 'et le détroit d'Hudson, et lui céda Tfle de Saint-Cîhristophe, la Nouvelle-Ecosse ou Acadie, et l'île de Terre-Neuve avec iefi îles adjacentes. Mais la condition la plus dure, la fins humiliante que T Angleterre imposât à la Franee, ee ftrt la démeftition éu port de Dunkerque, et la de* fense d'y suppléer par le canal de Mardick. L'Angleterre entretint un coniniissaiie pour s'assurer par ^cs yeux ai la France ne relevait pas les ruines de la ville de Jean Bart, «On va travailler, dit un contemporain, à la démotition de Dunkerque; on demande huit cent mille livres pour en démolir le tiers seulement. >> Aujourd'hu! encore on ne peut lire sans douleur et indignation la triste supplique des habitants de Dunkerque à kl veine d'Angleterre eUe-mêaae,

jipec le PorïugaL La France reconnut que les deux bords de la rivière des Amazones appartenaient en tonte propriété et souveraineté au roi de Portugal, et se désista des prétentions qu'elle avait sur les contrées situées au nord de cette rivière, comme faisant partie de la 'Guiane française.

Ai>ec le roi de Prusse. — Louis XIV reconnut l'électeur de Brandebourg comme roi de Prusse, et lui céda, au nom du roi d'Espagne, la haute Gneidre et le i>ay& ée KesseL II consentit, en ontre, à ne plus lui contester la principauté deNeufchàtel et le Yalangîn.

Avec la Savoie, — ^ Le duc de Savoie, dont la politique anglaise voulait faire une puissance respectable, et capable, au besoin, de s'opposer aux projets ambitieux de l'Autriche ou de laFronce, obtint de Louis XlYla restitution de la Savoie et de Nice, et la cession d*ExQles, Fenestrelles, et des cinq vallées d'Oulx, de Sézane, de Prag^las , de Bardonache et de Château-Dauphin.

900 HISTOmB BBS TB]I»S MODBRNBS.

Louis XIY lui garantit, en outre, la possession de la Sicile avec le titre de roi, et lui assura, pour lui et ses

descendants m aies, la succession au tiùue d Espagne, au detaut de la postérité de Philippe ¥•

Açec la Hollande. — Les États Généraux restituèrent à Louis XIV, Lille, Orchies, Béthune, Âire, Saint- Venant et le fort François. Le roi , de son côté, consentit à leur accorder comnip lian ière les villes de Tournay, Ypres, Menin , Jt urnes , Warneloxf , Comines et le fort de Knock.

La France, on le voit, ne. céda que quelques colonies, et elle maintint le petit-fils rfe Louis XiV sur le trône d Espagne.

Traités de Rastadt et de Bade. — En même temps que Louis XIV traitait avec TAngleterre, la Hollande, la Savoie, le Portugal, il offrait de céder à l'Empire Kehl et Brisach, de raser le fort Louis, et de laisser à la maison d'Autriche, en pleine souveraineté, les Pays- Bas espagnols, le royaume de Naples et le duché de Milan. Il demandait seulement que les deux électeurs de Bavière et de Cologne fussent rétablis dans tous leurs Etats, droits et prérogatives, à moins que l'em-

i)ereur n aimât mieux, quant à lelecteur de Bavière, e créer neuvième électeur et roi de Sardaigne. L^empereur aurait eu peut-être Strasbourg , s'il se f At prêté à temps aux propositions de Louis XIV, et s'il avait traité avec les autres allies. Mais il s'obstina à la guerre et rejeta les offres de Louis XIV (20 août

Ainsi la guerre continua contre rAutriclie. Le maréchal de Villars ayant mis en état de dcfeiise la Flandre française, marcha vers le Rhin, se rendit maître de Spire, de Worms, de Làndau, força les lignes que le prince Eugène avait fait tirer dans le Brisgau, et s'empara de Fribourg. L'empereur comprit alors, mais trop tard, que, sans T Angleterre et la Hollande, il ne

pouvait prévaloir contre la France. Il demanda la paix. Cette paix fut négociée par le maréchal de Villars et le prince Eugène. Ils portèrent, dans les conférences qui eurent lieu, toute la franchise et la' loyauté de leur caractère. On raconte qu en abordant pour la première fois le prince Eugène, \illars lui dit : « Mon- « sieur, nous ne sommes point ennemis; vos ennemis « sont à Vienne et les miens à Versailles. »

Les deux généraux conférèrent au château de Ras^ tadt, et, le 6 mars ijiij îl^ signèrent la paix au nom de Louis XIV et de fenipereur. Mais, pour que la pacification fût générale , il fallait encore y faire accéder les Etats de l'Empire. Un nouveau congres fut ouvert à cet effet à Bade, en Argovie, et la paix ne fut conclue définitivement que le 7 septembre 1714.

L'empereur Charles VI renonça au trône d'Espagne, mais il obtint les duchés de Milan et de Mantoue, la Sardaîgne et les Pays-Bas. Il obtint en outre la restitution du Yieux-Brisach, de Fribourg et de KehL Mais Louis XIV garda Strasbourg et Landau qu'il était disposé à céder en 1713, Huningue et le Nouveau-Brisach qu'il avait proposé de raser, l'Alsace à laquelle il avait offert de renoncer; et, ce qu'il y eut pour lui de vraiment glorieux , il fit rétablir dans leurs Étatft et dans leurs rangs les électeurs de Cologne et de Bavière. Malgré ces traités, il resta encore entre l'Espagne et r£mpire quelques points litigieux qui ne lurent résolus que par les traités de in'is et i73a, qui seuls ter** minèrent enfin cette ^ande lutte.

Traité de la Barrière. — Le traité de la Barrière, conclu à Anvers, le i5 novembre 1715, doit être re-

Sardé comme la garantie et le complément des traités e Bade 9 de Rastadt et d'Utrecht. Le but de ce traité fut de mettre la maison d'Autriche en possession des Pays-Bas, et de lui en faciliter la défense en accordant aux Hollandais le droit de tenir garnison dans un cer*

d02 HISTOIRE IXBS TBIUPS MODERNES.

.tam «omfam ^ |fla<m JbrMs dhmt nms ovum dcpimé

les n(jnis plus iiaut. On assura ainsi les frontières de la Hollande, et ion épargna des dépenses cmisidérabies à FAutriche.

JUeri de Lâme XIV. Pm de temps aprè», Loms XIV fîit attaqué de k naUMUe qui teraihiar aes

jours. Ses jambes s'eiiflèient, la gangrène commença à se manifester. Dans les derniers jours de sa maladie, wOl CHipiiique lui donna un éliadr qui ranima ses forfw* U mangea ^ et Ten^irique assara qu il guérirait. Abia la msdadie était mortrile. Personne nlgtiore oTec quelle grandeur d'âme Louis XIV vit approcher la mort, disant à madame de Maintenon : « J'avais cru « qii;'il était plus diâidie de mourir; » et à ses serriteurs qui foudaieRt en biines : « Pourquoi plenneil» ,« TOUS? M*aviei>>iPou!8 cru immortel? » Le t*' septembre 1715, il cessa de vivre, après avoir vu s'approcher lentement sa BOrt, sans démentir un seul instant la fn(lD0té de bob oaractèr^ majestueux , cafane et léil* gné , pitts grand que s'il eftt afifecté de le paraître , -et jamais plus véritablement roi qu'an moment de quitter -pour tonjoLirs les pompes delà royauté.

£a résumé, le bien l'emporte sur le mal dans oe règne mémcorablè, et c'est de Louis XIV que date l'ojrâgine ou le perfectionnemeilt de nos plus belles ina* titutions. Héritier de Richelieu, élève de Mazarin, il fut porté au despotisme par les circoustances autant 4}ue par son iaciination 9 mais son despotisme fit la

Sloire et la grandeur de sa nation , et, comme auiM» H8 Anguate, il éut la glowe de donner son nom à son siècle. Louis XIV aimait la guerre; mais ses premières conquêtes furent nécessaires, puisqu'elles doniièrent à la France ses frontières lUUurelles. Les guerres pour la sneoession d'Angleterre et d'Espagne, queiqtie moins jnstes qi&e les premières, ont en cependaitt des résultats avantageux pour l'Europe entière. Arec

LIVBB III. CHAPITBB !• 203

Guillaume III commence Tère de la liberté anglaise j avec Philippe V s'arrête la dpcaclence de l'Espagne; et si cette monarchie est démembrée, si elle perdÀaples^ la Sicile, le Milanais, les Pays-fias, elle se concentre en sot, et elle gagne réellement à abandonner des possessions lointaines, difficiles ii conserver et à gouverner. Au nord s élève la Prusse, qui bientôt sera en état de contre-balaucer l'Autriche; au midi le royaume de Piémont, ce boulerard de la France contre l'Italie^ et de ritalie contre la France; enfin le royanme des Deux-Siciles va revenir bientôt à une branche de la maison de Bourbon, et ainsi se trouvera affermi léquilibre de TEurope. Mais ce qui a surtout contribué à la glaire de Louis XI Y, ce fot le bonheur qu'il eut de hâter la marche de h eiTiEsation non-«enlement en France, mais dans TEurope entière. « En Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne, partout on reconnaît qu ona suivi lesédits de Louis XI Y pour la justice, ses règlements pour la marine et le commerce, sesordonnances pour l'armée, ses institutions pour la police des chemins et des villes; tout, jusqu'à nos mœurs et à nos habits, fut servilement copié. Tel pays qui se fantait de ses établissements publics, en arait erapranté l'idée à notre nation; on ne pouvait fsire tm pas chez les étrangers sans retrouver la France

(i) diâteaubriand.

ao4 HISTOIEB BBS TBUW$ MODSRN^.

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