‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 30 sur 89 · LIVRE m. CSAPfTBB III · texte numérisé non relu

LIVRE m. CSAPfTBB III

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f Empire. Le Danemark, la Suède, la Hesse, la &QLe^ etc., firent des protestations formelles contrains a€tes de Joseph 1^, et Facciisèreiit d'aspirer au pou* Yoîr absolu. Ces plaintes étaient fondées ; le prince Engène iiii-iiième voyait se réveiller lentement, an liriiit de ses victoires, la vieille et tenace ambition de 1 Autiîchpe. ' l'ai toujours cm, écrivait-il à cette époque, «ifve i'idée d'une monarchie universeile était la folie de « & France ; mais je vois aujourd'hui que les AHemands «y pensent aussi. Dieu leur pardonne; car, depuis la «paix de Westphalie, ils ne savent ce qu'ils font ni ce « qu'ils veulent, encore moins ce qu'ils sont* 9

Campagnes dé lyoS a 171 1. — Cependant les «mérations militaires continuaient : rAitemagne étant délivrée, on songea a envahir la France, et Sarreiouis fut assiégé pour ouvrir aux alliés l'entrée de la Champagne; mais Villars, rappelé des Cévennes, *vintoccu<perla forte position deSierci,q[ui couvrait JL«xembour xhionville et Sarreiouis. La feiblesse de Tarmée impériale, oh les cercles n'avaient envojt^ qn une panie des contingents promis , l'empêcha de rien entreprendre «le ce coté^ et Marlborough , fatigué des lenteurs apportées dans tous les mouvements, et de la hauteur au margrave de Bade, quitta les frontières de la Lorraine pour les Pays-Bas, où il pouvait d'aîHenrs être plus utile aux intérêts réels de la Hollant|e et de TAugieterre. Les<leux victoires de Hildesheim (18 juin ijoS) et de Ramillies (i 3 mai 1 706), remportées sur Tincapabïc Villeroi, firent perdre à la France toute la Flandre espagnole jusqu'aux portes de Lille. Vendôme, rappelé d'Italie où il avait battu le prince Eugène à Cassano, arrêta 9 il est vrai 9 les progrès de Marlborough dans les Pays-Bas , et sauva Douai , Tournai et Valenciennes ; mais son départ d'Italie (h perdre le Modénois , le Manlouan, le Milanais, le Piémont et le royaume de Kapks. iLn Espagne , onfin , où le frère de

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l*enipereur était allé revendiquer I horiLage de Charles 11, les provinces d'Aragon, de Catalogne et de Valence lavaient reconnu. Ainsi, à la fin de 1706, les Français, chassés dltalie, des Pays-Bas et de TAIlemagne, étaient réduits partout à se tenir sur la défensive. Cependant, l'année suivante, Villars, impatient d'un rôle qui convenait peu à son activité, reprit un ins« tant 1 offensive. 11 paraissait depuis longtemps oublier la ^erre à Strasbourg, au milieu de tous les plaisirs. Mais un matin , à la sortie d un bal , les Français prirent les armes, attaquèrent à i'improviste les lignes du margrave de Baireuth à Stolhofen, et les foi cèrent. Les Impériaux s'enfuirent jusqu'à ËUwangen, abandonnant toute la Souabe, où Villars leva neuf millions de contributions. Mais y faute de livres et de troupes , il lui fallut bientôt repasser le Rhin.

L'année iyo8 fut marquée par une nouvelle défaîte

. des Français à Oudenarde, et par la prise de Lille. En-

.icouragés par ces succès, les alliés firent les plus grands

.efforts pour la campagne de 1709. L'électeur de Hanovre, conniiandant 1 armée des cercles, devait péiië-

. trer dans la haute Alsace et rejoindre le duc de Savoie dans la Franche-Comté, pour envahir ensemble la

' Bourgogne, tandis que cent dix mille hommes, réunis sous Marlborough et le prince Eugène dans les Pays-

. Bas, menacèrent la Flandre et la Picardie. A Vienne, on avait conçu les plus grandes espérances ; mais la victoire du comte du Bourg en Alsace, sur Télecteur de Hanovre , fit échouer Tinvasion d*Alsace , et Villars , par sa glorieuse défaite de Malplaquet , où il abandonna aux allies un champ de bataille couvert de vingt mille morts. Anglais et Allemands, et de douze mille Français seulement, arrêta dans la Flandre les progrès

. de Marlborough et d*Eugène.

Charles VI (1711-1740). — L'année 1710 s'écoula sans événements importants dans les Pays-

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Bas et sur le Rhin ■ mais la chute du ministère whig en Angleterre, les succès de Philippe crAnjou en Espagne, la mort de Tempereur Joseph I^, arrivée au mois d*avril 1 7 1 1 , enfin Telection, comme empereur, de 1 archiduc Charles, 1 ancien prétendant à la couronne d'Espagne, changèrent la face des choses et les dispositions des parties belligérantes. De secrètes négociations s'ouvrirent entre les cabinets de Versatiles et de Saint- James; Marlborough, partisan de la guerre, fut destitué, et les troupes anglaises rappelées. Eugène, voulant montrer qu*il pouvait vaincre sans elles avec les troupes de rEmpire, investit Landrecies ; mais une £mte lui fit perdre la bataille de Denain (x) et sauva Louis XIV.

Traité de Radstadt. — La victoire de Denain et les succès qui suivirent rompirent les derniers liens de la grande alliance. Les traités particuliers se succédèrent : l'Angleterre, le Portugal, le roi de Prusse, le duc de Savoie, la Hollande, signèrent leurs conven*' tions avec la France, et, en 1714? 1 Empire resta » seul en armes. La France en eut i)ientôt raison : Villars prit Landau, le 21 août, et Fribourg, le 16 novembre. En vain le prince Eugène voulut organiser une' levée en masse de deux cent mille hommes; on le laissa parler seul de la dignité de FEnipire. <^ Je me trouve sur le Rhin, écrivait-il , comme une sentinelle avancée, et envoyant ces contrées ravissantes, je pense souvent combien les Allemands pourraient vivre heureux et tranquilles, s'ils savaient user de leurs forces. «Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, depuis la paix de Westphalie, TËmpire n'existait plus que de nom , et la diète, ou, comme disait MdLv)hoTOVi^\^ la chambre des formalités f était sans action sur les États. On avait promis une nombreuse armée , mais les cercles éloi*

(0 Voy, cL I, SviUyp. 197 et siiiT.

2^6 HISTOlflJË. ]>£S X£iMPS MOCIS&NES.

guis ti.*ëiiyoyèrefit poiat de contingtiits, et , aa lieui

de quai i nie millions de thalers votes par la diète pour les frais de la guerre, on n'en avait réuni à la fin de la cacupagoe qu6 dfiitx cent &aixaate et diiL mille* Aiusi Eugène^ bientôt couvaisicu de son impuissance, prêtai Foreilie aux propositions de Vîllars, et le traité de Rastadt, signé le 6 mai s i mit enfin un terme aux hostilités. Eugène fut oblige, connne il le disait, (Vap^ poser son scétau sur les péchés des puissanoês maritiroju. Grâce en effet à leur défection, renpereur^ dch Hieuré le seul adversaiFe de Lo|iis XIV , fut obligé d'accepter des conditions qu'il aurait rejetées bien» loin quelques années plus tut. Le royaume de Naples, les duchés de Mantoue et de Milan, la Sardaigne et les Pays-Bas lui furent conservés, il obtint la restitntion du vieux Brisach^ de Fribourg et de Rehl ; mais Louis XIV f^arda Huningue et le nouveau Brisacli qn il avait ottertde raser, et Landau qu U venait de cou* quérir ;enfin il fit rétablie dans leurs États ses deux. alliés^ lea électeurs de Cologne et de Baviècev Marlboroufib. et tous ceux ({ui apvfiient partagé leurs dépouilles vùrrent contraints de les restituer. L'empereur lui-mêniiQ rendit les teriiitoires. qu'il avâât réunie à l Autriche»

V, GouBJi nu Noan, ousanm ooktkb us Tmcft m Gduu rouE x.!£fcKTioi? nu noi ns Pomgvb.

Guerre du ISord et guerre des Turcs^ — L'Aliemagnô n eut pas encore la paix quand la guerre contre la Franoa fut terminée. Charles XU et Pierre le Grand mélaieiii depuis longtemps à leurs querelles les Etals du nord de rAllLiii^AgMe, et ce ne iui qu'en i j20, après la mort du héros suédois, que la paix tut aussi rétablie de ce càté. Mais elle coûta à la Suède presque toutes, lea pocr sessions d outre^mer qu'elle avait gagnées par la paix d'Osnabruck et celle d*01iva« La Russie s'accrut de la

£mui iK« GBàRns m.

LÎTODie, de l'Esthonie , de Tlngrie et d'une partie du gouvernement de Wiboi]^, et Pierre ie Grand &i tout poar oiteeair toîx et sémee i lu diète germanique, ottnmt même de remettre k LiTonkf sous ki 'sMerai» netéde TEmpire. A la même époque, Fempercwr eut de nouveau à combattre les Turcs, qui attendirent la fin de la grande guerre eihropéenm et la soumissàon de let Hongrie po«r prendre les armes ; mais îls^ trottvègewt dernit eux le prince Eugène et une armée nouibreuse, composée de vieîHes h.nuies qui les batti- ' peut à Peterwaradin et à Belgrade, et les forcèrent à signer la paioLde Passar9frita(a i juillet 17^)) qui donnait à rempereur le kamat de ta Servie el une partie de kl Vaiocliie, de la Boeme et de la Creatie. Non» ne faisons que mentionner cette guerre k kquelie L'Empire en corps ne prit auciiine part, si ce n'est par kean<^B fi»» à lempei^ar de dnq^inte mois ro^

Guerre pour Péledmm dm roi d& Pologne. — Depuis^ ta paix de Pass^irowitz jusqu'à sa mort, Ciiarles VI ne feu occupe que de faire accepter par l'Empire et les diverses cears de l'Europe la pragmatique sanction, qui asavait sa sueeesBion à safitte ainée Mane-Thérèse. Pour y parvenir, ï se^ta dansiim dédale de négociations qui aboutirent enfin à la reconnaissaTice de 1 ordre iLe succession établi par hti dans ses États héréditaires. La Bavière, la Saxe et la France, seules de toute» les puissances europëenttea, refasèrent jusqu en ^728

(1) Lorsqu'ca i5ai Tlinipire accordi à Chniles-Otiint pour son expédiiHin romaiue «n secours de 4,000 cavaliei;» et de 20,000 fantassins, oa ditissa un bordereau {matnkel) sur lequel chaque état Était taxe pour le luuuiaul de ia coatributioa. Par la suite ou e&tiuia i^ue l'eutretieu meusiict (Tua oavttier coûtait douze florins et celui d^nn fontaisin quatre, d'où Peu conclut que hirmee fbufnî» à GhsrllBS-Qsiai aurait coûté cent vingtkuU miUe iloilns. Cetit iomne re^tii le Dom du mmt^^^ammt, et depui» toutes les fois que Ton accorda des subsides à à*eiu|^i3reur, le montant fut évalué en mois romains. Les cinquante mois rouiaius accordés à Charles YI s*éleweul daae à le saame de 6^4oo^e9o fior.

. â8S HI5TOIBE I>£â TEU95 MOAEKlfES.

d^acoorder leur garantie. Vers cette époque, la mort d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, ranima tout d'un coup la guerre d une extrémité à Tau» tre de l'Europe. Charles Vi ayant favorisé la nomination de Frédéric -Auguste, Louis XV se plaignit hautement de Finjure que lui faisait la conr impériale en repoussant son beau-père Stanislas Leczinski, et déclara la guerre, qui eut, comme toujours, les bords du Rhin et Fltalie pour théâtre. Dans cette péninsule, les succès des armées françaises furent rapides, etlem* pereur perdit en deux campagnes tout ce qu*il possédait sur les bords du lihin. Berwick prit Kehl et Philipsbourg, malgré le prince £ugène, qui pouvait sauver la place par une bataille, mais n'osa compromettre à soixante-dix ans une gloireacquisesurdix»huit champs de bataille. Une prompte paix arrêta ces revers ; mais il en coûta à l'Empire les duchés de Bar et de Lor- . raine, qui furent cédés à Stanislas Leczinski, pour être réunis à sa mort à la France.

« Après- ce traité, dit Vokaire,.tout fiit paisible entre les princes chrétiens. » Cependant Tem pereur avait une nouvelle guerre à soutenir contre les Turcs j mais Tambassadeur de France à la Porte Ottomane conclut^ en 1739, avec le grand vizir, un traité que les succès des Ottomans rendaient nécessaire à Charles VI, et l'Allemagne se trouva encore une fois en paix sur toutes ses f routières.

Ce repos fut de courte durée. Charles VI. mourut le 20 octobre 1740, et Tœuvre auquel il avait travaillé pendant son règne, sa pragmatique sanction, fut pres«* que aussitôt attaquée. «Au lieu de tantd'efforts auprès « des cours étrangères pour la faire accepter, prépa- « rezy lui disait Eugène, une bonne armée et de « grandes ressources financières, alors TËurope ac» « ceptera vos volontés* » Mais Charles laissa au contraire une aimée désorganisée et des iiaances en desoidie»

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