HISTOIRE Oi^ miFS' MOBBRr«£S
rtesit pour eox qu'itn*miiraeiil; d*avrèt, lenrimte est
prononcée; mais ik dureront 'encore un* siècle et demr;, bafoués, humiliés par tontes les puissances temporelles, rédoits^ à choisir entre la France et FAh*trn^he; chassés par Fmir, rétatblis-par l'autre, ils n'mit plus qcran râle secondaire et rempli de tristes vich^
situdes.
Parmi les puissances séculières, la Bavière, augmentée da haut Palatinat et du comté de Cham^ prémunie contre les démembrements par le rétab)»» muent du droit ^de prunogéniture, aurait pu figurer au premier rang sans la faiblesse de Ferdinand-Marie, successeur deMaximilien, et qui, bien qu'attaché à 1 em-
£ereur par le& liens du sang, resta constamment laUiéde i fVance* Larmaisonpalatine avait', il est-rrai, reeou* yré la -moitié de son héritage et la dignité -électorale, mais elle avait perdu son ancienne influence en laissant rélecteur de Saxe se mettre de nouveau à la tête des protestants. Du reste, Charles- Louis était natardiêment partisan* de la France, qui TayaitTétri^, et ennemi de TAutriehe, qm^avatt fait le malheur tle sa famille. Quant aux branches collatérales de la maison palatine, il suffira de nommer le comte palatin de I9Wubourg, zélé catholique, beau-père deLéopokl| 4es rois de Portugal et d'Espagne, du duc de Ptarme et du fib amé de Sbbiesld, etieduedesrDeniK^Ponts,
3ui monta sur le trône de Suède, après l'abdication e Christine , sous le nom de Charies XL Jean-George, électeur de Saxe, était mort en* i656, ■et ses Etats avaient été démembrés pour former des -apanages à ses fils; l'aîné, rélecteur Jean-George II, était attache à rAutriche, mais il s'efforça desctenîr en dehors de la rivaiîté des deux puissances; La branxXie albertine avait perdu toute influence; ^e était "alors divisée en -onve lignes- : ceUies d* Alteninrarg , de Weimar, dTîsenach, dléna, de Gutlia, de Gobourg,
x.nrK£ ni. chapitius iii. ^263
de Memmingen , de Roemhiid , d'Eisenbourg , de Hilburghausen et de Saaifeld.
Toutes les possessions de la maison de Brandebourg étaient ' alors réunies entre les mains-de Frédéric- Guillaume. A son avènement, en i64o, son ëlectorat était dévasté par la présence continuelle des troupes suédoises et impériales; ses forteresses de Spandau et de Custrin étaient au pouyoir de l'empereur, et il ne tirait pas -de^tons ses biens plus deux milKons cinq cent raille lirres. Mais son habileté changea bientôt la face des choses; les places de (Aistiin et de Spandîïu furent recouvrées; les Suédois évacuèrent la Marche de-fiKandebouTg ; un accommodement conclu avec le prince palatin de Néubourg lui assura le duché de Clèves et les comtes Je la Mark et de Ravensberg. Plus tard, il affranchit la Prusse de la dépendance où' elle était . de la Pologne , et compensa par son économie la modicité de ses revenus. Quoique* sea ÉtatS' fussent épars depuis la Yistule jusqu'au -Khin , et ne communiquassent que difficilement les uns avec les autres, il fit respecter sa puissance et rechercher son amitié. Il fut un des premiers à dévoiler Fambition de Lotns SIV et à a opposer à ses des* seins*
L^ancienne et illustre maison de Brunswick, qui avait la préséance sur toutes les maisons princières , à Texception des électeurs et de larchiduc d'Autriche y s^étatt illustrée durant' la fifuerre dcTèente ans* £fle Aaie akKrs' divisée en deux branches-: celte de Wblfinsbutien, amie de la France, et représentée, depuis i665^ par RIodolphe-Auguste , et celle de Lunebourg , alliée de l'Âotncfae^ qui avait pour chef George-Guillaunœ» raniK'^t ' le -conseil de Guillaume' d^Orange. George araît' deux Bisres^ JeanJPrédéric «t Ernest* Auguste , qui furent smîcessTvement ducs de Hanovre : ce dernier épousa la petite^fille de Jacques 1^ d^Angleterre ,
*Sl64 HISTOIRE DBS TBMPS MODSAltBS»
et obtint de Léopold qu il créât en sa faveur un neu*yième électorat.
§ IL PEEtflàaE GUERRE DE L £mPIR£ COMT&E
Louis XIV.
On voit par la rapide esquisse qne nous venons de
tracer, quelle situation nouvelle avait créée pour rAilemagne la paix de Westpbalie. Aussi lorsque Louis XIV» donnant cours à son ambition, inonda les Pays-Bas de ses années , pour s'emparer, disait-il , de la part qui revenait à sa femme de la succession de Philippe IV, Léopold j sollicité de la cour d'Espagne d'armer en sa faveur, fut réduit à Tinaction par l'attitude des princes de TEmpire, et les Pays-fias,' ainsi que la Franche*Comté, tombèrent au pouvoir du roi de France. Ce que n'avait point fait Vempereur, la petite république des Provinces-Unies le fit j elle s'unit avec TAngleterre et la Suéde pour arrêter les con-
Suêtes de Louis XIV; toutefois ce ne fut pas ce traité e la triple alliance qui for^ le roi de France «à demander la paix. Dès le 19 janvier 1668, Louis avait signé avec Léopold un traité par lequel les deux potentats se partageaient la monarchie espagnole. Louis devait avoir les Pays-Bas, la Franche^Comté, la Na* varre et ses dépendances , la ville de Roses , les Philippines et les places d'Afriquej Léopold se réservait le reste de la monarchie espagnole. Ce traité rendait la guerre inutile ^ aussi le roi de France aima mieux se contenter pour le moment d'une partie de ces pro* vinces, plutôt que dé conquérir les armes à la main ce qui devait lui échoir quelques années plus tard d'une manière paisible. La paix d'Aix-la-Chapelle, signée le 2 mars 1668 , assura à Louis toutes ses conquêtes^ à r^xception de la Franche-Comté. Louis n'oublia point le mauvais vouloir des Hollan-
WVftS lU. COÂMTBS III.
dais à son égard, et à peine la guerre de déi^olntion fut-elle terminée, qu*il se prépara a attaquer les Pro- ▼înccs-Unies. 11 conclut un traité avec l'électeur de Cologne (i6 février 1669), acheta de Charles II , qui se fit son pensionnaire, ralliance de l'Angleterre (q janvier 1671) , se réconcilia avec la Suède (janvier et gagna l'évêque d'Osnabruck, celui de Munster et le duc de Brunswick-Lunebourg* En même temps ^ il occupa Léoppld en fomentant des troubles en Hongrie, acheta quelques-uns des ministres de la cour de Vienne, et, sous prétexte quil n'en voulait qu'à la religion protestante, il engagea l'empereur à ue point s'opposer aux progrès de ses armes*
Une circonstance vint favoriser encore ses piojets; le duc de Lorraine fit avec les États Généraux une ligue offensive et défensive. Aussiiùt Louis envahît son duché, et se mit ainsi en communication directe avec l'Alsace. « Contre Turenne, Condé, Luxembourg, Yauban, cent trente mille combattants, une artillerie prodigieuse, et de l'argent, avec lequel on attaquait la fidélité des commandants des places ennemies , la Hollande n'avait à opposer qu un jeune prince d'une constitution faible, qui n'avait vu ni sièges , ni com-« bats, et environ vingt-cinq mille mauvais soldats, en. quoi consistait alors toute la garde dupays(i). «Quant aux allies, les Hollandais n'avaient que l'Espagne, qui ne ht riea pour eux, et le grand électeur de Brande* bourg, qui se sauva. Tandis que Louis traversait rélectorat de Cologne, enlevait presque sans résis-. tance toutes les places fortes du duché de Clèves, et s'avançait jusqu'à trois lieues d'Anvsterdam , Frédéric- Guillaume, à la téte de vingt mille hommes , marchait seul à leur secours; mais les électeurs de Trêves et de Ha jence s'opposèrent à. ce qu*il passât par leurs terri-
(i) Voltaire, siècle de Loais XIV, di. 3u
Digitizeci
^66 BiSTaiB£ B£S T&MPS MOBSMSiES»
toireSj et Montêcuciilli , que rempereur lui avait envoyé avec seize nulle hommes, malgré son dernier traité avec la France , l'empêcha par ses avis de frm» chûr le Rhin à Niersteiii dans le Palatinat. Réduit l iiuu nOri par la duplicité de la cour de Vienne et les dispositions de la j)liipart des Etats de TF^m pire , abandonné des Hollandais^ qni ne lui envoyaient ni un écu ni un soldat, menacé par Turemne, qui avait trente mitte hommes sous ses ordres , il se déekh» h foire un accommodement avec la France (i6 juin 1673).
Mais la diversion opécee par l'électeur avait porté ses fruits; l'armée d'invasion avait été eoatraîntt- de se diviser; les BollsModiais , moim virement pressés, étaient revenus de leur premier effroi, et, ce qui était pour eux d'un prix inestimable, ils avaieîit g^îi^né du temps. Déjà la coalition tbrmée contre eiUL mm»' Haçait de se dissoudre ; et Léopold , effrayé de voiries Français au miKe» àe l'Alteana^e, se décidii à» suivre une ligne pohtic|ue plus convenable a ses intérêts et à ceux du corps germanique.
Au mois d'août àôjZj Louis avait fait envahir 1 électoral de Trêves, mcuper hs dix villes impénale» d'Air aaee , et démolir les fortîficatiofift de* Scheles«adr et du ColriKir, « ([ui se croyait, dit T.ouis thuis ses mémoires., consideraijie , et paraissait trop lière pour avoir aliaire à un homme comme moi* » A ees nouvelles, une armée afutrichienDe„ craiBiandée par Montéciiciittîy s'avança par Nuremberg vers RMn , repoussa Tu« senne jusque dans le Palatinat , et, s'étant réunie au prince d'Orange, enleva la ville de Bonn. Ce* succès, raliiaiice conclue entre TEspagne, renpeFeur, la HoL» kade eC plusieurs États d^Èmipire ^ noiammeui Veise» tcur de Brandebomg , osfitvaigiHraN les Fnun^ais à évacuer les Provinces-Unies, où ils ne conservèrent <iue Muestricht et Grave*
Malgré cette coalition naenaçante, la campagne de; 1674 i^i^ heureuse pour la France; Louis attaqua en, per&ojame la Fi;#inciie-Conité , qui n opposa poi^ dev résistance* Dans les Pays-Bas , Condé fit téte au prince d'OraDge, qui, malgré la bataille de Senef, enleva lat place de Grave; mais tous les honneurs de la campagne furent pour Turenne (i).
Ls^ perte que fit la t^raoce par la mort de Turenne ne put être compensée par la conquête de Liège,, de Gtvet, de Dinant^ de Huy et de Limbouog, lua camrpagne sur la Meuse se termina même d'une manière funeste: le maréclial de Crequi se fit battre à Consar- IrnuJ^, et Tiève;»*, qu'il déieiulit aicec courage, capitula mal^é lui»
Une diversioa des Suédois, alliés de la France, ne &
qu attirer sur eux de tristes revers; ayant attaque le Brandebourg, l'électeur, qui, fidèle aux iriierèts de TAUeniagne , avait conduit sas^ troupes j^qu'en AJsacnet après la mort de Turenne , revint, au milieu de Fhifveri défendre s«s possessions, surprit et battit les Suédois lorsqu'its ignoraient encore son arrivée, leur prit Anclam, Stettin , Stralsund, et fit une descente dans rile de. ilugen. Préveitu qi^e le comte de Uorn était, enfxé en Prusse par la {i¥pme avec seize mille Sué* dois, il partît de Berlin avec neuf mille hommes, fil faire à ses troupes sept milles en traîneaux sur les glaces du Frisehes-Haff , et termina cette étonnante expédition par la déroute des ennemis. Pendant ce ten^, l'évéque de Muastcr t% ]e$ duca de Brunswiek- LiuBMsbourg prenaient Brème et Yerden ^ el le roi de*
Danemark j W ismar.
Ces revers des alliés de la France ne furent que iâibkiaent balancés^ par lea succès de Créqui eu Aile* ma^gne» de Luxembourg dans les Pays-Bas et dé
(j) Yoir çb. I, § vx, p. 144 etsaÎT«
:à68 histoire d£s temps modernes.
Duquesne dans les paraores de Sicile. Cependant la France garda son ascendant à la paix de Nimègue (1678); elle échangea Philipsbourg contre Fribourg^ rendit ce qu'elle avait pris à la Hollande^ mais retint la Franche-Comté et douze places fortes des Pays- Bas, que \auljan fortifia, et qui devinrent, de ce côté, une barrière c^u'il était ditHciie de franchir* Le grand électeur, reste seul en armes, hésitait encore, et proposait à Fempereur de lever une armée de quatre» vingt mille hommes^ dont il s'engageait à fournir le quart, lorsque le maréchal de Créqui , pénétrant dans le duché de Clèves et jusque dans la principauté de Minden, le força de montrer des sentiments plus paci* fiques, et d'abandonner, par le traité de Saint-Germain, tout ce qu il avait enlevé aux Suédois. Le roi de Danemark fut de même contraint, par l'arrivée d'une armée française dans les comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorst, d'accepter la paix. Louis se vit alors, rârbitre de TEurope.
Pour dédommager rélecteur de Brandebourg de ses sacrifices, l'empereur lui accorda 1 expectative de la principauté d*Ostfrise. Ce fut en vertu de cette con«> cession qu'en 1744 cle Prusse, à la mort de
Charles Edzard , dernier prince d'Ostfrise , prit posses* sion de ce pays. ^
5 IlL Deuxième guerre de i^'Empire gorteb
Louis XIV.
Entfahtssement de Louis XI F' après la paix y dans r Alsace y le Luxembourg y etc. — Tous les ennemis de la France avaient posé les armes ; Louis conserva les siennes, et commença même alors, à l'aide descham* bres de réunion, une nouvelle série de conquêtes, d'autant plus odieuses qu'elles étaient colorées d une légalité apparente (i).
(i) Yoy. cb. I, $ vif , p. iSi et suIt.
UTAE lU. CHAfiXAB UU ^6gf
Ces conquêtes faîtes dans le silence, à l'ombre Je la paix, auraient dû amener une guerre génénile; mais telle était ^ par suite de sa constitution vicieuse | la fiiiblesse d'une grande nation , que TAIlemagne se erut trop heureuse d obtenir du roi de France une trêve de vingt ans, et l'on crut avoir mis un obstacle à de nouvelles usurpations, en concluant, le g juillet 1686, la ligue d^Âugsbourg, par laquelle Tempereur, les deux lignes de la maison d'Autriche ^ le roi de Suède, la maison de Saxe, les cercles de Bavière et de Franconie et une partie des princes du haut Rhin 5'allièrent pour le maintien des traités deWestphalie et de Niniègue.
Dii^ersion faUe dans V Allemagne orientale par les Hongrois et les Turcs. — Ce qui explique cette hési» talion de l'empereur à se commettre avec la France, <;'eîait la nécessité de réprimer la révolte de la Hongrie et de tenir tête aux Turcs. Le supplice des magnats et les mesures prises par Léopqld n avaient fait qu'exas* pérer les Hongrois , qui , excités par des émissaires secrets de Louis XIV, soutenus par le prince de Transylvanie et encouragés par la Porte Ottomane , accouraient en foule sous les drapeaux du jeune comte de
« G étoît le fils d'Etienne Tékély de Kesnarch, comte et grand ollicier lierediiaire d'Avowa, baron deSchaiffoire, qui étoit fort attache à la confession d Augshourg, et qui possédoit plus de trois cent mille livres de rente* Comme ce seigneur avoit eu beaucoup de part à la première révolte de Hongrie, Tempereur envoya les généraux de Spork et de Heister assiéger Avowa, qui était le lieu de sa résidence. En vain il offrit de se justifier; et il eut beau protester quil n'avoit jamais rien su de la conjuration de Hongrie , on lui déclara que Fempereur souhaitoit qu'il reçût garnison dans ses forteresses ^ avec menace , s*il le
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UyO HISTOIES DES TEMPS MODERNES.
refusoit , (le le traiter en rebelle. Tékely ne voulut pas exposer cette place à être rasée s'il attend oit 'i]u elle fut prise , et il se soumit à la Yolpnté de l'empereur, n fit cependant évader le comte EméricTélkëlj, son fils nnique, eu habit de paysan , ri le confia à deux genlilslioiiinies déguisés de la même façon. On le iit passer au travers des bois pour le conduire en ïrangjhmie, doù îl gagna la Pologne en habit de fille. SN»n père étant mort peu de temps après , l'empereur confisqua tous ses î)i('ns, et on enleva de ses châteaux des trésors immenses en or, en argent, en pierreries et en meubles précieux. Le jeune comte Tékély ne sauva des débris de sa fortune que les biens de la ' comtesse de Thurlo , sa mère^ fille et héritière dIÉmeric de Thurlo, palatin de Hongrie, seigneur fort riche. Tekely protessoit la religion calviniste; il avoit beaucoup d'esprit et une grande facilité de parler. Après une retraite de plusieurs années en Pologne, il retôurna en Transylvanie, où le prince Âbaffy lui donna de l'emploi dans ses troupes (i). »
Lorsque le mécontentement des Hongrois fut arrivé à son comble, Tékély parut au milieu deux, se mit à leur tête, battit plusieurs corps d'Impériaux, et étendit ses courses jusqu'en Moravie et même en Autriche.
La cour de Vienne sentit que ie temps des concessions était venu; on assembla une diète hongroise à Œdembourg : la charge de palatin fut rétablie, un gou* Ternement conforme aux anciennes lois fut constitué. Aloi s Tékély, abandonné par beaucoup de magnats, fut contraint de se retirer chez les Turcs; mais ceuxci parurent encore une fois sons les murs de Vienne, le 1 4 juillet i683, conduits par le grand vizir Rara*
(r) Mémoires de M. de *** dans la coUeclkm de MM, Felilot et M(HilUier(^ué y t. liX, p. 5,
liOrRB lU. CHAPITRE III. 27I
MMtapha. Vmmim le Mptewbre par Quirles IV de
Lorraine et le roi de Pologne Sobieski, chassés de Neuliausel , de Bude et de toutes les places qu'ils occnpaieiit en Hongrie., <lé£Eiit5 une secoiMle fois à Mc^ts ik iiureiit ooAUiînif 4e bnsoer TAu*-
IriclM afifemiîr sa domination sur la Hongrie. lia diète de Presbourg reconnut en effet que la Hongrie était un Etat lierëditaire de 1 Autriche. Quant au prince de Transylvanie 9 il conserva cette province à titre hérë«d&taMre , en m raoomiaissaaft toutefois le vassal de Tempereur. Ainsi était consolidée, après deux siècles d'efforts d'une part, et de résistance de l autre, runion de la Hongrie et de T Autriche. Attachés à leurs nou* wsntx prinoes autant qu a leurs vieilles libertés , ka Bonçrois sauveront au siècle suivant la monarchie autrichienne, menacée sous Marie-Thérèse d'un entier démembrement.
Cependant la guerre contre les Turcs continua: Emnatiud, électeur de Bavière, leur enleva Belgrade (t689), et Tannée suivante les Impériaux pénétrèrent en Servie, en Bosnie et jusqu'en Bulgarie. Repoussés, m i^o, par Kioi;4)erli-Mustapha, ç^ui enleva lielgrade d'assaut y ils furent de nouveau vainqueurs à Salaa* kemen en 1691 , sous le commandement du .prince Louis de Bade. Mais Tempire ottoiiiaii, qui depuis trente ans cherchait à retrouver l'énergie qu'il avait eue au temps deSélim et de Soliman, redoubla d efforts. Le aultan Muatapha II vint lui*meme à Tanmée (1695), et pendant quelque temps les succès furent partagés; mais le prince Eugène ayant reçu, en 1697, coni* mandement de l'armée impériale, écrasa l'armée turque le II septembre à Zeutha, et conquit la Bosnie; battus d'aiUeuffs par les Ruases, les Fermais et les Vénitiens, les Turcs signèrent, le a6 janvier 1699 > la paix de Carlowitz; ils ne conservèrent en Hongrie que Ja seule place de Temeswar, dans l'Esdavouie
HISTOIB£ DES TEMPS MODmNES.
que le district compris entre le Bossulh et Salankemen , et dans la Croatie la contrée située au delà de
rUnna. La même année, Michel Abaffy II cédait à l'empereur ses prétentions sur la Transylvanie, moyen* nant une pension. Mais deux ans plus tard , la Hongrie remua une dernière fois. Soutenu par la France, Ra<yoczy s empara des villes les plus importantes du royaume , et s'av:in( n , en 1704, jusqu'à Vienne. Deux déiaites qu'il éprouva à Raab et à Tyrnau n empêchèrent pas les mécontents hongrois et transylvaniens de déclarer, en 1707, le trône vacant; mais leurs défiiitea à Trentschin (1708) et à Romhany (17 10) les forcèrent d'accepter les traites de Nagy-Kaioly et de Szathmar, qui confirmèrent aux Hongrois et aux Transylva* nîens leurs privilèges, aux protestants le libre exercice de leur culte, rétablirent pour longtemps la tranquillité dans ces deux provinces, et laissèrent à TAutriche la liberté de tourner ailleurs ses forces et son ambition.
Ces guerres contre la Turquie et les Hongrois ré- Toltés y qui avaient duré presque sans interruption pendant tout le règne de Louis XiV, avaient fait pour ce prince, comme les attaques de Soliman pour François P*", une utile diversion. D'une autre part, 1 électeur de Brandebourg, en se mêlant, ainsi que la Saxe, à toutes les querelles de la Suède ^ du Danemark, de la Pologne et de la Russie, oublia, pour les intérêts de sa maison, la sûreté de Tempire ger* manique,qui d'ailleurs, depuis le traité deWestphalie , n existait plus que de nom ^ tout occupé de fonder une nouvelle dynastie royale, d ériger son électorat et ses nombreuses possessions en royaume, Téleeteur, bien* tôt roi de Prusse (1701), ne pi était plus qu'une attention secondaire aux événeineuts qui se passaient dans 1 Europe occidentale.
11 est important de ne pas oublier que les deux États les plus puissants de TAIlemagne, la Prusse et TAu*-
. IiITEE m. CHAPiXKB III. , 2^0
triche , ataient ainsi des intérêts complexes , et qu'ils
ne purent que rarement disposer de toutes leurs forces contre la France. Revenons maintenant à rAllemagne occidentale, c est-à-dire , aux guerres de la France et de rEnipîre.
Nouvelle guerre entre V Empire et la France. ^Sans être provoqué, Louis dénonça les hostilités, le 24 septembre 1688, par un manifeste port.'tnt que Tempereur ayant dessein de lattaquer aussitôt qu'il aurait lait la paix avec les Turcs , il était de son droit de le prévenir, et que la ligue d'Augsbourg était une me» nace pour la France. Aussitôt une armée française s*empara de Phiiipsbourg^de toutes les villes des bords Rhin et du Palatinat, qui fut de nouveau dévasté; toutes ses villes furent démantelées et incendiées; Worms et Spire furent brûlées en un même jour, les tombeaux des empereurs ensevelis à Spire violés et leurs ossements dispersés.
Louvois avait voulu mettre un désert entre TAUeinagne et la France, il réussit; mais Tindignatioii universelle de TEurope le punit de la cruelle dévastation qu'il avait ordonnée, et une ligue formidable
.se forma pour en tirer vengeance. L'empereur, les rois d'Angleterre et d'Espagne , Télecteur de Brandebourg, promirent chacun vingt mille hommes, la Hollande trente-cinq mille, la Savoie et Milan réunis vingt mille, 1 électeur de Bavière dix-huit mille, celui de Saxe douze mille, le palatin quatre mille, Hesse-Cassei huit mille, les cercles de Franconie et de Souabe dix mille, Wurtemberg six mille. Munster sept mille, Brunswick-Wolfenbuttel seize mille; en tout deux cent vingt-deux mille hommes.
La campagne de 1689 fut favorable aux alliés, qui
. reprirent Mayence, bravement défendue par le marquis d*Uxelles, et Bonn, enlevée par Télecteur de Uraiidcbourg j mais, en 16^0, Luxembourg vainquit
^74 BISTOIBS nWê VBMm MnftHES.
tes HoUan^ns à F leutits » et Catiiiat le dac de Srmie
à Staffarde. En 1691, teauréclnlde Lor^ fit échouer
une invasion en Alsace tentée par les iiupeiîaux^ et Louis XIV prit la ville de Mens. La prise de Namur, et la victoire remportée par Luxembourg à Steinkerquie y en 169a , celle de Neerwtiiden et de la Maisaglia, 1693, t'mpoMibtKtë où se trouvèraïc les alliés, dans les campagnes suivantes, de faire aucun progrès, la lassitude de toutes les puissances, fatiguées dune guerre de sièges qui ne profitait qii à la jépmaftion des
Sénëranx qui défenduettt les vtUes ou savaient les pren* re, enfin k mort prochaine de Charles II, qui ne laissait point d'héritier, engagèrent les puissances belligérantes à cesser les hostilités ^ qui, de part ni d'autre, n'ame- 'Baient pas desérieax résultats. Lbs paix de Westphalie el de Nimègtie aerrireiit de hase au traité de&yswîck, dont la France dicta les conditions, et qui lui conserva son ascendant en Europe. Louis rendit les vilK s du -firisgaui l^nboiurg, Brisach, et démolit les iortdica- Éîoas construites sur la rive droite du Bhin, en fauce ' de Huningue et du fort Louis ; mais il força l*Ëiii|Mve de reconnaître définitivement l'Alsace pour une province française. Enfin, le duc de Lorraine rentra en possession de son duché, à Texceptiou de ia ville de Sarrelouts et de la préfecture de Longsr qui fiireat cédées a» roi.
$ lY. Gu«&Efi foua Ul succession d'ë^pagu»
Ifu iien$ parti eâsaye iMutilement de ê$ former w AUemmgm. mort de Charies II, sou «estaimiit
eu faveur du second fils du dauphin de France, Vacceptation de ce testament par Louis XIV, fenvoi de Plulippe d'Anjou eu fispagoe, cuiia ioccupatinu des Ba]Ks»Baa espagnols par les troupes françaises, amené* vent une nouvelle guerre européenne , dans lamelle
xlwB W. CHiMTIUl'III. "^yS
iemperenr, principal adversaire de Louis XI comnfte archiduc d*Âutriche et preMidant à la succesMon de
dharles II, parvint à entraîner les divers États Je 1 Allemagne. Les piiuces allemands étaient cependant à œUe époque disposés peu favorablement pour Tempereur, Léopold, en érigeant, le mai i6gtiy un ueiH vîèine électorat en faveur de la maison de Brunswick- Lunebourg-Hanovre , avait méconti iiié vivement les autres électeurs, priii(;i}):ileiiie[it les archevêques de Trêves et de Cologae^ le comte palatin et tout le collège des princes , dont plusieurs membres formèrenr «ocMitre le nouvel électeur Vum'o» de Ratisbonne , puis YalUance do Nuremberg. Par ce dernier traité, les ducs de Saxe-Cobourg, de Saxe-Gotha, de Brunswick-Wolfenbuttel, et de .Holstein^luckstadt, le landgrave de fiassa-Cassel^ les mai^^rayes de Brandebourg-Culm* bach et de Bade«Bade, et les évéques de Munster, Bamberg et liichstœdt, rtsolurent de mettre sur pied une ariiK 0 de vingt-quatre mille hoiumes, et de récla- «aeri appui de la France et de la Suède qui avaient garanti le maintien de la paix de Westphalie ; mais , comme presque toutes tes ligues allemande, celle-d
rest.i s:iiKs eliet. Il y eut tant d'incei titude darjs les vues des coidédérés., tant de mollesse et de lenteur 4lans les mesures qu'ils prirent, que suivinrent d'io»jportants événements qui créèrent pour eux de nouveaux intépÂts.
iPendant que cette ligue n'aboutissait qu i de vains projets, Léopold voyait se former un nouvel orage 5 mais il agit, contre les habitudes de la cour impénale, avec .promptitude et énergie^ et ne gagna pas seiilemem un allié puissant dans le nord-ouest derAI<lemagne en s'attachant le duc de Hanovre, il prévint une coalition menaçante de ce prince, de l'électeur de Saxe et d'un certain nombre de maisons protestantes qui voulaient former en Allemagne, entre TAutriche et
la France, un tiers parti neutre, dont Tinfluence et
faction auraient pu avoir de sérieux résultats, si la cour devienne n'était parvenue à le rompre en détachant de la ligue le duc de Hanovre (i).
Guerre pour la succession d^Espagne. — Malgré le mécontentement qui fermentait en Allemagne, et dont Talliance de Nuremberg est le symptôme, Léopold parvint à entraîner les cercles dans la guerre contre Louis XIY. Proiitant de Fusage des armées permanentes qui commençait alors à s'introduire j et de lambi* tion qu'avait tout prince de conserver une armée sur pied, il encouragea et excita les cercles à s'organiser militairement. Dès le 23 novembre 1700, ceux de Souabe et deFranconie se confédérèrent et mirent sur
{)ied dix<»huît mille hommes ; le cercle d'Autriche et es deux cercles du Rhin accédèrent successivement à cette iigue , et promirent, l'un, seize mille hommes, . les deux autres, neuf mille cinq cents liommes. L'archevéque de Trêves et le cercle de Westphalie suivi* rent cet exemple. Pi^sque tous les États de l'Allemagne occidentale ayant ainsi mis sur pied des forces respectables, Tenipereur s'efforça de les employer à sa querelle particulière avec la France. Il réussit à former à la diète deRatisbonneune majorité favorable à ses desseins, et l'Empire en corps déclara, le 3o septembre 170a, la l^uerreà la France. Toutefois les deux électeurs de Cologne et de Bavière protestèrent et firent des traités
Eartîculiers avec Louis XIV. Mais Léopold contre-bamça cette défection par une alliance avec Frédéric P% qu'il reconnut en qualité de roi de Prusse ( 18 jau- YÎer 1701 ). La même année il conclut un traité avec l'Angleterre et la Hollande, qui fut comme la base de la grande alliance contre la France, à laquelle accédèrent
(i) La formalion de vu tic \y,\\ ù ne. fut réellement accomplie que par rétablissement de la ( onlVdt l idion du Rhin; mais la trop grande iiifluence <}ue 5 dlUibua 6iu^ elle iNapuluoii la rendil inuliie à 1 Aileuiâgae,
LITAB III. CHÀPITAB UI.
le roi de Prusse (3o décembre 1 701), les deux cercles du libin, ceux de ranconie et de Souabe, celui d'Au* triche, le mars 17029 celui de Westphalie, le 8 mai sniTant, le roi de Porlugal^le 16 mai 1703, la Suède, le 16 aoûtj et le duc de Savoie, le 25 octobre. Dès le mois de mai 1702, la guerre fut de'clarée à la France. Cette première campagne fut peu importante, elle ne fut marquée sur le Rbin que par la prise de Landau , où les Impériaux entrèrent le 10 septembre, et par la victoire de Friediingue , gagnée sur le prince de JBade par Villars. Mais Louis XIV se promit pour Tan* née suivante de brillantssuccès. Villars devait s'avancer à travers la Souabe et la Bavière jnsqu*auz frontières de TAiitriche, tandis que larmée française d'Italie, pénétrant à travers leTyrol, viendrait joindre Villars, réuni au duc de Bavière sur les bords de Tlnn , pour mar« cber de là sur Vienne , que Bagoczy et les Honlj^ois révoltés menaçaient par le bas Danube. C'est la même ' opération que Bonaparte devait, près d un siècle plus tard, exécuter avec tant de bonheur et d'audace. L'électeur de Bavière, secondé par Villars, entreprit en effet une expédition dans le Tyrol , prit Kuffstein et Inspruck (18 et a6 juin), et s*avança rapidement vers leTrentiu- mais l'insurrection des Tyroliens sous la conduite du brave Sterxinger, les événements qui sa passèrent en Piémont, et qui obligèrent Vendôme à retourner en toute bâte sur ses derrières, firent écbouer ce plan de campagne. L'électeur chassé du Tyrol, après y avoir perdu la moitié de sou année, fut contraint de regagner la Bavière; mais il y trouva Villars, qui, en battant le général autrichien Styrum, par une marche habile, à HochstsBdt, renouvela tous les dangers de la maison impériale. A la suite de cette victoire, gagnée malgré Télecteur, Augsbourg, puis Passau, la clet de TAutriche , furent enlevées. La route de Vienne était ouverte, et Tempereur délibérait déjà dans son conseil
2jS , HlSTQlRii DILS TEMPS MOJ>liR?»ES.
s^l 4}«[iiimiit sa capitale. iSes armées ou cdles de sc6
alliés étaient en effet partout battues. La même année, ]e duc de Courgogiie avait ^enlevé la ville de Brisach regardée comme imprenable; TaUard avait vàiocu à Spire le priDoe Jtérécutanre âie Heafie^Gasael i et repris limdau. Enfia, sur le bas Rhin, le maréchal de fiouffiers avait vaincu les Ilollaiulais a Eckeren.
Ces succès de la France forcèrent les puissances maritio^es à ùtire &ur le conlinôBt les plus sérieiUL efforts pour sauver rempepettr menacé jusque dans sa capî* taie y dune part , par larmée franoo-baTaroise , et , de l'autre, par le jeune Ragoczy et les Hongrois nâiicontents. C'est alors que parurent deux hommes, Eugène et Marlboraugh, qui, étrangers à rAtte«aagae^ vinrent la sauvée, après avoir appris sous Torenne et Condé, daM Jes armées de la France, Fart de vaincre sot les champs de bataille. Lnis d amitié et d intentions, les deux héros accoururent, Tun de i Italie, l'autre des Pays-Bas, se renoiNitrèrent à Grossasbach sur Le Rems, avec le maiçnHre Louis de JBade, le ^ul ,g«éaéral aile» nand qui^daiiS'lDUte cette .guerre , fit preuve de quelque talent, et concertèrent un plan de campagne qui commença les malheurs de la Fra^fice.
Portrait dit prince Eugène. — « Le|>reraier général qui balas^ la supériorité de la Fiiance fut un FraïA- ^ais ; car on doit appeler de ce nom le prince Eugène, quoiqu'il 4i^t petit-fils de Charles-Emmanuel, duc de Savoie. Son père^ le comte de Soissons, établi en France, lèeuleaant général des années et gouverneur de la Champagne, avait épousé OljJi^pe Mancini, Tune des nièees du cardinal Mazarin (octobre i663)* De œ mariage, d'ailleurs malheureux, naquit à Paris ce prince si daugereuK depuis à Louis XIV, et si peu connu de lui dans sa jeunesse. Oa le nomma d'abord en France le cbevalier de Carignao, Il prit ensuite le petit coUel;. On l'appelait l'abbé de Savoie. Ou prétend qu*il demanda
nnTegiment m Toi^ «t «[a^il^essuya la imnrtifiestion d'un
refus accompagné de reproches. Ne pouvant réussir auprès de Louis Xi\ , li était allé servir 1 empereur contre les Turcs, dès Tan i683. Les deux princes ie Centi allèrent le joindre ea i685. Le roi fit orilonoer aux princes de Contî^ et à tous ceux qui fiiisaient ayec eux le VDYiïge, de revenir. L'alibé de Savoie fut le seul qui n'obeit point. Il avait deja déclaré qu'il renonçait à la France* hà roî, quand il lapprit, dit à ses courtisans : « He troave»*TOUspa5 que j'ai ikit là une grande m perte?» et leâ eonitisafi9 assurèrent que labbé de Sa- Toie serait toujours un esprit dérangé, un homme incapable de tout. On en jugeait par quelques emporte-» inents de jeunesse, sur lesquels il ne faut jamais juger las honnies. Ce prince , trop méprisé à la cour de France, était mé mec les qualités qui font un heix>s dans la guerre et un grand honune dans la paix ; un «sjpoi plein de justesse et de hauteur, ayant le courage nécessaire et dans les armées et dans le cabinet. Il a lût des fautes coBune tous les généraux; maïs elles ont été cachées scms lenomhre de ses grandes actions. Il a ébranlé la grandeur de Louis XIY et la puissance ottoHàane^ il a gouverné TEmpire, et, dans le cours de ses victoires et de son ministère , il a méprisé égale* mont le £iste et les richesses. 11 a mémeoultffé les lettres , et les a protégées autant qu on le pouvait à la cour devienne. Agé alors de trente-sept ans , il avait lexpe£ieiice de ses victoires remportées sur les ÏHi», «t dt» fautes commises par les Impi^ux 'dans les dernières guerres ^ où il avait servi 'CoMre la France (i). »
Portrait du duc de Marlhoraus^h, — « Churchil , comte et ensuite duc de Marlborough, déclare général des tmupes anglaises et hoUandawes dès Tan 17091,
(i) V oitaire, Siècle Je Louis XIV, cli,xvui.
a8o HISTOIRE DES TEMPS MOIKBaHSS.
fut l'homme le plus fatal à la grandeur de la France
qu on eût vu depuis plusieurs siècles. Il n'était pas comme ( es généraux auxquels un ministre donne par écrit le projet d'une campa^e, et qui, après avoir suivi à la tête d*une armée les ordres du cabinet , reviennent briguer Fhonneur de servir encore* Il gouvernait alors la reine d'Angleterre, et par le besoin qu*on avait de lui, et par l'autorité que sa femme avait sur l'esprit de cette reine. Il menait le parlement par son crédit et par celui de Godolphin, grand trésorier, dont le iils épousa sa fille. Ainsi, maître de la cour, du parlement, de la guerre et des finances , plus roi que n'avait été Guillaume , anssî politique que lui, et beaucoup plus grand capitaine 9 il fit plus que les alliés n'osaient es* pérer. Il avait, par-dessus tous les généraux de son temps , cette tranquillité de courage au milieu du tu* multe , et cette sérénité d'âme dans le péril ^ que les Anglais appellent e(?/e/ tête froide. C'est peut-être cette qualité, le premier don de la nature pour le commandement, qui a donné autrefois tant davan* tage aux Anglais sur les Français dans les plaines de Poitiers, de Créci et d'Azincourt (i). »
Situation des deux armées, — Villars, rappelé en / France, avait été remplacé par Tallart et Marsin. Celui-ci campait avec l'électeur entre Dillingen et Lauiif gen, et avait fortifié le Schellenberg jusqu'au Danube, afin de couvrir la Bavière jusqu'à ce que Tallart lui eût amené des renforts. Pour prévenir 1 arrivée de celui-ci, Marlborough attaqua avec vigueur les retranchements franco-bavarois , les força , et s'ouvrit , par cette importante victoire, l*entrée lie la Bavière* L eieo> , teur se retira sur Augsljourg; mais, rejoint bientôt par Tallart, il reprit l'offeiisive et marcha sur OonauvN erth . à la rencontre des impériaux» Ainsi tous les géuéraux
(c) Voltaire, siècle de Louiâ xrv, ibid»
LIYHB III. CHAPITRE III. ^Sx
et toutes les armées se trouvaient réunis sur ce petit coin de l'Allemagne : Eugène et Marlborough, avec f armée impériale; Tallart , Marsin et lelecteur, avec rarmée franco*bayaroise; derrière les Impériaux ma» nœuvrait Villeroî, pour leur couper les communier tions et les vivres ; enfin le margrave de Bade menaçait Ratisbon ne et Ingolstadt. Le moment était critique, et un coup décisif allait être nécessairement porte. Si Marlborough était vaincu , Temperetir, attaqué par les Hongrois , ne pouvait éviter une ruine complète, la liberté de l'Allemagne et de Tltalie tombait à la merci de la France, et Louis XIV, redevenu plus puissant qu*il ne lavait jamais été, serait descendu au tombeau non plus avec les mépris de l'étranger et la haine de ses peuples, mais dans toute sa gloire et avec l'éclat du maître et de Tarbitre de 1 i^urope.
Les deux armées se rencontrèrent assez près de Do- * nawerth, dans les mêmes lieux où le maréchal de Viliars avait remporté une victoire un an auparavant. Il était alors dans les Cévennes. « Je sais, dit Voltaire, qu ayant reçu une lettre de larmée de Tallart, écrite la veille de la bataille, par laquelle on lui mandait la disposition des deux armées, et la manière dont le maréchal deTallart voulait combattre, il écrivit a u président de Maisons, son beau-frère, que si le maréchal de Tallart donnait la bataille en gardant cette position, il serait infailliblement défait. On montra la lettre à Louis XIY, elle a été publique. »
La défaite de Hochsta di fut le commencement de cette série de revers qui marquèrent la fin du règne de Louis XIV. L'armée française fut presque entièrement détruite. Près de cent lieues de pays furent perdues en moins d'un mois. La Bavière entière passa sous Je joug de l'empereur.
L^empcrenr se ^wnge sur les alliés <le la France, — Pendant quelque temps^lon put craindre que la vie*
HlâTOJRE DES T£MPS MODERNES.
•toire gagnée par rÂiiglais Marlboroii|ph et le prinoe Eugène, cet autre étraiiger quî écrivait son nom en trois langues, m o vcni Savoie^ pour rappeler sf*s trois patries, ne devint fatale aux libertés d' Alleiuague, uils venaient, disait-on, de sauver. Les de«x électems e Bavière et de Cologne forent mis au ban de r£m* pire. Les quatre fils du Bavarois, conduits à Klao^enfurth, ne portèrent plus que le titre de comtes de Wit- 4^&bach; puis la Bavière fut démembrée i |)artie en fut iionnée aux États voisins, partie aux favons <st aux gé» .néraux de Fempereur, à Marlboroùgh entre autres , qui obtint le titre de prince d'Empire et la seigneurie de Mindellieim. L'empereur lui-mtiiie \nh tout le pays situé entre Salzbourg et Passau,bieaqu il eùteU| disaitil , le droit détendre le territoire autrichien jusqu'à l'Inn, véritable frontière des deux États. Enfin la dignité eleetorale lut leudue au comte palatin qui Tavait perdue depuis la guerre de Tieute ans , avec le haut Palatinat et le comté de Cham ; et la JBobème forma un nouvel électorat au profit de l'empereur. En même temps, plusieurs maisons nouvelles furent dotées et ad* .mises au collège des princes. L'Italie eut aussi ses exécutions : le duc de Mantoue, allié de la France, fut mis au ban de 1 Empire , et dépouillé de ses Etats, qui furent partagés entre les princes de Guastalla et le duc de Savoie. Le duc de la Blirandole éprouva le même sort, et le pape lui-même entendit de la part des ambassadeurs impériaux im langage inaccoutumé.
Joseph 1*^"^ ( i yoS — uas atubitieuses de
VAulrichû. — C'était le nouvel empereur Joseph couronné depuis le 6 mai 1706 , qui avait pris toutes ces mesures. L'Empire s en émut ; il y avait si longtemps que Ion avait perdu l'habitude de vCir le chef de l'Empire agir avec vigueur, qu'une craiute secrète se répandit parmi tous les Etats « et éclau enfin en accusations d*attentat à Ja constitution de