‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 41 sur 89 · LIVR£ IV. PART. I, GHAJPITRE I · texte numérisé non relu

LIVR£ IV. PART. I, GHAJPITRE I

premier coup porté àïautorité royale le fut par le par-

lement, qui, comme ie dit Duclos, n'était pas fàcbé dinsuiter au lion mort.

Louis XY, arrière-petit- fil s de Louis XIV et fils du duc de Bourgogne, était né à Fontainebleau, le 1 1 jan- ▼ier 1710. Il devint roi i l'âge de cinq ans. Louis XIV avait oidonnë dans son testament que la France serait gouvernée, pendant la minorité du roi, par un conseil de régence dont le duc d Orléans ferait partie* Ce testament ne fut pas plus respecté que .ne lavait été celui de Louis XIII. Pendant quon conduisait le feu ri)i à Saint-Denis, sans pompe et presque sans larmes, ie duc d'Orléans faisait casser son testament par le parlement^ qui était trop heureux de faire acte de puissance) après avoir été réduit si longtemps à une complète nullité. Lui-même il se fit proclamer régent.

Portrait du duc d*Orléans, — Uahhé Dubois. . — « Le duc d'Orléans, dit Duclos, était d'une figure agréable, d*une physionomie ouverte, dune taille médiocre, mais avec une aisance et une grftce qui se faisaient sentir dans toutes ses actions. Doué d*une pénétration et d uue sagacité rares, il s'exprimait avec vivacité et précision. Ses reparties étaient promptes , justes et gaies. Des lectures rapides , aidées d'une mémoire heureuse , lui tenaient lieu d'une application suivie ; il semblait plutôt deviner qu étudier les matières. Avec une valeur brillante, il eût été général, si le roi lui eût permis de Tétrej mais il avait toujours été en sujétion à la cour et en tutelle à l'armée. Une familiarité noble le mettait au niveau de tous ceux qui rapprochaient. Il sentait qu une supériorité personnelle ie dispensait de se prévaloir de son rang* Il ne gardait aucun ressentiment des torts qu'on avait eus avec lui, et en tirait avantage pour se comparer à Henri IV.*.. Humain , corn-

fmmuM^ il AUTOfi 4rai à» wmlmê\ m F^n «mawk mm .

L'abbé Dubois, devenu son pjBscqpti^Uir Yer& iam «he son 6dacatk>n , avait detnik les pmcîpos ^ <Mrtu ^il avMt puiaés ^km les Isoom cles iMMunes anetint

qui l avaient insitruit d'abord. Fils dun apothicaire de Srives-la-Gaillairde , ee perscmnage igiikokLe, doué d un * esprit soiU/ple et pré\ieiiaiit, était venu chercher for^ tune à P«ris* il iiàt d abcMnd moiisé seiîbe » moitié wlet du curé de SamlhEiMtaebe. C'est là qu'il fit la connaissance du précepteur du jeune duc, qui le prit à son sei?VAce pouar copier les ^bèo^s son élève. Ûià^ liois eut Tanbesse de sisisiauer éms l'esprit du jmBm piittce, et finit par suœeder à Soi«t*LaiireBt ésM ses fonctions. 11 fonda sou crédit sur la corruption. « JMon « ikls , » dit au duc d Gitans la princesse sa mève^ lorsque le parlement lui eut déféré la régence, « je m « ^Bi«e cpse le bien de l'fitoit et yotve gloire; je n'ai « qu une cliose à vo»us demander pour votre iionneur, « et j en exige votre parole : c'est de ne jamais ea^ « ployer ce fripon d'abbé Dubois, ie plus grand « cpsin qu'il y ait au HMiade, et qui Teadrait TfilM et « vous pour le plus léger ÎMérét. »» Le duc d'Orléans tlouiia sa parokij luais bientôt, oid>liant ce (fu'il avait prosais y il éleva Dubois aux foiftctians de conseiller d'£taJ;,M aCttenéint i»m jàim faaaneet phis eea>dtieMsa fortune.

OferatioKS financières, Chamhms ardentes. — «La poiiiAifièe àix négeAt, sa vie, ms uMeuus, toute ea persoone étaient ua -déaieMi pmr le vègne ^wémi dent. Toutes les vacilles baveières aonri^nt; le végeot

iiîvilc les particuliers a donner leur avis sur les affaires; il proclame les maximes de Fénelon; il fait imprimer le TéUmaque à ses ânais; il ouvre eu publie la tâblîo^

(i) Ducbs.

5e âoat eagrjMÂsés dias jnaux de la France, sqqi ji^gés

par une chauihne ardente, rançoa^iés, condamnés à

qu^^QtMl^r à la f^ipiiUstté prinae. <ïiqpe«dwl,

par d autres mt^Fcns , faiise ia€e à d^tto id^ ^jrais jaaiiliards que laisse Loùis XIV (i). »

Calait en eiiet à oefte somoie euarme qjuie &^ieyait Ja «dette dont le« .giiwes et ie bkêt» de XiV avaient c\mv%é le volume. 4 la ittoit^ on nuirait tiiipwé dans le trésor que sept à hait c«at niUle livres /d*argerit comptant, taudis que TÉtat devait en iûllets au

Iïorteur, et actuellement exigibles, sept cent dix mAioB6. I^éft interâts de la dette publi^i^ mantaLemt à i^aftM»vii^t-fiix,miUîone. Ces deux dettes réunie» &rmaieut un capital de plus rde trois milliards. Saint- Simon, qui méprisait profondément les gejis de peu ^ 4)anaeiUa-lA banqueroute. Le nouveau roi, disait-Uau a^^at, jpkmi> pes tenu de reoonnaiire ies dettes de «on IpcédéeefA^* Le duc d'Offléw «jeta ce eon#eil odieux, et deiercha d autres imoy^m de diminuer le poids de la dette nationale. 11 abolit toutes les h tti cs de ifKkbii^âMî accordées depuis 16S9, et, en au^menlaiit 4imsi le notfpabne 4es iu>nttdbuaUe») il fHit diminuer le poids de l'impôt «qui pesait aur le peaple. Il réduisit au denier vingt-cinq une eertaîne 4(uantifeé de rentes qui étaient au denier douze. Des rentes viagères de 2^1,4 «t 1715, dont le capital avait été fourni, naoilîé an ailgisi^t, nmitié en afieu décriés , furent fnappées jnéductian d'un 4|uart« On fit dans les troupes line iséforme de vingt*cinq miUe hommes, et les soldats réformés furent invités par des privilèges à re- MMWier à la dbarrue; celui .%ui aurait huit en^inats^

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dont aucun ne se ferait ni moine ni religieux ^ devrait

être franc d'impositions. Une lettre circulaire, adressée aux intendants des provinces et renouvelant la fameuse prescription de Golbert, leur ordonna de « te* nir la main à ce que les collecteurs , procédant par voie d'exécution contre les taillables, n'enlevassent point leurs chevaux et bœufs servant au labourage , ni leurs lits, habits, ustensiles et outils avec lesquels les ouvriers et artisans gagnaient leur vie. » Le commerce de grains fut déclaré libre de province à pro* vince, et Ion en permit même l'exportation, à condition seulement que le négociant* ferait connaître la quantité de grains qu'il se proposait dexporter du royaume.

Une des causes de la ruine du crédit avait été la variation des monnaies. Le gouvernement ordonna une refonte. Il déclara qu'au i*' janvier 17 16, les louis

d'or anciens vaudraient vingt livres au lieu de quatorze , et les écus cinq livres au lieu de trois et demie. On avait compté qu'il serait apporté à l'échange pour un milliard d'espèces, mais il ne s*en présenta, dans l'espace de dix-nuit mois, que pour trois cent quatrevinj^ts millions. Le bénéfice de 1 opération, beaucoup momdrequon ne lavait espéré, fut d abord d'environ soixante-douze millions , qui servirent à payer les dé* penses les plus urgentes.

A la refonte des monnaies succéda le fameux édit du visa, dont le but était la vérification et la liquidation des différents effets royaux dont la dépréciation continuait , et pour leur conversion en une seule espèce de billets, dont la valeur serait fixée invariablement. En vertu de cet édit, on vérifia les titres des possesseurs, on réduisit en conséquence les effets, et ils furent convertis tous en billets d État. La somme des papiers visés s'éleva à six cents millions : ils furent réduits par une loi à deux cent cinquante millions en

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