LIVRE IV. PART. I« CHAPITRR I» 36 S
billets d*État, portant intérêt à quatre pour cent. Cette
opération difticile et délicate avait été dirigée par les quatre frères Pàris.
Immédiatement après parut Tédit qui établissait une chambre de justice pour la recherche des traitants concussionnaires; remèae violent, mais déjà employé par Sully et Golbert. « La terreur, dit M. Lemonley , installa au couvent des Giaiuls-Augustins la nouvelle chambre ardente , et disposa dans une salle voisine les instruments de torture destinés à Tinterrogatoire des enrichis. Pour cette justice nouvelle, il fallut un code nouveau, et il fut atroce : la peine de mort y était prodiguée sans mesure pour tous les délits des justiciables. Le carcan attendait les témoins négligents^ les galères punissaient Terreur dans la déclaration des fortunes. Ia médisanee contre les délateurs était punie du dernier supplice. Les domestiques étaient autorisés à déposer contre leurs maîtres sons des noms e/npruntés. Outre le cinquième des coniïscations , ces dé* nonciateurs recevaient des brevets qui les déclaraient protégés du roi, les affranchissaient des poursuites de leurs créanciers, etc. Quatre cent soixante et dix chefs de iamille furent insci its SLU cles tables spoliatrices. L eifroi et le desespoir s'emparèrent de ces maisons superbes dont les financiers avaient idécoré Paris , et d*oà une loi imprévue leur défendit tout à coup de sortir, sous peine de la vie. Dans leur épouvante, quelques-uns hasardèrent leurs jours par la fuite; d'autres la terminèrent par le suicide. Quelques-uns furent exécutés à mort; d'autres subirent une exposition infamante» Cependant l'excès des violences y amena un étrange remède. Le régent, qui avait promis d'être inflexible, céda au torrent des réclamations, A ce signal, tout ce qui 1 entourait) princes, roués , intrigants, femmes perdues, tout s érigea en solliciteurs* L*indulmnce eut ses tari&i comme la vengeance avait eu ses listes; et
Digili^uG Uy
3Ô8 HISÉOiaB ras temps MaiKBM£6«
ht emïv de Frsmce ne fut pins que le marché scamdb^ lettx d'un royaume mis au pillag^e (i). » En imfifuarit la chambre ardente contre les tinamcier^y' te réseau atait cGtàftè mxr un bétti^e de tfol» emM; miUtoiis. EHa ilf«ff prod«rimt gtièi e fihf«< d«r draïc otMi-, diiM- hi tiers à pmne fut perçu au piodt (\n trésx^r.
BtÈHqm de Latv, — Esmis pour eùiùàr le emdiiÊ*
Tausices eifpédîmt» fimmciifiM àymn été tnwmé». imuttêints^ le^ fégmm9cêÊfmhiS plant cfob hitlMmt
présentais par l Écossais Law, sur In créafîon et l orj^a-» nimtion du crédit, puiwsafice nMivelk» et inconnue jittqtt^'abrs en ïVà^^nce. Il ptop^sM d^tablir «M bni« ({u« ^Mi^)»^ BHé fit roimmm di»^ m «péiwtidmle
a-ititri 1716, avec un fonds de dotieie cents aolimis de ciîuf mille livres chacune. Ce n'est pa» ici le lietpd'en-* trer dan» les détails de toutes \e» opë^atioM- de Law. Il nmé mfêtà d'indiqiMr k» fâM prâcipams^ l^eaprtD qui* diri^ ceBi-opérâniom eî le«f» iiésvttffrsr. lâm lait? mettre tout le numéraire d« l'Etat encre les mains du» gouvernement, créer une banque administrant léS reveum àè te ttmtcë eurtière, potsédmii l^ptot*> mtt«n> d^ oei»tiiiM moficipoles , tels qpoe le owarmefce des colonies , le tabac, la' fiilïiricatTon des monnaies, elc. « L'erreur de Law ftit de donner à son syst^èine u«e étmdue extravagante; de sufpposet à ses moyem wm feras ^ lia* n'tfvaieM pae ; et m lieU' d-éiaMir^ cMMue
il et^ft facile, régalite de concurrence entre l'argent et le papier-monnaie, d'avoir pu se p^swader, eMi^uî par de vains soptÂmmts^ que la» aifÉivtagea' du papke»* iM^MMàMié^ leraieitt etmstaftyfnMt préféMP se yakswiééâliÊ! à" la Valeur réelle ipi^^ prëcîeM iIlé> HfLiMli Son crime fut de présenter au pins faible et au plus facile dea princes un projet dangereua et ppopre à sé-^
. d«ii^'ime'aaii«iii'd»ëd«le« ini|NntdMte ei iégiia; aUan^
ÛMÊ^ émê'hs mmnÊ à^mm ëùi M* le mmértaivi' àm wem
royaume; de faire accepter en iicïi&npâ Hfie morniaie faA4aisuque et iMisItipliable à volonté; dt; donner ainsi à la |prodigalM4iâ souverain «Im» faciki^» sarns borne»} d'oMvîr à k idrti dâ»in<»iyti> diiflrisiwns et dos mattresse», ui^ aouvee que aen abonda^Mie ferail; re^ garder comme inépuij»al)le , jiisqii au inoiiiewt où s€^ ciamux iragifles a« biiâeraiwt Wmê à la foi». Un pius gMiid «Miie Ait MMTe d« rtMnkr la decidltliet dîe systèiM pettiideM par des nueyufS^ vMeiM ou pet^ fides, et tous d autant plus coupables qu'ils étaient ûiijmi&saBts, et ^ve^ saas eapévance de reatédieff sm «Mil, ibm feiaaitM*^e ra^gramr (§}% »
L» tinayiit prk MfMdemeflrt ian« giMide eMHMÎMk Aiin d»e développer ses ressources, et dfinner a 1 Etat lea soiuines imniemse <^'iil lui fa41aû pour cmnbler le déficit et paywr la d«it6^ le réfe»t, au iti#w d'wù€ 17 17, établit par actions de ciny iwH» Iiviee, in €omr pagni0 d^Oeeidefêt , dMt Law fut vmmmà cUvecleur* L'objet spéeieiix d^ IVntreiM'ise , Tappât jeté aox capitaitASlc»^ etadt le bénéitce à espérer de reài|>i(Hia4iaii des telles et dee flÛM» d'or de la LMasioM^ fue lo roi cédilità k»<MRpa^;^^I* foule opoduloo^tffiao^ vèirMit déjà d'éuocSEies béièéfices, s'eœfrdssià de prendre 4e6 octionsi,.
On 3e nuit sur ots MtiociSy. r^ytcoi ckoyw jo«r pki# liioràtiifseay aMo u«e Aiveiar esMivAgÉiito^ « Lo
principal Lut des ccMîcurrents était d-e recevoir ces pa* piers a leur souffce^ La plupart des souverains de 1 Eu- 40^0 y prétendiveotC, et eHtretiwea* à I^ania dea mao* doaoigo» pDiMT lesforii îfe mplûraîemt avec eowiHaioii les faveuFi) du itégent. Apres «es agioeeiMPS ooi«mwm#y venaient sans honte les pkis gramls seigneurs de ki £lawo^ aoumwont do wU pkceto dot plu» beaaic
(1) Marmoatel, Histoire de lit ragieace*
368 BISTOIU DBS TBMM MÔDttmê.
noms de la monarchie* Quand la part des privilë-» giës était fisiite, le reste appartenait à la constance des plus robustes athlètes. Dès qu*une distribution non«
velle commençai L , Thôtel de la compagnie, regorgeant d'une foule acharnée, eût vainement essayé de fermer ses portes. On voyait ces âpres solliciteurs ^ étroitement serrés , s'observer entre eux d'un ceil fiarouche, et ^émir sans plier sous le poids de Tor et des poi tefteuilles. Leur phalange s avançait durant plusieurs jours et plusieurs nuits vers le bureau d echange, comme une colonne compacte, que ni le sommeil ni la faim ne pouvaient démolir (i). » A la faveur de ce délire , plus les fabricateurs d'actions les multipliaient, plus le prix en haussait démesurément ; et Law, au lieu de modérer cet excès, s'applaudissait, dit Marmontel, d avoir sous sa main^ pour ainsi dire» la roue de la Fortune, et de lui donner chaque jour une nouvelle impulsion,
« La somme totale des actions de la compagnie finit par s'élever à seize cent soixante et quinze millions , ce qui était plus ^ue le double de tout Fardent du royaume à cette époque. Mais Law comptait , pour établir la balance , sur le papier-monnaie de sa Mu* que. On y portait Tardent, et on ly échangeait en billets; ceux-ci passaient à la compagnie en échange des actions; les actions, à leur tour, passaient dans la caisse de la banque pour y répondre de lemprunt des billets; et tandis que les actions doublaient, triplaient, décuplaient de valeur, les billets, doîit le prix était invariable, tenaient lieu de largent, et même lui étaient préférés. En 17191 on fabriqua une si énorme quantité de ces billets , qu'il fallut doubler le nombre des commis à la signature. Cette émission insensée n effraya personne, et ne ralentit point l'ardeur de
(i) LcmoBtij» Hiitoire de ta régoaee.
ftI?BB IT* F4EV« I. OBAPnU I« 869
Tagiotage* Les mois d'octobre et de novembre de cette année furent un temps d'Wresse et de vertige, et Ta*
pogée du système de Law. Mais Taveuglement ne pouvait être de longuedurëe; et le jour où la moindre inquiétude ferait naître la pensée de réaliser en argent ces billets, dont la valeur excédait si prodigieusement celle des espèces en circulation , tout ce fantastique édifice devait crouler. A la vérité, on avait soin de faire subir des variations à la monnaie pour entretenir la prédi* lectio^n de U multitude pour les billets | dont la valeur ne changeait pas. Mais ce violent moyen de décrier l'argent et de soutenir le papier fut bientôt insuffisant* Des agents parurent sur la place, chargés de billets qu'ils cherchaient à négocier. On en présentait à la banque, et leur nombre toujours croissant avertit Law que le moment critique était venu. Voyant sa banque menacée d une ruine imminente par la baisse des ac« tions et des billets, et par les réalisations auxquelles il serait bientôt impossible de fane face, le 5 janvier 1720, pour essayer de regagner du crédit, il se fit nommer contrôleur général. Il commença son ministère par des variations nouvelles dans la valeur desmonnaies; Le public ne prit plus le change, et garda son argent. La banque royale fut reunie à la compagnie des Indes, et n'en eut pas plus de faveur. Enfin, n ayant pu avilir largent au point de soutenir le billet au pair de i espèce , Law fit rendre par le conseil un arrêt également absurde et tyrannique, dans lequel , suppfjsant qu'il y avait en France douze cents millions de numéraire que Ton s obstinait à tenir renfermés, le roi faisait défense à toutes personnes et communautés de garder chez elles plus de cinquante livres d'af^ent, sous peine de confiscation au profit des dénonciateurs, et de dix mille livres d'amende. Cette loi , qui provoquait la délation domestique, qui soudoyait jusqu'au sein des fiaimilles Fespionnage et la trahison „ -
iS.
3^0' miMQlCKSL WÊ.B (C^M^â M-OB£&K£S%
Irti» atgWt , ks autres m fivelfit passe* ftiniveniiéiiv du' royaume; le piua grâ^nd i^rnnbre',^ ftitigaé» Mnié^ et iiitiiiiidéi par* qvi^ltftm ekemples ^
fig«ie«ir, rét^âttigéMmt eM«m le imX papiw. mm^ m
"vam Law s'a tait en tout sens pou# échapper a 1'»^ bîme : i abîme, chaque jour, se creusait phis profond, pitis inévitable^ La sMmie de» antiini# ev' mm UHets dépassate dlétii«nttrén(ieiii< la tttlew ^ tdvi V«r et dé tout largétit qui' poulet être daiis> le rojaume. Un arrêt les soumit à une diminiitioti graduelle, qui', à lin de rannée , devait iesr i^éduire de nMHdté* Cet asrét de banqueroute fot féTOi|ué pra^ d# jMM après ;jimmi' il a^it rempli le ehàrme pwBrr h»' [4uia cvtfdities*; totilli la confiance était détruite ; rien ne pat la fttire renaître. Law, ayant dans sa caèise me grande partie du xm^ métaiM, chercha, pour dMnpnier ttpédkent, une odneana et "raine resmitoe dans
la valeur des monnaies. Il porta le marc d'argent à cent vingt livres, et le marc d or à drx-huir carats. Cette opération désespérée ne relavv poinn sar banque* Les billets perdirent de plais en^ phrs ; enfiar, ils s ash» * nulèrent entièrement, et furent siappriraés m mms d'octobre 1720. Le peuple àt Piïris, les mains pleines de ces symboles trompeurs d'une riclicsse anéantie, poarrait »fmr du pain. On ott^ff pour lui mia caisse ou étaient payés en sirgcrAt les^ MHèts <ie pm di^ valeur. Trois hommes y ftirent étouffés dtins la presse. On porta leurs cadavres devant le palais d'Orléans; cette vue eombla* Tesaspéi^artion d» la multitude. La^^ a'enftryant dam son carrosser, a« ^rand galop de saa' chevaux, courut risque détre lapide. Toutefois, quoique chargé de \^ haine publique , il resta six mois encore auprès dte régent» En£», ilr se retira en Anglesterre , puis a Vemse, o# il tti<$ttrm «bus- la ^us étvoim mé<]^o«ri<tié, n'ayant, d|t-on, emporté de Paris que
toutes les mbesm dm^ ro v an m c .
tt A-prèssa fuite, qui f ut à peine apei cw'e dnns la confusioEt dflB t rémÎMo» ée si& inikia rds de papier, jetés dam k commerce par desToiesiiMsîléeB^oowfnMI la France, k PeHdMV Ab la HoMsaie ftut fiiit oMtrôhw g^McraL débris immeiYse dit système passa par 1 opération d«. dont furent rfiar^r^s les frères Paris, habiles
aMDcieis que Law smU eus pour principaux antagonistes. La somme des effets présentés à ce contrôle s é* knra à éaum miiiUûvà» deuoc ooM vingt-drax mitlians. Le tiers environ de cette niasse ayant été annidé, le reste fut liquidé à dix-sept cents et ([lu Iqiies imlHons» Une tï^ès«petite pairtie iwt payée en argent^ et il £adlut Mf lilwwr du Besto, rw^ma^ des biHefs dis uimz^ soie pow capîcam de mnarvetlea rentes ^ soit en paye» ment de nouveaux offices. Ainsi se termina cette grande opération financière ( i), »
ChangeniefUs dmis la politique extérieure, — Dukoisy ^endu à l'AmghtervB^ faéê la gaerr» à VEspmgne. — Mort de DuMs et du régmU Le prtmier ministre d'Espagne, le caidinal Albéroni, avait rendu à ce pays, épuise depuis im- siècle, nne partie de son ancienne puissance. Armée , manne , arsenaoaL, finances, cora^ anevet> tom lirait été selem Albéroni- Tnukat de plue «epeendre totiles lee possesamM ^pa^oles cédées à FAutrieheparla paix d'Utrechi. Certes, T.ouis XIV eût secondé de tons ses elïorts le rétablissement de la puisaaaoe espangnole, et les deux moiuaxsbies ensseiN;
G résister ame nigiieur k leur» ennemis cominiMBe, Mgleteme e« TAueiidie. Le réj^t fil tout le ee«traire. Il voulait s'assurer la couronne, en cas de mort du jeune roi; Alliéroni voulait ia donner à Philippe V. Par égoisme autant qu^ par insouciance, le régent se
(i) Ragon , Histoire générale du dix-huitième siède.
Diyuizeo by
laissa diriger par lord Stairs, son compagnon d'orgies , et par rinï%me Dubois, son conseiller orainaire. Gelai-
Cl avait été gagné par Walpole , ministre de George P*", roi d Angleterre; il en recevait une pension de cinq cent mille livres* Dubois voulait du moin^ gagner son ar&rent consciencieusement : il vendit les intérêts de la France. Toutes les traditions de la grande école diploniatiq^ue de Richelieu, Mazarin, Lyonne, Torcj, furent abandonnées, et remplacées par une politique infâme.
L'Angleterre ne pouvait laisser VEspagne relever sa marine; elle résolut à tout prix de renverser Albéroni,
Celui-ci voulut alors chasser George P*", et rétablir le prétendant, ('es faits expliquent le soin avec lequel l'Angleterre rechercha notre alliance , et pourquoi elle acheta Dubois; il semble incroyable que le régent n'ait pas compris les résultats de sa conduite. Il ne
fouvait rendre à la France sa puissance maritime qu à aide de l'Espagne; et les deux marines pouvaient s'opposer à rétablissement de cette énorme puissance dont TAngleterre s*empara sur les mers pendant le dix-huitième siècle. Tout entier à ses débauches, peutêtre n a-t-il pas réfléchi aux terribles conséquences de sa conduite? Il est plus probable, toutefois, que son égoïsme le décida à s'alUer avec 1 Angleterre pour ne
Ïas perdre la couronne ou la régence que lui disputait *hilippe V. Quoi qu*il en soit, le régent et George!*' firent un traité en juillet 1716. Le régent s^etigagea à achever la démolition de Dunkerqiie et du canal de Mardyk. La Hollande accéda, le 4 janvier 17 17, au traité, qui prit le nom de Isl triple alliance (i), et bientôt celui de quadruple alliance^ lorsque l'empereur j eut accédé, le 4 août 171 S. Ainsi la France était deve-
(i) Ce traité honteux pour la France accordait de plus le titre de rd de France à George et ne donnait que celui de roi très^ehrétien à Loois XT>
LIVEfi lY. PART. I. GHJLPITBB I. ôjS
nue ralliée de tous ses ennemis, et Tennemie de son alliée naturelle.
La France réclama tout entière contre cette in^ croyable politique. « Il lui semblait insensé de se pro* poser de lier arec cette puissance (1* Angleterre) une amitié véritable, qui ne serait jamais que frauduleuse et traîtresse, jamais offerte ou acceptée que dans Tunique vue de diviser la France d'avec TE^pagne , et den profiter (i),»
Philippe V , en ce moment , eût dù foire tous ses efforts pour se rattacher au régent, pour rompre cette monstrueuse alliance; mais, et en cela il est aussi coupable que le régent, il conspira pour lui enlever la régence. II espérait ainsi faire rentrer la France dans la vote de sa véritable politique, sans recourir aux né^ gociations. Il ne pouvait d'ailleurs se décider à négocier avec un homme qu'il regardait comme avant empoisonné sa famille, et comme voulant lui enlever le trône de France. Le régent, comme pour mettre le droit de son côté, et répondre aux justes reproches dout sa politique était l'objet, déclara qu'il se croyait obligé d'exécuter fidèlement le traité d'Utrecht.
Guerre de l'Espagne contre la quadruple alliance* - — Conspiration de Cellamare. — Albéronî souleva d abord les Turcs contre lempereur; la Morëe fut conquise et la Hongrie envahie, La Sicile fut attaquée par vingt-sept vaisseaux et trente-trois mille hommes de débarquement. Jacques ill se préparait à débarquer en Angleterre, soutenu par Chartes XII; le marquis de Cellamare^ ambassadeur d'Espagne à Paris, mena smeusement la conjuration contre le régent.
Cellamare trouva le duc et la duchesse du Maine disposés à entrer dans ses projets. Le duc du Maine , auquel le régent avait fait enlever, par le pariement,
(i) Saint-Simon , t. XIH » p. 3^4 1 éd. in-8».
Vt.S9fl0lf0.' MIS. TJÊÊÊÊÊ^ IMMmHnM*
lÏMiCoiîti^pe h»1iPHnmÉM< ihr Lm» JUV kif assignai^
devait avoir la vice-régence sous Philippe^ PtNMr réus^r^ AU*éi-oiii et le duc du Maine comptaient sur uae in&ui?tei6tton en B^eta^tie, où les états avaient eDe «isacs a» *y^7t pow amir re&Mé d'accorcksr par m* damMiaB et smm eanaett le dett gmtuk étamidé pw. le i<oii He» sei^^Mim braèom , qoi vmkienft défenëm leurs privilégies étaient réeileiueiit disposés à la re*» volte. Lue ilotte espagnole devait débarquer sur les ^les der oetid province des troupes et des mms , et ce débarquemeM devais être le Mgfnei «le rinminreotRiKb Larflotle ne put i^fer 90i> dérarifaiefiient; d'oiUeim la Bretagne se flattait en vain que son exemple serait suivi dans le reste du royaume.
Dulioifr eut WMaatssaiioe de la eoujuralion par les iw^atioM de so» esfioo Buvat, eectétaire de Geiihi«« Bumey etpav ranesMÎM du neveuide Porto-Garrero^ chargé de porter à Madrid lft> copie du plan de l'en*treprise. Cellaniare lut arrêté et reconduit à la fron^» lîèia<d'£spag^iie. Le duc et Im duebesse du Maine fu^ Mit. iienfarma da«s« les chèteam de Dourleiis et de Châlona*; maié il» ftireni remia e» liberté' après q«iel*» ques mois de détention. On ne fut rigoureux qu envers les gentilshommes bretons qui s étaient engagés dans le com^lou Oa< eu» aaréla un grand nombre , cpii * avoumnt tanC dMiit la commiaiion ëtaUie à Nawaes poui» les ju^er. Quatre d'entve e«» ««mie la télm trmm
chéej seize autres, qui avaient pris la fuite, furent condamnés par contumace à la même peine. Une ara*- Bistie fut aecardéa » tous eau» qui niavatent pac ju^és , à raMaptian» da dis qm aiiaaeat ckevekm m aaile en Espagné;.
Toutes les tentatives d'Albéroni échouèrent les unes ^près les autres : Les Turcs fuient vaiweus à Pett?rv^aradin ^ la flotte espagnole fut détruite en vue de Syracuse par les Anglaîa, et Ghark&Xtt mouraft eaaaaîé-
Digilized by Coo^lc
t£VHB IV. PAttV. 1% «KàPlWm fv
geatît Frederiksliall. La flotte qui portiEiit JacqM^ lit fut d^ri iiite par la t?empèt€, et se» débits brûles p»f 11» Anglais» L'arnxee es|Nigiiioltt, apvèB la d^fmm hé^ T^âefetê der Metmne^ Ait ehmsëe cre là Sidle paf tme
amenée des vaisseaux anglais. Le maréchal de Berwick, après avoir franchi les Pyrénées, s emparait de la Ca^tiîlo^e, de Saint-âétNUitien , détmisait les ehâfitieuf eÊpÊffovAa du Passage ^ éd Smt^gnar, « afin, À^rrmilv il au fëgtBifit, que le gou'^Mmeiiietit de TAf^^terw
puisse faire von au parlement qu'on n'a rien lïëgligé. pour diminuer la marine d^Espagne. »
Philippe y, réduit au désespoir^ marcha en pep-^ sdttne a la t^te de son aMii^e aQ-d«Hrani; des troupes fratieaîaes ; il a^vait fine jpeiiydi^e le» Asim de li» sur
ses drapeaux, espérant qu'à Tapprocl^e d un pctil-lils de Louis XIY ces troupes poseraient les armes <*t passeraient de son côté. Trompé dans son attente, li rë»dlut de eéder. Il disgi^eia ^klbéfoni-, kti ordonna de sortir de'TEspagne, etaecëdaf au* traité* de* lu quadrisple al« liaricc ['2.6 jainier lyao). Ses troupes évacuèrent la Sicile et la Sardaii^ne, dont l'empereur et le duc de âftToie reprirent possession. 11 eut pour indemnité tex*
KMtiff e du duehé de Parme ei; de 1» Toseaw sur àè file è&n Gai4o9.
IL*Angleterre u iomphait : la marine franeaise était détruite, la marine espas^nole, qui s'était relevée sr brillante, avait éié anéantie^ i mnrs lui
Le due dX)rtëflme avutf mis pow cottdkieti éê sa vih
iîon ci H« tien avec Philippe le mariage de sa fille, niadomoiselle de M^ontpensier, avec dt)n Louis , prince des Asturies , et celui' de l'intante d Espagne aTec le voi dm ftMce. Dcdiois, quf 9mm. été le priincipal «gent de^ cette négociation v iMfMiu dès lori à devenir ea«dÎMl 0t premier ministre. Au moment où la paijk conclue a^ec
Oigltized by
l'Espagne oomblaii de joie le duc d^Orléans, l'arche-^
Têché de Cambrai devint vacant. « Tai fait, dit aussitôt « Dubois au prince, un plaisant rêve cette nuit; j'ai
rêvé que vous in*aviez nommé à 1 archevêché de Cam- « brai. » Le régent lui rappela en vain la bassesse de sa naissance et les scandales de sa vie dans les termes du mépris le plus accablant : Dubois eut Teffronterie dlnsister, et le duc d Orléans céda. Le pape envt)ya les bulles nécessaires. Eh! qui sera LU/iJdine qui osera te faire prêtre p lui dit 1« duc d'Orléans. On assure que Dubois était marié.
Il en coûte de dire que la partie la plus illustre du clergé de France prit part à cette ignominie. Plusieurs évéques, parmi lesquels Massillon , se rendirent ga* rants de la pureté des mœurs et de la science eccUsias^ tique de l'oAbé Dubois, et Tré.ssan, évéque de Nanles, lui administra dans une matinée depuis la tonsure jusqu a la prêtrise^ Le cardinal de Rohan célébra la cérémonie de son sacre» qui se fit au \ al-de-Gràce ^ avec une magnificence scandaleuse ^ en présence de tout ce que TÉglise et la cour comptaient de plu& éminent.
Mais Tarchevêché de Cambrai n était pour Dubois qu'une transition à de plus grands honneurs. Il n as» pirait à rien moins qu'au rôle des Kichelieu et des Mazarîn« Pour y parvenir, il demanda le cardinalat» Le pape Clément XI répugnait à faire entrer dans le sacré collège uti homme que son rôle lufàme auprès du duc d Orléans marquait d'un sceau ineffaçable de turpitude et d opprobre. La honte de cette nominatioa fut réservée à son successeur. Innocent XIII qui ne fut nommé pape qu a la condition de donner le cha« peau à Dubois. Le a6 juillet 172 1, l'infâme Dubois fut créé cardinal. £n 172^ , le clergé ne rougit pas de le choisir pour président de son assemblée.
Ce ne fiit pas tout : le roi était devenu majeur , et