‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 75 sur 89 · flwvoias Dss-UMiPs nonBamM · texte numérisé non relu

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çais. Louis XV, malgré ses liiltes contre les parlements •t les dissipations de s» vie privée, ne cessa pas un seul iaslaot de faire par hn-méfne une aoita da dKploinatie mystériavise, qui avah ses agents particv* liais et différents de ceux qu employait le ministère des affaires étrangères. Gustave , qui s était attaché aux d'AigwUoii, aiora en grande faveur, obtînt par leur mienrention de* traiter direotement amc le roi ponr

tout ce qui concernait les affaires de la Suède, et surtout pour le payement des subsides que la France révisait depws le changement survenu dans la poUtiqua aii^doiae- a» 1766. 11 y a tout lien de croire que daai ces entvevoes^ le jeune prince convint avec le vieai ntofiarque de la conduite qu'il devait tenir plus tard pour anéantir 1 autorité du séna^ , et qui eitt un à piaio SQceèa. Le* titre de roi^ enr doMawt aiu naga» ahii€«r Me nwwwillfe impoieattee, fil eontre toali attente réussir la négociation principale. On assure aussi que le eomte âcheâer^ envoyé en France pai le'aéfNLt! pouroomtrfiiaeDter lé netweav rai^ coBtribai lleaoeoup i ee-wauilat em vreMnt ineptiiraimt aa milieu de la nutt annoncer à Louis XY la nouvelle de la mort du roi de Suède. Louiâ^ du*oj2, parmi fiit aifeeté de cet événeaieiit, et le eomte saisit ca me* mentpow^peittdraau monarque françm la déploraUa situation des finances de la Suède et les maux qui en résumaient; il insinua adroitement que le défaut de pèiyemant des arréragea dwa par la Frânoe en était la seule cause. Dans TétooneBient où le roi se treufof jeté 5 rel()(juencc du comte ne nianquri pas de produire son effet, et Louis promit que le lendemain il ordonnerait à sea mîniftrea de< satiafinve aux demandes des S^edoia^ Ce vemboiAeeiDent devait proeurerà la Suéde une somme de quinze cent mille livres par an% Inda* pendamment de cette somme, des crétiits considérables forent ouverte a M, de Y^ei^aiies^ noœaé

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ambassadeur à Stoekholtn sur la demande de Gustave. Ces crédits étaient destinés à aeqiHiter les dépensm éDsSpamkies de la tenue de la diète*

GeH^e dfite aurait dft être convoquée dans les trente jours qui suivirent la mort du roi; mais l'absence du prince qui devait succéder à la oouroane, et la nécesh eîté de lui iai$9er le temps de terminer les neg€>eiatioii6 qui f avàient appefa^- en Pranee, déeidèreni le à remettre rassemblée au mois de juin. Tel était du moins le préteMe de ce délai y car le motif véritable ^'ëtait le démr ou avaient les bonnets de laisser aux "ttinistree d^Angieterre et de Russie le loisir oenve- ^ifiable pour préparer, à la faveur de 1 absence du jeune roi, rentier succès de leurs desseins. On pressentait dqà que de ^nds événementa se prépamien#, et -^e Gustaw, comme roi né- en Suède et eomme héritier de la couronne, ne se contenterait pas du rôle de roi fain^nt auquel avaient été condamnés les rois électifs qui avaient figuré sur le trône depuis la mort 4e Qbarles Xil* Awsi lae bemnets^ firent de si grands eÉbrfs dans cette oeea^on , et forent- si bien soutenus

£ar les ministi^s d'Ang^leterre et de Russie, que, M élections faîtes, ils purent croire que la majorité leur ëiair acquise 'dam ke ttoia ordres inférieurs. Ge^ pendant le jeune- roi éorÎTit dans les terme» les plus obligeants au sénat, approuvant toutes les mesures ^u'il avait prises, et 1 assurant plusieurs fois dans B» iMIre qui! entendait goimremer selon les lois dn ^tmfètmne. Le- langage dfas parmana de la Franee ae modelait sur celui du roi et tendait à accroître la sé- ■curite de leurs adversaires.

Gustave en quittant Bsris alla faire «ne visite à son «nele- lé roi de Prusse^, an<f uel il donnai, dit<Hi ^ hss assurances non moins équivoques du désir où il était •de conserver la p«ix avec ses voisins et de gouverner npès^ les lnîs4tabliesi De^ SerUn il se rendit dans la

6S8 BI3TOIIUB BUS TMi^FS HQBBKUMS^

Pomëranie suédoise , et vers la fin du mois de mi 1771 il arriva a Stockholm.

Peu de temps aprè$ rarrjvëe du roi, on vit paraître à la cour M. de Vergennes , décoré du titre d'ambas* sadeur* Un ministre de la cour de Madrid le suivit de près. Les ministres d'Angleterre et de Russie s'en alarmèrent, et reunirent tous leurs efforts pour préparer hk déposition des sénateurs dévoués au nù et à la France, et pour parvenir ainai à la conclusion de k grande ligue du Nord.

Nous avons dej^ dit aue le& batitiets avaient la ma- .jorité dans les trois orares inférieurs; mais les chûr pêoux prévalurent dans cehii des nobles, et paroon*

sequent le maréchal de Li dicte fut de leur parti. Ofi se tromperait toutefois etrangenient si Ion croyait qu*à cette époque les ckçtpeaux étaient à la dévotion du roi ; ils comptaient plutôt sur Tatuchement que le roi leur portait, et pour leur en donner des preuves solides , le prince fut force de recourir à des moyens tout à fait extraordinaires* Le premier terme du payement fSkromis par la France écbéait au mois de janvier 177a. Gustave, pressé par des besoins de toute espèce, se fit avancer par la maison de coiauierce, qui ttau chargée de toucher le premier terme montant à ud million cinq cent mille livres^ une somme de six cent | mille livres , bien qu'il sût que quand viendrait Tépo^ | que du payement, il se trouverait dans l'impossibilité d^ la remplacer, et qu'il devait s attendre à toute la mmadversion du sénat pour javoir ainsi détoun^ | à son profit les deniers de TÉtat* On n'en saurak douter, le prince, qui ne recula pas devant une ne» gociation de ce genre, avait déjà formé le dessein de renverser les lois de «on paya^ 4]u*en attendant il «perchait à éluder. Et pourtant rien netait encoi« bien prépare pour assurer le succùs de cette tentauve.'

le nombre des amis aveuglément dévoués à Guiuv^^

ia¥u IV» PART* u. caumas m. 689

était très-petit, et il ne pouvait encore compter avec ceràtude ni sur Tarméei ni sur les paysans. Mais il aut tout conduire avec tant de prudence et d*habileté,

qu'il trompa tous les partis , et les amena insensiblesnent à seconder ses desseins tout en croyant ne travailler qu*à déjouer les projets de leurs adver* Jttires.

La diète s'assembla le i3 juin lyyi. Elle avait été surtout convoquée pour délibérer sur quatre points

Erincipaux : sur les funérailles du l'eu roi ^ sur I couronnement de son successeur ; 3^ sur la pen* sion de la reine douairière ; et 4^ sur Tapanage des princes frères du roi. Les funérailles du feu roi ne pouvaient admettre aucun délai ; mais la cérémonie du caouronneroetft s'y rattachait immédiatement, et Ton oe voulait pas y procéder avant d*être tombé d'accord sur la forme de Yncte (V assurance que le roi devait signer. On était à cet égard bien éloigné de s'entendre* IjCS esprits s échauffèrent de part et d autre. Après un mois de violentes et inutiles querelles , on décida que les obscques d'Adolplie-1 1 édéi ic auraient lieu le 3o juillet, et le roi composa pour cette circonstance un discours académique, que levéque de linkoping substitua à loraison funèbre d'usage.

On reprit ensuite les débats sur l'acte (l'assurarice. La noblesse voulait qu il fût tel que i avait signe le £du roi en 175 1; les trois ordres inférieurs exi* geaient qu'on y fît mention des lois introduites depuis cette époque. Aux termes de la constitution , toute résolution adoptée par trois ordres dc*vait avoir force de loi toutes les fois qu'il ne s'agissait point des privi*» léges de lun des quatre ordres. Les nobles profitèrent de cette clause pour mitraver la décision que venaient de prendre le clergé, les bourgeois et les paysans ; i|^ prétendirent que plusieurs des articles qu'on voulait ajouter à Tassurance royale étaient autant d*in£ractions

^ggO .MISSOIEK ras- TBMW MCWKIW»»

à leurs privilèges, et par conséquent eri|[eaieiit ui «onsentement unanioie des quatre- ordres.

Le roi akvrt'yefui» signer l'«§ravaiiiGe iMt qui )«9 imUm ne 1 aimient pa» approuve. C était un moyen sûr de traîner les choses en longueur, et èt gagifrer du temps pqur préparer i aecompb&âenuiBt (k ses projets. Enfin, d'autres difficultés s étant présenté^ la oièlir^ devînt entièpeiiieiit inaetii^e , et txmtes^ ses opénitions furent suspendues pendant huit mois, au bout desquels la question de l'assurance fut enfin leMé^i fffkce k ht modération de quekpies efatéii dtf wmMpêamar, Le roi signa en protestanl? qail nnk d'autre désir que la réunion des différents partir et k bien du royaume.

CependanK ce délai avait été asses- long pour coq» Vttiniore le peuple des 'vîoes du gouTemement et it l'influence qu'exerçaient les puiss.^nces étrangères dans les affaires de la Suède. Le roi en avait aum profité pour fam valoir la sagesse , le désîntaressenieiit et k patriotisme qui Tannaient pwté si souvent à ofifiîr u médiation pour terminer les continuelles divisions la diète. parti de Gustave n'avait également rien ^upsmgné pour anim^ de plus en plus la jaloasie ^ existait entre les qiiatre ordres, et pour aaMoernoc rupCiire' «uverte entre e«x. Quelques émissaires se* taient répandus dans les différentes prf)vince$ rojF^iune pour exciter le mécoolentement des hâlN* UNita , pour les détadier de \» constitution et les c» gager à lever Fétendard de la révoltes. Les ^lébatsrditifs à l'assurance royale terminés, on s'occn[ia avec plus d'acharnement que jamais du renouvellement du sénat. Le comité eeeret, choisi dans* Vosdre* des bo«^ geois, aceusa les- sanarlevrs d*amir abnra' de la oob* fiance des états; en conséquence, les trois ordres ii* férieurs décidèrent quil faUaît les déposer tous, et k roi fit si bien inancaavM*' aas arawy ^wloscke ési

nobles y consentit et que la résolution passa à Tuna* ■hnité. Âinsî (es bonnets triomphèrent cdmplikeineiit, •et dêy ters la révokitfon détînt inévitable.

La ronr vit avec joie Taclniinisti aticm des affaires passer pour un temps entre les mains des bonnets^ espérant que Fabanssemenftdans lequel se trouveraient le» ekapemx^ changerait lès opinions de ceux d entre eux qui s'étaient déclarés les défenseurs zélés de fe constitution présente, et que, se voyant exclus du poumir, des charges et des dignités, arec la perspeothre d'être opprimés et maltraitée par un parti dont ils avaient, en l'j^^^ fait monter les chefs sur l'échafàud, ils chercheraient un refuge auprès du roi et Faideraient à faire réussir le plan qu'il avait formé.

L'effet répondit à cette attente; les craintes que les chapeaux ressentirent pour eux-mêmes firent oublier à ce parti l'intérêt qu'il avait pris jusqu'alors au maintien de la constitution; le plus grand nombre dentre ' eux firent secrètement assurer le rot qu'ils le soutien* «iraient dans tout ce qu'il voudrait entreprendre, tandis que ceux qui s'étaient déclarés publiquement avec le plus de chaleur contre lautorité royale, quittèrent Stodehohn et se retirèrent dans leurs terres.

Du nombre de ces derniers était le fehi-maréchal comte de Fersen, un des chefs les plus habiles du

rrti des chapeaux, et qui, bien que zélé partisan de France, s'était toujours déclaré ardent défenseur ^e hi constitotion établie. L'absence de ce seigneur,

âui était en même temps colonel des g-ardes, fut Tune es circonstances qui favorisèrent le plus Gustave. Apvès la déposition de l'ancien sénat, il fallut s'oc^ •«uper tfen composer un noUTean. Les formalités^ u^ tees à ( (^t égal d permettaient au roi de différer cette nomination tant qu'il le jugeait convenable, et de suspendre pendant cet intei^alle les opérations de la cUéte; It sut profiter de cette dreonslanee avec beau-

6j)a HISTOIRE DES TBMPS MODEBNSS*

coup d'adresse, et s*empressa de rasseinbler à Stock*

holm, SOUS les ordres du lieutenant-colonel de Spi eiigporlen, un corps d environ cent cincjuante officiers, sous prétexte de 4es exercer à des manœuvres inili» taires, mais dans le fait afin de s'environner d'une pèce de garde noble. Il gagna bientôt la confiance de m& jeunes officiels, qui tous témoignèreat le 2.eie le rplus ardent pour ses intérêts.

Vers le même temps survint une disette de ble dans tout le royaume. Le parti de la cour s empressa de répandre parmi le peuple que le renchérisseiuent des grains devait être attribué à l'imprudence et à rincurie des états. Leà membres de la diète répondirent vainement quils avaient envoyé une quanlifcé considérable de blé aux gouverneurs des différentes • provinces. Les gouverneurs avaient été gagnés par U cour^ et, sous différents prétexter, retinrent dans Itf magasins les grains destinés à soulager la misère générale. Cette ruse réussit complètement; le peuple. .e^Laspéré contre le gouvernement, éclata de tout côte en murmures, et le mécontentement devint génenl On ne se contenta pas de préparer la nation à os changement, on le lui fit désirer, et dans toutes les provinces on l excita à marcher sur Stockholm pour venir exposer ses griefs au pied du trône.

Enfin, le parti du roi leva tout à fait le masque; les courtisans répandirent dans tous les endroits publics de la capitale, des libelles contre le gouvernement, dans lesquds on provoquait les citoyens à la révolte. Les bonnets s*alarmèrent^ et voulurent s'adresser comité secret pour cju il prît les mesures nécessaires et mit les autorités à iabri de toute surprise; mais k maréchal de la diète^ entièrement dévoué au roi, ft^ lîisa de convoquer le comité, et ajourna ainsi une dê* marche qui demandait la plus grande célérité. Lorsqu'enfin le comité s'assembla, il envo^'a ordre aux

UVRE IV. PART. n. OHAPinS Itî»

Tegiments d'Upland et de Sudermanie de se tenir prêts à marcher sur Stodkholm. Le colonel deSprengporten, dont les bonnets se défiaient plus que de touir

autre, reçut rinjoncdon de se rendre immédiatement en Finlande pour y prévenir une rébellion que 1 on disait menaçante. Le général Rudbeck, gouyernenr de^ Stockholm, l'homme de confiance du ncMiveau sénat qui venait d'être institué, fut depcclie vers la Sranie, pour tranquilliser les esprits et pour surveiller les démarches des émissaires de la courj et le général' Pecklin, le plus habile et le plus hardi des chefs du parti des bonnets, fut chargé de veiller, pendant l'absence (lu gouverneur, à la sfireré de la capitale.

Toutes ces précautions inquiétaient le parti du roif Gustave seul était tranquille; il pouvait compter mr la plus grande partie de la garnison de Stockholm, et ne craignait rien pour sa personne. Cependant, pour faire réussir Tentreprise projetée, il était nécessaire de s'assurer aussi des régiments qui se trouvaient dans les provinces. Les frères du roi, sous différents pré-^ textes, firent plusieurs tournées dans la Scanie et dans l'Ostrogothie, et réussirent à gagner les troupes. Mais il fallait trouver un prétexte pour les rassemblerf la loi n accordait pas aux princes le droit de leur d<m^ ner des ordres, et les officiers, en leur obéissant, pouvaient être considères comme coupables du crime de haute trahison. 11 ÊiUait donc trouver un moyen qui pût les justifier aux yeux des états. Voici celui qu'on imagina. A un jour fixé, le i*^ août 1772, le ca-

Eitaine Hellirhius, commandant de ChristiaDStadty pulia Je manileste suivant :

« Afin d'instruire les citoyens du véritable motif des* « mesores qui ont été piîses pour mettre cette ville

« et la forteresse en état de défense et pour y établir « une garde suitisante, on déclare, par ce manifeste» > « qu'on a été forcé à cette démaircne parce que des •

« gens, par ruse et par violence , et aux dépens àm « lois et du peuple, oat «âa farter injustement le uom « d*étite dtt wyawEm de Suède. Us ont exercé un « pouvoir tyrannique; ik se sont écartés des lok dt a royaume et ils ont outragé la justice ■ ils ont exclu tt ihannèteie de Iturs actioAS et favorisé de^ vue& etraa* « gèrea. Ea se livrant a ces excès, ils nont pria an» « cune :préoautaoii fionr prévenir la disette de grains, a et la misère qui opprime et afflige la plus grande « partie du royaume; ils n'ont pris aucune mesure « pour f>rocurer las aressaAiiaes nécessaires et poar « iKTOriaer Le eoinniarce.el; la oiroiilatioa dé raagoat. « Les forteresses n*ont point été réparées et sont resa tées sans défense. Le royaume est ^ur le penchant «dbaa ruine; il n'y aaucMdne suMté ni pour l'État « en général ni paur lans |iartioiiUar& 1a r^putaMO) « rbionMiir «ft les biens 4les eitoyens sont en danger. « On a porté les plus violentes atteintes au pouvoir « juste 4^ légitime du roi<; Tobéissance, les devoirs, , «lea égarda mêwÊ^ dm k Sa Miyaslié^ tant m èk « '^ielé*

« Dans cette circonstance, la garnison de cette ville « ^ ^ €etie fortaress^ ouosiderant i^e cette manière « de gDwreaner tend au .pouv^or îilimifté, auquel Mi « ekoyen est oblige de sopposer par snite de sm sst* <c ment et de ses engagements envers la patrie, refuse ^ de déférer et d-obéir aux soi-diâant états^ eiie r^ «igaide et déclaise toist œ qu'ils ont fait comme nal »*ct «on amna; €ft, pour peeter nemède k 4aatde

« maux, elle est déterminée a peisrster dans \v parti « qu elle a pris de ne mettre bas les armes que ïuw^ ^ ÏÈXàX atra rentré dans la £arme qu'il dok -avoin. <« Brvrea Suédois., louvrafe eat enlin eommeneé !

« rappelez-vous vos obligations envers le roi et la pa» « tiie ; unissez-vous à nous : c est le seul moyen qui

« noua.i)Bste pous aaimer le oaj^iiuae'tfie sa chute^ at

« |i>eitt"CtBe <ki joug étranger dont nous sommes me* « ma^césn Mous ptote^toiis «brant Uku et à la taee de « toute la terre que nos intentions sont pures^ elles

« teiident uiiiqueroeiiL au bien de la patrie; elles teii- <c dent à l'eudre à Dieu ce qui e&t à Dieu, au roi « œ qui est au roi. »

Lorsque Hellichius onii que le manifeste avak pvo» doit l'effet désiré, il excita la garnison à se révolter, fit fermer les portes de la forteresse et la mit en état dis défense; ensuite îl en donna secrètement ayis au pràioe Cbarles, qui, aous le prétesDe ^lecieux d'apai* 9ar cette révolte, engagea les officiers des en wons à rasseaibU^r leurs soldats et à se mettre sous ses ordiies^ de sorte que UmX à coBp il paimt à la têle de

GMiq tégMMIItS.

. fComme les troupes ign^oraient entièrement oe qui se passait à Stockholm, il ne fut pas dilfic ile de leur faire cr<Akre qu'où voulait renverser ia conâùtuiioii ^ abolir la royauté «et établir un gouyetviement ariato^' cralique sous la -protection de la Russie, ooiilre fan quelle les Suédois avaient eu de tout temps la plus vive antipathie.

Le génaud iUidbeck, dans sa touméc!, anîn devmt Glwistia«stadt, et, timmnt les ponea fermées, oourat à StockhoUu pour avertir les états de ce qui se passait. Joe sénat aussitôt envoya deux régiments de ca*> Valérie investir Cbiistianatadt, et intima aux princes Txupdre de revenir !»w>leH^hamp. On suppUa le roi de ne, pas quitter sa capitale, et l'on fit marcher sup Stockholm deux régiments provinciaux. Le roi, à la nouvelle de la révoke, affecta une grande surprise, il feignit d'approuver sincèrement les mesures prises par ie séuAt, et alla même jusqu a accompagner les patrouilles de la cavalerie bourgeoise chargée de garder Stockholm pendant la nuit; il voulait, disait-il^ v^U^

luMnème à la sûreté de la capitale. G âtait se ménager

6q6 8ISX0I&E DBS JISMPS MOMUIIISS.

le moyen de gagner les bourgeois, et il y parvint tellement qu au moment déci&it ils sa ciéclarèreQt tou& pour lui*

La lettre du prince Charles, qui devait décider

le roi à agir, arriva deux jours après la nouvelle de la révolte. Il lui apprenait qu'il se trouvait à la té te de cinq régimenls. Le roi transmit aussitôt cette lettre au sénat, en l'engageant & confirmer le prince dansle i commandement, comme il en témoignait le vif désir, tout en protestant de son attachement inviolable pour la liberté* Le sénat n'eut garde d'accéder à cette propo* sttion, et nomma an sénateur pour remplacer le priaMi

Dès lors tout délai pouvait devenir funeste au roi. Il envoya des émissaires dans tous les quartiers de li ville pour gagner la garnison, rassembla autour deu personne les officiers qu'il savait lui être dévoués, et) se promenant avec cette escorte dans les rues principales, il s'entreî:eiiciit familièrement avec tous ceui ^u il rencontrait. Les sénateurs furent avertis de k ' fermentation qui se manifestait dans la ville ; mais Itf uns, pleins de confiance dans les mesures qui avaient été prises, se livraient à une sécurité inconcevable tandis que les autres, et c était le plus grand nombre, ^ se laissaient intimider par la popularité du roi« Ou ' résolut donc dattendre l'arrivée des régiments qui n'é* i taient plus qu'à une journée de Stockliohn. I.e roi nen pressa que plus vivement TexécutioQ de son plan; six i personnes à peine dans tout le royaume étaient ioi* tiées à son secret, il ne pouvait donc prendre conseil qtie de lui-même; mais il montra dans cette occasion ^ une présence d esprit et une* habileté dignes d luii meilleure cause.

Le 19 août 1772, trois jours après Tarrivée de Bn^ beck, il résolut de porter le coup décisif. Avant dà heures du matin il était à cheval, entouré de ses otli* cters, et commença par s'assurer du parc €lanilkfie« 1

I4YJUB. IV» FAAT. II. GHAPITAB III. 6qj

En traversant la ville, le roi redoubla de politesse et de J^uniliarité envers tous jceux qu il rencontra, et il xentia au ch&teau au moment où la garde montante tenait de relever cdle du jour précèdent* Il fit alors entrer les officiers des deux gardes dans le palais, et, leur adressant la parole avec cette éloquence qui lui fut si utile, il leur dit que sa vie était en danger, leur retraça, dans les termes les plus énergiques, le triste état où se trouvait le royaume, leur rappela l'esclavage sous lequel la nation gétaissait par suite de l'influence étrangère, les dissensions qui légnaient dans les états et qui avaient prolongé la diète durant quatorze mois ; il protesta qu'il n avait d autre but que de remédier à ces desordres, de bannir la corruption^ de rétablir la liberté et de faire revivre l'ancien éclat du nom suédois, terni depuis lonfirtemps par une vénalité honteuse. Puis , afhrmant dans les termes les plus énergiques qu'il n'aspirerait jamais au pouvoir, absolu, il termina par ces mots ; « Je suis obligé de « défendre ma .propre liberté et celle du royaume « contre Varistocratie qui nous opprime. Voulez*vous , « m' être fidèles comme vos ancêtres Tont été à Gus- « tave Yasa et à Gustave-Âdolphe ? Alors je risquerai m ma vie pour votre bien et pour celui de ma patrie! »

Les officiers, qui pour la plupart étaient des jeunes gens attachés à sa personne, ei qui peut-être ne pénétraient point ses intenti(uis, lui prêtèrent avec entfaonsiasme serment de fidélité, et promirent de le, suivre partout où il voudrait les conduire.

Cependant les soldats semblaient irrésolus et inquiets ; Gustave ) surpris de leur attitude, hésita un instant: sa position était critique; mais un sergent décida tout eu s*écriant : « Tout ira bien , vive Gus- . tave ! » Le roi répliqua sans perdre un instant : « Allons, je m'abandonne à la fortune. » Puis s'avaneant vers les troupes, il leur tint à peu prés le même dis-

6g$ HiSTOias mms Motmsamâ.

cours qu il venait d'adresser aux officiers, et il eut le même snocès. Uioe seule voiai cria mon f Mnis wi n y fit pas attention^, Geptmdant, CAndis que les afiieicii

rassemblaient le rés^inieiit des tardes et celui d artillerie, ou repandit le bruit que ie roi avait été arrêté. A celte nouveUe, la populace coure t en foitle aa châ'teau, et témoigna par les plus vives acckinalions sa satisfaction de le voir en liberté.

Les sénateurs asseni biés en conseil, entendant ce bruit et voyant par les fénéire%ce qui se passait, desceocltiwt pour apprendre ta cause de tout cetumibe; trente-aix grenadiers, la baïonnette au bout du fusil, les firent rétrograder et les enfermèrent à clef. On les fit ensuite passer par différents appartements du château , d'oè ils ne sortirent qae trois jouis après, le roî ne jugeant pas à propos qu'ils assistassent à la nouvelle assemblée des états. En même temps, le général Rudbeck et tous les chefs du parti des bonnets furent arrêsés^ sans qu aucun (feux ftt la- moindre résistance ou pii» férâl: m plus légère plainte. Alors 6u$l9ve remonta à cheval, suiVi (le tfius les oiiiciers léj)ée a la maiO, dfun détachement de soldats et d'une populace neaabflreuse; il visita les différents corps de la ganisoa 4t leur fît prêter serment. If tépétait partout ^*il n'avait d'autre dessein que <le les défendre et de sauver la patrie, ajoutant que s'ils n avaient pas coa&ince est Im^ \ï se désisterait dé son entreprise et dépoeeraiv le ce»» ronne. Maïs partout on se jeta à sea ^mnix etr mn b supplia les larmes aux yeux de ne point abandcuuier son peuple.

Dans ie^ce d^lne heure toute le gemisDa chs Stockholm avait prêté serment. Gustave ordoena^fwm

lui distriî)Nat des cartouches, et fit poster des pièces de canon aux portes du palais , sur les ponts et dans tous les endroits importants. Pisrsoniie ne puamea sortir de la ville sans une autematiQB sîçnM dm le

masa du rok Ua otiicier d ordonnance porta aux ré^

fimmu que le »«at «mit £nt marcher Mrâtockhalni^ ovdw de regagner Icsirs quartiers, et eomim'ife igno- raient absolument ce qui venait de se passer dans la ^iUe^ ils obéirent sans aifficultë.

rAiiMi,dit Shéridan, l'historien de cette révolution^ le roi ^foi s*écart levé le matin le prinee le plus* tnnité de l'Europe, se rendit, dans l'espace de denx heures à peine, aussi absohi à Stockholm que le monarque francaifi^ Fedl. à Versailles ou le Graïkl Sei«gncvr à GonetaDtinople* Le peupte vit awo k plu9 gnmdtt satisfaetion le pouvoir d'une' aristoeratie, dont il avait éprouve tonte l'ii^oience , transféré à un roi qui- possédait son amour et su» al^tection. Le pai^ti des c^eauep, transporté de la ehvte â& se» advèisain^es, parat oublier, dans l'ivresse de sa joie, que le renversement du parti opposé était en même temps celui de la constitution. Us virent avec un délire insensé ar« Tacher - le pouvoir des mains de leurs riivauic , sans songer qu ibi tue gagnaient riem à un événement dont le roi seul lecueiHerait tout l'avantage. »

Gustave continua à parcourir la viile durant tout le reste de la jouraée et mâme la nuit suivante; sa suite devenait de plus en plus nombreuse; tons tes eitoj«etie s attachaient un mouchoir au bras gauche : c'était le signe de ralliement que le roi avait indiqué pour re* connaître ses amis*. Les- magistrats de la munici-» pabié et tous les corps constitoés pvfilèrent ensuite le serment de fidélité; Gustave, connaissant le caractère religieux du peuple, ne crut pas inutile de le lus &ire prêter aussi en masse. Une foule immenee se rassembla, dieux jomrs après la révolntion, sur une grande place. Le roi y parut à cheval Fépée à la main. Il prononGa un discours pathétique d'une voix si claire et si diatincte, que personne nen perdit un sénl mot. âmvant son habitude, il déehim qu'il n'avait

d*autre intention que de rendre la tranquillité à sa patriey de taire renaître la liberté anéantie, et de remettre eo ligueur les anciennes lob telles qu elles existaient avant Tannée 1680. « Je renonce, oit-il^ à toute

« idée de soui^eraineté, de pouvoir absolu, mettant ma « principale gloire à me regarder comme le premier « citoyen d*un peuple véritablement libre. » Il fut interrompu par de vives acclamations.. Son éloquence ^ ses belles phrases où revenaient à chaque instant les mots de renonciation à la souveraineté et de boîdieur du peuple, prononcées dans la langue du pays, qu aucun roi n'avait plus parlée depuis Charles X.U, arrachèrent des larmes de joie à ]^ multitude. Des hérauts proclamèrent ensuite dans tous les quartiers de la ville un édit c^ui ordonnait une assemblée des états pour le lendemain, déclarant traîtres à la patrie tous les membres qui ne s'y rendraient point. Gustave y parut dans tout réclat de la royauté, entouré de ses gardes, et tenant en main le sceptre d argent de Gustave-Adolphe. Là, après avoir, dans un long discours, protesté qu'il n a» vait eu d autre but que de rétablir une véritable liberté^ il ordonna a son secrétaire de lire la nouvelle /or/;^^? de gouuemeinent qu il proposait a l acceptatiou des états» £lle consistait en clnquante»sept articles, qui, pour la plupart, ne différaient pas beaucoup de 1 ancienne consiitution. Riais le roi se réservait le droit de convoquer et de dissoudre à volonté l'assemblée des états. Par un autre article il avait seul la disposition de l'ar» mée , de la marine , des finances et de tous les emplois civils et militaires. Les impôts existants étaient rendus perpétuels, et» dans le cas d'une invasion ou d'une nécessité pressante ^ le roi pouvait en Rétablir de nou*veaux sans attendre la réunion des états. Enfin , les états 5 naguère souverains, ne j)ouvaient plus délibérer que sur les questions proposées par le roi. yuaad ce projet de constitution eut été lu , un seul

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membre de la noblesse osa se lever pour demander

• -qu'on limitât les contributions à un certain nombre

• d'années ; mais le maréchal de la diète refusa de mettre ' la question en délibération sans le consentement du

roi^ qui témoigna qu'il désirait que les nobles eussent dans ses soins paternels la même confiance que les autres ordres. On signa ensuite la constitution, et on prêta le serment que le roi dicta lui-même. Cette scène extraordinaire se termina d'une manière non moins ' étrange. Tout à coup le roi tira de sa poche un petit Kvre de psaumes, et, après avoir ôté sa couronne, il «ntonna le Te Deum, qui fut très-dévotement et sans iloute très-sincèrement chanté par tous les assistants» Aucun sénateur n^avait assisté à cette assemblée ; Gustave , en les faisant arrêter, leur avait déclaré quïl fie reconnaissait plus en eux les représentants de la nation.

Ainsi se terminacette singulière révolution, sans qu'il «en coAtftt une goutte de sang. Il est permis dépenser

• quelles changements qu'elle introduisit ne déplurent pas à la nation , car les ordres inférieurs de l'Etat avaient totvt à gagner à rabaissement de Taristocratie.

Un des premiers soins de Gustave devenu roi ab- «OÎit fut d';il)oiir l'hoirihle usage de la question employée quelquefois, comme nous Tavons vu, dans les cdurs extraordinaires de justice, par une chambre bien improprement appelée la Chambre des roses.

Gustave s'attacha ensuite à détruire la vénalité révoltante de la justice. Il déploya, dans Texécution de cette mesure, une sévérité excessive, et neut aucun égard à la position et aux relations des personnes. Les finances appelaient aussi une réforme. Gustave établît une commission pour régulariser les dépenses et les recettes, et fit préparer un plan pour la réalisation de la masse énorme de papier-monnaie qui avait fait disparaître du royaume presque tout le numéraire. Mais

les <iiépenses imiuenses qu'il iaisait pour rarniée la aMiine, jointes AU lujLe de^a courts opposèrent à tomu ameliordtÛHiy et Ton irertm pkia land que le déflonire des finances et raccraissemefït des impôts furent Tune 4les plus grandes calamités (le son règne.

Au «oyameuceiueni de noveuibrey il aJia, «iiivaal; k /coutume dm Anciens rok, faire le tour d« vojmmit p<NLir «n prendra possession. Dans cette lottraée, il visita les chantiers de Carlscrona , le ranal de Trolhetta les fortifications des places fr&iixières, les magasin -de TÉcaty enfin, il pasaa en revue diffiénents corps de l'armée. Il smformait a^eesoin de totttrtaeifiii avait quelque rapport à l'adiniui^uaiion intérieure, et, peu avare de belles paroles, il témoignait partout la satisfaction la plus vive de se voir désormais à la tête dun peuple libre. Le peuple croyait voir en lui un second Gustave Vasa, et 1 On comparait l'oppression de Tiàristocratie à la tyrannie de Christian.

Gustave commença vers cette époque à montrer tme Diagriificence sans bornes; il prodigua les ressources du royaume en fêtes et en tournois.

Mars ce goût pour les arts épuisa les ressources de la Suède 9 déjà pauvre et endettée, et bientàt la cour se trouva dans une pénurie qui ne pouvait manquer d avoir les résultats les plus funestes. Un dignitaire de I Ki^lise dit un jour à Gustave ; « Il y a deux choses « dont un roi de Suède, quand il est sage, ne se mek « jamais : la religion et reaunle^vie. » Gustarve abandoima en effet la première aux soins du clergé ; mais la seconde ulfiait une tentation à laquelle il ne put résister. Peu de temps après la révolution, pour parer à h disette de grains, il avaU défaihdu. la fabrMatÎpn do Teiaii-d^ie dans l'i^térieiir.; un àn plus tard, il JuaBopoIisa cette industrie au profit de la couroane,

(i) Fameux canal à aSIienes de GotbsDbourg, qui réunit la B&HSqœ À rOsésa par tiaa aéte île laci.

-at enleva aux paysans le droit de distiller l'cau-de-vîe •,p09àr kiu: cooiommatioA* GeU6 mc^m-e ébranla vi^- «iMimest 6a popuJarilé et occasiopna plusieurs ré- ,^cilt«6; iB^ine dans la capitale il fut juge nécessaire mettre des factionnaires à la porte des euti cpôts . royaux, pour les protéger coutrâ la po|)ulace indiquée. . L opèniâtreié de Gustave sur ce point fut &i grande, qu il aima mieux risquer sa couronne que de renonoev à cette honteuse mesure, qui le rendit odieux et corrompit les mœurs, mais qui lui rapporta d énormes iHMiéfices. D autres institutions non moins innnorales, telles que FétabUssement de la loterie et d un lombard, achevèrent de le déconsidérer tout en augmentant ses ressources .

La révolution de 1772 avait été pour Timpératrioe de Russie» Catherine II , un sujet d'étonnement et de douleur, car elle n'était nullement préparée à un semblahle événement; mais quand elle npprit que la cour •de Gustave réunissait à l'étiquette de Versailles un faste plus révolunt encore, elle ne douta plus que la carrière de ce prince ne dût se terminer par quelque catastrophe; aussi souriait elle avec malice quand on lui parlait de cette magnificence. Catherine , an effet, avait à sa cour des seigneurs qui, à eux Sfeuls, .possédaient des revenus plus considérables que ceux

.qui devaient servir à l'entretien de toute la iamille royale de Suéde. Ëlle prodiguait à Gustave les épithètes les plus offensantes, i appelait ie peiù roi^t le comédien amateur de Stockholm. Ces sarcasmes firent sur son esprit une vive impression. Dès ce moment il joignit à son inimitié politique une haine ardente et personnelle contre la tsarine» Il redoubla d efforts pmir mettre s» marine et son armée sur un pied formidablej et résolut de faire, à la première occai^ion qui s en présenterait, mue irrupliou soudaine sur le

. tenîtoire de la Russie.

J04 ' HlSTOI&£ DES TBMPS MODBHHBS.

Cependant la cour de Saînt- James Tayaiit aussi offensé de son côté, en ne lui envoyant pas Tordre de la Jarretière, il se laissa, dans un mouTement d*lm* meur, entraîner à une alliance avec Catherine, et alla, en 1777, lui faire une visite à Saint-Pétersbourg; il reçut de la tzarine le plus brillaut accueil» Leur con* ▼ersation roula surtout sur les prétentions niaritimes de la Grande-Brelagne et sur le partage définitif de la

' Polo£:ne. Au mois craoutil revint à Storkholm dans un yacht superbe dont l'autocrate lui avait fait présent, et i on évalue environ à 400,000 roubles les cadeaux que lui et ses courtisansrapportèrentde Saint->Pétersboiu^.

Cependant Tépoque où les états devaient se réunir allait bientôt arriver. Le roi en pressa la coavocatioo parce que la reine, qui était alors enceinte, approchait de son terme, et qu'il voulait quelle accouchât pendant la diète, afin que les états pussent être pan ai n 5 de Tenfant qui naîtrait sous leurs yeux. Tout fut réglé pour cette diète suivant t'ordonnance rendue par irustave* Adolphe en 1617; le roi nomma le marëcjttt de la diète et les orateurs des trois autres oi^dres, et £t ensuite l'ouverture de la session par un discours dans lequel^ après avoir tracé le tableau le plus riant de la situation du pays, il assura que, malgré les dépenses considérables et les besoins nrijents des six dernières années, une sage économie lui avait permis de remettre le royaume en bon état de défense, et de lui rendre son ândenne splendeur ; que ce n'était point pour demander tles secours ou des subsides, dont grâce à la bonté suprême il n'avait pas besoin,

' qu il avait convoqué les états ) mais uniquement pour se réjouir avec eux de la situation heureuse de la patl'îe, etc., etc. Il les pria ensuite de vouloir bien être parrains de l'enfant auquel il espérait que la reine allait donner le jour, et il finit par ces mots où il trouva moyen de placer ses formules favorites : • Si la

« ciel m'accorde un héritier, puisse-t-îl être digne de « monter un jour sur le trône de Gustu^i^e-Fasa et de « Gustave-Adolphe,,. S'il devait janiais oublier le m premier devoir d'un roi de Suède c*est d aimer et « d' honorer un peuple lihrej je regarderais comme une « faveur céleste que Dieu le retirât à lui, etc., etc.»

Deux jours après cette séance solennelle, Sophie* Madel^ne accoucha d un enfant mâle, qui fut le presnier héritier immédiat de la couronne né en Sucde depuis Charles XII ; car Gustave 111 était né avant •que son père montât sur le trône. Il fut baptisé avec ]a plus grande pompe et nommé 6ustave«*Adolphe.

La naissance d^un prince héréditaire avait été , sous plus d'un rapport, un cvénement très-heureux pour -Gustave j car, sans le don gratuit que la diète lui ac« •rorda en cette cii'coustance, il n'aurait pu longtemps •continuer sa vie splendide. CBpendant, malgré cette nouvelle ressource, il ne voulut pas révoquer ses ordonnances sur les distilleries d'eau-tle-vie, et les paysans lui «devinrent de plus en plus hostiles. On commença mémeà Taccuser de dissimiiuition^ de perfidie ; et des dfoutes s*éievèrentsur la légitimité de 1 enfant qui venait de naître.

En lySo, la guerre ayant éclaté entre la France et l'Amérique d'une part, et TAngleterre de Fautre, Gustave et son voisin, le roi de Danemark, cherchèrent à profiter de k ur situation comme puissances neutres pour faire le commerce maritime des nations belligérantes. On sait que TAngleterre, se fondantsurd anciens traités, réclama le droit de visiter les navires neutres, et que, bien loin de reconnaître ce principe : le paunlr Ion protège la marchandise^ elle prétendit que la marchandise devait faire confisquer le navire. Cette prétention donna lieu à la ligue de la neutralité armée, signée par la Russie, la Suède et le Danemark. Cette ligue, qui indisposa au plus haut point l'Angleterre, eut peu de conséquences immédiates, par suite de la mé-

. f^Q uuaoaaat pbs xsmm aroiasaïuBs.

fiance des puissances contractantes; mais elle eut plus tard une grande influence &ur les progrès du, com- i sierce dàoa le Nord.

Les projets de Catherine, rehtiTenieiit à la Ciimée | et à la navigation de )a mer Noire, e&igeaient qu'elle s'assurât 1 alliance de la Suède, dont les forces maritimes devenaient respectables, et dont 1 armée de terre *étak alars parfiûtfiment oi^i^anisée. £lle mtoutait un I voisin qui, guidé par son ambition, on înfluenoé par ' le cabinet de Versailles, pouvait tenter un coup de main sur sa capitale. Pour pénétrer les desseins de GiiiBtaTei die lui proposa, à^Frëdérickshamn, une en* tienne qull accepta. Il se rendît au lieu contenu le

juin 1^83,

. àjUn de ilaiter les goûts de Gustave pour la magnifieenoei eUe fit préparer à Saint- Péter sboui^ un p^ais qui se démontait à volonté, et dont eliefit transporter par eau, à Frëdérickshamn, les pièces détachées et l'ameublement. Le palais fut monté avec tant de mystère et de célérité, que Gustave ne se douta pas ou feignit du moins de ne pas se dcrater de ee que l'en projetait, jusqu'au moment où Catherine elle-même

. introduisit dans un magnifique salon. Il y avait dans

• ee palais une très-beUe salle de spectacle, oitune laroupe française, qu'elle avait amenée, doîinût tous les soirs des représentations. On a assuré dans le temps , sil faut en croire Brown, que Catherine corrompit Gustave à Taided un présent d'un million d ëcus, et quelle

. lui donna sa parole de souveraine qn elle ne ioam»* terait point de troubles en Suède ni en fialande, si, de son côté, il s abstenait de toute hostilité secrète ou déclarée contre elle. Jamais, peut*étre, deux monarques Mssttitant l'un pour l'antre une haine plus in-

. wélérée, ne se sont trouvés en présenûe. Mais l'impoetrice trouva convenable d'oublier que Gustave l avâ t

•aocusée des vices les plus infâmes, etGustave^ tou-

jours poli, lui pardonnant les épithètes de petit roi et de comédien amateur^ joua la comédie aveo eUe artiste consommé»

L'année amvante Gttataire entreprit un Toya^je nr le continent. Après avoir parcouru Fltalie, il arriva, au cuniinencenient du mois de juin, à Paris, où il fut reçu avec le plus grand éclat. La cour de VeraaiUes ayant depuis quelques annéea négligé le payenem des subsides , il parvint à obtrair comme dédomnagement la cession de la petite île de Samt-Barthélemy, près de la Guadeloupe; mais de son côté il accorda aux Fram^ia le droil d^entrepôt dans la ville de Gothenbourg. Après avoir passe quelque temf» à la oour de France, qui célébra sa présence par une suite de fêtes magnifiques, il repartit pour la &}éde, et aniva à Stockholm le 3 août 1784.

Huit ans a'étaîent écoulés depub la dèture de la dièie de 1778, quand Gustave, pressé par les besoins . du trésor, et désirant se préparer les moyens de réaliser ses projets de conquête eu Russie, convoqua une nouvelle assemblée des états» La proclamation parut pendant le séjour de Gustave en Finlande , et causa la plus grande surprise à Stockholm et dans les cours CAraa^r«s. La dièle s'ouvrit le 7 mai 1786. Mais di^à ^n conunençait à se méfier de Gustave. Des quatre

Fropositions qu'il fit à la diète, trots furrat rapoussées, autre modifiée d'une manière hostile. Une forte op- ..position anliroyahste se ât vivement sentir durant le cours de la diète. En 1778 on avait aeoordé les impôts .sans y fixer un terme; en 1786 on ne les accorda que pour quatre ans, et Ton déclara ([u'à l'avenir les dettes de la couronne ne seraient plus recx>nnues comme .dettes de TÉtat. lia distillation des eau-^de-rie donna •eucotre lieu à des scenea violentes dans la chambre des paysans, mais elles n'amenèrent aucun résultat. Gustave fit éclater son mécoiUentement dans le discours de

clôture qu'il prononça le st4 juin. Il se plaignit qu^une inquiète défiance, mal fondée en elle-même et peu méritée de la part de celui qui avait rendu le peuple libre, eût menacé de troubler 1 union et la concorde. « La vérité, dit-il, finira par triompher; » iicita, suivant Tusa^^e, l exernple de Gustave vasa et en appela à la postérité. Ensuite il congédia les états en faisant des vœu^ pour la continuation de la paix, pour le retour de temps ' plus heureux, et pour <iu^aucune circçnstanee ne /'o* | bligeât de longtemps à co/n'oquer une nouvelle diète, \ Vers cette époque j les premières conséquences du

Sartaffe de la Pologne commençaient à jeter le trouble ans la société européenne; Tancien équilibre des États avait ete rompu par cet acte odieux d'une politique astucieuse et sans pudeur, qui, foulant 'aux pieds toutes les, maximes de la justice et de la morale, nV Tait pas craint de violer Tancien droit des nations. Une

fmissance barbare et e'goïste avait jeté sa lance dans e plateau des destinées de l'Europe civilisée, et prodigué lor pour gagner les courtisans et les ministres des divers souverains de l'Europe» Frédéric II avait • profité du premier partage de la malheureuse Pologne, ' sans s'inquiéter des dangers auxquels serait exposé son pays, quand sa main ferme et puissante n en di- ' rigerait plus les destinées. Son successeur, par sa politique vacillante, fit ressortir toute l'étendue de cette faute. D*un autre côté, l'Autriche, gouvernée par Joseph II, n abandonna point sa pohtique de tem* porisatîon et* de ménagements : elle se flatta que,- par ' une alliance et des relations d'amitié, elle pourrait ar rêter les rapides progrès de la Russie. 11 n en fut pas ainsi; Catherine, comptant sur les difficultés intérieures qu elle suscitait sans relâche à ses voisins, crut que le moment était venu de s*emparsr du Pont-Euxin; elle rassembla toutes ses forces sur les frontières de la Turquie*

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