‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 76 sur 89 · LIVRE XV. PART, II. CHAPITRE III. 7O · texte numérisé non relu

LIVRE XV. PART, II. CHAPITRE III. 7O

Alers tous les cabinets, dans rimpossibilité où ils s'étaient placés d'agir directement contre la conquérante moscovite, tournèrent leurs regards vers 6us* lave III, héritier d'un trdne jadis rival de celui des tzars. Le roi tlesir;ilt la guerre plus que personne. Dans sa marche usurpatrice, il en était venu à ce point où réclat des victoires et le bruit des armes peuvent seuls couvrir les murmures d'un peuple opprimé. Mais la constitution qu'il avait imposée en 1772 défendait expressément au roi d'entreprendre une guerre offensive sans le consentement des états, et 1 esprit d'opposition qui s'était manifesté à la diète de 1786 ne lui permettait pas d'espérer qu'il pAt obtenir dans cette circonstance l'autorisation qui devait léptimer ses tentatives contre la Russie* U commença néanmoins ses préparatifs de guerre, et ne négligea rien pour acquérir de Finfluence sur Tespint du prince royal de Danemark, son neveu, qui venait d'arracher à sa grand mère la direction de son père imbécile. Gustave fit deux voyages à Copenhague, mais sa réputation de perfidie était trop bien établie, et le comte de Bernstorf, principal ministre du prince de Danemark , était trop systématiquement atuçbé à la Russie pour que ses enorts pussent amener le moindre ' résultat et enlever à Catherine cet allié redoutable.

Cependant l animosité des Suédois et des Russes prenait chaque jour une nouvelle violence, car Gustave employait tons les moyens propres à réveiller l'ancienne haine de la Suède contre un empire qui 1 a« valt privée de ses plus belles provinces, et Catherine, de son côté, n'épargnait aucune de ces menées sourdes auxqudles elle avait eu si efficacement recours en Pologne pour diviser la nation et s'y faire un parti. Son ambassadeur Rasumofeki agitait Stockholm, comme d'autçes émissaires de la Izarine avaient agité Varsovie^ et Ton prâudait à la guerre par un

yiO , B^TOiBM pE«.TW?ft p0imMMBS.

échange de iMite» tmUKitei qmi^ de pan et

- on s'empressait de rendre publiques. Gustave ordonna

. ^uiia au nûiistre russe de quitter la Suède. souâ huit | . jotm;, et cela par mer. Mi Tun ni Tauire ne convenait | /à BMiiinoiski ; il feignit une sniibMiîe, et resta à StodLhoim. Nraïuiioiiis le roi, tourmenté du besoin de faire ipftrler de lui par quelque grande entreprise, parvint à faire croire généralement que la ts&arine, dont toutes ks | forces étaient masemblées aur les eâtes die U mer Noioe, • se préparait à des hostilités contre lui; il rassemble donc ae*troupes en Finlande, ordonne à ses vaisseaux de mettre à la voile, iait approuver nar le sénat ce& mesurés ; 4e précoHÈioB^ et lui-même » le aS juin , pendant une de ces nuits du Nord qui conservent tCKite la clarté du jour, il senibarque avec Télite des troupes du royaume , aux acclamations des habitants de ia caftttale. ÏÀ$ le 19, il avait fait expédier un courrief a Pétersbourg pour y porter ce qu'il appelait son W- /Uinalum, 11 demandait :

La punition du comte B.asumo&ki, pour avcir testé d*excit^ des troubles en Suèdej

2® La cession par Gathfoine à la Suède de cpielques partit s de territoire enlevées à ce royaume par ies traités de Nystadt et d'Abo;

3^ Que Catbenne aooepttt saipédiation et lautinsât à ofliir aux Turcs la cesiim de la Crimée^ etc. ; 4^ Le désarmement des flottes russes pendant qne

- celles de la Suède resteraient arpiées en guerre.

.£n &isant ces propositions absurdes , il n'avait, 'sans doute, diantre ont que de flatter Torgueil natiaml de la partie ignorante du peuple suédois, et de rendre tout acoommodemÊOi impos&ibla. La guerre devâm, e«i effet, nopalaire aux yeux des classes peu édairaesi ^ mais Gatkerine, de son côlé, sut agir sur lea eaprils du reste de la nation, dont les fanfaronnades de Go^

tave augmentaient le mécontentement j car on voyait

Digitizod by Cu^ -^n^

.IrlVU JLV* SyUaX. 11m OHAPITJLE III. ;| I

bien qu'il précipitait la Suède dans une guerre désastreuse uniquement pour satisfaire liniperieux besoin d'occuper l'Europe de sa gloice. La ^Uarine répondit f>ar un manifeste destiné à calmer les craintes .des cabinets deVEurope, et à exciter en Suède une résistance énergique aux desseins de Gustave. A oici un passage de ce document, qui ne peut manquer de paraître singulier dans la boudbe d un autocrate rasée, d*nne femme qui avait assassiné son époux et nsurpé le troue : « Lorsque ce prince, y est-il dit, renversa « dune manière violente la constitution de la Suède, « sur laquelle repoaaient le ^pouToir du sénat et la « Uherté du peuple, et qu'il parvint au poupoir ésAsolUy « nous ne fîmes point valoir le droit que nous apiona «.de nous oppo6er à ses entreprises, etc. »

Gustave arriva en Finlande le a juillet, quinze jours après le commenoemei^t des hoetilités. La tïarilie avait rassemblé en touti^ luite un petit corps Je troupes qui ne montait pas à vingt mille hommes, et qui devait airêter la marche des Suédois sur la capitale, où ia terreur était telle que les habitants songeaient déjà à Fabandonner. Gustave, gêné par Farticle de la constitution qui lui défendait de faire une guerre offensive,

E rétendit que des Cosaques avaient les premiers passé L frontière et incendié deux villages, violation drâl; le capitaine provincial avait dressé procès-verbal; mais la cour cle Russie nia que cet acte d hostilité eût eu lieu, et plus tard on prétendit à Stockholm que ces |Nréiendtt$ Cosaques n étaient, autres que des aoldats ail^ands déguisés et apostés ip9ap}m eomédien^^meàmr.

Quoi qu'il en soit, les Suédois entrèrent sans dclai dans ia f iu lande russe, s'assurèrent des passages et umstirent ftyslott; en inéme temps ie «luîe Charles , oonunandanc de la flotte, cmiœença k guerre «naritime en capturant deux frégates russes. Le 4 jt^iH^t, la {[rande iiottc russe sortit de Ccoostadt, et^ le 1:71 elle

fiIâTOI&£ DES TSMPS MODBElfES*

rencontra la flotte suédoise. Une bataille s'engagea près de 1 île de Hogland, à l'ouest du golfe de Viborg; elle dura près de cinq heures et fut très-sangiante; mais aucun des deux partis n'obtint un avantage décisif»

Pendant ce temps, Gustave bloquait Viborg et s'avançait contre la forteresse de Frédérikshamm, de» vant laquelle il plaça son camp le- 19 juillet, il en voja par mer un corps de six mille hommes pour s'emparer de Mendolax et pour fermer le chemin de Viborg; mais la trahison était déjà tout à fait organisée, et quand ces ordres furent exécutés, le commandant de Frédérikshamm aTi)it eu le temps de prendre les mesures nécessaires pour rendre la tentative inutile.

Les causes de la révolte et de la trahison des officiers finlandais doivent surtout être recherchées dans la situation de cette province limitrophe 9 qui devait toujours servir de théâtre à Ja guerre en cas d'hostilité entre la Suède et la Russie. Les agents de Catherine et l'accroissement continuel de la puissance russe avaient inspiré aux nobles finlandais la pensée <{ue rien ne pourrait les empêcher de tomber tôt ou tard sous la domination moscovite : cette persuasion devait faciliter au gouvernement russe les moyens de se les rendre favorables, et Gustave, de son côté, par ses fautes nombreuses, ne leur donna que trop de motifs pour palfier leur parjure. Plusieurs chefs de la noblesse fiiilandaisej et à leur téte le colonel Sprengporten et Haestskoi sachant comment Gusuve avait éludé la constitution de 1773, et effrayés des représailles que Catherine pcMU^ rait exercer sur leurs propriétés, résolurent de résister à l'autorité du roi et firent manquer l'expédition.

Le prince royal de Danemark, qui, lié à la Russie par ses traités, désirait profiter de l'absence de Gos» tave pour . enlever à la Suède les provinces qu'elle . avait conquises dans les guerres précédentes, n'eut pas plutôt appris les pertes que la flotte suédoise

Digitizod by Gu. -^i»^

Livas iT. PARTIS n. cHÂvmB III. 7i3

avait essuyées au combat de Hogland^ qu'il fit mettre en mer la flotte danoise et rassembler des forces con« sidërables enNorwége. Gustave, à cette nouvelle, fit sommer les Danois de rester neutres , et Bernstorf répondit au nom de ^on roi, que le Danemark , en fournissant à la Russie les vaisseaux et les troupes stipulés par le traité^ ne violait point la paix, et qu'il ne demandait pas mieux que de conserver des relations d'amitié, quoi^u il eût déjà commencé les hos* tilités. Gustave fit repondre çar Son ministre des af<fidres étrangères : « Qu*il accédait avec plaisir à la con* « dition, pourvu que la défaite des auxiliaires danois par « les armées suédoises ne fût pas considérée comme « un acte d'hostilité contre Sa Majesté danoise. » Cependant le prince Charles de Hesse, gouverneur^

de la Norwége, entra bientôt en Suède à la tete d'une armée de douze mille hommes; le 26 septembre 1788, il prit la petite ville de Strœmstad, et , le i**^ octobre , celle d'Uddewalla,d où il menaça la ville importante dé Gothenbourg, qui paraissait devoir tomber entre ses mains après la prennèi e soiumation. Le quartier général des Suédois était dans Tintérieur, à Venersborg sur le lac Vener^ et un colonel , qui devait garder le défilé important de Quistrom, s*était laissé niire pri* sonnier avec tout sou corps^

Ce danger imminent réveilla toutes les grandes qualités de Gustave, La nouvelle d'une attaque de la ^art des Danois lui avait fourni un prétexte plausible pour revenir de la Finlande, et sou prompt retour avait rompu le plan formé par le sénat de convoauer une diète sans le secours du souverain. L opinion ae la grande masse du peuple ne pouvait être que favorable au roi, qui s'était vu, disait-il, arrêté dans sa carrière victorieuse par une trahison, dont les auteurs avaient M peine à cacher leurs honteux motifs. Après s'être retiré pendant quelques jours à Haga, Gustave, de»

bout sur le Sloisbackefij éminence située derrière le rpalaii^t harangua les habitants de Stockholm ^ et sut inspirer à la multitude le plu$ vif eBikouiiasme. I>eBx •mille bourgeois s'engagèrent éur*leK;ham;p pour renplir toutes les fonctions d'une garnison régulière. L ^acieone haine que les Suédois portaient aux Dunois était encbre plus £orte celle cpi'ils avaiml . wuoe Russes, Gustave, -en faisant , av-ec ses éloquence ordinaire, un yppel au sentiment national. î?ecouvra sans peine toute sa popularité.

Alors il dirigea sur Gotheubourg toutes les trouyss disponibles que la garde bourgeoise pouvait renplacer; lui -munie il se rendit en Dalécarlie , et sut SI i)ien agir sur les paysans de cette province, naturellemeut braves et impétueux, que trois mille jeunes gens s'enrôlèrent vdontairementy et que trois miBe autres promirent de les suivre si leur secours était nécessaire. Gustave, à la tête de ce renfort , s'avança dans le Waermiand, où les contingents des autres ppovinoes le r^joîfi^nireaf*

Cependant les dangers de la place de Gothenbourg devenant de plus en plus pressants, Gustave quitta eu secret son quartier générai, et, seul, il franchit achevai une distance d environ quarante lîeues , coimnt à chaque instant le risque d^étre pns par reiinemi. Minuit sonnait quand il arriva à la vieille porte de la forteresse ; il ne parvint qu avec peine à se taire io* troduire. Le général £)uretz, qui commandait la ptace; s^éci-ia en le voyant, que rien ne pouvait ^npéditf Gothenbourg detre prise. * Vous vous trompez, lui « répondit Gustave, je suis venu pour la sauver. » Legaiéral se jette alors à ses pieds et le supplmde quitter une viUe si peu susceptible de rësiatBMe> « L ennemi approche, dit-il; dès aujourd'hui il soro- « mera la ville de se rendre. £n cas de reius, un as- .«saut sera livrée et la- personne. saerée de Votro Ms*

JUmUB IV* BàMWM lU 4SMÂMl9mB XII. yi5

m. je^é se uotivera expûfitàe. — ,Puiâque telle est Totre « o{»iiioD| -repartit le roi, retiftt&«oiifiy le comi» Jeun Spfiirre est votre raeeessetin »

La présence du roi, son eoiirage, son éloquence raiïimèreiU bientôt Tardeur des habitants deGotiienbourg^ qui, en peu de jours, fut à labri d'un coupr de mahi. loL lellM, qui devait somner le genand Ikiretz de se rendre, arriva en effet; mais l'etonnement du héraut qui 1 apporta fut extrême quand il se vit en pr(\sence du mi d« âuède liti-«iéiiia. Les Danois ^ient telle- ^meiM: sûrs du ootnnandant de la phee, qu'ils avaient negli^ d'cKTCuper le pont qui traverse le Gota-Elf, à xfuelques milles de là. Gustave s'empressa de le faire brûler et de dresser des batteries qui dominaient le passage, en «orte que la pfaKse n'eut bienloc pkm rien à craindre. En même temps, l'intervention de la di-

Iiloniatie vint seconder les efforts de Gustave. M. Eliot, envoyé d Angleterre à Copenhague, .était venu AU quartier général du roi de Suède, «soncerter avec oe prince les moyens les plus propres à réiabUr la paix. Il écrivit de Carlst^ul | plusieurs lettres au commandant de l armée danoise, pour l'engager à se retirer promptement, faute de quoi la guerre serait dé« darée au Danemark par TAngleteire et la Prusse. Ces lettres eurent l'effet désiré, et le 12 novembre Tarmee ennemie évacua la Suède.

Gustave rentra dans sa capitale le xo déeemfare E»p88, et y lut reçu avec les plus vives aocbmatioiis. Il ne put voir sans une joie secrète l'expression de l'amour que le peuple lui portait. 11 comptait bien en profiter pour punir les officiers de l'aimée finlandaise et terrasser la noblesse. Il conmqua donc, dans le palais de Frédérikshoff , un conseil de guerre, devant lequel il fit traduire un grand nombre d'officiers, ils iucent coudamnéa les una à des peines .aiïlictives ,^ jks autnea à m» eB^nrisonnemeiit perpé*

710 HI8T01U DSS XBM96 MODfiEHSft.

tud ou très-Iong dans des forteresse éloignées. Le capitaine Ankarstroon était de ce nombre j mais sa Sentence , comme celle de beaucoup d'autres officiers,

tut commuée par le roi. Sprengpoi ten , Hestesko et d autres chefs de la conspiration furent condamnés i mort; mais Us s'étaient enfuis en Russie,

Le déficit occasionné par les dépenses de cette guerre funeste força Gustave a convoquer une nouvelle diète. Prévoyant cette nécessité, il n avait rien négligé pour gagner les trois ordres inférieurs; car il espérait porter un coup décisif à l'influence des nobles. La diète se réunit le 2 février 1789 , et, malgré les menaces que le discours du trône contenait contre la noblesse, celle-ci se montra hautaine et iniiexible. £lle refusa de concourir à Tadresse composée dans le sens do discours, à moins qu'on n y ajoutât une clause pour , engager le roî à conclure la paix le plus proniptement possible, et elle finit par en voter une de son propit chef, dans laquelle elle priait le roi de punir les auteurs de quelques libelles qui tendaient à Textension des prérogatives de la couronne.

Bientôt elle voulut limiter 1 autorité du comité secret qui, depuis 1772, était à la dévotion du roi. Un orage violent éclata alors contre le comte de lioewenhaupt, maréchal de la diète, zélé partisan de la couronne, Gustave fit aussitôt marcher sur la capitale plusieurs milliers de Dalécarliens, et ^uand ils n*ea turent plus éloignés que d'une journée, il assembh les quatre ordres. 11 commença par complimenter les ordres inférieurs , et les remercia de lardeur quils avaient mise à soulager la détresse du rojanme ; pois se tournant brusquement vers la noblesse^ il lui o^ donna de nommer une députation pour feîre des excuses publiques au maréchal. Comme ils voulaient

Srotester, Gustave, d un geste dédaigneux, leur fit signe e se retirer, et, quelques jours plus tard, les princî*

ZJrmS lY, FART. U. CMk^JOM IIK. 717

paux d'entre eux furent arrêtés et gardes étroitement. Le lendemain , Gustave se rendit à rassemblée des états , et leur soumit une loi de sûreté et ePunion^ qui n était rien moins qn une nouvelle constitution, par laquelle le pouvoir politique était concentré entre les mains du roi. et le sénat aboli.

Uacte de sûreté et d'union fut adopté sans difficulté par les trois ordres inférieurs; Li no 1)1 esse le mit en délibération. Mais cette délibération s étant prolongée durant trois semaines , et ne paraissant pas toucher à sa fin , le roi adressa à cet ordre un message dans le-* quel il exigeait une prompte décision. On répondit en rejetant la loi à l'unanimité. Gustave ne se tint pas pour battu : il entama de nouvelles négociations; mais elles furent infructueuses. Enfin la bourgeoisie et les Dalécarliens campés dans les environs de Stock- Jiolni ayant menacé de massacrer la noblesse si elle persistait dans son refus^ celle-ci, privée de ses cbefs,

gui , pour la plupart , étaient retenus dans les fers par rustave, ou s'étaient retirés à la campagne, crut devoir céder à l'autorité du roi , et signa l'acte le 27 avril. Le lendemain la diète fut dissoute. Ainsi i aristocratie était frappée à mort ; les trois ordres inférieurs, qui avaient hâté sa chute , ne virent pas qu'ils auraient pu profiter de cette occasion pour réprimer tout à la fois le pouvoir excessif de Faristocratie et le despotisme du monarque, efïonder à jamais la liberté du pays. Us gagnèrent cependant quelque chose au changement, l'hydre qui lesdevorait n'avaitplus qu'unetête. Le comité secret et la majorité constituée par les trois ordres inférieurs, ayant accordé à la couronne tous les subsides et toutes les ressources qu'elle avait réclames, Gustave ne songea plus qu'à continuer la guerre contre la Russie. L'entêtement insensé qui amena la chute de plusieurs rois de Suède, comtaea^t à égarer aussi son esprit. Il ne vit pas que le

moment favorable pour attaquer la Russie était passe, et qu il ne serait plus désormais 4|iia le jouet de 1 Angleterre et de Ift Pnxsee. Ces deux p«iisMnces empé« chàrent de notmlle» hotCiMtéa entre la Suède eft k Danemark, qui brûlaient du désir de se mesurer. Lauibassadeur anglais déclara sèchement à (oruslne que s'il ne faiaak point la paix airec le Donemarit, il sevait attaqué par l'Angleterre; de sendbiablea naces furcnl faites à la cour de Copenhas^iie , et le prince royal signa la paix, quand Catiierine, qui n a^ait aucun intérêt à laisser bvûiîer flotte danoise par les An^lsia, Veiit dégagé de ses serments*

Vers la fin deThiverde 1789, la guerre recommença enti^e la Suède et la Russie, par une expédition du haroa de Stedingk cootre JNjslott* Le 5 juin dse k même an> née, Gustave tat personne atrÎTa an quartkr général, et se mit à la tête de larmée. Il obtint d'abord quelques succès, et assiégea Frédérikshanim; mais le prince èô Nassau sarvint avec la flotte russe et força à Ét vetraitt les vaisseaux suédois qui formaient le biocns da cAis de la mer. Gustave se vk alors contraint de se replier vers la Finlande suédoise, et le reste de la cauipague se passa en combats, sans importance et sans résnkai. Le 1^' septembre, Gustam rentra k Stockkolaa, oà l'éta/t des esprits et les menée» des fiictiona rendaient sa présence nécessaire. La campagne de 1 année 1790 ne ftvt pas plus décisive sur terre, màîsla guerra mor ritmii devint trèsMhamée, et se termsnn pai'* In eé» lèbre bataiUe de Swenak^nnd (9 juillet), où Gustave, coiiiniaiulant en personne la flotte suédoise, remporta une Victoire oomplàle et brillante sur les Irégates «t lesr galèves- msses^ cnnunandées par le prince de JRaa* saii. Ltt i4 août 1790, on conclut la paix à Venki^ etî l'on prit pour base du traité le statu quo anie bel^ lum^ Mais la. Suède avait ptiTfJnL&es meiUeurs vaissnonx et ses meilknes marins^ et etta s'avait paa^ pour aé»

parer de semblables de^astrcSi, les tnojeas doat po«« ' -rail di^poâer la tzarine»

Gustave^ néanmoins, rentralfioiiipliaiit à Stockliolniy '

et le peuple le reçut comme mn conquérant et un pa* ciiicateur. La gloire militaire devint désormais sa pas^ sian dominante, et il forma le projet de la satisfaire sur un champ pivs vaste, La réyolutioiii fraïAçaise venait ' créclater, et Louis XVI s*était trouvé tout à coup hors d'état de payer un subside. Catlierine, qui n'ignorait

Eoint les embarras dans lesquels Gustave serait jeté par i perte de cette importante ressource , et qui savait d'aiUeiirs- qu'il devait à la France le rétablissement de rautorité royale en Suède, ce qui lui ferait regarder comme uu devoir de rendre le même service au jiucces- .seur de Louis XV, Catherine forma le projet de se servir de lui po«r lutter en France i^pntre l'esprit révohitionnaire.

Gisstave promit d'accepter les subsides de Catberine, et ae décida à pkniger son royaume dans une nouvelle * gjwnrro, contre un peuple auquel oa n'avait pas à repro*

cher l'ombre d'une offense envers la Succle. Cette guerre d'ailleurs, ne devait obtenir aucune popularké cm Suède, car elle ne flattait auoun des préjugés lUUîonamr»

Peu de temps après la diète de ^792, où il se fît accorder de nouveaux subsides, ie roi , par une ordoonanee, diminua di'ua tiers la valeur du papietxnonnaie. On l'acaeiuKa d'amir anmnioé d'avance hi me-* sure à SCS amis, qui n'avaient pas manqué de Texploitev« Une foule de familles nobles se virent ruinées par cette mesure, et le projet que la noblesse, irritée* de rabaissement de son enue, awt formé de détrô-n«r et d'assassiner Gusiaw fiât défiiiitivenient arrête. On le suivit à Gesle, mais on n'y trouva pas l'ocGasion «d^agir* Le a mars^ oa i attendit à un bal masqué, mais il n'y parut pas ; plus taid, un gcand bal qai devait

J%0 BISTOiaB WS TSMPS MODERNES.

avoir Heu à la cour fut inopinément contremandé. Mais ces obstacles et bien d*autres encore ne purent ébranler la ferme résolution des enneaiis de GustaTe. A la fin, on annonça pour le i6 mars un bal-masqué à la salle de TOpéra, et les conjurés, abandonnant le

Î>rojet d'enlever le roi, choisirent cette nuit pour exécution de leur complot. Gustave y reçut la mort par la main d*Ankarstrœm (i6 mars 1792).

Page 1