VIII AVANT-PROPOS
inspiré la politique commerciale de tous les pays et de tous les peuples^ tiennent naturellement une place des plus importantes dans une histoire du commerce, mais j*ai banni de celle-ci la discussion de ces doctrines. Je me suis attaché cependant à établir toujours le lien qui existe entre la naissance et le développement de ces pratiques et de ces doctrines et le caractère général de l'époque où elles apparaissent, sont formulées ou appliquées. Un même principe les domine toutes, celui de l'intérêt bien entendu, et c'est en me plaçant à ce même point de vue que j'ai laissé ressortir des faits la conclusion sur l'opportunité des mesures qui se sont tour à tour inspirées des dift'érents systèmes, l'opportunité — et ce mot embrasse l'intelligence et la compréhension de tous les intérêts matériels et sociaux auxquels il s'agit de veiller et de pourvoir — étant en pareille matière la première règle à suivre et la première condition du succès. *
Il est enfin toute une série de questions, tout un aspect de l'histoire du commerce, auxquels, sans les négliger, je n'ai donné qu'une place assez restreinte. C'est l'histoire des prix.
, L'intérêt qu'elle présente est grand assurément, mais, malgré les travaux dont elle a été l'objet, la faveur dont elle jouit, elle ne m'a pas paru pouvoir être, dans un ouvrage comme celui-ci, l'objet d'un grand développement. La crise dans le prix des objets les plus usuels à laquelle nous assistons nous permet de juger de la difficulté de se faire une idée vraie de la valeur exacte de la monnaie, de l'importance réelle des fluctuations de
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ce que ron appelle, d'une manière bien vague, mais la seule encore qui dise bien ce qu'elle veut dire, le prix de la vie. Cette opposition entre les récriminations des producteurs sur le prix infime auquel ils doivent livrer l«rs produits et les plaintes non moins vives des consommateurs sur la cherté de l'existence, nous démontre clai^ rement quelle est la diflBicttlté d'apprécier et de coter ces éléments si divers que, pour avoir une idée exacte de la valeur relative des choses à une époque déterminée, il' faut faire entrer en ligne de compte.
J'ai cru bon, dans C3S conditions, de me borner à quelques indications très générales, sans penser pour cela commettre une véritable lacune, cette étude pouvant être •• connexe à celle de l'histoire du commerce, mais n'en faisant pas à vrai dire partie intégrante et constitutive.
Dans un champ aussi vaste que Celui que j'avais à parcourir, je ne pouvais songer à traiter toutes les parties avec le même développement. J'ai donc dû, quoique à regret, mesurer l'espaça aux chapitres qui concernent les périodes les plus éloignées de nous^^Les études qui ont été faites dans ces dernières années sur la vie économique des Grecs et des Eoiïiains ii\e rendaient sur ce point les développements assez faciles, je me suis attaché à être court, ainsi que sur les époques qui suivent celles de leur puissance, afin de réserver la plus grande place à la période contemporaine, qui joint à un intérêt de curiosité, un intérêt immédiat d'utilité, d'application possible, de démonstration.
A cet immense groupement de faits, il fallait un centre.