RABELAIS
François Rabelais, né à Chinon, fit ses études dans un couvent d'Angers et entra dans l'ordre des cordeliers. Inquiété à cause de ses bouffonneries et de sa libre humeur, il jeta le froc et, après quelques mois passés chez les bénédictins (1524), il prit rang dans le clergé séculier. Le bénéfice qu'il espérait ne venant pas, il alla étudier la médecine à Montpellier et y fut reçu docteur (1537). Dès lors on le trouve à Lyon, à Chambéry, à Metz, à Rome, à Paris !. On ne sait rien de p^siiif sur la fin
l Grâce à la protection du cardinal de Chàtillon, Rabelais avait obtenu la cure de Meudon, près de Paris (18 janvier 1551); mais il fut obligé de la résigner 9 janvier 1552 après moins d'une année, et probablement sans en avoir exercé les fonctions.
de ce prêtre <i<i peu de vocation : il mourut daos les meilleurs sentiments selon les uns, an sceptique selon d'autn
Soi) principal OUVrage, les Faits et dicts (lu géant Gargantua et de son fils Pantagruel, est nn rom.'Ui satirique dirigé ContlT
la société humaine en général, et conlre celle du xvie siècle en
particulier.
L'histoire de < ils, autour desquels Rabelaia groupe des
personnages divers Grandgousier, père de Gargantua; Thubal Iloloferne, Jobelin Bridé, et Ponocrate, précepteur de Gargantua; le tyran Picrochole, ennemi du sage roi Grandgousier; Panurge l, ami de Pantagruel; le médecin Rondibilis, le théologien Hippothadée, le moine Jean des Estommeures, les Chicanoux [gens de justice], etc.,) — n'est pour lui qu'un prétexte qui lui permet de passer en revue les travers, les erreurs, les vices de la société, les habitudes de couvent, de paroisse, d'université; les mœurs des écoliers, des juges, des marchands, etc.
Rabelais ne manquait ni d'érudition ni d'esprit. Ses idées sur l'éducation et son style sont remarquables; mais rien ne l'excuse d'avoir semé dans son livre l'irréligion et l'obscénité. Voici du reste le jugement de la Bruyère : « Où Rabelais est mauvais, il passe bien loin au delà du pire : c'est le charme de la canaille; où il est bon, il va jusqu'à l'exquis et à l'excellent, il peut être le mets des plus délicats. » (Des Ouvrages de l'esprit.)