Acte III. — Procès de Citron (le chien). Le tentent
Chicéneau veut intenter un procès à l'huissier. Léandre lui
conseille de cesser des poursuites ruineuses : le jeune homme cherche toujours à obtenir le consentement désiré. En attendant, on instruit l'affaire du chien voleur. Les deux avocats prennent tour à tour la parole. Le discours sans fin de l'Intimé
fait bâiller le juge, qui lui crie : « Avocat, ah ! passons au déluge. » L'audience est interrompue par Penlrée de Chicaneau, qui vient pour un procès. Il amène sa fille : « elle parlera mieux que lui. i Lèandre croit le moment favorable pour traiter de son mariage. Dandin donne aussitôt son consentement; Chicaneau refuse le sien. On lui montre le contrat signé de sa main : « Je crois, dit-il, qu'on m'a surpris, mais j'en aurai raison; de plus de vingt procès ceci sera la source. » Finalement il accepte.
Appréciation. — Cette comédie, que Racine fit pour se venger de la perte d'un procès « que ni ses juges ni lui n'entendirent 8 , est remarquable par les qualités du style et du dialogue. « Jamais on n'a prodigué avec plus d'aisance et de goût le sel de la plaisanterie; presque tous les vers sont des traits, et tous sont si naturels et si gais, que la plupart sont devenus proverbes. »
(La Harpe.)
Les caractères de Chicaneau et de la comtesse sont admirablement tracés. Mais, d'un autre côté, l'intrigue est un peu faible : le procès du chien est une farce; le juge, une caricature; la plaidoiiie, une parade. La pièce ne se soutient que par la gaieté des détails et le comique des personnages.
Scènes principales. — Acte I, scènes iv, vu, vm. — Acte II, <cènes x, xi. — Acte III, scène m.
AUTRBS POÈTES DU A vu B] feG
J. de Se*. mai- HV25-1701), né à Caen , auteur de poésies pastorales ei d'églogues qui ne manquent pas de naturel, de délicai* et de naïveté, et d'une traduction de Y Enéide, dont il reconnaû lui-même la Faiblesse.
Thomas Corneille (1625-1709), né à Rouen, frère du grand Corneille et, comme ce dernier, poète dramatique, mais bien inférieur en génie. Ses meilleures pièces sont : Ariane, Stilicon et le Comte dfEssex.
Mrae Deshoulières (1634-1691), née à Paris, se distingua surtout dans Yidylle et dans Yéglogue. Mais le ton de ses polies est généralement fade et monotone. Tout le monde connaît sa délicate supplique à Louis XIV : Dans ces prés fleuris , etc.
Philippe Quinault {1635-1688), né à Paris, auteur de tragédies, dont quelques-unes furent très applaudies : Tibérinus, Astrate. Il composa aussi des opéras très estimés : Roland, Armide, Thésée, Alceste, Athys , Proserpine , etc. — Ses œuvres présentent souvent des beautés du premier ordre, mais la morale n'y est pas toujours respectée.
Edme Boursault (1638-1701 ), né en Bourgogne, auteur des comédies : le Mercure galant, Ésope à la cour, Ésope à la ville, qui lui ont fait un nom.
David-Auguste de Brueys (1640-1723), né à Aix, protestant converti par Bossuet, auteur de plusieurs ouvrages de controverse contre ses anciens coreligionnaires, et, avec la collaboration de son ami Palaprat (Toulouse, 1650-1721), de plusieurs comédies, dont les plus connues sont : le Grondeur et Y Avocat Patelin , imitée d'une des meilleures farces du moyen âge.
Jean-François Regnard (1655-1709), né à Paris, auteur des comédies du Joueur, du Légataire universel, du Distrait , qui lui donnent la première place après Molière. Regnard fait trop souvent rire aux dépens de la morale et des convenances.