DESCARTES
René Des* &rtbs, né à la Haye (Touraine),a été surnommé le Père de la philosophie modetne. Il lit ses êtudeB chez les jési de la Flèche, ei embrassa La carrière «les armes. A nngt-quatre ans,
il quitta le service, parcourut l'Europe pour « lire dans le grand livre du monde » , suivant son expression , et se proposa réformer la philosophie. Dans ce dessein, il se retira en Hollande. y passa vingt ans dans la retraite la pins absolue, et y publia ses principaux ouvrages. En 1649, cédant aux instances de la reine Christine, il se rendit à Stockholm, où il mourut après quelques mois de séjour, victime de la rigueur du climat.
Œuvres. — Les principaux ouvrages de Descartes sont : le Discours sur la Méthode (1637), les Essais de philosophie, les Méditations métaphysiques, des Questions de physique <■/ de mathématique.
Discours sur la Méthode (1637).
Sujet. — Dans le Discours sur lu Méthode, Descartes expose les rôles qu'il a suivis pour arriver à la vérité dans l'étude des sciences et de la philosophie. On y distingue six parties.
Résumé. — Ire Partie. — La première partie renferme des considérations diverses sur les sciences et sur les difficultés que présente la découverte de la vérité. Descartes déclare n'être satisfait d'aucune des sciences connues de son temps, parce qu'elles ne reposent sur aucun principe solide et qu'on n'en voit point l'utilité.
IIe Partie. — Desrartes suppose incertaines toutes le? consanoes humaines et forme le dessein d'en trouver p;ir luimême les principes fondamentaux. A celte fin, il doit : 1° éviter la précipitation et la piévenlion, et ne tenir pour vrai que c<; qui e4 évident; 2° diviser les difficultés pour mieux les résoudre : 3° aller en toute chose du moins au plus, du simple au composé; 4° ne rien omettre d'essentiel dans ses dénombrements.
IIIe Partie. — La troisième parlie contient les règles de la morale que Deecartes se prescrit à lui-même. La première est de garder la religion catholique dans laquelle il est né, et d'obéir aux lois de son pays; la seconde, d'être ferme et résolu dans toutes ses actions; la troisième, de se vaincre soi-même; la quatiième, de travailler sans relâche à la culture de la raison.
IVe Partie. — Après avoir douté volontairement de tout «doute méthodique), Descartes essaye de douter de sa propie exi-tence. Mais douter c'est penser, et penser c'est exister : Je pense, donc je suis. Ce n'est pas le corps qui pense, qui doute, qui entend; donc V âme existe. Je me connais imparfait; j'ai donc l'idée d'un être parfait; donc Dieu existe.
Ve Partie. — Dans la cinquième partie, Descartes applique sa méthode aux sciences physiques et naturelles.
VIe Partie. — Dans la sixième partie, Descartes se propose d'étudier la médecine et de méditer longuement dans la solitude avant que de rien donner au public. Il termine en exposant les raisons qui l'ont porté à écrire.
Appréciation. — La méthode de Descentes accomplit une importante réforme en philosophie par la substitution de la raison à la routine. Mais son doute, même fictif, n'est pas sans danger pour l'esprit « On ne fait pas sa part au doute, a dit Royer- Collard: quand il entre dans l'âme humaine, il l'envahit tout entière. » En affranchissant l'esprit de toute autorité, le cartésianisme a conduit à la liberté illimitée de juger, c'est-à-dire au rationalisme contemporain. « Son influence, quoique moindre dans les lettres, a néanmoins été considérable.
a Descartes a, pour ainsi dire, imprimé à toute la littérature du xvne siècle ce cachet de raison qui la distingue. Les grands écrivains qui le suivirent apprirent à son école à être clairs, précis, exacts, à rejeter tous les ornements étrangers et inu-
PROSATEURS DU WU* HIXLE M
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LA ROCHEFOUC IULD 1613-1640
François db ut Rochefoucauld, Dé t Paria, célèbre êcrn el moraliste qui, après s'être signalé par durant
i.s troubles de la Fronde <*t «ivoir gouverné le Poitou i Louis XIV, consacra Ba vieillesse à écrire des Mém< \r la
régence d'Anne d* Autriche t\ des Maximes > son rentable titre littéraire.
Le livre des Maximes est composé de pensées détachées, dont la inorale est chagrine, décourageante, souvent injuste. La Rochefoucauld calomnie l'humanité, la rabaisse et l'avilit en rapportant toutes nos actions à l'intérêt et à l'amour- propre; il n'est donc pas un moraliste bien exact. — Comme écrivain, on le met avant Descartes et Balzac. Son style est remarquable de sobriété, de justesse et de fermeté.