SAINT-SIMON
Louis de Rouvray de Saint-Simon, né à Paris, se distingua d'abord dans les armes à Fleurus et à Nerwinde; mais, à vingtsept ans, il quitta le service sous prétexte d'un passe-droit. Dédaigneux, frondeur, mécontent, « ne sachant pas tenir sa langue, » le duc de Saint-Simon ne fréquenta guère la cour que vers la fin du grand règne, et n'eut d'influence que sous le duc d'Orléans. A la mort de ce prince, il rentra dans la vie privée, et mit la dernière main à ses fameux Mémoires sur le règne de Louis XIV et sur la Régence.
Rien n'est vivant comme les scènes que Saint-Simon nous retrace dans ses Mémoires et les personnages dont il burine les portraits ; mais il faut se défier de ses jugements, qui sont tous plus ou moins passionnés.
Son style est souvent incorrect; sa phrase est surchargée de mots, ses périodes sont enchevêtrées : ce qui ne l'empêche pas d'être mordant, pittoresque, entraînant. « Il écrit à la diable pour l'immortalité, » a dit Chateaubriand.
Choix. — Mort du grand Dauphin. — Enfance du duc de Bourgogne. — Catinat. — Fénelon.
AUTRES PBOSATBUBfl DU XVII» BIÈOLB
Jf.an-Louis de Balzac (1595-1655), ûé à Angouléme, célèbre épistolographe, regardé comme le père de la prose française. Comprenant un des premiers que notre langue pourrait se suffire à elle-même, il réagit contre le iront des pédants pour les concetti italiens et l'enflure espagnole. Ses lettres, ses dissertations littéraires, ses petits traités : Aristippe, ou la cour, le Prince (apologie de Richelieu), le Socrate chrétien, etc., se distinguent par l'élégance et l'harmonL du style; mais l'auteur s'y montre prétentieux et raffiné à l'excès.
Vincent Voiture (1598-1648), prosateur et poète fort goûté à l'hôtel de Rambouillet. Ses lettres, pleines d'enjouement, mais gâtées par l'affectation, n'ont guère d'autre mérite que d'avoir contribué à la correction de la langue.
François Mézeray (1610-1633), né à Mézeray, près d'Argenlan (Normandie), est auteur de nombreux pamphlets contre Mazarin , d'une Histoire de France (jusqu'à Louis XIII) et d'un Abrégé chronologique de l'Histoire de France. — Son slyle est clair et naturel, mais il a beaucoup vieilli.
Charles Ducange ( 1610-1688) naquit à Amiens. Ce savant historien et archéologue a laissé, entre autres ouvrages, le Glossaire de la basse et moyenne latinité, où il explique tous les mots qu'on rencontre dans les actes publics et privés du moyen âge, et en donne autant que possible le sens et l'étymologie.
Paul Pellisson (1624-1693), né à Béziers, se fit connaître par d'éloquents Mémoires pour la défense de Fouquet, son ancien protecteur. On lui doit encore une Histoire de V Académie française et une Histoire de Louis XIV jusqu'à la paix de Nimègue
Pierre Nicole ( 1625- 1695 ) , né à Chartres, l'un des plus célèbres écrivains de Port- Royal, auleur des Essais de morale, de la Logique de Port- Royal, de la Perpétuité (Je la foi touchant VEucharistie , etc. Son style est pur, élégant, mais il manque dYnergie et de vivacité.
Jean Mabillon (1632-1707), né près de Vouziers, savant bénédictin, qui fut chargé par Colbert de recueillir en Allemagne et en Italie tout ce qui pourrait servir à l'histoire de France. Ses principaux ouvrages sont : Acta sanctorum et la Diplomatique, où il explique l'origine des chartes et des diplômes.
Jules Mascaron (1634-1703), né à Marseille, entra dans la congrégation de l'Oratoire, prêcha à la cour l'Avent de 1666 et l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre (1670), concurremment avec Bossuet.
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