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MASSILLON

Jean -Baptiste Massillon, né à Hyères, en Provence, entra chez les oratoriens, et débuta dans la chaire par des oraisons funèbres et des conférences (Paris, 1699), qui excitèrent l'admiration de son auditoire. Appelé à prêcher à la cour YAvent de 1699 et deux Carêmes 1701-1704), il remplit si bien son devoir d'apôtre, que Louis XIV lui dit à la fin de la station : « Mon Père, j'ai entendu plusieurs grands orateurs, j'en ai été content; mais toutes les fois que je vous entends, je suis très mécontent de moi-même. » Nommé, en 1717, à l'évêché de Clermont, il revint à Paris Tannée suivante, à la demande du régent, et prêcha les sermons de son Petit Carême devant

Louis XV, alors âgé de neuf ans. Retiré dans son diocèse, il y mena la vie exemplaire d'un évoque et d'un apôtre, donnant tous ses soins au peuple heureux que la Providence lui avait confié; prêchant à ses prêtres les vertus dont ils trouvaient en lui l'exemple, le désintéressement, la simplicité et l'oubli de soi-même.

Œuvres. — Massillon a laissé des oraisons funèbres, entre «mitres celles du Dauphin et de Louis XIV (1715), des Conférences ecclésiastiques , des Discours synodaux, le Petit Carême et un centaine de sermons, dont les plus remarquables sont : le sermon sur le Petit nombre des élus (grand Carême), sur la Vérité (sermon pour l'Epiphanie), sur Y Aumône (grand Carême', sur le Monde (Avenl), sur la Fausseté de la gloire humaine (petit Carême), sur la Passion de Jésus-Christ, etc.

Petit Carême (1718).

Le Petit Carême, composé en moins de trois mois, fut prononcé, devant toute la cour, dans la chapelle des Tuileries. Voici les sujets des dix sermons qui le composent :

1° Des exemples des grands; — 2° Tentations des grands; — 3° Respect que les grands doivent à la religion; — h° Malheurs des grands qui abandonnent Dieu; — 5° Humanité des grands envers le peuple; — 6° Caractère de la grandeur de Jésus - Christ ; — 7° Fausseté de la gloire humaine; — 8° Ecueils de la piété des grands; — 9° Obstacles que la vérité trouve dans le cœur des grands ; — 10° Triomphe de la religion.

Appréciation. — Le Petit Carême est un beau modèle de style et de langage; c'est le plus populaire des ouvrages de Massillon, mais ce n'est pas son principal titre de gloire : la plupart des critique? le mettent bien au-dessous de son grand Carême et de son Avcnt. « L'évêque n'est plus ici qu'un docte et élégant moraliste, qu'un écrivain pur et ingénieux; mais il n'est point un de ces apôtres envoyés aux nations pour faire retentir la parole sainte...

« Il y a dans le Petit Carême tout ce qui peut flatter le goût d'un auditoire académique ; il n'y a rien de ce qui peut entraîner une assemblée de chrétiens. Dans ses grands sermons, au contraire , on trouve l'orateur qui cède avant tout au besoin de

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convaincre al de toucher lai hommes, de répandra la rérll de faire triompher l'Évangile, Li

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sillon sont, fort simples et. s<-s divisions peu compliquées. Mai il possède à un haut degré l'art ■■ d'amplifier ijet en r

nant -; ce qui, aux yeux de Cicéron, esl le comble et la ; fection de l'éloquence. Son style a d'ailleurs une ri< une

ampleur, une allure toute cicéronienne. L'heureux cjioii mois, le nombre et l'harmonie des périodes cadencé* art,

la beauté et le naturel <\(>< Images qui se présentent d'el mêmes sans affectation ni recherche, la facilité et l'abondance de l'expression, tout donne à ce style une grâce el une (loueur inimitables. « Il a la môme diction dans la prose que Hacine ce dans la poésie, » disait Mm0 de Maintenon. Aussi l'a -t- on appelé le Racine de la chaire. [Blanlœil.)

Gomme Bourdalouc, Massillon excellait à peindre les faiblesses du cœur, mais avec moins de force dans les preuves et moins de vigueur dans les pensées.

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