FLORIAN
Claris de Florian, né à Florian (Gard), 6tail par aa n,
parent de Voltaire. Il cultiva les lettres, et débuta par dea pastorales en prose; mais il doit surtout sa réputation à des fables, qui lui donnent la première place après la Fontaine.
Emprisonné en 1793, il lut sauvé de Técliafaud par le 9 thermidor; mais il ne put résister aux secousses de telles épreu et mourut peu de temps après.
Malgré les funestes exemples d'un grand nombre de littérateurs de son temps , cet écrivain respecte ordinairement la morale et la religion. — Son style se dislingue par la solidité, la pureté, la grâce et la sensibilité.
Ses fables les plus estimées sont : le Singe qui montre /" lanterne magique , la Brebis et le Chien, l'Aveugle et le Paralytique, le Château de cartes, le Savant et le Fermier, le Roi et les deux Bergers, le Lapin et la Sarcelle,
ANDRÉ GHÉNIEr'(1762-1794)
André Chénier, né à Constantinople, d'un père français et d'une mère grecque, fit ses études au collège de Navarre, à Paris, et montra de bonne heure de grandes dispositions pour la poésie. D'abord partisan de la révolution, il fut indigné de ses excès, et osa les blâmer hautement dans le Journal de Pans. Traduit pour ce fait devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et exécuté le 25 juillet 1794, quarantehuit heures avant la chute de Robespierre.
Œuvres. — Nous avons de ce poète : des idylles, des églogues,
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des odes, le poème de {'Invention, des ïamb iqûes contre
ses « bourreaux barbouilleurs de loi.^ - et divers fragmenl prose et de poésie.
André Chénier, que Sainte-Beuve appelle « notre plus grand classique en vers depuis Racine et Boileau », méditait de r( nérer la poésie du xvin9 siècle, en apprenant à ses contemporains à a faire des vers antiques sur des pensers nouveaux ». Il avait de l'imagination, de la sensibilité, du naturel; mais le sentiment religieux lui fit défaut, son inspiration est toute païenne.
Choix. — Le Jeu de Paume, l'Hymne à la Frano- ou à lu Justice, le Jeune malade, V Aveugle, le Mendiant, la Jeune captive, le Dernier ïambe, dont voici quelques vers :
Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphire,
Animant la fin d'un beau jour, Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour.
Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,
Peut-être en ces murs effrayés Le messager de mort , noir recruteur des ombre-.
Escorté d'infâmes soldats , Remplira de mon nom ces longs corridors sombres.