AUTRES POETES DU XVIII? SIECLE
J.-B. Rousseau (1671-1741), né à Paris, débuta au théâtre par des comédies qui n'eurent pas de succès. Il s'adonna à la poésie lyrique et composa des odes, des cantates, — genre qu'il a introduit dans notre langue, — des épîtres , des épigranunes et despotes diverses. Ses Odes sacrées , imitées des Psaumes, qu'on a seules retenues, lui ont mérité une place honorable parmi nos bons poètes lyriques.
Lamotte-Houdart (1672-1713), né à Paris, poète critique et auteur dramatique. Il s'essaya dans tous les genres « avec une confiance qui le trompait, dit la Harpe, et avec des succès qui durent le tromper encore davantage ». Les plus estimées de ses œuvres sont : Inès de Castro (tragédie), le Magnifique (comédie) et un recueil de Fables.
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Glorieux et le Dissipateur, — I i manque de
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Maiuvaux (1686 . né à i tour à tour dan
roman et la comédie, où il occupe une place â part. Il a com] ■-•'■ de nombreui n prosç, parmi lesquelles on cite encon
de l'amour et du hasard, les Fau . le Legs. — I.<
genre de Marivaux est tout l'opposé de celui de Molière. Celui-ci |
.mis traits les caractères et les ridicules; l'autre les analyse finement, mais d'une manière trop subtile.
Louis Racine (1092-1703 , né à Paris, fils de l'illustre Racine, auteur d'un poème sur la Grâce, d'un autre sur la Religion, qui est son principal titre de gloire, et de Mémoires sur la vie de Jean Racine, <■ qui sont un monument élevé par le meilleur des fils au plus digne des pères. » m ( D'Arsac.)
Louis Gresset (1709-1779), né à Amiens, se fit connaître, à vingtquatre ans, par le poème badin de Vert -Vert, où, sous prétexte de chanter les aventures d'un perroquet, envoyé par les visitandines de Xevers à leurs sœurs de Nantes, il fait une peinture malicieuse des occupations de ces religieuses. Ce conte fut suivi du Lutrin vivant. de la Chartreuse, de plusieurs épitres et d'une comédie de caractère, le Méchant, « peinture fidèle, dit Villemain, de cette société du xviii6 siècle sans âme et sans poésie. »
Lefranc de Pompignan (,1709-1784), né à Montauban. quitta la charge de premier président de la cour des aides de celte \ille pour cultiver la poésie. Son talent et surtout ses principes religieux lui méritèrent la haine de Voltaire et de quelques autres philosophes, qui l'accablèrent d'épigrammes et de calomnies. Il a laissé une tragédie de Bidon, imitée de Virgile, des odes, des épitres, des poésies familières et des traductions de psaumes. — Son Ode sur la mort de J.-B. Rousseau renferme quelques strophes qui ne sont pas indignes de la poésie lyrique.
Leduun-Écouchard (1729-1807), né â Paris, poète lyrique, surnomme le Piodare français. L'ambition lui lit cliantor successivement Louis XVI, la république et l'empire. 11 a composé dei odes, des élégies, des épigrammes, des fables. — Ses Odes sur le Désastre de Lisbonne et tur le Vaisseau le Vengeur passent pour les meilleures de ses œuvres.
Antoine Lemierre ( 1733-1793), né à Paris, auteur de plusieurs
tragédies, dont la plus connue Cat Guillaume Tell.
Jean-François Ducis (1733-1819), né à Versailles, poète tragique*, auteur des tragédies de Ilamlet, Macbeth, Othello, etc., imitées de Shakespeare. Abu far ou la Famille arabe est la seule lragéa>e son invention; c'est aussi la meilleure de ses pièces. — Ses écrits l'ont estimer son caractère autant que son talent.
Jacques Delille (1738-1813), né à Aigueperse, en Auvergne, débuta dans la carrière des lettres par sa belle traduction des Géorgiques de Virgile (1769). 11 donna ensuite le poème des Jardins, qui eut beaucoup de succès; celui de V Imagination , qui pèche par le plan; un Dithyrambe sur l'immortalité de l'âme, une traduction de V Enéide, Y Homme des cltamps, les Trois règnes de la nature, le poème de la Pitié, une traduction du Paradis perdu de Milton, etc. — Le génie et l'invention manquèrent peut-être à Delille, mais il est au premier rang pour l'art de la versification et de la traduction.
Jean-Antoine Rouciier (1745-1794), né à Montpellier, célèbre par son poème des Mois, en douze chants, qui renferme d'excellents morceaux. — 11 périt sur l'échafaud en 1794, le même jour que Chénier.
Fabre d'Églantine (1755-1794), né à Carcassonne, fut l'un des principaux rédacteurs du calendrier républicain. 11 donna au théâtre une douzaine de comédies, entre autres le Philinthe ou la suite du Misanthrope et Ylnlrigue épistolaire, qui eurent du succès. — 11 porta sa tète sur l'échafaud en 1794, le même jour que Danton et Camille Desmoulins.
Collin d'Harleville (1755-1806), né près de Charties, auteur de nombreuses comédies. Les cinq suivantes méritent une mention : l'Inconstant, l'Optimiste , les Châteaux en Espagne, le Vieux célibataire et M. de Crac.
Joseph Chénier (17G4-1811), né à Constantinople, frère d'André Chénier, auteur des tragédies de Charles IX, de Henri VIII, de Caïus Gracchus , de Tibère, etc., et d'un hymne patriotique : le Chant du départ. — Ses pièces exercèrent une funeste influence sur la multitude exaltée par les haines révolutionnaires.
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