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LAMARTINE

Alphonse de Lamartine, né à Mâcon, est un de nos plus grands poètes modernes. Il passa son enfance au château de Milly, près de Mâcon, où sa mère lui apprit à lire dans la Bible. Ces pages inspirées, traduites « par les yeux plus ou moins

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sereins i1 de son intelligente éducatrice, ouvrirent en môm temps son âme au sentiment religieux et à la poésie. Mai ensuite au collège de Lyon et au petit séminaire de Bellay, il ;

termina Bea études, non sans distractions; car son esprit mobil et rêveur se portait avec d'indicibles élans vers ces prés, ven ces bois, « vers ces eaux..., qu'il contemplait, accoudé à la fe- DÔtre du dortoir2. » Lamartine, en effet, devait être le disciple de la nature, vue et sentie, plus encore que des anciens et de nos grands classiques.

Après deux années de voyages en Italie (1811-1813), qui développèrent encore ses goûts poétiques, il entra dans les gardes du corps. Les Cent jours le rendirent à la poésie. I visita la Savoie et les Alpes, et, en 1820, il publia ses premier.1 vers : les iïféditations.

Elles furent accueillies avec admiration par les contemporains; « leur grand charme consistait dans l'accent de vérité qu'on n'y pouvait méconnaître, dans ce son de voix qui va au cœur parce qu'il vient du cœur. En môme temps cette sympathique parole exprimait les vérités dont la société sentait le plus vif besoin; elle proclamait, sans parler au nom d'une Église, la providence de Dieu et l'immortalité de l'àme. »

(Demogeot.)

Lamartine a dit lui -même : « J'étais le poète que le public attendait. » Il parut, en effet, à une époque où les doctrines spiritualistes reprenaient le gouvernement des âmes, où la foi rentrait dans les cœurs, où l'amour de la nature, le goût de la rêverie, la sympathie pour les douleurs humaines, demandaient un interprète. 11 fut successivement attaché d'ambassade à Naples, à Londres, à Florence, publia les Nouvelles Méditations (1823); enfin, en 1832, il partit pour l'Orient. Rentré en 1835, il s'occupa de politique, siégea à la chambre des députés, et y prononça des discours très hostiles au gouvernement de Louis-Philippe.

Œuvres. — Les principales œuvres poétiques de Lamartine sont : les Méditations portiques (1820-1823), les Nouvelles Méditations poétiques (1823) , les Harmonies poétiques (1830), les Recueillements poétiques (1839), et plusieurs poèmes qui n'ont

l Confidences. — 2 Ibid.

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Appréciation q&n£ralb. Avec les Médhatiôog et lei Harmonies, Lamartine Bemble avoir atteint à l'apogée de son talent. A partir de cette date, il s.' laisse BÔduire par de tristes thé : et méconnaît sa religion ctomme bob talent.

Le poème romanesque de Jocelyn journal d'un curé de village) donne une fausse idée du prêtre Catholique; relui de la

Chute d'un ange (récit d'une action <pii se passe aux premiers siècles du monde naissant) est un rêve malheureux d'une imagination qui B'égare. Au poète comme à la mer, Dieu avail dit : Tu n'iras pas plus loin. Lamartine, avide de célébrité, Be met à dédaigner cette muse divine qui avait fait sa gloire pour lancer dans la carrière périlleuse de la politique, où il devait trouver tant de mécomptes ». (A. Bougeault.)

Le Voyage en Orient et VHistoire des Girondins, «quelque peu déclamatoires l'un et l'autre, sont écrits avec une légèreté qu'on passerait malaisément à un géographe et à un historien, i

(Cf. A. Cahen.)

Jugement sur Lamartine. — « Lamartine est à coup sûr un poète lyrique du premier ordre. Nul n'égale sa facilité, son abondance inépuisable, son harmonie enchanteresse. Peut-être lui arrive -t-il trop souvent de se laisser bercer à la musique de son vers et de sa strophe et d'oublier le fond même de la pensée. Son goût n'est pas parfait; sa phrase a dans ses contours quelque chose d'indécis et de fuyant qui reproduit les hésitations et les incertitudes de son âme.

Malgré ses imperfections et ses erreurs, Lamartine restera toujours l'auteur inimitable des Méd if étions et des Harmonies, « Là, du moins, le doute religieux ou la passion terrestre ne font qu'effleurer son âme, comme pour en faire jaillir avec plus de force l'hymne de la foi et de l'amour... Il a des défauts sans doute, car il procède directement de Chateaubriand; comme lui et plus que lui, il s'abandonne à la rêverie, il s'arrête à des idées vagues et incomplètes; il prodigue les images indéfinies et sen-

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suelles, toutes choses dont abuseront ses imitateurs; mais eu la gloiie de faire, dans la poésie, la révolution que Chate' briand avait commencée dans la littérature : il en a banni ' sentiments et les images du paganisme, a Je suis le preml dit- il dans la préface des Méditations, qui ait fait descern la poésie du Parnasse et qui ait donné à ce qu'on nomme muse, au lieu d'une lyre à sept cordes de convention, les fibi mêmes du cœur de l'homme, touchées et émues par les innoi brables frissons de l'âme et de la nature... Je chantais , dit ailleurs :

Je chantais, mes amis, comme l'homme respire, Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire,

Comme l'eau murmure en coulant.

Aimer, prier, chanter; voilà toute ma vie... »

Lamartine chanta, effectivement, toute sa vie; et toujours fut poète, dans sa prose comme dans ses vers.

Choix. — {.'Isolement (Médit, poét.), — le Tombeau d'une me (Harm.), — le Crucifix (Nouv. méd.), — Y Immortalité (Méd. poét. — le Chrétien mourant (id.), — la Prière (id.), — Bonaparte (Nou1 méd.), — YHymne de l'enfanta son réveil (Harm.), — VInfi) dans les cieux (id.), — Mjilly ou la terre natale (id.) , — ['Hymne a Christ, etc.

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