‹ Précis d'histoire littérairesChapitre 80 sur 137 · HUGO · texte numérisé non relu

HUGO

VteroB Htioo, né à Besançon, (ils d'un général de l'empire,

uivit d'abord son père en Italie et en Espagne, et passa une

gMée su collège des nobles à Madrid (1811). De retour a Paris

lvec ^ mère, il fut placé dans une institution préparatoire à

•École polytechnique. Victor s'y occupa plus de poeS1e que le mathématiques, et se fit connaître, à quinze ans, par une rftoe de vers sur les Avantages de Vitude | 1817). Ce premier . ...,i nu suivi de la Statue d'Henri IV, de Moïse sur le thl .1820V, des Odeset Ballades (1822), sortes de Messémennes royalistes qui lui valurent une pension de 2000 francs de ouis XVIII. Dès lors il abandonna les mathématiques et ne cessa plus d'écrire et de publier de nouveaux ouvrages.

Élu en 1848, à l'Assemblée constituante, il vota constamment avec la droite; à l'Assemblée législative, au contraire, il se rallia au groupe socialiste. Le coup d'État du 2 décembre l'obligea de passer à l'étranger, d'où il ne consentit à revenir qu après la chute du second empire ( 1870).

Jusqu'à vingt-cinq ans (1827), celui que Chateaubriand avait salué du nom d' « enfant sublime » demanda son inspiration a la double foi royaliste et catholique : Mort du duc de Berry . Naissance du duc deBordeaux, Vision, Dernier Chant, la Lyre et la Harpe. Depuis il s'est jeté dans le romantisme le plus hardi, et s'est égaré dans un scepticisme religieux d'où, selon toute apparence, il n'a pas eu le bonheur de revenir.

Œuvres. - Les œuvres littéraires de V. Hugo sont nombreuses. On distingue : i" parmi ses poésies lyriques : les Odes et Ballades (1822-1820', les Orientales (1829), les FemUes

d'automne (1831 i, les Chants du crépu J35), les Vol

/>//, 18 :T , les Rai .- ns et les Ombres \8\0) , les (

templations | 1856); — 2° parmi Bes drames: CromwelV 189 Hernani 1830), Marte Zludor (1833), Rut/-.BJas (1838), le Burgraves (1843); — 3° la Légendi I80D- 1883)

les Châtiments (1853) et l\Anw& b m'6fe (1872': — 4° parmi se ouvrages en prosr : Notre-Dame de Paris 1831), le ii/iï ISV2 , les Miscrablrs (18*;2;, les Travailleurs de la „(rr I86fl

Appréciation. — Dans celte prodigieuse quantité d'écrits, etl vers ou en prose, il n'y en a presque pas un que Ton puiss» louer sans réserve. Les œuvres lyriques, où se trouvent foret morceaux « dont la pensée et le style offrent, malgré certaine! inégalités et certaines taches, tout ce qu'il y a de plus original de plus élevé, de plus poétique, et souvent de plus chrétien » sont le titre de gloire le plus sérieux de V. Hugo. Où il esl sans rival, c'est dans les Enfantines : nul n'a su dire comrai lui aux mères heureuses : « Voici vos joies; p nul, aux mèrei désolées : « Voici vos larmes2. » — Quant aux drames d Y. Hugo, h il faut reconnaître que la fable en est souvent pue rile, et les caractères tendus et peu naturels » (A. Cahen); cô drames bizarres, pour ne rien dire de plus, tombèrent tous ei naissant, malgré les efforts du parti. V. Hugo a mieux réuss dans la poésie épique. Sa Légende des siècles est, « dans notr temps, et peut-être dans toute notre littérature, un livre d'un espèce unique. Le poète ne s'astreint pas au lien forcément fac tice de toute épopée composée en un siècle d'art raffiné. 11 s contente de faire passer sous nos yeux des tableaux détachés 0 il s'efforce de rendre la physionomie de chaque époque. (R. Doumic.) Les romans de V. Hugo sont des ouvrages mal sains et dangereux.

Jugement sur V. Hugo. — Victor Hugo est un écrivain ori ginal, un grand lyrique et presque notre seul poète épique Mais, dans le drame, ses défauts égalent ses qualités : « No: grands tragiques se plaisaient à nous faire voir la vertu récom

i Le drame de Cromtcell est précédé d'une sorte de programme de l'écol romantique.

2 Préface du Livre des enfants, composé par M. Hetzel avec ce que V. Hug a écrit de plus exquis sur les petits enfants.

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pensée et le ?ioe puni. Lui, au contraire, prend à tâche d bililer le 1res, en leur prôtanl pour un initanl un

on, ( Somme l'a d'il Mmi de < îirardin : i II montre a l'homme dégradé par toutes les ; mau i pai

o toutes les misères . par toute l< humiliai ice .

o par la difformité; Béduil à on tour une heur( par le bien, m luttant contre un passé borrible qu'il abjure . ai pirant o beau, comprenanl les délicate - les plus , abruti, mais dégradé, retombant bientôt 0ans son abjection >« première malgré Bes efforts courageux, parce que s.-i pen

i à jamais flétrie , parce qu'une éducation , pour ainsi dire , o mal aine a gangrené son cœur. Cette manière de concevoir le drame nV>i ni vraie m morale. D'ailleurs Violor Hugo, trop appliqué à flatter les passions populaires, ne perd jamais l'occasion de flétrir le prêtre, d'avilir la royauté, de dégrader la noblesse.

v( Le poète affiche une fidélité scrupuleuse à la vérité historique, et fait un grand étalage d'érudition. Il n'en est pas moins vrai de dire qu'il fausse l'histoire, en ne montrant qu'un coin du tableau, en forçant les traits et les couleurs... Il fait san> cesse dans ses drames la satire du passé, il travestit les hommes et rabaisse les institutions. » (Blanlœil.)

Pour lire Victor Hugo, « ce sempiternel recommenceur, ■• comme on l'a justement appelé, un courage ordinaire ne suffit pas. On est an été à chaque page, presque à chaque ligne, par des comparaisons énigmatiques, des alliances de mots inconciliables, des images inattendues dont le sens n'est pas facile à démêler; on est fatigué par les intempérances du style, les digressions oiseuses, les théories absurdes; on est dégoûté surtout par les calomnies, les immoralités, les blasphèmes extravagants qui fourmillent dans ses productions. « Ses personnages ne sont ni dans la réalité, ni dans la vie, ni dans la proportion de l'homme ; ils sont toujours au-dessus ou au delà de l'humanité, quelquefois au rebours, pour ne pas dire à l'envers...

a II a aimé la gloire jusqu'à croire que la popularité pouvait y ajouter quelque chose, jusqu'à ne jamais pardonner à quiconque ne reconnaissait pas la sienne et se permettait de le discuter... H a répudié la monarchie et le catholicisme parce

que, dans ces deux formes sociale et religieuse de l'Elat, il aurait toujours et inévitablement quelqu'un au-dessus de lui. 11 eût accepté la monarchie s'il avait pu arriver à être roi; il eut persévéré dans le catholicisme, s'il avait pu arriver à être pape, à réunir en lui le pape el l'empereur... »

(Al. Dumas, Die. acad.

« La critique, dit M. Bougeault, n'a jamais eu de prise sur Victor Hugo : il se croyait infaillible, tant son génie lui inspirait de confiance en lui-même. Avec de telles dispositions on gâte les plus belles qualités et Ton érige ses systèmes en défauts au lieu de s'en corriger : on prend l'enflure pour la grandeur, on se croit vrai parce qu'on est violent; on oublie qu'il n'y a qu'un pas du Sublime au ridicule. »

Où Victor Hugo n'a pas de rival c'est dans la science de la versification, dans le rythme; il serait « le plus habile artiste en vers que nous ayons, si la Fontaine n'existait pas ». (E. Faguet.) Mais sa prose « manque en général de simplicité et de précision , surtout dans les œuvres de la dernière partie de sa vie, dont l'abus de procédés emphatiques et sans variété rend souvent la lecture fatigante. » (A. Cahen.)

Choix. — Moïse sur le Nil, — la Vendée, — Y Antéchrist (Odes), — Jèhovah (id.). — Pour les pauvres (Feuilles d'aut.), — La Prière pour tous (id.), — Mazeppa (Orientales ;, — Funérailles de Louis XVIII (Odes), — le Sacre de Charles X (id.), — la Conscience (Lég. des siècles) , — Ruth et Booz (id.), — les Pauvres gens (id.), — Dieu est toujours là (Voix int.), — Lorsque l'enfant paraît, — la Mère de l'enfant mort, — la Vie aux champs, — le Roi de Rome , le Petit Paul; et en général toutes les pièces inspirées par les enfants.

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