MUSSET
Alfred de Musset, né à Paris, fréquenta de bonne heure les salons (ou comme on disait alors, le cénacle) de V. Hugo, et publia, à vingt ans, un premier recueil de vers, Contes d'Espagne et d'Italie (1830), tout à fait dans la manière de l'école romantique. 11 ne tarda pas à rompre avec cette école, car il voulait être lui-même. Ses Poésies nouvelles, ses Comédies et proverbes, etc., ne manquent ni d'originalité ni de naturel.
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Mais, sauf un petil nombre de m< gflté
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Musset ne sui pas gouyerner sa vie; son imagination ma dire el boo extrême sem ibilité le jefc renl dai dé-
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circonstances où il écouta les sentiments boni son cœur,
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de décembre.
AUTRES POÈTES DU XIX SIÈi LE
Louis de Fontanes (1757-1821), né à Niort, poète, homme politique et, sous l'empire, grand maître de l'Université. Il a laissé quelques petits poèmes, tels que la Chartreuse de Paris. les Livret saints, le Verger, le Jour des Morts, qui se recommandent par l'élégance et la pureté du style.
François Andrieux (1759-1833), né à Strasbourg, se Gt connaître dès l'âge de vingt -trois ans par de petites comédies : Anaximandre, les Étourdis, etc., qui eurent du succès. Il a aussi composé des fables et des contes. Citons le Meunier du moulin Sans-Souci et la Promenade de Fénelon.
Antoine Arnault (1766-1834), né à Paris, donna au théâtre, en 1819, la tragédie de Marias à Minturnes, qui eut du succès. Ses fables, satiriques pour la plupart, ne manquent ni d'esprit ni de milice. Nous citerons: les Éponges, la Feuille, le Chêne et les baissons.
Rouget de Lisle (1768-1836), né à Lons-le-Saulnier, auteurs de la Marseillaise, de Romances et de Cinquante chants fran-j çais. Emprisonné pendant la Terreur, il ne dut son salut qu'à/ l'événement du 9 thermidor.
Yiknnet ( 1777-lSiix ), oé à Béziers, a beaucoup écrit en prose et en vers; niais sa réputation litléraire est fondée aujourd'hui sur deux excellents volumes de Fables, qu'il fit paraître en 1843 et en 1851.
Jean-Pierre Béranger (1780-1857), né à Paris, successivement garçon d'auberge, ouvrier typographe et commis de banque, s'instruisit seul dans une imprimerie à Pôronne, et y prit le goût de la poésie. Après avoir essayé de l'épopée, de l'idylle, du dithyrambe, il s'arrêta définitivement à la chanson , qui était plus conforme à son talent naturel, talent dont il a fait un si mauvais usage. « Poète par inspiration, mais versificateur médiocre, il ne cherchait pas les purs triomphes du goût et de l'art; mais il s'adressait aux instincts de toute nature qui fermentent au fond des cœurs, et tantôt bachique, toujours irréligieux, trop souvent obscène, il était sûr de soulever autour de lui, soit un rire grossier, soit des ressentiments politiques, soit des souvenirs chers au pays. » — A la fin de sa vie, le trop célèbre chansonnier se reconnut coupable; il demanda pardon à Dieu et mourut dans les sentiments du plus vif repentir.
Voici les meilleurs morceaux de son volumineux recueil : les Hirondelles , les Souvenirs du peuple, le fi.oi d'Yvetot, le Sénateur.
Charles -Hubert Millevoye (1782-1816), né à Abbeville, mourut à la fleur de l'âge, d'une maladie de poitrine. 11 a laissé quelques belles élégies: le Poète mourant, la Chute des feuilles^ Priez pour moi, Y Anniversaire.
Mme Desbordes- Valmore (1786-1859), née à Douai, a publié des fables , des élégies, des romances, des contes en vers pour les enfants, à qui elle parle sentiment et piété.
Alexandre Guiraud (1788-1847), né à Limoux, poète et prosateur distingué, auteur d'une tragédie des Machabées qui fut applaudie, des Poèmes et Chants élégiaques, parmi lesquels on distingue le Petit Savoyard, et d'une Philosophie de l'histoire.
Alexandre Soumet (1788-1845), né à Gastelnaudary, a composé des pièces dramatiques, Clytemnestre , Saûl, des élégies
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Euoi m- S* ribi 1791 1861 , oé à Pai r la
théâtre de nombreuse* pièces en prose i I en vers. CHont parmi vaudevilles: Une nuit de la garde national el le Solliciteur; parmi ses comédies, IMmMiion; parmi , les Huguenots, I»1 Prophète, la Muette de Portici, Robert le Diable, la Jn'ur. — Scribe m- s inquiète ni de l'histoire m de Pin vrai Bemblance, il ne Bonge qu'à amuser Bans faire réfléchir.
ksiuiB Délavions i 1793-1843 , né au Havre, étail un pi
de talent. A la chute de Napoléon, il se lit l'écho de L'opinion publique, <il chanta les malheurs de la patrie dans des éléj intitulées les Messéniennes [Bataille de Waterloo, Dévastation du musée, Mort de Jeanne d'Arc, etc.). Au théâtre, ses tr. dies : les Vêpres siciliennes, les Enfants d'Edouard, Louis AV. et ses comédies : V École des vieillards, la Popularité, Don Juan d'Autriche, etc., eurent du succès, malgré leur peu de vigueur et d'originalité.
g Delavigne a été loué outre mesure par ses contemporains ; sa popularité fut surtout une popularité politique. Les grands écrivains qui s'élevèrent après lui ont effacé cette réputation exagérée. Mais il occupe encore et gardera parmi les poètes secondaires un rang distingué. Persévérant et consciencieux, amoureux du travail et de la correction, il avait pour doctrine de penser juste, de peindre vivement et d'écrire avec pureté.
(Fréd. Godefroy.ï
Jean Reboul (1796-1864), né à Nîmes, poète distingué, auteur des Nouvelles poésies, des Traditionnelles . etc. Son admirable élégie l'Ange et l'Enfant lui fit une réputation universelle, et lui valut la dédicace d'une ode de Lamartine : le Génie dans l'obscurité. — On sait que Reboul était boulanger.
Mme Amable Tastu ( 1 793- 18So) a composé des odes, des élégies, des idylles, des contes et de nombreux ouvrages pour l'éducation de la jeunesse. — L'inspiration de ses poésies est puisée dans la religion, la famille, la patrie.
Auguste Barbier (1805-1882), né à Paris, poète satirique, a publié des ïambes : la Curée, V Idole, etc.; les Chants civils et religieux, etc. — Juvénal n<; fui ni plus violent ni plus audacieux. *
Auguste Brizeux (1806-1858), ne à Lorient, poète élégiaque, auteur du poème des Bretons, des Histoires poétique* et d'une traduction en prose de la Divine Comédie. — « Épurer les cœurs et consoler les âmes, disait-il, c'est là toute ma poétique. »
ITégésippe Moreau (1810-1838), né à Provins, fit ses études au petit séminaire d'Avon, près Fontainebleau, et devint correcteur d'imprimerie à Provins. Étant venu chercher fortune à Paris, il n'y trouva que la misère, et mourut à l'hôpital, à vingthuit ans. Ses œuvres, recueillies par Sainte-Beuve et publiées sous le titre de Myosotis, renferment quelques poésies pleines de grâce et de sentiment : la Fermière, la Voulzie, etc.
Théophile Gautier (1811-1872), né à Tarbes, est un des écrivains les plus remarquables de la pléiade romantique. Ses poésies ne valent guère que par la richesse de la forme; les pensées y sont rares, et le sentiment y fait souvent défaut. Ses principales œuvres en vers sont : Albertus ou l'Ame et le péché (1832), la Comédie de la mort (1838), Émaux rt Camées (1852); — en prose : le Capitaine Fracasse (1863), des relations de Voyages en Espagne et en Russie, et des études critiques sur les arts.
Choix. — Ce que disent les hirondelles, les Colombes, l'Horloge, la Basilique.
Victor de Laprade (1821-1883), né à Montbrison, poète et littérateur distingué. Il publia successivement les Odes et Poésies, les Poèmes évang cliques , les Symphonies, les Idylles héroïques, Pernette , Harmodius (tragédie antique), et des études en prose : Questions d'art et de morale, du Sentiment de la nature avant le christianisme et chez les modernes.
a Laprade, dit F. Coppée, eut la modestie de l'esprit et la fierté du cœur. » Ce fut un véritable chevalier chrétien, « prêt à mourir plutôt que de s'abaisser à une vilenie, donnant sa vie à Dieu, à l'Église, à la France. » (J. Condamin.)
Citons de cet écrivain : le Rêve d'un écolier, Jésus dans les
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solitudes <!<• la Judée, les Haut I et pâi
champ sur an roc, la Mort de Pi .■.////. A P< i n ft .
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Joseph \i m;\n 1813-1871 , né à Marseille, poète narratif distingué, auteur des Poétn* de /(/ rwcr, La6< l;i l'/> rurale, Milianah, le Médecin de Luberon, etc. I
les dévouements qui honorent l'humanité onl rail ribrei abn luth.
Fran< ois Ponsard i 181 ! l's'*>~ . né à \ ienne I si ,
poète, donna au théâtre: Lucrèo . Igrnéaci Méranie, Charlotte Corday, V Honneur et PArgènt, la B etc. — La plupart
de ses pièces eurent un BUccèa mérité.
Eugène Labiche i 1816-1888 i, né à Paris, auteur dramatique, a composé des comédies, des vaudevilles et des opéras-comiquea pleins de verve et <l<i gaieté. Citons entre autres : le Voyage de M. Perrichon, la Cagnote, la Grammaire. — On lui reproche de descendre parfois jusqu'à la plaisanterie de mauvais aloi.
Eugène Manuel (1823), né à Paris, professeur, puis inspecteur général de l'Université, a publié divers recueils de poésies : Pages intimes, Poèmes populaires , Pendant la guerre, etc., et deux drames, les Ouvriers et V Absent.
Alexandre Dumas (1824), né à Paris, fils du romancier de ce nom (v. ci-après, p. 258), est un dramaturge habile, mais peu moral, malgré son dessein de moraliser. Le Demi-monde est une de ses pièces les plus originales.
Henri de Bornier, né en 1825, a composé plusieurs pièces et poèmes lyriques pleins de grâce et de fraîcheur : Premièi feuilles, la Sœur de Charité, et deux drames remarquables : la Fille de Roland et les Noces d'Attila.
François Coppée (1842), né à Paris, a déjà publié plusieurs petits drames, le Passant, Fais ce que dois, le Luthier de Crémone, etc., et divers recueils de poésies, où Ton distingue : le Reliquaire, la Veillée, le Naufrage, Y Épave, la Grève des forgerons. — Coppée tombe parfois dans le réalisme, et la note générale de ses écrits n'est pas toujours assez pure ni assez chrétienne.
Paul Déroulède (1846), né à Paris, auteur des Citants du soldat y des Marches et sonneries, etc.. et d'un drame : VHetman, qui eurent du succès.
LA PROSE AU XIXc SIÈCLE
Tandis que, « de nouveau, Tidéilisme, le sentiment, le goût, tendent à disparaître des œuvres d'imagination ; que le réalisme en toutes choses, les misérables vulgarités de l'existence, s'exposent en pleine lumière; » que le roman prend une importance exagérée *, la science historique, au contraire, — grâce à l'étude consciencieuse du passé, — a été complètement renouvelée dans notre siècle. Mais nos historiens i n'ont pu tous se dégager entièrement de l'esprit de système. Les opinions personnelles ont pu ainsi faire tort à la vérité, surtout dans les ouvrages relatifs aux événements récents, à la révolution française ».
(A. Bougeault.)
V éloquence de la chaire est rajeunie, Y éloquence de la tribune fait la gloire d'éminents orateurs; la critique littéraire elle-même se transforme et juge les écrivains avec plus de talent et d'impartialité.
Cependant « la langue du xixe siècle, malgré quelques excellentes exceptions, restera fort au-dessous de la langue du xvnc, où il faudra toujours chercher les modèles du style et du goût .
(F. Godefroy.ï
PRINCIPAUX PROSATEURS DU XIXe SIÈCLE