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CHATEAUBRIAND

François-René de Chateaubriand, né à Saint-Malo, était officier au régiment de Navarre quand éclata la révolution. 1:<jetè par elle au delà des mers, il voyagea pendant Tannée 1791 à travers l'Amérique du Nord. En 1792, il vint se joindre aux émigrés de Coblenlz; mais, étant tombé malade, il passa en Angleterre et ne revit la France qu'après le 18 brumaire. Ramené à la foi par une lettre de sa mère mourante, il entreprit de réconcilier la religion avec la société française, et il publia le Génie du christianisme (1802).

Œuvres. — Outre ce dernier ouvrage, Chateaubriand a donné encore deux romans : Atala et René, les Martyrs (1807), V Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811), les Natchez, des Etudes historiques, une traduction du Paradis perdu , la Vie deRancé, les Mémoires d'outre-tombe , etc.

Le Génie du christianisme est une apologie de la religion chrétienne, que les philosophes du dernier siècle avaient tant discréditée. Il se divise en quatre parties : la première traite des mystères , des sacrements , de l'existence de Dieu et de rimmortalité de l'âme; la deuxième et la troisième montrent le côté poétique du christianisme, ou les rapports de la religion avec la poésie, les lettres et les arts; la quatrième contient le culte, c'est-à-dire tout ce qui concerne les institutions religieuses et les cérémonies de l'Église. — Le plan, les idées et même le style de cet ouvrage, ne sont pas absolument irréprochables. « J'irai même jusqu'à avouer, dit M. L. Gautier, que cette apologie me semble parfois d'une rare faiblesse , et qu'il y a plus de puissance et de nerf en vingt lignes de Joseph de Maistre qu'en vingt chapitres de Chateaubriand. »

Les Martyrs (1807).

Sujet. — Ce livre est un poème épique en prose, dont le but est de démontrer que le christianisme est plus favorable à la poésie que ne l'était le paganisme. L'action se passe vers la fin du m0 siècle, sous le règne de Dioctétien.

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u.Mimr. i i n jeune chrétien, Eudon raconta i docéè, Bile de Drfmod rôtre d'Apollon . qui

avec ia nourrice , el la i econduil fin'/ : I 'our l'en ren

cier, Démodocu ! ne tarde pa i .< al r la

Famille chrétienne de l . qui e I ci Ile l'Eud ire. I lelui-ci,

;'i la prière de b€ hôtes , leur rail le ré il d raconte loin- à tour ce qu'il a vu à Rome, en Italie el on Gaula; il a pris pari m un grand combal dea Romaini contre l< i rai il est même resté prisonnier dea barbares; mai , délivré bientôt après, il s'est rendu en Armorique, où il a été témoin des i ratiques superstitieuses des druides et de la mort de \'<ih:<i<i . une de leurs prétresses; enfin, avanl <!<• rentrer 'i<ms -a patrie, il a visité l'Egypte el lea pieuses solitudes de la Thébaïde. Cymodoeée, charmée (lu récit d'Kudoreet frappée des merveilles du christianisme, se déclare chrétienne. Elle est fiancée nu jeune héros. Mais bientôt la persécution éclate et les sépare. Ils se retrouvent à Rome, dans l'amphithéâtre, confessent courageu- Bement la foi, et hâtent par l'effusion de leur sang le triomphe de TÉglise. 9

Appréciation. — Les beautés de détail abondent dans cet ouvrage : la rencontre d'Eudore et de Cymodoeée, Démodocus chez Lasténès, le combat des Romains contre les Francs dans les plaines de la Batavie, la description du camp des barbares, leur chant de guerre : Pharamond! Pharamond! nous a coin battu avec l'épée,,.. le combat singulier de Vercingétorix et de Mérovée, l'intervention de la légion chrétienne, l'attaque du camp barbare défendu par les Francs et par leurs femmes,... sont des pages admirables, où « Chateaubriand a mis tout ce qu'il avait de richesse dans son imagination et de coloris dans son style ».

L'Itinéraire de Paris à Jérusalem est le récit du VOyage que

Chateaubriand fit aux lieux saints par la Grèce. Ce livre est peut-être son plus beau titre de gloire.

Ses Etudes historiques renferment de graves erreurs, et ses romans : Atala, René, les Natchez et le Dernier des Abencérages, fruits de ses voyages en Amérique et en Espagne, ne sont pas sans danger pour la jeunesse à cause de leur accent rêveur et mélancolique, et des peintures peu morales qu'ils renferment.

il regretta plus lard l'exemple qu'il avait donné à ses nombreux imitateurs, et condamna lui-même plusieurs de ses œuvr< -

Jigement sur Chateaubriand. — i Chateauhrian 1 a exercé sur les esprits de ses contemporains une influence considérable : non seulement il a commencé la reslauration morale et religieuse du xixe siècle, mais il a rafraîchi les sources et a élargi les voies de la littérature. Ce n'est pas qu'il ait rompu avec la tradition classique; au contraire, il en a renoué la chaîne en associant à l'inspiration du génie chrétien l'imitation des modèles de l'antiquité, surtout de l'antiquité grecque. Mais en même temps il explorait les monuments du moyen âge, et mettait en lumière les chefs-d'œuvre des littératures étrangères; par là il ouvrait aux esprits des perspectives jusqu'alors inconnues ou dédaignées. C'est ainsi qu'il a été novateur, et qu'il a puissamment contribué à fonder un art, une science, une poétique toutes modernes. Quant au mérite intrinsèque de son œuvre, il ne répond pas toujours à l'importance de son rôle. C'est surtout à l'égard de son style qu'il y a lieu de distinguer. Dans les sujets de pure imagination, on peut lui reprocher de l'exubérance, du vague, de l'enflure; ses descriptions sont trop chargées de couleurs et d'images; « la nature, a dit Lamartine, y disparaît « trop sous l'artifice. » (Pàssim,

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