PRINCIPAUX PROSATEURS GRECS
(Du v« s. av. J.-C. jusqu'au iv« de notre ère.
Ésope (vi° siècle av. J.-C), né en Phrygie, esclave affranchi par Xanthus, son maître, et protégé par Grésus, se rendit célèbre comme moraliste, et cultiva Y apologue avec succès.
Périclès (494-429) , né à Athènes, se rendit célèbre comme orateur, comme guerrier et comme homme d'État. De ses harangues, discours, éloges funèbres, il ne reste que des fragments.
La souplesse et la puissance de la dialectique de Périclès étaient remarquables : « Il contenait la multitude d'une main libre, dit son adversaire Thucydide, sans jamais se laisser conduire par elle. Il ne cherchait pas dans ses discours à flatter le peuple, et savait, s'il en était besoin, braver son déplaisir. »
Hérodote (484-40G), né à Ilalicarnasse (Asie Mineure' , perfectionna la science historique : ce qui lui a mérité le surnom de Père de l'histoire, — Il a raconté l'histoire des Guerres mcdiques, depuis Cyrus jusqu'à la bataille de Mycale, et, par digression, tout ce qui s'était passé de mémorable depuis deux cents ans dans le monde alors connu.
Son style est simple, clair, harmonieux; ses récits sont pleins de charme et de naïveté.
Thucydide (471-402), né dans PAttique, l'un des plus grands historiens de la Grèce, a écrit Y Histoire de la guerre du Péloponesc , à laquelle il prit part. Il raconte, non à la manière épique, comme son prédécesseur, mais en homme d'État; il ne se contente pas de mentionner les faits, il en recherche les causes et en prévoit les suites. — Son ouvrage, dont les harangues forment la partie la plus intéressante, est un des plus beaux monuments historiques de l'antiquité.
Socrate (470-400), né à Athènes, philosophe et moraliste célèbre, qui ne cessait de recommander la pratique de la vertu comme le plus sûr moyen d'arriver au bonheur. Sa maxime était : Connais -toi toi-même. 11 professait l'existence d'un Dieu supérieur et l'immortalité de l'âme. Il admettait aussi des divinités subalternes. Accusé de corrompre la jeunesse, il fut. malgré son innocence, condamné à boire la ciguë. — Il n'a laissé aucun écrit, mais ses disciples ont transmis ses Entretiens à la postérité.
Xénophon (445-355), né près d'Athènes, fut disciple de Socrate. Il accompagna Cyrus le Jeune dans une expédition contre Artaxercès, ce qui nous a valu VAnabase ou la Retraite des Di.r mille, et la Cyropédie, ou l'éducation de Cyrus, sorte de roman moral et politique. — La douceur et la pureté de son style l'ont fait surnommer V Abeille attique.
Platon (430-347), ne dans l'île d'Égines, est un des plus célèbres philosophes païens. Il a laissé de nombreux écrits sous forme de dialogues, où Socrate, son maître, joue le principal rôle. Les plus remarquables sont : le Criton , sur les devoirs du citoyen ; — le Phédon, sur la mort de Socrate; — le Protagoras, contre les sophistes; — le Gorgias, sur la rhétorique.
Son style est d'une grande perfection, et sa morale aussi
PRO v ii •' RI OW I
pure que pouvait l'être une morale loul bumaim
V Académie , lire Bon nom du Faubourg d'Athènei où il donnait
SCS leçons.
Eschinb (389 314 , orateur athéniei endit à Philippe el
devint i<i rival de Démosthèoe. Obligé de 'exiler, il alla ouvrir à Rhodes une célèbre école d'éloquence. On ne connatl de lui que trois discours: un contre Timarque, un autre contre Dômosthène, et son apoloj
Démosthene (385-322), né près d'Athdi I le plus grand
des orateurs grecs. Il se Bignala, comme homme politique, dans la lutte qu'il soutint pendant quatorze ans contre Philippe de Macédoine, peur l'indépendance de su patrie. Après la mort d'Alexandre, il recommença la lutte; mais, voulant échapp< Antipater, il s'empoisonna dans le temple de Neptune.
Ses discours les plus estimés sont : les Philippiques , h - Olynthiennes et le discours sur la Couronne.
Une rapide simplicité, des arguments pleins de force mêlés tour à tour à l'éloge et à la raillerie, telles sont les principales qualités de l'éloquence de Démosthène.
Aristote (384-322), né à Stagire, Macédoine, est considéré comme supérieur à tous les savants qui l'avaient précédé. Il fut l'oracle des philosophes jusqu'à la fin du moyen âge. Après avoir terminé Téducalion d'Alexandre, dont l'avait chargé Philippe de Macédoine, il alla fonder à Athènes l'école du Lycée, ainsi nommée parce qu'il donnait ses leçons dans un gymnase appelé le Lycée.
Ses ouvrages les plus importants sont : la Rhétorique, — la Poétique , — le Traité de l'âme , — la Logique, — la Morale, — la Politique et V Histoire naturelle.
Le principal mérite d'Aristote fut de donner à la science philosophique une base plus solide, et d'accorder davantage à l'expérience, sans méconnaître le rôle de la raison.
Théophraste (371-286), né dans l'île de Lesbos, suivit les leçons de Platon et d'Aristote, et, comme ce dernier, il embrassa toutes les sciences et écrivit de nombreux ouvrages. Le plus célèbre de tous est le recueil des Caractères ou portraits moraux, qui ont servi de modèles à la Bruyère. Polybe (210-224), né à Mégalopolis (Arcadie), combattit dans
les rangs de la ligue achéenne et resta dix -sept ans à Rome comme otage. Rendu à la liberté, il visita les Gaules, l'Espagne, l'Afrique, et rentra dans sa patrie où il mourut d'une chute de cheval. On lui doit la Vie de Philopcemen, la Guerre de Nur mance et une Histoire générale (de 118 à 146;, qui a servi de guide à Bossuet et à Montesquieu.
Joseph E Flavius (37-95 ap. J.-C. , né à Jérusalem, historien juif, de la famille des Machabées, lutta d'abord contre les Romains; mais, gagné à leur cause, il suivit Titus au siège de Jérusalem et a Rome, où il fut comblé d'honneurs.
Josèphe a écrit en grec : YHistoire de la guerre des Juifs contre les Romains, les Antiquités judaïques , un Discours sur le martyre des sept Machabées, etc. — La clarté et l'élégance de son style l'ont fait surnommer par saint Jérôme le Tite-Live de la Grèce , mais sa véracité est suspectée.
Plutarque (50-139), né à Chêronée (Béotie), biographe et moraliste, a laissé les Vies des hommes illustres grecs et romains, et les Œuvres morales. — Les principales des quarantequatre biographies dont se composent les Vies sont celles de Lycurgue et de Numa, d'Alcibiade et de Coriolan, d'Alexandre et de César, de Démosthène et de Cicéron.
On pourrait critiquer la disposition par trop symétrique de toutes ces biographies, « mais il faut passer quelque chose au patriotisme de Plutarque, qui trouvait une sorte de consolation à montrer que la Grèce, asservie aux Romains, avait produit des héros capables de balancer, sinon de surpasser, la gloire de ses vainqueurs. A part ces parallèles, son grand mérite est de peindre à fond l'âme de ses héros : il les suit partout, et montre tout ce qui peut jeter quelque lumière sur leur caractère. » — Amyot a donné une traduction complète des œuvres de Plutarque.
Saint Justin (U4?-168), né en Palestine, fréquenta les célèbres écoles d'Alexandrie et, s'étant converti au christianisme, vint à Rome, où il enseigna la morale évangélique. Il fut martyrisé sous Marc-Aurèle. — On a de lui deux Apologies de lu religion catholique, un Traité de la monarchie de Lieu, etc.
Lucien (125-200), né à Samosate, près d'Antioche, rhéteur et philosopl , épicurien. — Ses Œuvres polémiques et ses Dia-
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de bonne heure, et, par bod érudition el le charme de éloquence, il i à Jésus-Chrisl des di ciples illustre , entre
autres Origône, qui ouvrirent lfére brillante de la littérature chrétienne. Dana bod Exhortation a\ l'absurdité du paganisme, el dans le Pédagogue \\ traite de la morale et s'efforce de diriger les chrétiens dans la pratique maximes évangéliques.
Orioène 188-254), né à Alexandrie, célèbre écrivain et i tour ecclésiastique, imbu des idées philosophiques de Pythagore et de Platon, il voulut y accommoder les dogmes du
christianisme, et tomba dans l'erreur; mais il Be rétracta et mourut dans la communion de l'Église. — Nous avons de lui des Commentaires sur l'Écriture sainte et divers traités.
Saint Athanase (290-373), né à Alexandrie; une des lumières du concile de Nicée, il se distingua par son zèle à combattre les hérésies de l'époque, surtout l'arianisme. — Les principaux ouvrages de ce grand évêque et docteur sont : une Défense de la Trinité et de l'Incarnation , des apologies et des lettres.
Saint Grégoire de Nazianze (328-389) naquit près de Nazianze (Cappadoce). 11 fut élevé au sacerdoce, et prononça contre les ariens et contre Julien l'Apostat des discours dignes d'être comparés aux Philippiques. — Ce célèbre Père de l'Église a laissé des discours, des homélies, entre autres celle de saint Basile, son illustre ami; des oraisons funèbres, des poésies, des lettres.
Saint Basile (329-379), né à Césarée (Cappadoce), rhéteur et avocat célèbre, devint évêque de sa ville natale et mérita le titre de Grand par l'importance de ses travaux et l'excellence de ses écrits. — Il a composé des homélies, des œuvres historiques, des lettres et un 'Traité delà lecture des auteurs profanes, devenu classique, des traités de morale et des discours sur les six jours de la création qui, sous le titre d'Hexaméron, constituent la partie la plus estimée de ses œuvres.
Saint Grégoire de Nysse (332?-396?), né à Sébaste, dans le
PIŒCIS D HISTOIRE LITTERAIRE
Pont, évoque de Nysse, se distingua dans les conciles d'Antioche et de Constantinople par son zèle pour la défense et la propagation des doctrines orthodoxes. Il écrivit de nombreux ouvrages : des discours, de- panégyriques, des Vies <!<■ s, nuls, des Jiomclies et des traites (de la Virginité, de la Perfection chrétienne)^ etc.
Saint Jean Chrysostome (347-407), né à Anlioche, suivit quelque temps la carrière du barreau avec un grand succès , entra dans les ordres et devint évêque de Constantinople. Exilé par l'impératrice Eudoxie, dont il avait blâmé l'avarice et l'ambition, il mourut à Gomane, dans le Pont.
On doit à cet illustre Père de l'Eglise des discours, des homélies, des traites dogmatiques et moraux (du Sacerdoce, de la Providence , de la Virginité), des Commentaires sur les diverses parties de l'Ecriture sainte, des panégyriques et des lettres.
Saint Chrysostome « réunit les mérites de Démosthène et de Cicéron ; il a l'éneruie du premier, la facilité et l'abondance du second ». « C'est, dit Villemain, le plus beau génie de la société nouvelle entée sur l'ancien monde. »