PRINCIPAUX PROSATEURS LATINS
(Du i»»- siècle av. J.- C. jusqu'au iv« de notro ère.)
Cicéron (107-43), n<; près d'Aï pinum, dans le Latium, fut élevé par Bes parents dans une austère simplicité. Formé à Técole des meilleurs mail i es, il entra dans la magistrature, et devint le prince des orateurs, des écrivains et des philosophes romains. Antoine le fit proscrire et assassiner.
Parmi s< s plaidoyers, on admire surtout les Verrines (contre Verres), la Miloniemie (pour Milon), son chef-d'œuvre, et le Discours pour Ligarius; parmi ses discours politiques : les quatre Catilinaires (contre Catilina) et les quatorze Philippiques (contre Antoine). Citons encore les trois dialogues de l'Orateur, qui placent Cicéron au premier rang des critiques; le Traite des devoirs, « qui marque la limite où s'est arrêtée la morale avant le christianisme » (Villemain), et ses Lettres, expression fidèle de sa vie et des mœurs romaines.
Cicéron n'eut pas les qualités de l'homme d'État; mais il fut, comme le dit Auguste, « un grand citoyen qui aima beaucoup sa patrie, et ne manqua jamais à sa cause. » Ce qui lui a fait défaut dans l'éloquence politique, c'a été la fermeté, la résolution, des convictions fortes, des idées arrêtées et précises.
Jules César ( 100-4 îï , né à Rome, s'illustra comme guerrier, comme orateur et comme écrivain. — Ses Commentaires sur la guerre des Gaules et sur la guerre civile sont écrits avec une grande perfection de style. « Si César, dit Quintilien. s'était
1 Le mot est de Boileau.
donné uniquement aux travaux du forum, on le citerait entre tous comme le rival de Cicéron. & — On lui reproche de manquer d'impartialité.
Salluste (86-34), né à Amiternum, près de Rome, fut proconsul de Numidie, qu'il désola par ses rapines. Historien érudit, il a laissé Y Histoire de la conjurai i<>n de Catilina et V Histoire de la guerre de Jugurtha, œuvres qui se recommandent surtout par le mérite du style.
Tite-Live (59 av. 18 ap. J.-C), né à Padoue, est par excellence l'historien des Romains. Ses Annales, en cent quarantedeux livres, comprenaient l'histoire de Rome depuis sa fondation jusqu'au règne d'Auguste. Nous n'en possédons que des fragments. — Rien de plus élégant et de plus pur que son style; les harangues qu'il prête à ses héros sont en général des chefsd'œuvre.
Pline l'Ancien (23 av. 79 ap. J.-C.) naquit à Corne ou à Vérone. Tour à tour tribun militaire en Germanie, jurisconsulte et avocat, il composait en même temps VArt de lancer le javelot à cheval, une Histoire des guerres de la Germanie , une Histoire contemporaine et une Histoire naturelle — Il périt victime de son zèle pour la science, en voulant observer de trop près la fameuse éruption du Vésuve, qui ensevelit, en 79. les villes d'Herculanum et de Pompéi.
Sénèque (3 av. 65 ap. J.-C), né à Cordoue, était tout ensemble philosophe, orateur et naturaliste. Chargé de l'éducation de Néron, il n'eut pas le courage de réprouver les crimes de son élève; il alla même jusqu'à écrire une apologie du meurtre d'Agrippine. Impliqué dans une conspiration , l'empereur lui envoya l'ordre de s'ouvrir les veines.
Ses ouvrages sont presque tous des traités de morale et de philosophie : de la Colère, de la Clémence, de la Tranquillité d'âme, de la Brièveté de la vie y de la Providence , des Lettres morales. — Le style de Sénèque est brillant , mais souvent affecté et rempli d'antithèses. Quintilien l'accuse d'avoir corrompu le goût de son siècle.
Quinte-Curce (ier siècle de J.-C.) a écrit Y Histoire d'Alexandre le Grand, en dix livres, dont plusieurs sont perdus. Cet ouvrage
es!, un roman plutôt qu'une histoire, mal il ee( derenu cla Ique
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leçons il est resl deui monuments : un recueil de Discour 1 1 son grand ouvrage de ['Institution oratoire, traité en douze livres, qui renferme un plan d'études complel pour Former un orateur. On lui reproche d'attacher trop d'importance à tout un appareil de petites précautions, de petites qualités, de petits manèges, de petits artifices G. Mbrlht.
Tacite (55-134?\ né dans L'Ombrie, cultiva la poésie, mais particulièrement l'éloquence et rhistoire. — De ses ouvrages il ne reste que ile> Fragments. Nous possédons la plus grande partie de ses Annales, qui vont de la mort d'Auguste à celle de Néron; la Vie d'Agricola, son beau-père, et les Mœurs des Germains. — Ses écrits se distinguent par la profondeur de la pensée, l'équité des jugements et la concision du style.
Pline le Jeune (62-113), né à Corne, était neveu de Pline l'Ancien. Il se distingua dans l'éloquence du barreau et dans Téloquence académique. — Il ne nous est parvenu de lui que le Panégyrique de Trajan et des Lettres fort intéressantes pour l'histoire: mais elles manquent de cette simplicité, de ce naturel, de cet abandon, qui convient au genre épistolaire.
Suétone (65-117?), secrétaire d'Adrien, a composé les Vies des douze premiers Césars et des Notices sur quelques hommes de lettres. Son style manque d'élégance, et sa plume de retenue.
Tertullien (160-245?), né à Carthage, se convertit à la vue de la patience héroïque des martyrs, et devint un vigoureux défenseur de l'Eglise. Son Apologétique, le Traité contre les spectacles } les Traités de morale, etc., se recommandent par la profondeur de la pensée, la magnificence des images et la force du raisonnement.
Il est regrettable que le « Bossuet de l'Afrique » soit tombé dans l'hérésie des montanistes.
Saint Cyprien (200-258;, né à Carthage. rhéteur païen, se convertit et devint évêque de sa ville natale. — Il a écrit un
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discours sur l'Unité de l'Église, contre les novatiens; un livrr sur les Tombe* ou Apostats^ et des i qui nous donnent
une grande idée des vertus et de la pureté des mœurs des premiers chrétiens.
La simplicité et la véhémence sont les deux qualités dominantes de son style.
Saint Hilaire de Poitiers (V-367), était fils d'une famille noble, mais païenne. 11 étudia les sciences profanes, se convertit au christianisme et devint évêque de sa ville natale. Ce grand docteur de l'Église combattit courageusement l'arianisme par la parole et par la plume.
Nous avons de lui le traité de la Trinité, des Commentaires sur TÉcriture sainte, et trois Lettres à l'empereur Constance. — La force et la véhémence de son style l'ont fait surnommer par saint Jérôme le Rhône de l'éloquence latine.
Saint Jérôme (331-420) , né en Dalmatie, vint à Rom*', s'y convertit et s'adonna avec ardeur à l'étude des langues orientales. Après divers voyages en Gaule et en Asie, il embrassa l'état religieux , et termina sa vie laborieuse et pénitente au monastère de Bethléhem.
Nous devons à saint Jérôme la version latine des Livres saints connue sous le nom de Vulgate. Ses Lettres et ses ouvrages de controverse contre Jovinien, Pelage, Vigilance, etc., le placent au premier rang des écrivains dont s'honore le christianisme.
Saint Ambroise (340-397) naquit à Trêves ou à Lyon. Fils d'un préfet des Gaules, il gouvernait lui-même la Ligurie, lorsque le peuple de Milan , charmé de ses vertus , l'élut de force évêque de cette ville. — Il a laissé de nombreux écrits, entre autres un Traité de la virginité, un Traité sur les devoirs des prêtres, et des Oraisons funèbres. On lui attribue le Te Deum.
Saint Augustin (354-430), né à Tagaste (Numidie), voyagea pour s'instruire et professa la rhétorique à Milan. Converti, à trente- deux ans, par saint Ambroise et par les prières de sa mère, sainte Monique, il revint en Afrique et mourut évêque d'Hippone.
Ses principaux ouvrages sont : la Cité de Dieu, son chefd'œuvre; — le Traité de la Grâce et du Libre arbitre, qui lui a
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mérité l«' nom de Docteur de la grâce, , où
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