ALEXANDRE SEVERE
dre par Lampride est remplie par des énumérations de lois somptuaires, d'ordonnances sortes vêtements, sur les objets de luxe. Ii fit, dit son historien , un grand nombre de lois sur la forme et les ornements des chars dont devaient se servir les sénateurs, etc.
Ainsi l'empire, gouverné par une femme , s'endormait dans un repos prématuré malgré la jeunesse du prince. Mais ce prince prenait chaque jour sous la direction de sa mère des goûts plus pacifiques, un esprit plus doux et plus modéré. Animé d'un vif sentiment religieux , il cher* chait à se former une croyance et des dieux qu'il pût adorer. C'était chose embarrassante alors que le choix d'une religion: tous les anciens cultes se mouraient , et la loi nouvelle n'était pas encore répandue bien loin. Dans cette incertitude, il fallait, pour combler le vide de l'âme, recourir à l'éclectisme, religion ou plutôt philosophie des époques de transition , et renfermer, comme Alexandre Sévère, dans une même chapelle, Apollonius , le Christ , Abraham; et Orphée. C'était dans cette chapelle qu'Alexandre allait passer les premières heures du jour, adorant sans doute celui qui, dans son opinion, avait, à des époques différentes, envoyéces mandataires chargés chacun d'une mission divine. Acôtédecette chapelle s'en trouvaitune autre, renfermant les statues des hommes qui s'étaient distingués non plus par une mission divine et religieuse, mais par des talents etaes qualités supérieures. Faute d'un dieu auquel il crût fermement, il rendait ses hommages à ceux qui sur la terre s'étaient le plus élevés au-dessus de l'humanité.
L'empire fut, dit-on, heureux treize années sous le gouvernement de ce prince, et on le conçoit. La présence d'Ulpien dans le conseil du prince nous permet de penser que l'administration fut plus régulière, qu'il y eut moins de vexations, moins d'arbitraire. L'épithète de Severus, ajoutée au nom de l'empereur par les soldats , nous annonce que ceux-ci ne furent point maîtres dans l'empire comme ils l'avaient été sous Caracalla et Ëlagabal. Lampride parle même de plusieurs tribuns punis , et de toute une légion licenciée, avec la dénomination de Quirites. Mais ces ten-
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tativcs de réforme forent ainsi vaines que l'avaient gfcé celles de Macria. Latnpride a beau nous montrer les -sol— dats soumis et amabiles, afin de compléter le tableau foif*lant qu'il essaye de tracer de ee règne ; nous avens malheureusement des faits qui nous montrent que les soldats étaient loin de partager la douceur débonnaire d'une cour qui voulait conserver une autorité non ensanglantée, ivaiptarov imperium. Pendant trois jours, les soldats se battirent dans Borne contre le peuple , et mirent le feu à te ville ; «me antre fois ils massacrèrent , aux pieds d'Alexandre lui-même, Ulpien, préfet du prétoire (22£) ; et pour éviter de subir le même sort, l'historien Dion Gassius fut obligé de passer loin de Rome l'année de son consulat (229). Alexandre tatanéme perdit peu à peu l'affection des soldats. Surtout on accusait sa mère d'être trop avide, d'aimer à thésauriser et de déshonorer l'empereur par cette avarice qui lui faisait ravir frauduleusement les biens et les héritages de chacun.
Ce gouvernement , toutefois , se maintint tant qu'aucune guerre extérieure ne vint pas le troubler; mais sitôt que les invasions des Perses l'obligèrent de recourir aux soldats pour la défense de l'empire , l'incapacité militaire des légistes se montra, et les soldats, redeveans nécessaires, ne tardèrent pas à se débarrasser d'un prince soumis à une femme et à des hommes de loi. Alexandre, ou plutôt son conseil , essaya d'abord d'engager les barbares à conserver la paix. A ces propositions , Artaxerxès répondit par la demande de (a Syrie et de toute l'Asie Mineure, Tlonie et la Carie exceptées. Le dieu Terme avaft déjà reculé sous Adrien ; mais il ne pouvait abandonner encore des provinces conquises depuis trois siècles par les consuls de la république. Alexandre partit donc pour Afttioche , et y réunit une armée nombreuse. L'expédition n'eut pas un plein succès; car l'une des trois armées de l'empereur perdit une bataille contre les barbares. Toutefois , les Romanis parurent s'en consoler par des succès paiv tiels; et les Perses s'étant éloignés des frontières pour ne point recommencer le combpt contre une nouvelle armée d'Alexandre, ce prince put, sans trop s'abuser, entrer à
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ilaroce» triomphe (234), * aire m peuple : « Qmrîtes, bous «avons vaincu les Perses. Nossoldarts reviennent riches. « Nous promettons pour aujourd'hui un congiarîum , et « pour demain des jeux portiques. » A cette occasion, Lamprîde nous montre eaoore le sénat répondant à l'empereur par ses acclamations accoutumées? Alexmder Auguste , dit te servent Perswe maxime , dm te servent... Perle viot&riam de Germmissperamtts. Les Germains, en effet, s'étaient jetés sur l'empire , pendant que les légions combattaient les Perses. Il fallut marcher contre eux , pour sauver llllyrie de leurs ravages. Alexandre les attaqua du côté du Rhin, mais mollement, comme il avait fait dans la guerre contre les Perses. Il alla même , si Ton en croit Hérodien jusqu'à vouloir acheter la paix de ces barbares. Ces négociations , ou du moins , s'il faut les révoquer en doute, la conduite molle de l'empereur dans cette guerre, achevèrent de porter au plus haut degré le mécontentement des soldats. Ils se plaignaient de ce qu'il restait toujours sous l'autorité de sa mère, n'osant jamais prendre conseil de lui-même , et perdant tout par sa pusillanimité sur les bords du Rhin comme en Orient. Ces plaintes amenèrent peu à peu Tesparit Ite révolte. Alors se trouvait à l'armée un Thraee, qui, sorti des derniers rangs de la milice, était peu à peu monté aux grades les plus élevés-, cet homme possédait toutes les qualités qui pouvaient frapper les soldats , une force prodigieuse , un courage brillant , et des mœurs api n'avaient jamais été adoucies par la vie des villes ou de la cour. Ce fut sur lui que les soldats jetèrent
3 yeux. Un jour, ils 4e revêtirent d'une robe de pourpre, le saluèrent empereur. Toute l'armée passa de son côté, et un centurion , suivi de quelques soldats, suffit pour le débarrasser d'Alexandre et de sa mère; car elle se trouvait alors à l'armée, ne voulant point perdre un instant de vue son fils. Alexandre mourut comme il avait vécu ; avec faiblesse, demandant la vie et accusant sa mère de son malheureux sort.
On ne peut refuser à ce prince des vertus douces* un profond amour de la justice et une grande supériorité mo-
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raie sur son prédécesseur. Ce n'était point un Romain ni un Syrien ; mais il réunissait ces deux caractères : passant plusieurs heures du jour à s'exercer dans un gymnase, et ne commençant sa journée qu'après avoir prié longtemps dans son lararium : figure douce qui nous plaît par sa moralité entre Élagabal et Maximin, et sur laquelle l'histoire s'arrête avec complaisance, mais dont l'action sur les affaires de son règne fut presque nulle, et qui ne fit que prêter son nom à sa mère Mammée et au jurisconsulte Ulpien.
USUBPATEUBS MIL1TAIEBS.