‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 133 sur 157 · RESULTAT DBS PROCHES DE L IMPOT · texte numérisé non relu

RESULTAT DBS PROCHES DE L IMPOT

mare. Que leur importait de faire bien ou mal, de faire avec promptitude, ou avec lenteur? Leurs talents et leur activité peuvent se mesurer sur la* crainte qu'ils avaient de leurs maîtres ; aussi ne sortait-il jamais de leurs mains que des choses grossières et de mauvais goût. Tous ces esclave^ étaient d'abord Grecs, Syriens; ils appartenaient d'abord à des nations civilisées , et ceux-là purent encore travailler avec goût : mais quand il fallut les recruter chez les barbares, quand les Germains et les Thraces remplirent seuls les marchés de Rome, ces mains lourdes et ces esprits grossiers ne purent fournir qu'à grand'peine aux besoins du luxe. Aussi lorsqu'on voulait avoir des produits mieux travaillés, i! fallait s'adresser au petit nombre d'hommes libres qui consentaient à se livrer à l'industrie. Mais ceux-ci se faisaient payer cher. Ainsi s'éleva le prix de la main-d'œuvre, grâce à l'absence d'une industrie active, nombreuse et intelligente. Par une conséquence naturelle et par suite des abus qui s'étaient introduits dans l'administration à la faveur du despotisme militaire, les denrées même de première nécessité devinrent d'un prix inabordable.

Les choses en vinrent à un tel point sous Dioctétien, que dans la dix-huitième année de son règne cet empereur dut publier la loi dont nous avons parlé plus haut et qui fixa pour les denrées un prix moyen qu'on ne pouvait dépasser sans s'exposer à la peine capitale \

Il est dit dans le préambule de cette loi : « Le prix des « denrées négociées dans les marchés ou apportées journel- « lement dans les villes, a tellement dépassé toutes les « bornes, que le désir effréné du gain n'est modéré ni par « l'abondance des récoltes ni par l'affluence des denrées.

* Cet édit, dont les prescriptions s'étendaient à tont l'empire, a été retrouvé à Stratonlcée, en Asie Mineure, par MM. Sherard et Bankes, voyageurs anglais. Le préambule du dispositif, qui manquait sur le monument ou l'inscription était gravée, a pu être complété à Taide d'un exemplaire de ce même acte, provenant d'Egypte et conservé aujourd'hui dans le musée d*Ant, auquel il a été donné par M. dattier fils.

53a CHAPITRE XXXI II.

a L'esprit de pillage accourt partout où le bien public exige «que nos armes soient dirigées, non-seulement vers les « villages et les villes , mais sur toutes les routes , de sorte « que les prix des subsistances parviennent non-seulement « au quadruple ou à l'octuple , mais à un taux hors de toute «mesure. Même quelquefois par l'accaparement d'une « seule denrée, le soldat a été privé de sa paye et de nos « dons. Mus par ces considérations, nous avons cru devoir «fixer, pour tout notre empire, des prix modérés qui, « dans les années de cherté, puissent contenir l'avarice dans « de justes bornes, et dont le tableau est joint à cet édit. > L'empereur prescrit ensuite des peines sévères contre les contraventions à la loi qu'il promulgue.

Dans le tableau régulateur du prix des denrées, des journées d'ouvriers, des honoraires à payer à certaines professions, etc., joint au préambule, les sommes sont évaluées en deniers désignés suivant l'usage par la sigle ^c. La plupart des savants qui, jusqu'à ce jour, ont fait usage de ce monument, se sont imaginé qu'il s'agissait du denier d'argent, lequel valait alors 0,96 c.1, et non pas 0, 45 c, comme l'a cru M. Moreau de Jonnès % qui, voyant bien que même en partant de cette donnée, on obtenait des résultats inadmissibles tant ils étaient exagérés, a pensé que pour déterminer le prix moyen que devaient avoir les denrées à cette époque, il fallait prendre la moitié du maximum que portait l'inscription. Il appuyait son opinion sur ce principe, que la disette commence quand le prix des vivres s'élève au double de celui qu'ils ont dans

* D'après les pesées faites par le, baron Marchand, les deniers d'argent de Dioclétien pèsent 78 grains 3/4 , ce qui équivaut , en grammes , à 4,17, valant, à raison de 5 grammes par franc, 0,83 cent., auxquels il convient d'ajouter un sixième en sus, c'est-à-dire, 0,13 cent., le denier en question étant en argent pur, tandis que le franc renferme i/10« de cuivre. On a donc, pour la valeur du denier de Dioclétieù, 0,96 cent.

2 Cette opinion a été suivie par tous ceux qui, dans ces dernières années, ont parlé du maximum de Dioclétien. Moi-même, dans les deux premières éditions de ce livre, j'ai eu le tort de ne pas vérifier l'exactitude d'une pareille assertion.

RÉSULTAT DES PROGRÈS DS i/lMPOT. 533

les temps ordinaires, et que Dioctétien, en les fixant à ce taux, voulut les empêcher de hausser davantage. Ainsi, suivant lui, une paire de souliers de soldat aurait coûté 22 fr. 50 c, une oie grasse 45 fr., un poulet 30 fr., etc.; un lièvre 50 fr., une botte de radis 1 fr. 80, etc., etc.

Mais comment croire que jamais le prix moyen de ces denrées ait atteint un taux aussi élevé, et à plus forte raison comment admettre que la cherté des objets de première nécessité soit devenue telle qu'elle ait dépassé le double de ce taux et qu'on ait dû s'estimer heureux de ne payer un poulet que 60 fr., et une livre de bœuf que 4 fr. 80 c. ? Cette difficulté est aujourd'hui résolue. M. Dureau de la Malle l'ayant soumise au savant M. Borghesi, a obtenu de lui cette réponse, que la monnaie en question ne pouvait être que le denier de cuivre équivalant au tetrassarion dont 24 valaient un denier d'argent ou 0, 96 c. ', ce qui porte chacune de ces pièces à 0, 04 c. % résultat auquel j'avais été conduit moi-même avant de connaître la solution donnée par M. Borghesi.

On verra, par l'extrait du maximum de Dioctétien , que je crois devoir donner ici, qu'avec le taux de 0, 04*c. on obtient des prix qui diffèrent peu de ceux qu'ont aujourd'hui la plupart des objets de consommation 3, et que par conséquent ces prix quadruplés et mêmeoctuplés, comme s'en plaint Dioctétien, devaient motivet des mesures sévères de la part de l'administration.

i Voyez Économie politique des Romains, 1. 1, p. 113etsuiv.

2 Et non pas 2 cent. 1/2, comme l'a cru M. Dureau de la Malle, ibid., p. 120.

3 C'est aussi l'opinion de M. Melchiorri , savant archéologue romain , qui doit publier incessamment une édition critique de la Vie de Dioctétien.

CHAP1T&E XXXUI.

OBJETO TARIFES.

Prix du travail.

Aa berger , nourri

Aa manœuvre , pour une journée

An maton

An faiseur de mortier

An menuisier en bâtiments

Aa marbrier.

A l'ouvrier en mosaïque

Au serrurier ,

Au charpentier maritime

Au constructeur de bateaux

Au boulanger

Au barbier, pour chaque homme

Au garcoo de bam , pour chaque baigneur Au gardien des habits, id

Instituteurs.

Au'pédagoguepoor chaque enfant par mois Au maître de lecture id

de calcul id

de calligraphie id

de grammaire gr. et lat id. .

de géométrie id

4*arctritectutt id.

Avocats.

A favocat pour une requête

pour obtenir un Jugement.

Maximum

en deniers.

Façon de^yêxehehts.

Pour un surtout (birrus) de seconde qualité Pour une casaque de soldat (caracalla). . .

Pour une braie (breLCca)

Pour une tunique de femme , Pour une saie ($agum)

Chaussures.

Soulier» 4e «miette* ou de paysan , sans clous, la paire» ....»%..

de soldat

de patricien

de femme

Peaux d'animaux.

Peau de veau marin

id. travaillée..

Peau de léopard

id. travaillée.

Peau de lion travaillée...

le aa taux M le de cuivre.

rooo

oo

IOOO

IOOO

Page 1