FIN DU REGNE DE CONSTANTIN
qui conservait les traditions religieuses du sénat romain , persécuta ceux que son prédécesseur avait protégés.
Effrayé des maux de l'empire, de sa position précaire, Decius (250-252) crut que les dieux raffermiraient sa couronne, s'il rendait à leurs autels abandonnés les antiques honneurs dont ils étaient environnés dans des temps plus heureux. Ce ne fut partout l'empire que supplices , que martyres; et cette persécution fut la plus sanglante. Le christianisme, en effet, avait déjà pris assez de force et comptait d'assez nombreux partisans pour qu'il y eût entre lui et ses adversaires une lutte sérieuse et comme une guerre civile. Le paganisme , qui se sentait sérieusement menacé, et qui voyait la population des villes courir vers le nouveau dieu , combattait avec cruauté. H était fort encore, car il avait pour lui la majorité des habitants de l'empire , l'armée, et l'autorité publique. Cette tempête parut, durant quelque temps, devoir emporter le christianisme; mais si plusieurs désertèrent leur foi et méritèrent le surnom de Lapsi, beaucoup acceptèrent le martyre et fortifièrent par leur courage la foi chancelante de leurs frères. Garthage et Alexandrie se signalèrent surtout par leur cruauté. Origène, le grand docteur, confessa hautement, au milieu de tortures atroces et pendant plusieurs jours. Beaucoup aussi s'enfuirent à l'approche des persécuteurs, et allèrent fonder, dans les déserts, une Église qui ne vécut que dans les larmes , les austérités et les saintes méditations.
Sous Gallus et Valérien, l'Église fut tourmentée comme dans les temps les plus désastreux ; les plus illustres victimes de cette époque sont saint Cyprien à Garthage, saint Denis à Paris. Gàllien laissa reposer les chrétiens ; mais Àurélien ût revivre les anciens édits. Cependant on vit sous ce prince le singulier spectacle d'un concile d'évêques , pacifiquement présidé par l'empereur , qui semble ainsi reconnaître un caractère public aux ministres du culte , et qui les laisse excommunier un d'entre eux , Paul de Samosate, évéque d'Ântioche. Au temps d'Odenat et de Zénobie, Paul remplissait plutôt les fonctions d'un ma-
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gistrat civil que celles d'an évéque, préférant le titre de ducenarius à celui d' évoque; il avait adopté l'hérésie de Salessius et avait été déposé par les Églises d'Orient, mais Zénobie le maintint dans la maison épisoopale; enfei il fat, comme nous venons de le dire, excommunié par les évéques d'Italie et de Rome, après la prise de Palmyre. Ce fait montre la force et le nombre des chrétiens , et aussi la tolérance de l'empereur.
Enfin arriva l'ère des martyrs, ou la persécution de Dioctétien ; nous en avons parlé au règne de oe prince '.
Cette persécution , au reste , fut la dernière épreuve du christianisme. Après sa victoire sur Maxenee, Constantin se déclara chrétien , et, par le célèbre édit de Milan (313), il assura aux fidèles la liberté de conscience. Dès ce moment le christianisme devient la religion de l'empire; désormais il n'a plus à craindre que les. hérésies qui s'élèveront dans son sein. L'an 32S, Constantin convoqua à Nfcée la première assemblée générale de l'Église ; c'est là que le code chrétien fût enfin rédigé.
FIN OU REGNE DE CONSTANTIN. — CONSTANCE. — GALLCS. — JULIEN. — JOVIEN. — VALENTINIEN ET VALENS.