III. BELIGION
La religion de Rome se forma, comme sa population, d'importations étrangères, d'emprunts faits à tous les peuples voisins. Remarquons cette facilité des Romains à accepter, dès leur origine, une religion toute faite; nous les verrons plus tard ouvrir de même les portes dû Gapitole à toutes les divinités de la Gaule et de l'Asie. Cette politique aura pour eux de grandes conséquences; car ce qui s'oppose souvent à la conquête durable d'un peuple par un autre, c'est qu'il y a intolérance religieuse de la part des vainqueurs; mais des considérations de cette nature furent toujours sans valeur auprès du sénat : au lieu d'imposer ses croyances aux vaincus, il prit lui-même leurs propres divinités.
On ne sait rien que de vague sur les religions primitives de l'Italie. Peut-être se bornèrent-elles au culte des puissances ou des objets de la nature, les fleuves , les lacs, la lance, le pain , etc. Suivant Denys d'Halicarnasse, c'était sur les bords d'un lac, où flotte une île errante, que se trouvait le centre de la religion des Pélasges en Italie.
Pendant les cent soixante ans qui suivirent le règne de Numa , les Romains n'eurent point de simulacres dans leur «temple; mais dès les temps les plus reculés, ils adoraient Janus (Djanus, Djana), sans doute identique avec Lunus-Luna, peut-être même avec Vertumnus, le dieu du changement, et symbole de la révolution solaire et lunaire ; Vesta, divinité pélasgique qui, sous la forme italienne de Larunda , était devenue la mère des Lares. Mais les trois divinités de Rome, celles qui semblent dès l'origine présager ses destinées, c'est le dieu des combats, Mars, Ma-
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mmi*Mtowmf*à*fê dons 'le principe seusfe'roftae âtaM lance» et*plus>tard comme père de Romulus; c'estle'dteu Terme (Terminus) * symbole de cette puissance romaine qui ne devait jamais reculer; c'est enfin la Fortune», à laquelle se rapportent tous les succès deRtitaerçet'deirt'lée Menjaittf sent signalés par ses nombreux surnoms?' muiie* bris 9 equestris, mascula, obsequens , adjutrix, virHis, hujus diei , etc.
On pense avec assez de vraisemblance qu'on peut rapportera cette époque la division indiquée »pap» Yarrow en dieux pufcttcs -ou certains, et dieuxrôeertainsytft te* trois ordres de^Gioérott': les dieux? célestes* (du» cwiieates)/ les deminàieux (rft * indig^ei)\ et fes'vertu^ oowmeia pudtw, la pais, etc.; enfin; JesdieiiX'lii^feiirsewwmaiw^sertw de génies terrestres présidant/aux événemeatsud©ihr.«vi»j j4wr«mct/*> qtôpr&erroftdescalainitég', /fascmttti, qui détruisait l'effe&«les> sortilèges*; Bmm wewtoty tenarime sans>deute quela Fortune; €&nsm*, le bon* «conseil, etei, et tôt» eesdteun de'la campagne; qut senty eux rasiyun témoignage de la vie des anciens Romains: Fèoms Pomona, Pales, Faxtmis, Pan; Insiioret Seia, l<s<dieuKta semailles; Runcatoret Runcina, les dieux du saretettnftt; Mêvsor, le dieu des moissons; Picunmms, le *eu do * engrais* VervaetoT) le dien des jachères; Rêàigus etiïobipo, léstâeux qui garantissaient lesblés de la 'nielle, «te, efcr. Ce qui permet- d'admettre qu'à cette' époque le ealte cteees divinités était en vigueur* c'est que déjà la traction lait mention de leurs fêtesi Nous» ne parierons que* dw principales*
Les £tqM*crfa; fétesen l'honneur de>ftni>, qû défendait les ' troupeaux* contre les loups. Onlescétéèrait le 19 février. Le saeerdeee des- Luperques était' héréditaire dans'lefrdeira familles des F«foïet des<tam#JM
Les PtiMlM, en l'honneur de Paies, célébrées le 21 avrils jour anniversaire de lai fondation de> Rome.
Les AmbarvaHa , qui offraient quelque analogie' avec les Rogations du culte catholique, et qui consistaient en processions faites autour des champs pour demander aux
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Diflftns> encore quelques'mutsde la ntërarchte'reHgfeose et' toa'céréin^i^doM culte.» Le&pFéeresM*esJdfek*, memf de» dfeta d^frof*emfétteu>ry étaient dfo*dmafré ehcrisft' psnnf to^persOTmagesles^wy e^MWPérab^sdete répubJI^ que. La* reKgien ^ consJëérteeomme instrument politique, ' resta longtemps tnetfct lemonopofe des patriciens; car, k Borne, la religion présidait à: tous les actes politiques : c'é* tait chose importante1 -que de pouvoir disposer de Pantorité religieuse. Les Rémains r pins encore que lès autres peuples^ crurent qu'en tontes choses les- dieux manifestaient leurs volontés aux hommes: Les^ptoénomènes qui* frappent* nos yeux, disaient-ils, sont une langue pleine* de^évéfafc' flems poarqai sait#a comprendre.' Les écNte de% fondre, le ^efrjïe« enantdes oiseaux, rèbservattotr des cntraiftes< des Yieïhney^déelawntla votante desdiétuc. Nulle chose' ne dc*être ftltc sans^qtfon fes-'aifr'eonselté^parles^tt»*^ pfoe». Les villes, les »el*ftttps$ doivenfêtrewientés #a$rè»' teffrègtaS'dePart auguvaIrdta4<mfe9muT»4e te ville; 1er bornes de^ehampysont'gardés pwfcs'dfcfnr, copropriété' prend un* caractère religieux quelle communique àeefcfti quf la possède». Cet art'étrosqw flitf de'boime taurettWB" portée Rome; Tarn^rAttcien's'effoi^OTrtoutd'eiirre^ lever l'importai. Utijomv devant « tout tè peuplewsem" Mé, Tarquin, qui voulait forttfier te'erc^anee&la'^racfté dwangnres} se prit à dire:* « Augure, qui4 te Tantes de tout savoir, dis-moi sf la ebose &lftquelfo>je'peBse est pus* Mbfe.~- Oui, répondit'Naiviiis. — Bh bien, jeme}deraandldsp si tu pourrais couper ce caillou avec un rasofev* L'augure pritta pierre, ettatconpa eomraeit ravfffrpromi^ Bè&tofft'
go cnAPtrms m.
il ne fût plus permis dans Rome de douter du pouvoir des augures. Les patriciens, qui, seuls, en remplissaient les fonctions, profitèrent longtemps de ia crédulité populaire, que le prétendu miracle de Nœvius avait fortifiée.
A côté des augures étaient les sacrificateurs , chargés d'offrir les sacrifices publics ou particuliers. Plusieurs de ces prêtres formaient entre eux des collèges distingués par leurs noms et leurs fonctions : ainsi les Curions , les Sep* temvirs ou Epulones, les Sodales Titienses, les frères Arvales, les Féciaux, chargés d'accomplir les cérémonies qui présidaient aux déclarations de guerre ou aux traités de paix ; les Flamines , les Saliens, les Luperci, les Pinar rii, les Politii, les Galli, et enfin les Vestales , auxquelles était confié le soin d'entretenir le feu sacré de Vesta. « De grands honneurs, dit Plutarque, entouraient ces vierges saintes. Quand elles sortaient en public , elles étaient précédées de licteurs; et si elles rencontraient dans les rues un criminel que l'on conduisait au supplice, il était à l'instant mis en liberté, comme s'il eût rencontré une divinité bienfaisante qui devait porter toujours la joie et le bonheur autour d'elle.
. Une vestale qui a violé son vœu de virginité est enterrée vivante prèsde Importe Colline* Il y a dans cet endroit, en dedans de la ville, une terre d'une assez longue étendue. On y prépare un petit caveau, dans lequel on descend par une ouverture pratiquée à la surface du terrain, et où l'on dresse un lit; on y met une lampe allumée, et une petite provision des choses les plus nécessaires à la vie : du pain, de l'eau, un peu de lait et un peu d'huile; car ils croiraient offenser la religion , que de forcer à mourir de faim une personne qu'ils ont consacrée par les cérémonies les plus augustes. Celle qui a été condamnée à ce supplice est mise dans une litière qu'on ferme exactement , et qu'on serre avec des courroies, de manière qu'on ne puisse pas même entendre sa voix, et on la porte ainsi à travers la place publique. A l'approche de la litière , tout le monde se range, et la suit d'un air morne et dans un profond silence. Il n'est point de spectacle plus effrayant, ni de jour plus lugubre pour
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Rome. Lorsque la litière est arrivée au lieu du supplice, les licteurs délient les courroies. Ayant de terminer cette fatale exécution, le grand pontife fait des prières secrètes et lève les mains au ciel. H tire ensuite de la litière la coupable, qui est couverte d'un voile , la met sur l'échelle par où Ton descend dans le caveau, et s'en retourne aussitôt avec les autres prêtres. Dès qu'elle est descendue, on retire l'échelle et l'on referme l'ouverture , en y jetant de la terre , jusqu'à ce que le terrain soit parfaitement uni *. »
Dans le principe, les Vestales étaient au nombre de quatre. Tarquin, ou Servius, les porta à six. La principale s'appelait Vestalis maxima. Elles étaient choisies par le sort dans les comice^ par curies, sur une liste de vingt jeunes filles de cinq à dix ans, dressée par le grand pontife.
ÉTABLISSEMENT DE LA REPUBLIQUE. — CONQUETES DBS BOMAIN8 JUSQU'A L'ABBIVEE DBS GAULOIS. — LUTTS DBS PLÉBÉIENS CONTEE LES PATBICIBJIS. — DBCENTIBS.