‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 37 sur 157 · I76 CHANTES XI · texte numérisé non relu

I76 CHANTES XI

gaine! alliés de Botte, furent agrandi» à ses dépens (t 90).

Ayant de quitter l'Asie, les Romains écrasèrent les Gaietés (189). Ces Gaulois, partis en 278 des environs de Toulouse, étaient arrivés jusqu'en Asie Mineure par la vallée du Danube, pillant sur leur passage la Grèce, la Macédoine et la Thrace. Établis en Phrygie par Nicomède , qu'ils avaient secouru contre Antîochus Ier, ils se rendirent bientôt redoutables. Gn. Maniius Yulso, pour les attaquer, supposa, à tort ou à raison, qu'ils avaient secouru le roi de Syrie. Sa victoire sur leurs trois peuplades, les Tholistobolens, les Trocmes, et les Tectosages, fut loin d'être facile, et il fallut des prodiges de force pour parvenir à enchaîner les captife, qui, dans leur désespoir , mordaient leurs chaînes, et se présentaient mutuellement la gorge pour être étranglés.

La même année 1 89, Borne avait forcé les Étoliens à lui livrer leurs armes , leurs chevaux , et à lui payer mille talents.

«UERRB CONTRE PERSES. — LA MACEDOINE, LA GRECE, L*A?RIQ<JB ET L'ASIE REDUITES EH PRQVINCB8 ROMAINES.

§ I. GUBSBE CONTEE PENSÉE.

Depuis la bataille de Zama, Rome avait fait de rapides progrès : après la chute de Carthage, elle s'était trouvée la puissance dominante de l'ancien monde; après la défaite 4'Antiochos, elle s'en trouve l'arbitre, et va Mente* en devenir la maîtresse absolue. Tout cela ne lui avait coûté que dix années d'efforts peu difficiles. Elle avait en effet aflaibli Philippe, en lui enlevant toute son influence sur la Grèce; la Grèce, en y réveillant toutes les anciennes jade Sparte et de Messes contre la ligue acbéenne;

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Àntftchus enfin, en le dépouillant de tout ee qu'il poesédait dans l'Asie Mineure, et en préparant pour lui de sanglantes séditions dans l'intérieur de son royaume, par rénorme tribut qu'elle l'avait obligé de payer. Les Gaiates avaient été exterminés; l'Egypte était presque tombée dans la dépendance de Rome , et reconnaissait le sénat pour tuteur de son jeune roi Ptolémée Ëpiphane. Rhodes avait brigué l'alliance du peuple-roi, et sa puissante marine augmentait les forces de Rome. Ainsi les Romains n'ont fait, pour ainsi dire, que parqftre dans l'Orient, et déjà toutes les relations des peuples entre eux sont rompues. Les grandes puissances sont affaiblies, démembrées; de petits États, que la main seule de Rome peut soutenir, ont été placés à côté d'elles pour les braver en quelque sorte, et les surveiller de plus près.

Rome n'a rien pris pour elle dans l'Orient, elle a montré partout un parfait désintéressement. Ses armées ont quitté la Grèce, évacué l'Asie; mais elle est encore partout présente par ses commissaires , qui , sans escorte , sans forces militaires, mais revêtus seulement de l'autorité de la puissante république, décident souverainement de toutes choses. Personne n'ose rejeter cette intervention ni ce puissant arbitrage. Toutefois, tant que vécurent Annibal et Philippe, Rome craignit toujours cette confédération universelle dont elle s'était crue menacée lorsque Antiochus l'attaqua. Le vieil Annibal , retiré à la cour de Prusias , roi de Bithynie, semblait toujours redoutable : pour se délivrer de toute crainte, Rome envoya Flamininus demander sa tète à Prusias. Annibal échappa, en s'empoisonnant, à l'ignominie d'être donné en spectacle à la populace de Borné (183). La même année, Scipion mourait à Liternum, en maudissant l'ingratitude de ses concitoyens.

Le moment était enfin venu d'en finir avec tous les rois et toutes les nations restées libres. La Macédoine reçut encore les premiers coups. Dans la guerre contre Antiochus, Philippe, insulté par le roi de Syrie, avait fourni des vivres aux armées romaines; en reconnaissance de ce service, Scipion l'avait exempté du tribut qui lui avait été

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imposé après CyjnisoéphaJe*. Cependant cette anntiéoéteil toute de circonstance; le sénat redoutait Philippe,, et il chaque occasion favorisait ses ennemis. Un jour même, au mépris de la dignité royale, il voulut foreer Philippe à comparaître par-devant des commissaires romains, potuc s'expliquer sur les plaintes d'une ville de la Thrace; Philippe, indigné, songea dès lors à la guerre , et commença en secret ses préparatifs.

Philippe avait deux fils, Demetrius et Persée. Le pra* mier, envoyé en otage à Rome, avait gagné l'amitié du sénat, qui le flattait, et cherchait à se rattacher, afin de mettre la désunion entre les deux frères. Cette politique réussit. A peine Demetrius fut-il de retour en Macédoine r que Persée l'accusa d'avoir voulu le faire assassiner. Phi* lippe, prévenu contre son fils, le fit empoisonner, et mon* rut quelque temps après, de honte et de regret (179).- ,

Arriver ainsi au trône par le meurtre du protégé de Rome, c'était presque se déclarer l'ennemi de cette répur blique. Cependant Persée commença par demander au. sénat la permission de prendre le titre de roi ; et quand' il eut gagné du temps par cette basse soumission, il reprit-. les projets de son père. La Grèce, du moins l'Aehaie et. Athènes , auxquelles il renvoya leurs esclaves fugitifs , fit* rent gagnées. Carthage reçut secrètement les ambassades» du roi de Macédoine; le roi d'Illyrie, Gentius, celui de. Thrace, Cotys, promirent leurs seeours; l'Orient était kàaoi disposé : que Persée remplisse hardiment son rôle d'adn versaire de Rome, qu'il l'attaque quand elle n'a pas encore fait ses préparatifs , et tout ce monde, vaincu par Rome, se soulèvera contre elle. Mais Persée hésite et s'effraye; , il ne prend que des demi-mesures; il ne fait point as&ea pour entraîner la Grèce dans son parti, et die lui échappe; des subsides qu'il refuse à Gentius et aux Bastarnes, barbares des bords du. Danube, que Philippe avait voulu précipiter sur l'Italie, le privent d'une importante diversion.

Lorsque, Tan 172, Persée voit arriver en Grèce les eom* missaires romains, il demande la paix, et on lui accorde

GUERO* OOUnOITORSÉB. V}K)

one trêve de quelques 'meta, q«* éuarth WMwnbvmÉ* solaire le temps d'arriver.

A l'ouverture de la campagne, Peraée ettteuitenxjîLfat la cavalerie du consul; mais il s'arrête au milieu de sa vfet tsÉre^quIln^ose achever; Cependant le» Romafossemblan* travailler dans ses intérêts : ils accablent les Grec4;éBl telles exactions, qoe l^Bpîre et PÉtoliese défclireat pour le roi • de Macédoine. Protégé* par des montagnes tnascM*4 blés, Persée attend qoe les Romains viennent le cherchera Un consul, deux préteurs, sont vaincus en voulant fetofccr les passages, et M. Philippe* manque de perdre Son années engagée dans des défilés impraticables. Enfln: Rdwô) sa lassa des lenteurs de cette guerre , .et envoya son > metteur* général, Paul Emile, qui força le passage de l'Olympe et» contraignit Persée à se replier sur Pyànav Le rai deMa* cédoine attendit l'ennemi dans une plaine unie, très»eommode pour sa phalange. Paul Emile, en voyant la dit* position, le nombre et l'ordre de bataille des ennemi^ s'arrêta saisi d'admiration, et ne voulut point engager sur* le-champ le combat , comme ses jeunes officiers l'en. pme# saient. Une éclipse qui survient jette l'effroi dans: les tien» camps ; Paul Emile offre de nombreux sacrifices, et, ayant enfin obtenu des présages favorables, il attaque tes'Macé^ doniens. Mais quand il eut vu les soldats de la phalange prendre en main leurs boucliers, qu'ils portaient suspendus sur leurs épaules, et baisser tous à la fois leurs piques de dix-huit pieds de long , cette haie impénétrable de boucliers serrés les uns contre les autres , ce front hérissé de piques, le frappèrent d'étonnement et de crainte. A la vue des Romains renversés, il déchire de douleur sa cotte d'armes ; mais bientôt , apercevant dans la phalange des ouvertures et des intervalles , il partage ses troupes par pelotons, et leur ordonne de se jeter dans les vidés. Les Romains, par cette heureuse manœuvre, pénètrent dans l'intérieur des rangs, prennent les ennemis en flanc et en queue, et bientôt la phalange est rompue. Vingt-cinq mille Macédoniens restèrent sur le champ de bataille. Persée , blessé, s'enfuit de Pydna à Pella, puis dans l'île de Samo-

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thraee, où la flotte romaine le bloqua longtemps inutilement. Mais son favori Ion ayant livré ses enfants aux Komains, le malheureux roi, comme une bête féroce à qui 4'm a enlevé ses petits ', se rendit à discrétion, et fat conduit au vainqueur, dont il orna le spiendide triomphe

Avant de retourner à Rome , Paul Emile divisa la Ha* eédoine en quatre districts. Défense fut faite aux habitants de se marier, d'acheter des biens-fonds hors de leurs distriets ; la désobéissance à cet ordre était punie de mort. Il fàt interdit aux Macédoniens d'exploiter leurs mines d'or, et d'échanger leurs produits avec les pays étrangers. Et comme si par un vain mot il pouvait faire oublier aux habitants l'horreur de ces mesures qui anéantissaient leur nationalité, le vainqueur les déclara libres! La même année , le préteur Anicius bat Gentius; et s'emte de l'Illyrie dans l'espace de trente jours. L'Épire est également soumise, et les soldats romains s'y livrent à d'affreux pillages. Ces deux contrées sont traitées avec non moins de rigueur que la Macédoine , et , comme elle , sont déclarées affranchies.

S H. LA MACÉDOINE ET LA GBÈCE BEDUITES EN PEOVtNCES BOMAlïfBS»

La Macédoine avait conservé une réputation supérieure à ses forces réelles. On se rappelait que c'était de là qu'Alexandre était sorti pour conquérir l'Asie; et, bien que sous les faibles successeurs de ce grand homme elle fût rentrée dans ses limites naturelles, elle imposait encore au monde par le souvçnir de sa gloire, par le courage et la discipline de ses troupes. Aussi quand on apprit que ce royaume, défendu d'ailleurs par des montagnes inaccessibles, était tombé sous la domination romaine, la terreur fut grande parmi tous ceux, rois ou peuples, qui restaient encore indépendants. Beaucoup avaient fait en secret des vœux pour Persée; quelques-uns lui avaient promis des secours; tous

1 Plutarque.

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craignaient que Rome ne leur demandât compte des espérances qu'ils avaient conçues. Le roi de Syrie, Antiochus Épiphane, avait alors presque conquis l'Egypte ; Pûpilius Lœnas vint lui intimer, au nom du sénat, Tordre d'abandonner cette conquête. Antiochus veut délibérer. Alors Popilius, traçant un cercle autour du roi avec la baguette qu'il tenait à la main : « Avant de sortir de ce cercle, dit» « il, rendez réponse au sénat. » Antiochus promit d'obéir, et évacua l'Egypte. Mais à Rome c'était un bien autre spectacle. Les rois y étalaient leur humiliation devant le sénat. Le fils de Massinissa vint dire dans cette assemblée : « Vous savez combien de blé, de fantassins, de cavaliers et

• d'éléphants mon père vous a envoyés en Macédoine. Eh «bien! deux choses seulement l'ont affligé : c'est que le « sénat lui ait fait demander par des ambassadeurs le se- « cours qu'il avait droit d'exiger, et lui ait remboursé le « prix du blé fourni. Massinissa n'a point oublié qu'il doit « sa couronne au peuple romain; content de l'usufruit , il « sait que la propriété et les droits restent au donateur. Il « est donc juste que vous preniez et ne demandiez pas; il « est juste que vous n'achetiez pas les productions d'une «-terre que vous avez donnée. »

L'année suivante, on vit Prusias, la tête rasée, avec l'habit et le bonnet d'affranchi, venir à Rome féliciter le sénat de la défaite de Persée et de Gentius. Il se prosterna devant le seuil du sénat , et s'écria : « Je vous salue , 6 mes

• dieux sauveurs. » Entré dans le sénat, il prononça un discours, moins honorable pour les auditeurs qu'humiliant pour le prince qui s'avilissait à ce point. Le sénat se contenta de ses bassesses. Eumène, roi de Pergame, n'en eût pas été quitte à si bon marché, si son frère , à qui le sénat avait offert la couronne, l'eût acceptée. Quant aux Rho* diens, accusés d'avoir favorisé Persée, ils étaient plus corn* promis ; et on délibéra dans le sénat si l'on ne ferait pas justice de ces insulaires, qui avaient osé s'interposer entre Rome et ses ennemis. Le patronage de Gaton les sauva.

Cette terreur universelle enhardit le sénat à jeter enfin le masque dont il avait jusqu'alors couvert son ambition.

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Désormais il ne terminer» pin* de guerres tais possession du pays conquis. Se» intrigues, ses armes, oat aBmnfait jusqu'à présent pour qu'il poisse, dans l'espate de quelques années, réduire en provinces romaines la MÉ-t eééeine, ia Grèce, une partie de l'Asie Mineure, et l'AMi» <jae carthaginoise.

Après la défaite de Persée, la Macédoine avait consent un» liberté apparente ; mais un aventurier nommé Antlde-» et»» ayant soulevé les Macédoniens et tenté de rétablâr fôneien royaume df Alexandre, les légions reparurent**»* sitôt* Andriscus, battu et fait prisonnier, est conduit* à Berne chargé de chaînes (148), et Tannée suivante la' Mb-» cédoine est réduite en province romaine.

Le- même général qui avait vaincu Andriscus, Metetti»^ --commença la guerre contre* les Achéensî IiesRomuio^ avaient ordonné que Sparte, Argos, Gorinthe, ettfafltresr villes Importantes, cesseraient à l'avenir défaire partie der la oonfédération. Les Achéens, indignés de cette intetventibe, que rien ne justifiait à leurs yeux, prirent tesmnne» et déclarèrent eux-mêmes la guerre. Rome en finit a*ee> eux en deux combats. Corinthe, pries par le barbarer Mummius, fut brûlée ; et sur ses ruines le consul déeta*a que la Grèce formait, sous le nom d'Achafe, une nouvelle province romaine (146).

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