I. GUERRES CONTRE LES ESPAGNOLS. — VIRIÀTWU
Bans le même temps où Rome achève ces guerres si faciles dans leur exécution et si importantes dans leurs résultats, elle en soutient d'autres , bien autrement pénibles, eontre les Espagnols et contre les Gaulois. Ainsi les légions romaines combattent à la fois dans l'Orient et dans* l'Occident , dans l'Asie Mineure et dans la Péninsule espagnole* Ces deux mondes qui avaient été si longtemps séparés, qui ne s'étaient jamais nommés l'un à l'autre, m trouvent maintenant réunis par une même crainte: pai> tout Rome menace l'indépendance des peuples et les trône» des rois. Pendant que Flamininus bat le roi de Macédoine à Gynoscéphales, que Scipion rejette Antiochus au delà du. Tanrus, que Manlius écrase les Galates , des préteurs s'efforcent de soumettre l'Espagne, de dompter les Gaulois» Cisalpins, d'affermir la domination romaine dans TIstrie, la Corse et la Sardaigne»
De toutes ces guerres occidentales , celle qui fournit le* moins de triomphes éclatants , mais qui coûta les plus pénibles efforts, fut la guerre d'Espagne. L'an 206 , Scipion, avait expulsé les Carthaginois de cette péninsule, qui ne se1 trouvait pas pour cela fammée an joug de Rome. Si les Espagnols avaient aidé les Scipions , c'était par haine de Carthage, et non par amour pour Rome ; s'ils avaient re* connu l'autorité de Scipion l'Africain , c'est qu'il avait sa les gagner par sa douceur et son adresse, c'est qu'ils respectaient en lui l'homme généreux et non le général romain. Aussi quand il fut parti pour i'Italte, quand les Es*
pagnols virent qu'ils n'avaient combattu que pour changer de maître, ils reprirent les armes. L'an 200, la guerre d'Espagne commença ;elle devait durer près de soixantedix ansj II n'était point possible en effet de dompter FEs- . pagne eh une seule batatilte ; il y avait ià cinquante peuples» braves; fiers; et peu disposés à l'obéissance. Càrthage n'avait jamais possédé d'une manière sérieuse que les côtes et la Bétique ; quant au centre et à l'ouest , les montagnes qui couvrent cette partie de l'Espagne défendaient l'indépend«jce des habitant», et leur permettaient de fàiise , comme les guérillas de l'Espagne moderne , une guerre de sttprise, qui déeoneertatt la tactique romaine.
Les Sédétains , qui donnèrent le signal en 200 , furent, il est vrai, écrasés, et l'Espagne resta quelque tempe trainquille; mais en 197, le sénat fut effrayé par une révolte générale, et par la nouvelle de la défaite et de la morrdtt préteur Sempronius. Cette défaite ne fut réparée que denx ai» plus tard par Gaton, qui, après la victoire d'Empories, M en un même jour raser les murailles de quatre cents HiteB ou bourgades. Toute l'Espagne jusqu'à l'Èbre parut seanrise. Restaient: les Lusitaniens et les Ceitibériene, les peuples du centre et de l'ouest* De 196 à 190, il* remper^ teûtfdlvei* avantages sur les généraux romains; Paul Écrite, qui devait tant s'illustrer parla conquête delà M** eédoinr, perdfttméme «entre eux -six mille hommes; tuais il rétablit Tannée suivante sa réputation, en leur tuant* vingt mille guerriers. Deux défaites qu'éprouvent séparé*' senties Lusitaniens et les €elt*bérteus , en • 1 87', ne peuventkabattre leur courage. Ils se réunissent' en 1 86 ; mm étt»plus heurens? trente mille Espagnols périssent sur 'tes bsrds du Tage; Nous l'avons dit, une grande vtotoire ne pouvait terminer la guerre, qui renaissait de toutes p*tf# afttotai des Romains. Terentius Varro (i88),Ft»IviusFlae* eas et Maolius Vulso ont encore à combattre et à- vaincre? les Suessétalns , les Cettibériens et les Lusitaniens. Entay Sempronius Graeebus, le père des Grecques (181*179), gagne quatre batailles sur les Celtibériens, qu'il pounnM a*ec wharnerneol, leur prend trois cents villes, et teur im*
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I/Espagnesemble swiroise;cependai,rt'eHe proteste en-* eore'^otitawlejoug par deux- révoltes de?€efttbérietis; enf 17K €ft ta» I7f>. La dernière semblait sérieuse. L'auteur de ce mouvement était un fanatique , qui prétendait avoir reeQ:dttJcid un javelot d'argent1, gage assuré de la victoire.' Une multitude immense se rangea autour de lui: Quand if se vitie» présence des liions, voulant terminer la guerre d'un coup, il se glissa dans le camp romain pour assassiner* le prêtes»^ mais les gardes l'aperçurent et le massacrèrent; La vue de sa tête exposée au bout d'une pique dissipa la multitude qui l'avait suivi.
L'Espagne resta seize ans tranquille ; mais les exactions des préteurs préparaient une nouvelle guerre plus redoutatdeieneore que la précédente. Les Lusitaniens furent les pcea^re qui se lassèrentde cette tyrannie (154). Une vie» tairenqitffls remportent sur Galpurnlus Pista ranime te courage des Geltibériens* toujours imparfaitement' soumis; Bâtons Nobihor perd six mille hommes, puis éprouve une défaite complète sous les mur» de Numance (l$Z): Muramwiie fut guère plus heureux l'année suivante, malgré le triomphe qu'il se fit décerner. Le consul Marceilusf grâce au système de modération qu'il adopta, put, aprè» quelques succès, imposer la paix aux Celtlbëriem Pour assurer la domination de Rome1 sur les provinces méridien nates^ il fonda Cordoue sur les bords du Bétfs.
Pendant ce temps, le préteur Àttfllus voyait la Lusitanie tout entière se soulever contre lui , et ses efforts pour la soumettre ruiner son armée. Effrayés^detant de désas? toes, les Romains commençaient à regarder ïïfepagrie comme le tombeau de leurs légions. Les victoires même coûtaient tant de sang , que, si l'on n'eût consulté que le peuple, Rome aurait renoncé à cette conquête. La jeunesse refusait de s'enrôler pour cette guerre internai*
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nable; et la province eût été perdue, si un jeune homme, Sdplon Émilien, fils de Paul Emile, et petit-fils adoptif de Scipîon l'Africain, n'eût donné lui-même l'exemple , en faisant inscrire son nom par les consuls (150). Scipkm eut on indigne chef, L. Lucullus, qui, spéculant sur la guerre pour s'enrichir, rompit les anciens traités conclus par Marcellus, attaqua les Vaccéens , et massacra les habitant* de Cauca, au mépris d'une capitulation qui leur accordait la vie. Aussi les Espagnols, perdant toute confiance en lui , ne lui rendirent la ville d'Intercatia que sous la garantie 4e Scipkm Émilien.
En Lusitanie , l'issue de la guerre fut plus honteuse encore. Galba fut défait, et cet indigne général adopta, à l'exemple de Lucullus, un système de perfidie qui devait Èdre du nom romain un objet d'exécration pour toute l'Espagne. Lucullus, ayant défait un corps de Lusitaniens, avait fait ravager tout le pays par ses troupes, et s'était gorgé de butin; la cupidité de Galba en fut d'autant {dus excitée. Ne pouvant ou n'osant vaincre ses ennemis, il négocie, et engage trente mille d'entre eux à venir s'établir sur des terres qu'il leur offre : Rome , dit-il , veillera sur eux ; ils n'ont donc plus besoin de leurs armes. A peine les ont-ils livrées, que le préteur les fait entourer et massa* crer ^ar ses légions (151). Lorsque Galba rentra à Rome, Caton voulut lui intenter une accusation; mais le sénat, qui renfermait peut-être de nombreux complices du coupable, refusa d'écouter les plaintes de Caton.
Un simple berger espagnol, échappé aux massacres de Galba , fut le vengeur de sa patrie. Au milieu de l'anarchie et de la désolation de l'Espagne, ce berger, nommé Viriathe, devenu brigand et endurci aux plus grandes fatigues, employa bientôt ses armes d'une manière plus noble pour la liberté de son pays; il résista aux Romains en profitant des avantages que présente l'Espagne pour une guerre de partisans. Sa troupe, grossie peu à peu par la réputation du chef, devint à la fin une armée qui osa tenir tète aux tomalns, et vainquit dans un combat un préteur envoyé contre lui (149). Ce succès attira sous ses drapeaux une