‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 54 sur 157 · I. MARIUS ET SATUBNINUS. — LE PARTI DES NOBLES BEPBEND LE DESSUS · texte numérisé non relu

I. MARIUS ET SATUBNINUS. — LE PARTI DES NOBLES BEPBEND LE DESSUS

Les services rendus à Rome par Marius étaient grands ; Jugurtha vaincu , la Numidie réduite en province romaine, les Cimbres et les Teutons écrasés, enfin la grande invasion germanique reculée pour cinq siècles. A Rome, la crainte avait été extrême, et la reconnaissance fut inouïe. Marius , dit un ancien auteur, parcourut six consulats, poussé d'un seul trait par la fortune. C'était lcpremier Romain qui eût jamais en si peu de temps obtenu tant de

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fois la magistrature suprême. Aussi, le danger passé, on se refroidit un peu pour le Dieu sauveur; et quand on le vit demander un sixième consulat (100), on trouva qu'il aurait dû, comme Scipion, se contester des honneurs dont il avait été revêtu. Il éprouva, de la part des nobles surtout, une vive opposition. Le sénat, pour faire échouer sa demande , lui opposa le personnage le plus recomniàndaNe de son ordre, Metellus le Numidique. Cette opposition rapprocha nécessairement Marius des chefs du parti populaire,; de Saturninus, démagogue séditieux, avec lequel il avait déjà eu d'anciennes relations. Pour écarter Metellus, il était nécessaire que Saturninus fût tribun ; mais le peuple semblait peu disposé à lui accorder cette charge. Alors il se forma comme un premier triumvirat entre Marius , Saturninus et le préteur Glaucia , homme non moins pervers, et on résolut de recourir à la violence, s'il le fallait, pour obtenir l'élection de Saturninus. Les chances tournaient contre lui. Les dix tribuns étaient déjà désignés, lorsque les partisans de Saturninus renversent les urnes , chassent les tribuns, et massacrent Nonius,son compétiteur. Pendant la nuit, Glaucia s'empare avec une troupe armée du champ de Mars et du Capitale, et fait «lire Saturninus à la place de Nonius.

La première loi que fît le nouveau tribun fut un décret portant que les terres occupées un moment dans le nord de l'Italie par les barbares seraient distribuées aux plébéiens, c'est-à-dire, aux prolétaires dont Marius avait formé ses légions, et dont il voulait s'assurer l'appui. Le sénat s'opposa à cette loi. Marius feignit de ne pas l'approuver, et promit au sec * de la repousser ; mais lorsqu'on en vint aux suffrages, il . mna le sien à la loi , et entraîna tous les autres sénateurs; Metellus seul refusa, et partit pour un exil volontaire. Lorsque arriva l'époque des élections consulaires, Saturninus voulut faire élire son complice Glaucia ; et, pour lui rendre le service qu'il en avait reçu , il fit assassiner Mummius , l'adversaire de Glaucia. Mais ce nou- ! veau crime indigna le peuple et le sénat ^ qui confia au consul l'autorité dictatoriale par ia formule : Caveant con-

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suies, etc. Marins, qu'effraya l'explosion de l'indignation générale, n hésita pas à marcher contre ses anciens complices; il les assiégea dans le Capitale, et, pour les prendre par la soif, il coupa les conduits qui leur portaient l'eau» Forcés de se rendre, Glaucia, Saturninus et leurs partisans furent massacrés par le peuple. Les lois de Saturninus furent abolies, et bientôt après Metellus revint de son exil (99). Son retour fut un triomphe. Le haineux Marins, qui s'y était opposé de tout son pouvoir, ne put supporter cette vue, et partit pour l'Asie, sous prétexte [d'accomplir une mission du sénat.

Ainsi les nobles triomphaient encore une fois. Ce Marius, que le peuple avait comblé d'honneurs, n'avait su que manifester contre les grands une haine brutalefet pleine en môme temps de duplicité. Son incapacité, sa faibtane même, s'étaient montrées dans tout leur jour, sitôt qu'il était revenu à Rome sur la scène politique. Ainsi le chef que les plébéiens cherchaient n'était pas encore trouvé. Mais les nobles eurent bientôt d'autres dangers à repousser.

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