III. GUERRE DES GLADIATEURS. SPÀRTÀCUS
Pendant que Rome combattait Sertorius en Espagne, et luttait en Asie contre Mithridate, une nouvelle guerre servile éclatait en Italie même (73).
« Un certain Lentulus Batiatus entretenait à Gapoue des | gladiateurs, la plupart Gaulois ou Thraces. Étroitement ! enfermés , quoiqu'ils ne fussent coupables d'aucune mauvaise action, mais par la seule injustice du maître qui les avait achetés, et qui les obligeait malgré eux de combattre, deux cents d'entre eux firent le complot de s'enfuir. Leur projet ayant été découvert, soixante et dix-huit, qui I en furent avertis, eurent le temps de prévenir la vengeance de leur maître; ils entrèrent dans la boutique d'un rôtisseur, se saisirent des couperets et des broches, et sortirent de la ville. Ils rencontrèrent en chemin des chariots chargés d'armes de gladiateurs qu'on portait dans une autre ville; ils les enlevèrent , et, s'en étant armés, ils s'emparèrent d'un lieu très-fortifié, et élurent trois chefs, dont le premier était Spartacus, Thrace de nation, mais de race numide , qui , à une grande force de corps et à un courage extraordinaire , joignait une douceur et une prudence bien supérieure à sa fortune, et plus digne d'un Grec que d'un barbare. On raconte que la première fois qu'il fut mené à Rome pour y être vendu, on vit, pendant qu'il dormait, un serpent entortillé autour de son visage. Sa femme, de même nation que lui, et qui, possédée de l'esprit prophétique de Bacchus, faisait le métier de devineresse, déclara que ce signe annonçait à Spartacus un pouvoir aussi grand