‹ Précis d'Histoire romaineChapitre 87 sur 157 · APERÇU GEOGR. DE LEMP. ROMAIN · texte numérisé non relu

APERÇU GEOGR. DE LEMP. ROMAIN

étaient d'une étendue immense, par exemple le Colysée;

Des cirques et des stades , c'est-à-dire de vastes places entourées de murailles et sans couverture ; elles étaient destinées à des courses et à des combats de bêtes féroces;

Des écoles destinées à différents exercices ;

5 naumacbies semblables , pour la forme , aux cirques , et où l'on représentait des batailles navales;

Des curies, c'est-à-dire des bâtiments consacrés aux pratiques religieuses de certaines classes du peuple, et aux assemblées du sénat ;

Des portiques, constructions tantôt isolées, tantôt jointes à des bâtiments publics ou particuliers;

14 basiliques ou salles magnifiques ornées de portiques latéraux;

Des bains ou tbermes dont les plus pompeux datent du temps des derniers empereurs ;

14 grands aqueducs, Aqua Appui, Maria, Virgo, Claudia, etc., sans compter une quantité d'autres moins considérables ;

Des égouts (cloacœ) ou canaux souterrains destinés à l'écoulement des immondices ;

Des nymphœa ou vastes bâtiments ornés de fontaines jaillissantes;

Des salles de musique (odea) : on distinguait surtout celles de Domitien et de Trajan;

36 arcs de triomphe, construits principalement sous les empereurs;

Des colonnes honorifiques. Les seules qui subsistent encore sont la colonne rostrale de Duilius, la colonne de Trajan , celles d'Antonin , de Phocas ;

Des obélisques , apportés en grande partie d'Egypte;

Des statues, parmi lesquelles on comptait 80 colosses ;

Des mausolées : les plus célèbres sont le mausolée d'Auguste , le tombeau d'Adrien (aujourd'hui Château-Saint- Ange) , la pyramide de C. Cestius ;

Des passages publics (Jani), etc.

Quant à la population de Rome, M. Dureau de la

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Malle , dans son remarquable ouvrage sur l'Économie politique des Romains ' , a prouvé :

« 1° Que l'enceinte de Rome , sans les faubourgs, telle qu'elle exista depuis Servius Tullius jusqu'à Auréliea , ne pouvait pas contenir plus de 300,000 habitants : or sa surface étant un cinquième de celle de Paris, sa population évaluée ainsi est plus du double de celle de notre capitale, relativement à la superficie respective des deux villes;

« 2° Que les faubourgs, dans leur plus grande extension , depuis la reconstruction de Borne sous Néron jusqu'à Aurélien, ont été beaucoup moins considérables qu'on ne l'avait cru;

« 3° Que la population de l'enceinte d'Aurélien > qui est le double de celle de Servius, ne dut guère dépasser 560,000 têtes , soldats et étrangers compris;

« 4° Que les 46,795 insuiœ des descriptions de Rotte, prises tantôt pour des îles de maisons , tantôt pour de grandes maisons de location , séparées à plusieurs étages , étaient ou des boutiques avec un entresol , ou de petites locations annexées aux hôtels ; et que cette méprise, pins le double emploi, dans le calcul, des domus et des insuiœ, a causé les exagérations admises jusqu'ici sur retendue et la population de Rome.

« Il ressort , ajoute le savant académicien , de ces calculs sur la population de Rome, et de ceux que j'ai présentés sur la population libre et servile de l'Italie an* cienne , un résultat inattendu, mais qui doit prendre place au rang des faits démontrés sur la manière d'emisager l'ensemble de l'histoire romaine.

« On avait cru jusqu'ici que Rome ayant subjugué «ne partie de l'Europe , de l'Afrique et de l'Asie; ayant poussé très-loin ses conquêtes et maintenu très-longtemps sa puissance , devait avoir nécessairement «re population trèsnombreuse et une agriculture très-fiorissante, ée trèsgrands moyens et de très-grands produits ea hommes «t en subsistances. Le raisonnement «éfcait conséquent , i'in-

1 T. I, Mr. H, ch. 10 et*uit .

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ductkrn semblait naturelle ; et cependant le contraire, l'invraisemblable est réellement la vérité historique.

« (Test avec 750,000 citoyens de dix-sept à soixante ans que Borne a vaincu Annibal , soumis la Gaule cisalpine , la Sicile et l'Espagne.

« C'est avec une population libre moins considérable qu'elle a subjugué l'Illyrie, FÉpire, la Grèce, la Macédoine , l'Afrique et l'Asie Mineure.

« L'empire s'était accru de la Syrie, des Gaules, de la Palestine et de l'Egypte; et sous la dictature de César! l'Italie ' n'avait plus que 450,000 citoyens de dix-sept à soixante ans.

« Tout eela est prouvé par les recensements , est appuyé sur des nombres positifs.

« Ce qu'il y a de singulier, e'est que, dans l'histoire de la puissance romaine, le merveilleux se trouve être le vrai , la langue des chiffres être plus poétique que celle des orateurs et des poètes, et qu'en dernière analyse, il reste comme un fait avéré, que Rome a fait les plus grandes choses avefc de très-faibles moyens. »

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