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I. — CONSTRUCTION ET AMÉNAGEMENT

t" Emplacement, nature du sol, orientation. — On devra choisir un terrain peu élevé, légèrement en pente, abrité des vents froids et bien aéré. Ces conditions ne pourront guère être réalisées que pour les habitations rurales. ♦

Au point de vue de la nature du sol, on donnera la préférence au sol poreux (sable, graviers) qui permet l'écoulement facile de l'eau souterraine. Le sol argileux, qui retient l'eau est un facteur d'humidué et expose au glissement des constructions. On se préoccupera également de la nappe souterraine, dont le niveau ne devra pas s'approchera plus de 1 m. de celui des fondations.

L'orientation des bâtiments variera suivant le climat, la dominante des vents et de la pluie. Dans les pays tempérés, les fagades principales seront orientées de manière à recevoir le maximum de chaleur et de soleil, c'est-à-dire vers le sud. Dans les villes, l'orientation des maisons sera déterminée par celle des rues (p. 304).

2" Matériaux de construction. — La nature des matériaux varie avec les ressources naturelles do chaque pays. Selon les circonstances.

on emploie les granits, les grès, les marbres, les calcaires légers, les pierres meulières, les briques. Toutes ces pierres seront assujetties par du mortier ordinaire qui durcit à l'air, en abandonnant son eau. Pour les constructions immergées, on a recours au mortier hydraulique, qui durcit sous l'eau à cause d'une certaine proportion d'argile.

On doit étudier les matériaux de construction, au triple point de vue de leur porosité, de leur perméabilité et de leur conductibilité thermique.

La porosité est l'aptitude des matériaux à retenir dans les lacunes, l'air et l'eau. Les grès, les granits, les schistes, les briques très cuites sont peu poreux ; le mortier ordinaire de chaux et de sable, qui réunit, en général, les matériaux de la magonnerie, présente une grande porosité.

La perméabilité des matériaux à l'air et à l'eau est la conséquence de leur porosité. Pour démontrer la perméabilité à l'air, Pettenkofer a fait une expérience devenue classique. Sur deux faces opposées d'un fragment de brique, par exemple, on scelle deux entonnoirs, et on recouvre d'un vernis imperméable tout la surface libre de ce fragment : en soufflant par l'extrémité d'un entonnoir, on arrive à éteindre la flamme d'une bougie placée à l'extrémité de l'autre entonnoir.

La perméabilité à lair des matériaux poreux a été considérée par Pettenkofer et par d'autres hygiénistes, comme une circonstance favorable à l'aération permanente des locaux, grâce au renouvellement spontané de l'atmosphère intérieure des habitations par l'air extérieur, passant à travers les murailles. D'autres auteurs, Fliigge en particulier, ont démontré que la quantité d'air qui pénètre par cette voie, est insignifiante.

Pour faire une bonne maçonnerie, il faut que les pierres soient perméables à l'eau, c'est-à-dire bien mouillées. Au calcul de Flïigge, avec des briques absorbant 10 à 20 p. 100 de leur volume d'eau et un mortier qui contient en moyenne 2oO 1. d'eau par mètre cube, il entrerait 130 à 230 1. d'eau par mètre cube de ma(;onnerie en briques. Cette masse considérable de liquide doit être ensuite éliminée de manière à ce que l'assèchement des divers éléments de la bâtisse soit finalement aussi complet que possible : la perméabilité à l'air joue à cet égard le principal rôle ; c'est d'elle surtout que dépend l'évaporation de l'eau absorbée.

La conductibiiilé thermique est la qualité principale des matériaux de construction, au point de vue du confort de l'habitation. Plus leur conductibilité thermique est faible, mieux ils gardent la chaleur intérieure pendant l'hiver; mieux aussi ils protègent contre la chaleur extérieure pendant l'été. Les matériaux poreux (briques), mauvais conducteurs thermiijues à cause de l'air qu'ils contiennent, présentent, à ce point de vue, une supériorité marquée sur les autres. D'autre part, la conduction thermifjue est inversement proportionnelle à l'épaisseur.

3° Construction de la maison. Drainage du sol. — Avant d'établir les fondations, il est nécessaire de s'assurer que le niveau de la nappe souterraine ne peut les atteindre. Si cette condition n'est pas remplie, il faut dériver l'eau par le drainage. Dans ce but, on creuse autour de la surface où l'on va construire, une tranchée plus profonde que le niveau inférieur de la fondation, qui sera comblée soit avec des pierres, soit avec des drains de poterie, disposés en réseau collecteur. Cette dérivation, ayant une pente appropriée, conduit les eaux soit dans un puit absorbant, soit vers un cours d'eau, soit vers un égout.

a) Fondations. — Les fondations sont constituées par des assises de

maçonneries, destinées à supporter tout le poids de la construction. Il est d'usage de les faire pénétrer dans le sol à l m. de profondeur, à l'abri de la gelée. Les matériaux des murs de fondation doivent être, le moins possible, perméables à l'humidité. On les choisira très compacts (granit, grès compact, briques très cuites) et on les réunira à la chaux hydrauli(iue ou au ciment (lig. 41 et 42).

b) Caves. — En général, entre les assises de fondation, le terrain est creusé pour l'établissement de caves. Ces locaux, placés entre l'habitation proprement dite et !e sol, interposent une couche d'air entre celui-ci et

Fii^. 41. — Fondation ordinaire (d'après Fig. 4-2. — Fondation avec drainae;e

Nussbaum). — A, asphalte; B. béton ; spécial (d'après Emmerich). — D,

G, granit hourdé à la chaux hydrau- drains en poterie; G, gravier; P,

lique; L, laine de scories. pierrailles.

les pièces habitées et contribuent ainsi à la salubrité de la maison. Il est nécessaire que les caves soient aérées par des ouvertures communiquant avec l'air extérieur. L'air des caves est fréquemment chargé d'hu-' midité. Aussi ne doit-on jamais permettre le séjour prolongé et, à plus forte raison, l'habitation de nuit.

c) Sous-sols. — Les sous-sols ne sont que des caves dont la partie supérieure s'élève au-dessus de la surface du sol. On peut établir ainsi des ouvertures d'aération et d'éclairage plus étendues et diminuer l'humidité froide du local. Les inconvénients des caves n'en subsistent pas moins. On peut amender sensiblement les conditions d'aération d'un sous-sol, en creusant autour de lui un large fossé (area) dont le fond est au même niveau que le sous-sol. Le fond et la paroi de l'area reçoivent un revêtement de ciment.

d) Pièces. — Les pièces de f habitation, dans lesquelles on séjourne habituellement, doivent avoir une capacité minima de 25 m^. Elles devront être largement éclairées ou aérées par une ou plusieurs fenêtres.

4" Revêtement du sol. — L'état du sol dans les locaux habités possède une importance considérable, en raison du rôle important que jouent les poussières dans la propagation des maladies contagieuses. L'eutrevous, c'est-à-dire l'espace compris entre le plancher d'une chambre et le plafond de la chambre sous-jacente (fig. 43), peut être le réceptacle de poussières de toute origine (crachats, terre, fumiers), qui constituent, en

s'y accumulant, un véritable terreau, riche en matières organiques. Les microbes pathogènes (Bacille typhique. Colibacille, DacUUis septicus. Bacille tétanique, Pneumocoque, etc.), aussi bien que les microbes saprophytes s'y multiplient en quantité innombrable. C'est problablement dans ce milieu que se conservent les germes des épidémies de scarlatine, de lièvre typhoïde, de dipthtérie, (jui réapparaissent, à intervalles éloignés, dans les maisons, malgré les mesures de désinfection.

Ces considérations montrent (juc le sol doit être étanche, imperméable, ne laissant rien passer, ni poussière, ni humidité.

On peut d'abord supprimer l'entrevous, en comblant cet espace avec des matériaux légers, imputrescibles, peu combustibles, mauvais conducteurs de la chaleur et du son (terres d'infusoires, britjues creuses, laine de scories, etc.). Le meilleur est un aggloméré composé de débris

Solive en Fer Entret^ous - ^' Hourdis en - ^ briques creuses

Enduit déplâtra

Fig. 43. — Plancher sur entrevous.

de liège, unis par un ciment de chaux hydraulique et ayant la forme de plaques d'une application facile.

Les panjuets seront ensuite imperméabilisés. Dans les casernes, on rend les planchers imperméables par un mélange d'huile lourde de houille et de coaltar, dont la couche est renouvelée tous les ans.

On tend à remplacer actuellement ce mélange par le carbonyle qui pénètre le bois, l'imperméabilise, le conserve et jouit en plus de propriétés bactéricides et parasilicides. On emploie encore \di paraffine bouillante, qui pénètre facilement le bois (3 à 4 mm.).

Ces divers produits imperméabilisent le bois, mais n'obturent pas ou pas suffisamment, les interstices (fui existent sous les plinthes et entre les frises du parquet, et dont l'obturation est indispensable. On utilise, dans ce but, diverses substances, paraffine, cire, mastic, etc., qui se prêtent mal aux variations de volume (jue le bois subit : elles se resserrent et se détachent; on est obligé de renouveler l'application.

Ainsi imperméabilisé, ce parquet se prête aisément au nettoyage par le balayage humide, qui doit être substitué au balayage à sec. Le balayage humide consiste à promener sur le plancher une serpillière, trempée dans une eau additionnée ou non d'un antiseptique.

Dans les locaux où un lavage sérieux est indispensable, on aura avantage à remplacer le bois par un revêtement minéral (asphalte, ciment, carreaux de grès cérame) c'est le cas des hôpitaux, des casernes, des écoles (voir Hygiène hospitalière, p. 392; scolaire, p. 142). Même dans les maisons particulières, pour les endroits facilement souillés ou sujets à l'humidité (vestibules, escaliers, cuisines, cabinets d'aisances), ces revêtements pourront être utiles. On pourra se servir également du linoléum; en le collant à même le sol, on empêche la poussière de s'insinuer par-dessous; il reste néanmoins, au niveau de son bord, une zone où la poussière s'accumule, mais dont le nettoyage est facile.

5° Toiture. — Elle est faite, selon les ressources du pays, de tuiles.

d'ardoises, de zinc. Le revêtement de zinc est mauvais; il conduit trop facilement la chaleur; les tuiles sont le meilleur écran antithermique.

1/inclinaison du loit doit permettre la fuite rapide de Teau dans des t;oultières et que le sommet des murs soit parfaitement protégé.

Enfin, pour atténuer l'insalubrité des combles, due aux variations de la température extérieure, Nussbaum a proposé le dispositif suivant : contre la couverture, entre les chevrons qui descendent du faîtage, on place une couche de matière isolante (laine de scories, terre d'infusoires) de 12 à 20 cm. d'épaisseur que Ton soutient au moyen d'un voligeage cloué à la face inférieure des chevrons. Cette méthode donne d'excellents résultats dans les régions à climat quelque peu excessif pour tous les bâtiments, oii il n'y a qu'un faible intervalle entre la toiture et le plafond des locaux sous-jacents. On l'emploiera encore avec succès pour les toitures en ciment armé.

6" Portes et fenêtres. — Les portes et les fenêtres permettent la pénétration de lair et de la lumière du dehors. Aussi est-ce à propos du renouvellement de l'air des locaux et de leur éclairage naturel que nous indiquerons les conditions que doivent remplir les fenêtres sous le rapport du nombre, des dimensions, etc. L'impôt des portes et fenêtres est antihygiénique.

7" Aménagement et mobilier. — L'habitation devra être pourvue en abondance d'eau potable (p. 358), d'appareils pour l'évacuation hygiéni(|ue des eaux ménagères (p. 325), des excréta (p. 326). Les fosses d'aisances ou autres systèmes de collecte des matières devront remplir les conditions indiquées page 328.

Les alcôoes, si répandues dans certaines villes, devront être proscrites pour l'habitation de nuit. Les loges de concierge sont, dans beaucoup de maisons, des taudis meurtriers. Elles devront être établies extérieurement aux maisons et remplir toutes les conditions nécessaires d'aéralion et d'ensoleillement. Les soupentes devront être interdites.

Quant au mobilier, il devra remplir la condition primordiale suivante : être construit de façon à empêcher toute stagnation de poussière et en même temps, à permettre son nettoyage facile.

Nous insisterons spécialement sur deux points : d'une part la nécessité d'installer une salle de bains dans toute maison particulière ou appartement, ainsi que dans les grands immeubles des logements ouvriers; et, d'autre part, la nécessité de réformer la chambre à coucher. Nous passons dans cette chambre près de la moitié, souvent plus, de notre existence; nous y sommes malades, d'autres l'ont été avant nous, et nous y sommes sous la menace permanente des germes morbides qui ont pu s'y accumuler par notre faute ou par celle de nos prédécesseurs. Cette chambre doit donc considérée comme une chambre de malade et être organisée en conséquence. Il faut donc renoncer aux reliefs inutiles, corniches, moulures décoratives. Le mur doit être lisse, recouvert de peinture à l'huile ou laquée, ou enduit à la chaux dans les logis modestes. Les tentures, rideaux de lit, baldaquins devront être supprimés. Les tapis, à demeure dans les chambres à coucher, constituent une grosse faute d'hygiène, ([u'on doit faire disparaître. Pour les descentes de lit, l'industrie fournit maintenant des tissus supportant facilement le lavage. Le reste du mobilier devra toujours être soumis à cette oblia-ation fondamentale d'être facile à netlover et à désinfecter.

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