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II. — AÉRATION

1° Altération de l'air des habitations. — Elle est considérable :

1° Par la respiration, l'homme absorbe de l'oxygène et rejette dans l'air du gaz carbonique et de la vapeur d'eau. Un adulte consomme par heure environ 24 1. d'oxygène, soit en 24 heures. 746 g. (520 1.) et élimine par le poumon 8i7 g. (443 1.) d'acide carbonique (Vierordt), c'està-dire de quoi porter en un jour jusqu à 8 à 10 p. 1000, la teneur en gaz carbonique de l'air renouvelé d'une pièce de 45 m-^.

Dans l'air normal, il y a trois dixièmes de milligramme par litre, 0,3 p. 1000 d'acide carbonique. Quand la proportion atteint 1 p. 1000. Petlenkofer considère l'air comme impur et irrespirable. On admet généralement la proportion de 0.7 p. 1000 comme limite de tolérance.

La respiration aboutit, en outre, à rejeter dans l'air des locaux environ 20 à 22 g. de vapeur d'eau, par homme et par heure.

2" Par la peau, l'homme élimine une quantité de vapeur d'eau double, ou triple de la précédente: la quantité de gaz carbonique est négligeable, mais les sécrétions sudorales et sébacées donnent naissance à des acides gras volatils et surtout chez les gens peu propres, à des produits de décomposition mal odorants.

3" Les fonctions du tube digestif donnent naissance à des mélanges gazeux souvent nauséabonds (hydrogène, indol, scatol, C0-).

i" Les poussières, en particulier les poussières microbiennes, soulevées par le va-et-vient des personnes, les mouvements de l'air (ju'elles déterminent dans les locaux, etc., peuvent constituer un grave danger •.

5° Les immondices ou résidus de toute nature, donnent des poussières diverses ou laissent échapper des gaz issus de leur décomposition.

6° L'éclairage artificiel et le chauffage peuvent vicier l'air par des gaz toxiques ou le charger de poussières inertes.

L'éclairage et le chauffage élèvent aussi à un degré fâcheux la température de l'air des locaux, phénomène auxquels contribuent du reste les individus eux-mêmes, dont chacun, au calcul de Rubner, à l'état de repos, perd en moyenne 2 300 calories par 24 heures.

1. Quelques chiffres montreront le nombre de microbes qu'on peut trouver dans l'air des locaux :

Microbes en cm'

Miqucl Chambre neuve à Paris 4 560

— Salle de l'Hôtel-Dieu de Paris 40 000

Hesse Chambre habitée à Berlin 6 460

— Salle d'école (Berlin) avant la classe -2 000

— — pendant la classe 16 500

— — au moment de la sortie dos

élèves .' 35 000

Mi(|uel Chambre, rue de Rennes 1300 000

— — , rue Monge 2 100 000

Kicncr et AMihcrt. Chambre de caserne, 4 h. du matin 41000

— — 6 h., lover des hommes. . . 220 000

— — th., les hommes dehors . . 32 000

7" Brown-Séquard et d'Arsonval attribuent la nocivité de l'air confiné à l'existence d'un produit toxique, volatil, constituant un principe animali.sé, mal connu, mais extrêmement toxique. Cette opinion a été contredite par divers auteurs. Formaneck a démontré que les elîets toxiques, constatés expérimentalement chez l'animal, proviennent non pas de l'air expiré, mais des produits volatils, émanés des excréta.

Pour empêcher que les gaz et les poussières ne s'accumulent dans l'habitation en quantité nuisible, il est nécessaire que les habitants disposent d'un cube d'air suffisant et que l'air soit constamment renouvelé.

2" Cubage des locaux. — Les hygiénistes demandent que la chambre individuelle, cube environ 30 m^.

Nous avons vu qu'un adulte exhale 20 1. d'acide carbonique par heure. S'il passe 8 heures dans une chambre close de cette dimension (chambre à coucher), il y déverse une quantité de gaz carbonique (20 X 8 = 160 1.) qui réalise un taux (5 p. lOOÛ) irrespirable et dangereux, heureusement atténué par les fissures des portes et des fenêtres.

D'autre part, si la chambre cube moins de 20 m., la quantité d'air neuf indispensable au renouvellement de l'air confiné (50 à 70 m3 par heure) serait insupportable par sa vitesse de pénétration.

D'une façon courante, on se contente de 25 m^ comme chiffre de cubage individuel. C'est le chiffre imposé par la loi du 15 février 1902 (p. 400) pour le cubage minimum d'une chambre particulière d'adulte. On compterait moitié moins pour un enfant.

Dans les locaux collectifs, on se contente de 5 à 6 m. par individu, pour les salles d'études; de 15 à 18 m. dans les chambrées des casernes, etc. Dans les salles d'hôpital (p. 394) et dans les ateliers (p. 413), il faut un cubage supérieur.

Il ne faut pas donner une trop grande élévation aux plafonds (audessus de 4 m.), car l'air des parties supérieures contribue peu au renouvellement des couches respiratoires. La hauteur ne doit pas non plus être inférieure à 2 m. 00 (loi du 15 février 1902).

3'' Ventilation. — Il est indispensable, non seulement d'avoir des locaux suffisamment spacieux, mais que Tair neuf pénètre sans cesse pour remplacer Tair impur. Ce renouvellement incessant de Pair est la condition capitale de Thygiène de Thabitation.

a) Ventilation intermittente, — Elle est réalisée par Touverture des portes et des fenêtres. L'air du dehors et celui de Tintérieur présentant presque toute Tannée un écart de température sensible; leur densité est différente et il s'établit entre eux des courants, destinés à rétablir Téquilibre. On arrive de cette façon à renouveler Tair en quelques minutes,, mais le courant d'air [irovoque une sensation de froid; on pratiquera de préférence la ventilation inlermitente, lorsque la pièce ne sera pas occupée.

Lorsque, dans une pièce, il y a qu'une fenêtre ouverte, on constate que, bien qu'il n'y ait pas d'ouvertures opposées, Tair du dehors pénètre à la partie inférieure de la baie., tandis que Tair

â52 LES GRANDS PROBLÈMES URBAINS

intérieur sort à sa partie supérieure eu déterminant un courant inverse. 11 se produit donc une ventilation déjà très appréciable.

L'aération est plus puissante et plus efficace, lorsqu'elle est produite par des fenêtres opposées. Aussi cette disposition est-elle indispensable dans les salles des établissements collectifs.

La ventilation intermittente a des inconvénients; elle doit être renouvelée plusieurs fois par jour; pendant la saison froide, on ne peut la prolonger au delà de quelques minutes, sans abaisser la température de la pièce; enfin, elle ne saurait être utilisée que pendant les moments où les locaux ne sont pas occupés.

b) Ventilation permanente. — Elle se fait d'une façon naturelle par les joints des portes et des fenêtres et le tuyau de la fumée, par suite de la différence de température existant entre l'air extérieur et Fair intérieur, qui tendent à équilibrer leur tension : Tun pénètre par les orifices inférieurs, Tautre sort par les supérieurs. Cette ventilation est irréguière et insuffisante.

La ventilation à travers les parois, dont Pettenkofer avait singulièrement exagéré Timportance, est, pour ainsi dire, négligeable. Il n'y a pas dinconvénient à s'en jjriver, en revêtant les murs d'enduits imperméables.

Pour être permanente et efficace, la ventilation demande rétablissement de dispositions spéciales {ventilation artificielle).

1° L'air ([u'on se propose d'introduire dans un local doit être aussi pur que possible. Aussi doit-on le prendre directement et par le chemin le plus court à l'atmosphère extérieure, en établissant la prise, non au ras du sol, ce qui serait insalubre, mais un peu au-dessus. On a tenté de purifier artificiellement Tair en le dépouillant des poussières et des particules solides qu'il tient en suspension par la fîltration à travers de l'ouate ou un tissu de molleton. Mais les pores de ces filtres ne tardent pas à être complètement oblitérés par les corps étrangers.

2° La tcwpéruture de l'air que l'on introduit dans l'habitation ne doit être ni trop basse, ni trop élevée. 11 vaut mieux que l'aération procure une cerloine fraîcheur et que l'air nouveau soit entre i2° et 15°. L'n air introduit glacial est désagréable; s'il est surchaulTé. il est malsain.

3° La quantité d'air à introduire est variable suivant la capacité de la pièce, le nombre de personnes qui l'occupent. D'après les Putzeys, il faudrait renouveler l'air d'un local habité environ 5 fois par heure et fournir 75 m^ d'air neuf par personne et par heure.

4° La vitesse de l'air venu du dehors doit être telle que les courants ne dépassent pas. aux orifices d'entrée, une vitesse de 0 m. 50 à 0 m. 80 à la minute; sinon ils seraient difficilement tolérés.

. 5" Les orifices d'entrée et de sortie seront établis ainsi : comme lair expiré est chaud (37°) et monte vers le plafond, les orifices de sortie de l'air vicié seront à la partie supérieure; quant aux orifices d'entrée

(le l'air neul", on les met généralement à la partie inférieure, pour assurer la venlilalion ascendante qui paraît la seule rationnelle; on est toutefois autorisé à faire entrer l'air par la partie supérieure, car la dilîusion se repartit dans toute l'étendue du local.

Les méthodes de ventilation permanente artificielle sont multi[)les. On doit éliminer les appareils de ventilation qui ne font qu'agiter Tair sans le renouveler, comme cela se produit avec les pankas ou les appareils hélicoïdaux électriques, qu'on place au milieu d'une pièce.

Signalons les vitres perforées (vitres Appert, avec registres

Fig. 44. — Vitres contrariées de Castaintr. (Proust, Traité d'Hyçjiène.)

pleins pour la modération du courant) et surtout les vitres contrariées du D'' Castaing (fig. M). A la place d'un des carreaux de la fenêtre on met deux vitres incomplètes {a et h), distantes de 1 cm., et disposées de telle façon que le bord libre de la vitre interne est en bas et descend plus bas que le bord libre de la vitre extérieure, lequel est en haut.

Les procédés par propulsion , qui produisent le refoulement de l'air dans les pièces à ventiler à l'aide de moteurs actionnant soit une hélice, soit une roue à aubes, ne sont employés que pour les édifices publics (théâtres, hôpitaux).

Les appareils par aspiration sont supérieurs. La force peut être empruntée au vent, à la chaleur, à l'eau ou à des moteurs mécaniques.

La force du vent, par le passage rapide sur l'extrémité de la

conduite crévacuation détermine nne véritable aspiration {capes à vent, placées à TextréniiLé des cheminées, fig. 45).

Plus efficace est la méthode qui établit, dans des conduites de sortie, un foyer destiné à produire un courant d'air chaud s'élevant en attirant Tair vicié. On place à Torifice inférieur du tuvau un bec Bunsen constamment allumé ou une conduite de chauffage à vapeur formant couronne. Ce dispositif entraîne une cer-

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Fig. 45. — Cape à vent de Banner.

(Proust, Traité d'Hygiène.)

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Fig. 46. — Tuyau de fumée et gaine de sortie de l'air. fProust. Traité d'Hygiène.)

taine dépense : aussi a-t-on cherché à utiliser la chaleur des appareils de chauffage qui sont installés dans les pièces.

Lorsqu'il s'agit de favoriser ainsi Tévacuation de Tair vicié, on entoure le tuyau de fumée de la gaine de sortie de Tair, celui-ci s'échauffe par contact et est entraîné vers le haut (fig. 46).

Plus simplement encore, on ouvre dans le tuyau de fumée, près du plafond, une ventouse sur laquelle le courant d'air chaud de la cheminée fait appel et par suite où s'introduisent, par aspiration, les courants d'air vicié. Pour éviter le refoulement de la fumée dans la pièce, il est utile de placer sur la ventouse un ventilateur Renard (fig. 47), dans lequel un rideau de soie, formant clapet, se soulève pour laisser passer aisément l'air de dedans en dehors.

mais s'applique sur un grillage et fait occlusion dès qu'il y a refoulement de dehors en dedans.

Dans les cuisines, on utilise la chaleur du fourneau pour évacuer les vapeurs odorantes, qu'on collecte sous une hotte, pour les diriger vers un orifice d'évacuation qui débouche dans une conduite engainant le tuyau de fumée ou môme dans celui-ci.

Tous ces dispositifs donnent d'excellents résultats; ils ont le défaut de ne pas fonctionner lorsqu'on ne fait pas de feu.

Lespoêles ventilateurs (fig.48) peuvent être utilisés. L'air frais du dehors est aspiré à travers une conduite qui vient au contact du foyer de chaleur. Ce voisi-

Fig. 47. - Renard.

Ventilateur du commandant (Proust, Traité d'Hygiène.)

Air chaud

Air vicié

]^{ni^o; Gèi

Fig. 48. — Poêle ventilateur. Fig. 49. — Ventilateur à eau en u

(Proust, Traité d'Bygiène.)

nage, en échauffant l'air de la conduite, produit l'aspiration. L'air

neuf, aillai chauffé, monte à la partie supérieure de l'appareil, où il trouve des orifices qui lui permettent de §e répandre dans la pièce.

Les ventilateurs hydrauliques fonctionnent toute Tannée et permettent même de rafraîchir l'air pendant Tété. Le type le plus simple utihse le principe de la trompe à eau, dans un tube en V, dont une branche communique avec Textérieur (lig. 49). Quand la colonne d'eau descend, elle entraine Tair du dehors qui se déverse dans la salle par la branche libre.

Enfin des aspirateurs (ventilations hélicoïdales), surtout destinés à rindustrie et aux habitations en commun, sont mus par Télectricité.

L éducation du public est entièrement à faire sur la question de r aération. Il est nécessaire de répéter sans relâche que V aération j)ermanente dés locaux habités est capitale. L'aération n'est pas salutaire, parce que l'oxygène tue les microbes, mais parce qu'un air pur fait vivre l'homme avec plus d'intensité.

III. — ÉCLAIRAGE L'éclairage de l'habitation est naturel ou artificiel.

1° Eclairage naturel. — La lumière solaire peut être directe ou se diduser sur les couches atmosphéri(|ues. La lumière directe, bactéricide, est spécialement favorable à l'hygiène du milieu; la lumière diffuse convient le mieux à l'hygiène de la vue.

L'éclairage naturel doit être suffisant et uniforme.

1" L'éclairage doit être sufjisant. C'est là une condition essentielle. L'accès de la lumière solaire dans l'habitation dépend avant tout de la largeur des rues ou des cours et de la hauteur des habitations opposées. Aussi, la loi de 1902 exige-t-elle que les constructions élevées en face des fenêtres en soient éloignées d'une distance égale à une fois et demie la hauteur de ces constructions.

En second lieu, la surface occupée par les fenêtres et laissant pénétrer la lumière doit être en rapport avec la capacité du local. On admet que l'ensemble des fenêtres d'une pièce de 25 m-^ de capacité doit couvrir une surface d'au moins 2 m- et qu'il faut donner aux baies i m^ en plus, chaque fois que la capacité de la pièce est augmentée de .30 m-^

11 faut encore tenir compte de la profondeur des pièces, qui doit rester proportionnée à la hauteur pour que l'éclairage soit suffisamment pénétrant, comme l'a montré Trélat. Enfin, on ne doit pas oublier que la somme de lumière qui traverse une fenêtre varie sensiblement avec la qualité du verre. D'après Galton, les vitres peuvent,, suivant leur fabrication, intercepter 13 à 53 p. 100 de la lumière.

2° L'éclairage doit être unifornie, sans provoquer d'ombres trop marquées. Ce point est surtout important pour les locaux réservés au travail pendant le jour (bon fonctionnement de la vue).

C'est la lumière difl"use seule qui devra pénétrer dans les salles d'éludé, les bureaux, les ateliers pendant les heures de travail. Comme elle se répand partout avec une intensité à peu près égale, elle ne détermine que des ombres à peine sensibles, condition indispensable pour laisser aux imaji;es toute leur netteté; son action douce ne fatigue pas la vue.

On obtient un éclairage exclusif par la lumière difluse. en orientant les fenêtres du local rigoureusement au nord. Mais, Téclairement reste faible, l'insolation est nulle et il devient impossible d'utiliser son action bactéricide aux heures où la pièce n'est pas occupée. Aussi préfère-t-on en général l'orientation nord-est ou nord-ouest qui atténue ces inconvénients, tout en assurant la prépondérance de la lumière diffuse.

Pour éviter la perte des rayons lumineux absorbés par les surfaces opaques, on donne aux plafonds et aux parois des locaux une teinte claire : un plafond blanc réfléchit 80 p. 100 de la lumière reçue, tandis qu'un enduit brun en absorbe 87 p. 100.

La direction des rayons lumineux a une grande importance pour les personnes qui travaillent. Klles ne doivent pas être éclairées de face. Dans les écoles, en parliculer, la lumière doit venir de gauche et un peu en avant, pour éviter que la main, qui écrit, fasse ombre sur le papier. C'est Véciairage unilatéral gauche, obtenu par de hautes fenêtres, situées à gauche et un peu en avant des élèves. Javal et Gariel ont défendu l'éclairage bilatéral (voir Hygiène scolaire, p. 152).

2" Éclairage artificiel. — Contrairement à la lumière solaire, qui assainit Tair qu'elle traverse, l'introduction de foyers lumineux dans rtiabitation est le plus souvent une cause d'altération de Talmosphère par l'apport des gaz de la combustion.

a) Substances solides. — La chandelle, faite de suif, désagréable, malpropre, a été remplacée par la bougie stéarique, qui brûle sans odeur, mais dont la flamme n'est ni fixe, ni régulière.

b) Substances liquides. — Les huiles végétales étaient très employées autrefois (huiles de colza, d'œillelte, d'arachide). La lampe qui utiUse l'huile est un réservoir dans lequel plonge la mèche : l'ascension de l'huile se fait par capillarité. Les huiles minérales ont actuellement supplanté les huiles végétales. Le pétrole, employé pour l'éclairage, est constitué par les produits distillant entre 150° et 180°. Il a une densité de 0,800. Il s'enflamme à partir de 26o; certains exigent une température de 72°. En France, on n'autorise que celui qui s'enflamme à partir de 36°: en Allemagne, à partir de 21°; en Amérique, à partir de 43°. Les vapeurs de pétrole s'enflamment grâce à leur m. lange avec l'air; avec 3 volumes d'air, elles brûlent tranquillement; avec 4 à 8 volumes, elles donnent lieu à explosion.

La flamme de Valcool ayant un faible pouvoir éclairant, on y ajoute des carbures (benzine) et des manchons à incandescence. Il

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est sans odeur ni fumée et il serait désirable de le voir remplacer le pétrole, mais il est d'un maniement dangereux et les lampes qui Tutilisent, sont souvent compliquées.

c) Substances gazeuses. — Surtout le gaz et Facétylène.

a) Le gaz, fourni par la distillation de la houille, donne la lumière à bon compte et son emploi est extrêmement pratique. 11 est indispensable qu'il soit amené dans Thabitation par des conduites parfaitement étanches, et qu'il ne se produise de fuite en aucun point, car ce gaz contient plus de 8 p. iOO d'oxyde de carbone et forme avec l'air un mélange extrêmement toxique. Nombreuses sont les intoxications lentes par les fuites des conduites ou des robinets de gaz d'éclairage (J. Courmont, A. Morel et Mouriquand). Son mélange avec 11 fois son volume d'air atmos • phérique est détonant.

Les appareils se sont beaucoup modifiés dans ces dernières années. Les premiers éclairaient par la tiamme seule, brûlant à l'air libre (bec bougie, bec fendu, papillon). Puis, on a donné plus de fixité à la flamme en l'entourant d'un verre et en même temps plus d'intensité lumineuse en faisant arriver le gaz par une couronne cylindrique percée de trous et admettant un courant d'air à son centre, pour activer la combustion (bec Benzel en France, bec Argaud en Allemagne).

On a obtenu une intensité lumineuse en même temps qu'une économie de combustible considérables avec les becs à incandescence du type Auer. Ceux-ci donnent, au moyen d'un brûleur Bunsen, une tiamme très chaude qui porte à l'incandescence un manchon conique, fait d'un tissu d'oxydes de terre rares (oxyde de thorium, additionné d'oxyde de cerium). Ces particules solides, extrêmement divisées et portées à l'incandescence, fournissent une lumière éclatante. Ce mode d'éclairage est plus économique et plus salubre que tous les autres systèmes à gaz.

L'odeur avertit généralement de la présence du gaz. 11 suflit qu'il y ait dans l'air 4 p. 100 de gaz, pour que celui-ci soit toxique, en raison de sa richesse en oxyde de carbone (8 p. 100).

b) Vacétijlène, obtenu par la décomposition du carbure de calcium par l'eau, est le carbure d'hydrogène le })lus riche en carbone. 11 brûle en donnant une flamme blanche, éclairant à consommation égale de gaz, 17 fois plus qu'un bec de gaz ordinaire, 2,5 fois plus qu'un bec Auer. L'acétylène est surtout dangereux lorsqu'il est comprimé à plus de 2 atmosphères ou

liquéfié; un simple choc suffit alors pour douner li(Mi à une explosion. Eu revanche, il est beaucoup moins toxi(jue que le gaz d'éclairage et sa présence dans l'atmosphère est aisément révélée par une très forte odeur alliacée.

d) Électricité. — Utilisée sous deux formes :

a) L'arc voltaïque jaillit entre les extrémités de deux tiges de charbon, séi)arées de quelques miUimètres et maintenues toujours à la même distance par un régulateur, b) La lampe à incandescence consiste en un fil très fin de charbon, enfermé dans une ampoule de verre dans laquelle on a fait le vide pour éviter sa combustion.

L'éclairage électrique ne produit ni explosion, ni intoxication; il expose peu à Fincendie et n'altère pas la composition de l'air; il offre un danger par la haute tension du courant dans les fils primaires.

e) Conditions hygiéniques de V éclairage artificiel. — L'éclairage artificiel doit être suffisant^ constant et uniforme.

Jaspar (de Liège) a proposé d'éclairer les salles par la lumière diffuse, obtenue en disposant sous les foyers lumineux des réfiecleurs qui renvoient la lundère sur le plafond el le haut des murs blancs, d'où elle se réfléchit. Cet éclairage indirect répartit très égalemenl la lumière et se répand, à juste litre, de plus en plus.

L'éclairage artificiel a, sur l'air des locaux, des conséquences qu'il est important de connaître. 11 élève d'abord la température d'une façon désagréable. Le gaz el le [létrole produisent une très grande quantité de calories ; l'acétylène et le bec de gaz à incandescence élèvent moins la température; l'électricité possède une action thermique insignifiante, l^n oulie de réchauffement de l'atmosphère, l'éclairage artificiel produit un rayonnement calorifique sur la tête et les yeux, qui détermine, au cours des études, des céphalalgies, des conjonctivites et des troubles de la vue. L'éclairage artificiel, s'accompagnaut le plus souvent de combustion, déverse dans l'air des gaz nocifs. Une bougie stéarique produit en une heure 15 1. d'acide carbonique, presque autant qu'un homme adulte; une lampe à pétrole déverse dans l'atmosphère, 94 1. et un bec de gaz, 88 1. Dans les appareils à combustion complète (appareils à incandescence), il ne se produit que du gaz carbonique et de l'eau, mais lorsque la combustion est incomplète (flammes simples), au gaz carbonique s'ajoute l'oxyde de carbone.

Le mode d'éclairage le plus hygiénique est l'électricité (lampe

à incandesceuce). Vient ensuite le bec de gaz à incandescence. L'éclairage artificiel a donc des inconvénients qu'on fera disparaître surtout par une bonne aération.

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