‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 127 sur 267 · L HÔPITAL · texte numérisé non relu

L HÔPITAL

En Allemagne, par contre, on n'observe nul encombrement. Gela tient à deux causes : 1° le nombre des lits est supérieur au nombre des lits français, proportionnellement à la population, S*" l'indigent n'existe pour ainsi dire pas; l'assurance (voir p. 746 les assurances obligatoires allemandes) paye Thôpital pour chaque malade et le fait sortir dès que les soins médicaux immédiats ne sont plus nécessaires. Des établissements de repos, ou le payement d'une part du salaire à domicile, permettent de continuer ailleurs la cure de repos ou le traitement minimum.

Un hôpital encombré fait faillite à son but; le malade véritable n'y trouve pas les soins et les précautions auxquels il a droit.

Quant aux contagieux, le ])roblème est double. Au point de vue du traitement : tout contagieux devrait être individuellement isolé (p. 398); au point de vue de l'hygiène générale, de la lutte contre l'extension des épidémies : tout contagieux ^ riche ou pauvre, devrait être d'office expulsé de son domicile et soigné dans un hôpital de contagieux ou dans une maison de santé spéciale. Dans les pays Scandinaves, les contagieux de la classe riche se font conduire à l'hôpilal comme les pauvres.

Toutes nos traditions hospitalières sont donc à réformer. Nous dépensons trop et mal; nous assistons des malheureux au prix de l'hôpital; c'est de l'argent gaspillé au détriment des véritables malades. L'assurance obligatoire bien comprise faciliterait cette réforme.

2" Aménagement de l'hôpital moderne. — L'hôpital moderne doit être adapté à sa fonction. Son emplacement, sa construction, son organisation différeront suivant son but. Il y a cependant des règles générales. Des architectes spéciaux pour hôpitaux existent dans plusieurs pays (Allemagne). En France, la direction de l'assistance au ministère de l'Intérieur s'occupe de surveiller la construction et l'aménagement de nos hôpitaux.

L'hôpital sera situé aux confins de la ville, il sera suburbain, pour 2 raisons principales : 1° les malades guériront en général mieux à la campagne que dans le centre des villes : 2° la superficie nécessaire à un hôpital moderne est telle que le prix du terrain est prohibitif dans le centre des villes. Avec les moyens actuels de communication, l'éloignement du centre est sans importance, aussi bien pour les médecins, que pour les familles des malades.

Il se composera de pavillons isolés, disséminés dans un grand

parc; chaque pavillon doit être entouré de verdure, d'arbres, tout en restant ensoleillé. Les hôpitaux les plus récents d'Allemagne, ceux de Copenhague, sont des modèles à ce point de vue. Le plan du futur Hôtel-Dieu de Lyon, édifié par la municipalité lyonnaise, sous l'impulsion du maire Herriot, est cité comme un des meilhurs.

La superficie du terrain doit être de 100 mq. par lit au minimum. Elle atteindra 130 mètres à Lyon. Elle est encore supérieure dans les nouveaux hôpitaux de Copenhague.

V orientation sera nord-sud ou nord-ouest sud est. L'importance est moindre pour les hôpitaux à pavillons que pour les hôpitaux-casernes.

Chaque pavillon doit former un hôpital complet, sauf la cuisine et la pharmacie; le personnel secondaire affecté à ce pavillon doit, selon nous, y être logé. Le pavillon comprendra, outre le logement de son personnel, des salles à manger pour les malades vahdes (très important), des salles de repos avec galeries ensoleillées, des salles de bains, de douches, etc.

Même dans les pavillons de non-contagieux, un tiers environ des lits devra être placé dans des chambres séparées. L'isolement ne s'impose pas seulement pour les contagieux ; il y a, les bruyants, les odorants, les délirants, ceux qu'on vient d'anesthésier, et surtout les moribonds', n'est ce pas un scandale que, chez nous, les malades meurent dans la salle comm.une? Dès que leur état inspire des craintes, les malades devraient être isolés, comme cela se fait le plus souvent à l'étranger. Les nouveaux malades devraient également être interrogés dans une chambre isolée; l'interrogatoire public est un autre scandale. L'existence d'un tiers des Hts en chambres nous parait donc une nécessité. Le nombre des lits des salles communes ne devrait, en tous cas, pas dépasser 8 ou 10.

Les plafonds seront élevés (4 m. 50 au minimum, plutôt 5 mètres), les surfaces des fenêtres seront aussi considérables que possible, les planchers dallés, les angles arrondis, les murs vernis; tout doit être lavable.

Le chauffage sera central (eau chaude ou vapeur à basse pression), l'éclairage électrique. La ventilation ne nécessitera pas d'appareils spéciaux (sauf les vitres perforées, etc. p. !2d3) si les plafonds sont suffisamment élevés et les fenêtres suffisamment hautes. Des téléphones, communiquant avec l'extérieur, devraient exister dans chaque salle.

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