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CHAPITRE XXII HYGIÈNE GÉNÉRALE DE L'ATELIER

Le travail en commun est, par lui-même, insalubre. En outre, la plupart des industries offrent des causes variées d'insalubrité.

Il faut donc réglementer et surveiller l'hygiène de l'atelier.

1" Propreté. — La propreté des locaux sera facilitée par certains détails d'aménagement ou de fonctionnement :

Enduits lavables, imperméabilisation des planchers, vases clos pour les matières usées, évacuation des eaux à Tégout, enlèvement régulier des autres résidus, crachoirs hygiéniques, water-closets hygiéniques à chasses d'eau; nettoyage humide en dehors des heures de travail, après le travail de préférence , les fenêtres étant ouvertes; lavages fréquents à grande eau et au besoin désinfection (eau de javel, eau de chaux, crésyl, formol, etc.) ; lutte contre les poussières (v. p. 432).

Les ouvriers auront à leur disposition des lavabos, des bainsdouches (bains sulfureux contre le saturnisme), des vestiaires avec vêtements de travail spéciaux, des antiseptiques et pansements en cas de besoin ; ils ne mangeront pas dans l'atelier.

2° Aération. Ventilation. — La ventilation est de première importance. Le Général Morin a rapporté le fait suivant, à l'Académie des Sciences, en 1869 : dans un même atelier de tissage où travaillaient 400 ouvriers avec un cubage de 15 m^, au milieu d'odeurs nauséabondes et de 400 becs de gaz, il y avait 30 ouvriers malades par jour,

15 656 kgr. de pain seulement étaient consommés en six mois; une ventilation énergique ayant élé établie, il n'y avait, un an plus tard, que 3 ou 4 malades par jour, et l'appétit était tel que la consommation du pain en six mois s'élevait à 20 014 kgr.

Pour qu'un atelier soit hygiénique, il faut y introduire 00 iir d'air neuf par ouvrier et par heure.

\J encombrement doit ètri* réduit au minimum, et Vaération suffisante (14 m-' au moins par ouvrier) pour empêcher une élévation exagérée de la température, ou la souillure de Tatmosphère. notamment par un excès d'acide carbonique. On trouvera plus loin les textes se rapportant à cette question.

a) Aération ( Ventilation naturelle) . — Elle se fait par les fenêtres, mais pourra être facilitée par différents dispositifs : hautes cheminées^ hottes de dégagement, vitres spéciales perforées ou autres (p. 432), ventilateurs hélicoïdaux placés à la partie supérieure des fenêtres ou des cheminées, etc.

b) Ventilation artificielle. — La ventilation naturelle n'est pas toujours suffisante, surtout en raison de la pesanteur de certaines poussières industrielles (travail des peaux, etc.). C'est pourquoi il est souvent nécessaire de recourir à la ventilation artificielle.

Les ventilateurs à force centrifuge à haute (ou moyenne: pression ont été inventés par le physicien français Désaugiers, en 1734, puis perfectionnés par Combes (1838j, par K. Dollfus (1841). Ils sont indiqués dans les fabriques de produits chimiques, d'engrais, les hauts-fourneaux, fonderies, mines, etc. Ils ont une ouverture centrale servant à l'entrée de l'air pur, et une ouverture périphérique pour l'expulsion de l'air refoulé par la force centrifuge. Ils sont formés d'ailettes disposées sur un arbre mù par une courroie sans tin.

Ces ventilateurs sont simples (Désaugiers, Robinet, Combes), ou multiples (ventilateur double de Perrigault : manufacture d'armes do Saint-Étienne), c'est-à-dire composés de deux simples, le produit de l'insufdation du premier alimentant le deuxième, ce qui produit une compression plus forte de l'air. La mise en mouvement se fait par des courroies sans fin actionnées par un moteur spécial, ou par une machine de l'usine. Un mouvement d'horlogerie peut suffire pour les petits ventilateurs.

Les ventilateurs à basse pression ou hélicoïdaux sont employés dans les ateliers ordinaires (filatures, teintureries, tanneries, etc.) Ils sont mus par l'air lui-même ou par une machine. Il en existe plusieurs modèles (Sochet; Geneste et Herscher, etc.).

Les ventilateurs électriques à ailettes servent plutôt à déplacer et à rafraîchir qu'il renouveler l'air. On peut les employer en certains cas, en les plaçant haut, et à condition qu'ils ne produisent pas de courant d'air direct sur les ouvriers et (ju'ils ne soulèvent pas de poussières. Dans ce dernier cas, l'air est plus contaminé dans leur voisinage.

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