HYGIÈNE GÉNÉRALE DE L ATELIER
3° Refroidissement artificiel et humidification de 1 air. — L'amenée d'air irais et humide est indispensable dans certaines industries (filatures, ateliers de tissage), non seulement pour le bien-être des ouvriers, mais encore pour la mise en œuvre des matières industrielles.
Le principe est celui des pulvérisateurs : l'air de ventilation traverse (comme cela existe aussi dans certains théâtres) de l'eau pulvérisée, avant de pénétrer dans Tatelier. L'eau est pulvérisée par un jet d'air comprimé faisant office de trompe; en même temps, l'air extérieur appelé s'humidifie et se refroidit.
Il existe des systèmes variés d' « humecleurs » ou de « ventilateurs à air humide » : ventilateur à air humide de Pedrazzetti, humecteur d'air à jet d'eau de Kœrting- frères, rafraîchisseurs d'air Garlaudat-Nezereaux, rafraîchisseur-ventilateur de Geneste-Herscher.
Dans le système Kestner, de l'eau est injectée dans l'air projeté à l'aide d'un ventilateur.
En hiver, l'air humecté doit être réchauffé avant d'entrer dans l'atelier : le système Sturtevant permet d'employer un appareil central à la fois pour la ventilation, l'humidification et le chauffage.
A° Chauffage. — Le mode de chauffage peut, naturellement, varier beaucoup. En général, le chauflage central à la vapeur (à basse pression), ou à l'eau chaude, doit être préféré, surtout dans les établissements munis de générateurs à vapeur, en raison de sa rapidité d'actiou, de la commodité de son emploi et des moindres dangers d'incendie. Les surfaces chauffantes (radiateurs à ailettes) seront en nombre suffisant, et convenablement placées.
Le seul inconvénient sérieux serait la perte de combustible résultant du rejet, sans utilisation, de vapeur et d'eau chaude. On peut l'atténuer beaucoup par l'emploi de purgeurs automatiques pour la vapeur, et de la pompe Menesson pour restituer à la chaudière l'eau chaude évacuée par les purgeurs.
Contre la chaleur et le soleil, on emploie des vitres teintées en bleu, des tuiles ou des verres enduits en blanc.
5° Éclairage. — a) éclairage naturel. — Dans les atehers, comme dans les écoles, il doit être largement assuré, selon les principes suivants : fenêtres assez élevées pour que la lumière plonge au fond de l'atelier et atteigne les points les plus reculés et les plus rapprochés avec une intensité à peu près égale ; pas d'ombres
portées; orientation des fenêtres au nord, la clarté venant du nord étant plus reposante, n'ayant pas les variations de celle du levant ou du couchant, ou l'intensité fatigante de celle du midi, d'ailleurs trop chaude en été (toits en dents de scie, orientées au
Nord).
La couleur des vitres a son importance, lorsqu'on doit employer des vitres colorées (fabrique de plaques et produits photographiques). La couleur rouge est excitante, la couleur violette ou verte est reposante. Les peintures des parois seront claires de préférence.
b) Éclairages artificiels. — Ils sont nombreux. — Le meilleur est Véclairage électrique, dont l'éclat n'est pas éblouissant, dont l'intensité peut être modérée, dont In lumière lég'èrement orangée est favorable à l'œil, pauvre en rayons chimiques, sans vacillement, sans dégagement de chaleur et de produits de combustion (CO-, CO), avec peu de dangers d'incendie si l'on évite les courts circuits. Les meilleures lampes sont en verre teinté en jaune, à filaments de carbone ou mieux de métal brûlant dans le vide (lampe Nernst).
L'éclairage par tubes incandescents (effluves électriques dans des gaz raréfiés) supprime les ombres et pénombres, en augmentant la surface d'émission, et parait appelé à un grand avenir.
L'éclairage à Vacétylène est trop éblouissant et dangereux: des tuyaux de dégagement seront aménagés, pour éviter l'explosion.
Le gaz est plus économique que l'électricité. Les becs doivent être circulaires (et non en papillon), munis de cheminées de verre, de fumivores, d'abat-jours réflecteurs (pour éviter le cône d'ombre), de régulateurs permettant d'obtenir une hauteur constante de la flamme, et un éclairement uniforme: les becs à manchons à incandescence (système Auer ou analogue) sont préférables, éclairent mieux et consomment moins. Depuis quelque temps, on fabrique aussi des becs à gaz renversés (pas de cône d'ombre inférieur). Si des dangers d'incendie ou d'explosion sont à redouter, les lampes à gaz doivent être closes, extérieures à l'atelier (verres dormants); mieux vaut alors l'éclairage électrique. Les lampes à gaz (ou à pétrole, etc.) doivent être suffisamment éloignées de l'ouvrier en raison de la chaleur et des dégagements (CO-).
L'emploi des lampes à pétrole constitue un pis aller : la benzine, le lusol, l'alcool ne sont pas encore entrés dans le domaine pratique courant. Les manchons à incandescence permettent d'augmenter l'éclairage avec ces lampes, qui ont l'inconvénient de dégager de la chaleur, des gaz toxiques (CO-, CO), et d'exposer aux explosions, aux incendies.
6° Législation. — Le décret du 19 juillet 1913 a abrogé celui du 29 novembre 1904.
Varticle 5 édicté : le cube d'air par personne employée ne pourra être inférieur à 7 m^. Il sera de 10 m^ au moins par personne employée dans les laboratoires, cuisines, chais, ainsi que dans les magasins, boutiques et bureaux ouverts au public. Il sera de 14 m^ dans les locaux de couchage (décret du 28 juillet 1904). Afficher la capacité de chaque
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local, aérer largement : fenêtres ou autres ouvertures à châssis mobiles donnant directement sur le dehors.
Uarlicle 6 dit que l'air des ateliers sera renouvelé de façon à rester dans l'état de pureté nécessaire à la santé du personnel.
L'article 9 exig-e que, pendant les interruptions de travail, l'air des locaux soit entièrement renouvelé.
Le même décret exige la fourniture d'eau potable, l'installation de vestiaires avec lavabos ; il impose certaines conditions à l'installation des cabinets d'aisance (pour se préserver des porteurs de germes (p. 477), il serait souhaitable que, dans l'industrie de l'alimentation, le lavabo soit attenant aux cabinets avec une pancarte : « Lavez-vous les mains en quittant les cabinets »).
La réglementation française sur l'éclairage et le chauffage des locaux de travail est très laconique; elle exige que ces locaux soient « convenablement éclairés, et en hiver convenablement chauflés ».
CouriMOXT. — Précis d'Hygiène. -^ '