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ENSEIGNEMENT DE L'HYGIÈNE

L'hygiène occupe une place chaque jour plus importante dans la vie des individus et dans celle des collectivités. Cette place est justifiée. L'hygiène doit être notre constante préoccupation.

1° Définition. — On peut définir l'hygiène : Vart de vivre en pleine sanlé.

Cette définition comprend deux choses assez distinctes, bien que concourant au même but : 1° éviter la maladie (prophylaxie), 2° donner au corps et à l'esprit le maximun de développement normal. En d'autres termes, l'hygiène n'a pas pour but unique d'empêcher la maladie, au sens restreint que l'on donne à ce mot; elle doit aussi procurer à l'organisme humain le maximum de rendement. Entre la maladie, qui nécessite le thérapeute, et la

CouRMONT. — Précis d'Hygiène. 4

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santé parfaite, il y a une foule d'états intermédiaires; ce sont eux qui peuvent transformer petit à petit une race forte, bien équilibrée, en un peuple de chétifs et d'anormaux. Ce n est pas la maladie, mais ce n'est pas la santé.

L'Hygiène bien comprise s'inquiète de ces « demi-malades » pour tâcher de les supprimer, ou tout au moins d'en diminuer le nombre. Exemple : Thygiène de l'enfant consiste à le préserver des maladies contagieuses, du rachitisme, des malformations ; elle consiste, en outre, à lui assurer une croissance normale et harmonieuse du corps; Fenfant doit être non seulement bien portant, mais fort.

Nous dirons donc que le rôle de l'hygiène est plus étendu qu'on ne le pense communément. L'hygiène a en vue d'une part, la prophylaxie des maladies^ de l'autre, la plus parfaite santé,

2° Importance sociale de l'hygiène. — Nous verrons plus loin (p. 11), en traitant de la Démographie, quelle est la place de l'hygiène sociale dans la lutte contre la dépopulation de la France. C'est un point de vue spécial à notre pays.

On peut établir, d'une façon plus générale, l'importance sociale de l'hygiène. 11 suffit de rappeler le proverbe si exact : « mieux vaut prévenir que guérir », ou encore celui-ci : « mieux vaut empêcher l'incendie que de faire ensuite la part du feu ».

La plupart des branches de la science médicale ont « la guérison » pour but; l'hygiène s'occupe de « la préservation ». Combien celle-ci est, à elle seule, plus importante que toutes les autres réunies!

La guérison! D'abord, nous ne guérissons pas toujours. Et, si nous guérissons (ou mieux si le malade guérit), ce retour à la santé est-il bien complet? L'organisme est-il api^ès ce qu'il était avanfl Combien sont fréquentes les tares, les séquelles que laissent les maladies; les unes sont apparentes, incontestables; d'autres sont absolument latentes, cachées, et ne se manifesteront que plus tard, sous une modalité tout à fait imprévue. On peut même soutenir, avec quelque raison, que la plupart des maladies chroniques de l'âge adulte ou de la vieillesse, l'artério-sclérose, les néphrites, les lésions cardiaques, sans parler de toutes celles du système nerveux, ne sont que les suites éloignées d'une infection ou d'ine intoxication antérieures. L'étiologie si obscure de toutes ces lésions chroniques des organes n'est-elle pas, presque entièrement, sous la dépendance d'un étal patholo-

giqiie infectieux ou toxique en apparence guéri depuis bien des années. Rare est la guérison absolue.

Et alors! Même si la médecine guérissait à coup sûr, elle serait encore, pour Tavenir d'un individu ou d'une collectivité, inférieure à riiygiène, qui évite la maladie apparente et toutes ses suites éloignées et obscures. Jamais la guérison de la lièvre typhoïde n'équivaudra, au point de vue des résultats, à la suppression de cette maladie, d'ailleurs évitable.

Bien plus, la maladie guérirait-elle sans séquelles, qu'il serait préférable de l'éviter. Sans parler des souffrances du patient, ne sait-on pas qu'une maladie, dans un ménage ouvrier, s'accompagne de telles pertes de temps et d'argent, que la misère en est trop souvent la conséquence? La misère : c'est le logement surpeuplé, c'est la nourriture insuffisante, c'est la malpropreté, ce sont de nouvelles maladies en perspective. La ruine pécuniaire, morale et physique d'une famille est presque toujours Taboutissant d'une maladie, même heureusement terminée.

OnpourraJtjliie k.même^^^ Une épidémie

entraîne fatalement pour une ville, pour une nation, des pertes matérielles considérables. On sait que le commerce d'Hambourg mit plusieurs années à se relever des conséquences du choléra de 1892. On pourrait en dire autant des villes visitées par la fièvre typhoïde. Avignon, en 1912, fut ravagée par une épidémie de 'fièvre typhoïde qui atteignit 2 000 personnes sur une population intra-muros de 30000 habitants. Outre le déchet en vies humaines, le commerce et l'industrie de la ville furent très éprouvés.

Faisons donc une guerre sans merci aux maladies évitables.

3° L'hygiène, science économique. — Ce qui précède suffit déjà à mettre en relief f importance économique de l'hygiène. Il y a plus.

L'homme^st actuellement considéré comme une valeur sociale ; la vie humaine est un capital, que certains ont évalué en chiffres. Ce capital est, pour nous français, le plus précieux de tous; nous devons le défendre contre les attaques tendant à en diminuer la quantité ou la qualité. Sur les futurs champs de bataille de la guerre ou de l'industrie, le nombre et la qualité des individus pèseront d'un poids fort lourd dans la balance de la victoire. Ne l'oublions pas.

Aussi la conservation de la santé est-elle une des préoccupations

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les plus constantes des économisles, des militaires, des patriotes de tous les pays, mais surtout des français. Etre ou ne pas être.

Il n'est pas une question sociale qui ne se double d'un problème hygiénique. 1/hygiène est la dernière expression du progrès social accompli par des moyens scientifiques. Le degré de civilisation d'une nation se mesure actuellement à la perfection de son hygiène.

4° L'hygiéniste. — L'hygiéniste a donc sa place marquée dans notre état social moderne. On s'en doute à peine en France.

Jusqu'à présent, le médecin n'a été que thérapeute, guérisseur, appelé seulement en cas de maladie. Quelle erreur! Sa mission est plus importante et plus haute. Le médecin doit être, également, un hygiéniste, un praticien des choses de l'hygiène; il doit être à môme de donner, en toutes circonstances, des conseils aux individus et aux collectivités.

Le médecin du xx*' siècle ne devrait-il pas être consulté par chacun, sur le choix du logement, sur l'eau de boisson, sur la qualité et la composition des aliments, sur la santé des fiancés? Ne devrait-il pas examiner périodiquement les personnes et les choses, pour se rendre compte du bon fonctionnement hygiénique de la maison, de la famille, des habitudes? Ne devrait-il pas avoir voix prépondérante, dans les conseils des collectivités, pour tout ce qui touche à l'hygiène de la rue, des maisons, des eaux, des égouts, des écoles, des hôpitaux, etc.?

Il y a là une voie nouvelle ouverte à l'activité des jeunes médecins. Pourquoi ne travailleraient-ils, pourquoi ne toucheraient-ils des honoraires, qu'en cas de maladie? Quel meilleur placement, pour les deniers pubhcs et privés, que la dépense de prophylaxie toujours inférieure à la dépense de traitement?

Autre point de vue. Pourquoi l'hygiène resterait-elle une science exclusivement confinée dans la médecine? Nombre de professions ont le droit et le devoir de connaître les lois de l'hygiène. Un pharmacien ne doit-il pas les savoir? Un architecte, un ingénieur peut-il construire hôpitaux, écoles, égouts, etc. et même une simple maison, sil ignore les règles hygiéniques qui doivent guider ses plans ?

Ce seront toujours des médecins qui dirigeront l'hygiène, en formuleront les lois, en seront les maîtres; il n'en est pas moins certain que la nécessité de techniciens hygiénistes, non médecins, se fait impérieusement sentir.

Les grands préceptes de l'hygiène devraient être mis à la portée de tous; ils devraient être enseignés dès Fécole primaire, plus tard à la caserne, enfin continuellement exposés dans les périodiques, vulgarisés par des conférences, des brochures etc. La propagande hygiénique est une nécessité sociale; on n'obéit qu'aux commandements dont on comprend la raison d'être. L'éducation du peuple est le fondeynenl de son obéissance.

Telle est la place considérable que peut et doit occuper l'hygiéniste dans une société bien organisée. Telle est la profonde transformation qui se prépare pour la profession médicale.

5° Place de l'hygiène dans la médecine et les sciences. — L'hygiène est la plus scientifique de toutes les branches de la médecine. Elle peut souvent donner des conclusions positives et schématiques. Cela se comprend.

A. La maladie se manifeste par les effets d'une ou de plusieurs causes sur le corps humain, organisme complexe, jeune ou vieux, absolument sain ou déjà malade. La résultante est excessivement variable; il y a des malades, bien plus que des maladies. On conçoit, dès lors, pour chaque cas, la difficulté du diagnostic et du pronostic, on conçoit l'incertitude du traitement. Rien n'est aussi complexe, et jusqu'à un certain point aussi imprécis, que la médecine quand elle s adresse aux malades; tous les cas sont nouveaux. Le facteur individuel a une importance primordiale.

-L'hygiène, au contraire, ne considère que les causes en ellesmêmes, problème infiniment plus simple. L'étiologie est plus positive que la symptomatologie. Ses lois sont plus rigoureuses et plus faciles à schématiser. Sur les données certaines de l'étiologie, il est aisé de formuler des lois précises de prophylaxie.

En d'autres termes, la complexité est moindre pour l'hygiène que pour la médecine. FJ hygiène est une science exacte. Dès que les causes morbides sont définies, les conséquences hygiéniques sont faciles à déduire.

Exemple : Gomment étabhr des règles immuables de traitement pour la fièvre typhoïde ou pour la variole? Par contre, les moyens certains d'éviter ces maladies se formulent en 2 lignes : n'avaler que des aliments cuits, de l'eau pure, contre la fièvre typhoïde; se faire vacciner, contre la variole.

B. L'hygiène est donc une véritable science positive. EUe met, en outre, à contribution toutes les sciences qui peuvent aider à connaître les causes des maladies ou du développement anormal du

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corps. Un hygiéniste fera des emprunts continuels, non seulement à la médecine, mais à la physiologie, à la chimie, à la physique, à la haclériologie, à la parasitologie, parfois même aux mathématiques. Il ira pins loin, car' Tliy^^^iène est, avant tout, une science sociale; il sera ohligé de faire des incursions dans le domaine de la sociologie, de Téconomie politique, de la politique pure, de la religion même. Il ne peut proposer des moyens prophylactiques sans s'inquiéter de leurs répercussions sociales ; il ne peut non plus négliger les moyens sociaux d'arriver a ses fins. Rien ne doit lui être étranger J

Un hygiéniste peut-il s'occuper de la lutte antituberculeuse, sans étudier les conséquences de l'assurance obligatoire contre les maladies, des habitations à bon marché, de Talimentation à bon marché? Peut-il parler des moyens de combattre l'alcoolisme, sans aborder les questions si ardues, et qui touchent de si près à la politifjue, du monopole de l'alcool, de la limitation des débits de boisson, de l'impôt sur l'alcool? Peut-il traiter la destruction des cadavres sans faire quelques allusions religieuses? Se désintéressera-t-il des questions capitales de législation? Le point de vue financier peut-il rester dans l'ombre, quand il abordera les grandes questions de voirie, d"égouts, d'eaux ])otables? On ne doit préconiser que des solutions pratiques et possibles pour les municipalités. Et la géographie, et la politique internationale; sont-elles indifférentes à la défense contre la peste, le choléra, la fièvre jaune?

On le voit, l'hygiéniste touchera à beaucoup de choses. 11 ne devra pas vivre dans un nuage. Il sera très mêlé à la vie et aux choses de son temps. Il n'aura d'iniluence que s'il propose des solutions pratiques. Ce n'est pas un des côtés les moins attrayants de sa mission.

6° L'hygiène en France. — La situaliou hygiénique de la France est très inférieure à celle des nations voisines. Les causes en sont multiples.

D'abord, notre législation est insufhsante. La loi de 1902 sur la protection de la santé publique (voir p. 38) est, d'une façon générale, supérieure aux lois similaires des autres pays, mais elle a un défaut capital; c'est son article premier. Le maire, c'est-àdire un élu du suffrage universel, est chargé de l'hygiène des communes (voir p. 000).

En outre, nos lois et décrets sur les habitations à bon marché,

sur la lutte anti-alcoolique, sur les assurances obligatoires, etc., sont en retard sur les lois allemandes, anglaises, belges, suisses. Elles présentent des lacunes, qui pèsent lourdement sur notre état hygiénique. Nous en reparlerons dans les chapitres spéciaux.

Mais, surtout, notre mentalité est antihygiénique^ parce que nous sommes des frondeurs et des indisciplinés. L'hygiène n'est possible qu'avec le sentiment de Taltruisme. On ne peut sauvegarder la santé publique, qu'en faisant passer au second plan les intérêts particuliers, en gênant les habitudes, les traditions. Seul peut jouir d'une bonne hygiène, le pays qui a foi dans le progrès scientifique, qui a confiance dans ses dirigeants, dans les hommes qui imposent des mesures d'intérêt général. Or, nous manquons, en France, de ces trois qualités principales : la foi en la science, la discipline, Taltruisme. Nous avons à liquider un lourd héritage de défauts d'orgueil et d'individualisme à outrance, qui ont pu constituer autrefois des qualités, mais qui ne sont pliis de mise dans la lutte actuelle pour la vie et la santé. L'avenir est aux peuples scientifiques et disciphnés, bien plus qu'aux nations braves, intelligentes, mais insouciantes et frondeuses. Si nous ajoutions la discipline à nos autres qualités, nous redeviendrions le premier peuple du monde. Pourquoi ne pas essayer?

Depuis quelques années, l'état des esprits français s'est un peu amélioré, à ce point de vue. On a fini par comprendre. Une magnifique floraison d'œuvres hygiéniques en a été la conséquence. Pendant que les pouvoirs publics organisaient les services sanitaires officiels, que les facultés de médecine enseignaient enfin l'hygiène, l'initiative privée fondait les Congrès d'hygiène^ les Expositions d'hygiène (Exposition d'hygiène urbaine à Lyon, en 1907; Exposition d'hygiène de Dresde en 1911), les Œuvres à' enfants à la montagne, les Mutualités maternelles, les Gouttes de lait, les Dispensaires antituberculeux (à Lille, à Lyon, à Paris), les Sanatoriums, les Œuvres jiost-scolaires, etc. On commence à reconstruire nos antiques Hôpitaux, nos Écoles, sur des types modernes. Le sport, les exercices physiques sont en honneur. Les Conférences sur l'hygiène attirent le public. De grands journaux politiques donnent asile à des articles de vulgarisation hygiénique. Les Sociétés d'habitations à bon marché se fondent çà et là. Les médecins militaires s'intéressent de plus en plus au bien être et à la santé du soldat. Une Direction de V hygiène a été créée au ministre de l'Intérieur; on a été sur

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le point de créer un Ministère de V hygiène. Les Congrès des maires discutent les problèmes hygiéniques. Les Bureaux d'hygiène communaux se multiplient. On institue çà et là les casiers sanitaires des maisons. Certaines villes ont leur fiche sanitaire scolaire.

Enfin, VA lliance d'hygiène sociale^ fondée par Casimir Perier, présidée par Léon Bourgeois, a voulu coordonner tous ces efforts individuels, d'ordres très divers, sans leur eulever leurs personnalités, pour le plus grand bien hygiénique de la France.

On doit considérer l'avenir avec confiance.

7° Enseignement de l'Hygiène. — Il y a quelques années, renseignement de Ihygiène était complètement sacrifié, dans les programmes de nos facultés de médecine. Pas de laboratoires, pas de travaux pratiques; un cours, presque exclusivement médical, confié, au hasard des disponibilités, à un professeur de compétence quelconque; un examen inexistant. Là encore, il y a un notable progrès. L'enseignement de Thygiène a maintenant conquis une partie de la place qui lui revient de droit. Certaift laboratoires sont bien organisés; les travaux pratiques existent. L'enseignement se spécialise de plus en plus. Dans le projet de réforme des études médicales, qui entrera en vigueur en 1913, l'Hygiène occupera, avec la thérapeutique et la médecine légale, la cinquième année d'études. Dans les projets de réforme de l'agrégation, une section spéciale et réservée à l'Hygiène. La réforme des études pharmarceutiques a également prévu des cours et travaux pratiques d'hygiène.

Mais, cet enseignement professionnel, destiné aux futurs praticiens, et par cela même forcément élémentaire, ne suffit pas à tous les besoins. Certains médecins doivent se perfectionner en hygiène, voulant en faire leur carrière. Ils veulent se préparer aux concours pour les places d'Inspecteurs départementaux d'hygiène, de Directeurs des bureaux d'hygiène, etc. Ils veulent s'occuper plus spécialement de l'hygiène des écoles, de l'hygiène industrielle, etc.

Il faut créer, pour eux, des Écoles d'hygiène pratique. C'est ce que j'ai tenté, à la Faculté de médecine de Lyon. Chaque année, du l**' mars au 1" août, un enseignement spécial, très complet et absolument pratique, de l'hygiène, est donné dans mon Laboratoire. Les conférences, travaux pratiques, visites sont faites par toute un e phalange de professeurs ou chefs des travaux de la Faculté de

médecine, de la Faculté des sciences, de la Faculté de droit, de TÉcole vétérinaire, de Tlnstitut de chimie. Mon laboratoire est largement ouvert à ces élèves. Fin juillet, un examen (pratique, écrit, oral) est passé devant un jury compétent. Un certificat (universitaire) est donné à ceux qui ont été assidus et ont satisfait à Texamen.

Les médecins ne sont pas les seuls à avoir besoin de ces connaissances hygiéniques spéciales. La loi n'impose-t-elle pas des pharmaciens, des vétérinaires, des architectes, des ingénieurs dans la composition des Conseils départementaux d'hygiène, des Commissions sanitaires (voir p. 43 et 44)? Ces derniers n'auraient-ils donc aucun moyen d'apprendre les choses sur lesquelles ils auront à se prononcer? Aussi, Taccès de cet enseignement est-il ouvert aux personnes qui, par leur profession, ont à connaître de l'hygiène. Cette mesure, logique et libérale, est soumise, chaque année, au vote du conseil de la Faculté de médecine, pour le choix des personnes non universitaires à admettre aux cours du certificat.

Il serait à désirer que chaque faculté ait une semblable Ecole d'hyqiène. Cette science s'est tellement développée qu'il est matériellement impossible de l'enseigner, dans ses détails, aux cours destinés à faire uniquement des médecins praticiens. // faut un enseignement de perfectionnement.

En résumé, l'enseignement de l'hygiène doit se faire à trois degrés : 1° enseignement très élémentaire à tout le monde, dès l'école primaire; 2° enseignement complet," mais encore fatalement élémentaire, aux étudiants en médecine; 3° enseignement très complet aux médecins (et à quelques autres) qui veulent se spécialiser en hygiène.

8° Un Institut d'hygiène. — Pour pouvoir donner, dans nos Facultés de médecine, l'enseignement complet de l'hygiène (professionnel et de perfectionnement), nous avons besoin de véritables Instituts, comparables à ceux qu'on admire en Allemagne.

J'ai cherché à réaliser ce programme. L'Institut d'hygiène de Lyon (fîg. 1) occupe, à la Faculté de médecine, 3 étages d'une façade d'un des grands pavillons. Chaque étage possède il fenêtres au sud et 9 au nord. Un escalier spécial assure la cohésion en même temps que Tindépendance des services.

Au /" : cabinet de travail et laboratoire du Professeur, laboratoires séparés pour le Chef des travaux et le Préparateur, 2 laboratoires pour travailleurs spéciaux, grand laboratoire de travaux pratiques, cuisine,

salle des appareils de stérilisation et autres (centrifugeurs, étuves fixes, etc.); salle des appareils graphi(|ues et de physique, laboratoire des analyses d'eau, salle d'inoculation et d'autopsie, magasin général, chambre étuve.

Au sous-sol: laboratoires de chimie et de toxicologie, écuries spéciales, salle des grands appareils de démonstration (lillres, etc.).

Dans le chemin en ronde : chenils divers pour : 1" grands animaux:

Fip:. 1. __ Institut (l"liygicne de la Faculté de Lyon.

2" chiens; 3° lapins et cobayes; 4" souris; 5" oiseaux; 6" poissons et batraciens.

Au 2* étage : le Musée. Il se compose de 21 salles ou boxes ou sont groupés, par sujets, les maquettes, dessins, photographies, modèles, cultures, appareils, etc., etc., se rapportant à l'hygiène. Les principales salles sont affectées à : la Démographie, la Puériculture, la Désinfection, la Tuberculose, TAlcoolisme, les Eaux, les Matières usées, les Écoles, l'Alimentation, l'Habitation, les Hôpitaux, les Maladies hydriques, les Maladies causées par les insectes, les Fièvres éruptives, les diverses Maladies contagieuses, etc.

J'estime un Musée absolument indispensable, pour l'enseignement de l'hygiène.

La salle de cours, avec appareils de projection perfectionnés, est à proximité des laboratoires.

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