I. — PROCÉDÉS DE DÉSINFECTION
Les agents mécaniques (balayage, succion des poussières au moyen du vide, etc.) ne sont pas, à proprement parler, des procédés de désinfection, mais en constituent, comme moyens de propreté, des adjuvants précieux. La désinfection ne peut se faire que par des agents physiques (chaleur) ou au moyen de substances chimiques, à Tétat de gaz ou de solutions.
A. — Agents physiques.
La dessiccation et la lumière solaire possèdent un pouvoir germicide indiscutable. Mais, leur action est insuffisante et leur utiUsation pratique, dans un but déterminé, irréahsable. La chaleur est le seul agent commode et efiicace.
l"" Incinération. — Ce moyen d'utiliser la chaleur est d'une efflcacilé radicale, mais ne possède qu'un champ d'applications limité. On aura recours à Tincinéralion toutes les fois qu'il s'agira de détruire des objets difficiles à désinfecter ou de faible valeur (vieux papiers, chiffons de provenance suspecte etc.). Voir p. 407 V Incinération des cadavres.
Lorsque les objets à incinérer sont combustibles, il suffit d'y mettre le feu. Lorsqu'ils brûlent difficilement, il est nécessaire d'aider à leur combustion,lsoit avec un foyer de bois ou de charbon, soit en les arrosant avec du pétrole. On pourra se servir de fours spéciaux, tels (jue le four de Geneste et Herscher, le four Le Blanc ou V incinérateur domestique de Bréchot (fig. 121).
L'Incinérateur de Bréchot est surtout à recommander pour la destruction de tous les déchets des hôpitaux de contagieux; il 'est utilisé à l'hôpital Claude-Bernard à Paris.
506 NOTIONS GÉNÉHALES D'ÉTIOLOGIE ET DE PROPHYLAXIE
Dans certains cas exceptionnels, on s'est même vu obligé, afin de circonscrire une épidémie, de mettre le feu à des maisons et même des quartiers. Durant Tépidémie de peste qui sévit au Japon en 1906, on n'a pas hésité à brûler des faubourgs entiers, à Kobé et à Osaka.
2° Flambage, passage au four. — des objets métalliques ou incombustibles, tels que lits de fer, crachoirs de fonte, etc. Ce sont de bons moyens de stérilisation par les hautes températures.
3° Air chaud. — Autrefois, on attribuait à cet agent une grande efficacité. Les étuves à chaleur sèche ont eu une
On peut Tutiliser pour
Fig. 1-21. — Incinérateur de Bréchot. — A, tampon de visite; B, porte du foyer; C, porte du cendrier; D, thermomètre; E, indicateur de vitesse; F, autoclave; H, robinet de vidange; I, cendrier de l'incinérateur.
époque de vogue, mais, la pratique ayant démontré que la chaleur humide avait une supériorité très marquée sur la chaleur sèche, elles ont été remplacées par les étuves à vapeur.
Les étuves à chaleur sèche, dont la plus connue est le/our Pasteur, sont réservées à la slérilisation des instruments de chirurgie, des objets de verre ou porcelaine, etc., mais ne servent plus à la désinfection, telle que nous la décrivons.
4° Chaleur humide (Eau ou vapeur).
a) Veau bouillante détruit, en quelques minutes, tous les germes pathogènes connus et certaines spores. Toutefois, les spores du tétanos, de la bactéridie charbonneuse, peuvent conserver leur vitalité à la température de 100°. Les autres spores, résistant à Teau bouillante, appartiennent à des microorganismes saprophytes qui n'intéressent en rien la désinfection. L'eau bouillante
constitue donc un procédé simple^ pratique et peu coûteux de désinfection; on néglige trop souvent de l'employer.
Elle peut servir à désinfecter les linges, vêtements de toile, vaisselle, instruments divers, etc. Les objets doivent être soumis à rébullition, pendant une demi-heure au moins.
Par raddition de certains sels, on arrive à élever la température d'ébullilion de Teau et, par suite, à augmenter son pouvoir germicide. L'eau saturée de chlorure de sodium bout à 109"; saturée d'azotate de potasse, à IIG" et de chlorure de calcium, à 179° centigrades.
b) La vapeur d'eau est le mode d'application le plus général de la chaleur à la désinfection.
Les appareils à vapeur surchauffée, qui se rapproche des gaz secs et se comporte, comme eux, vis-à-vis des microbes pathogènes, sont aujoui^rhui abandonnés. On n'utilise que la vapeur saturée, c'est-à-dire la vapeur qui, à une température et à une pression données, contient le maximum possible de son liquide générateur.
La vapeur d'eau saturée a une grande puissance de pénétration; elle désinfecte et stérilise les objets, si la température est suffisamment élevée. D'après Koch, Gaffky, Lôftler, les spores les plus résistantes sont détruites en dix minutes, à une température de 108° centigrades. Tous les microbes pathogènes et leurs spores sont tués, lorsqu'on les expose, pendant un temps convenable, dans la vapeur d'eau à 100°.
La vapeur d'eau a l'avantage d'agir rapidement et d'être peu coûteuse. Elle convient particulièrement à la désinfection de la literie, des linges et de certaines étoffes. Elle a l'inconvénient de détériorer parfois les tissus de laine et de soie, les cartons, les livres et papiers de toutes sortes. Elle ne peut servir à la désinfection des peaux, fourrures, objets en cuir ou en caoutchouc.
Les étuvesà vapeur sont sans pression ou sous pression.
o° Étuves à vapeur sans pression. — Un courant de vapeur se dégage d'une chaudière en ébuUition, traverse une chambre où sont placés les objets à désinfecter et agit directement sur eux. 11 est facile, on le conçoit, d'improviser, à peu de frais, une étuve édifiée sur ce principe : il suffit d'avoir une chaudière quelconque, sur laquelle on adapte un récipient destiné à recevoir les objets. Ptichard a montré tout l'avantage qu'on pouvait retirer dans l'armée, en cas d'urgence, d'un semblable appareil de for-
o08 NOTIONS GÉNÉRALES D'ÉTIOLOGIE ET DE PROPHYLAXIE
tune. Le désinfecteiir de Henneberg est la plus connue des étuves à vapeur sans pression.
Ces appareils assurent, sans conteste, une certitude d'action suffisante. Mais, la vapeur d'eau à 100° agit lentement, ne pénètre les objets qu'à la longue et les rend trop mouillés après l'opération.
Les étuves. sous faible pression, sont très répandues en Allemagne. L'étuve de Budenberg fonctionne sous une pression qui ne s'élève jamais au delà de 15 à 1/4 d'atmosphère. L'opération dure une heure.
6° Étuves à vapeur sous pression. — Ces appareils dérivent de Vaiitoclave Chamberland. Celui-ci est, comme on sait, une marmite de Papin à parois résistantes que Ton peut fermer hermétiquement, au moyen d'un couvercle solidement fixé. Lorsqu'on met de l'eau ou un autre liquide dans ces appareils et qu'on les chauffe, après fermeture hermétique, la vapeur qui se forme exerce sur le liquide une pression qui élève, de plus en plus, le point d'ébullilion et la température du liquide croit sans cesse. Le couvercle de l'autoclave est percé de trois orifices : l'un pour le manomètre qui indique la température, correspondant à la pression, le second pour le dégagement de la vapeur, le troisième pour la soupape de sûreté. Quand on chauffe l'appareil, il faut laisser tout l'air s'échapper jusqu'à ce que la vapeur sorte en jet sifflant et régulier. C'est alors seulement qu'on ferme le robinet de dégagement, sinon l'air enfermé imprimerait au manomètre une pression qui ne correspondrait plus à la température indiquée, laquelle serait insuffisante pour la stérilisation. Si la pression atteint -1 atmosphères, la température intérieure est de plus de 120°. A cette température, maintenue pendant quinze minutes, aucun microbe, sporulé ou non, ne résiste.
C'est sur ce principe qu'ont été construites les grandes étuves à vapeur, utilisées en France.
a) Etuves à vapeur dormante sous pression. — Ces étuves Geneste et Herscher (fig. 122 et 12.3), Le Blanc, Dehaître, se composent de deux parties : un générateur de vapeur et une chambre de désinfection. Cette dernière est constituée par un gros cylindre métallique, fermé par une porte à chacune de ses extrémités. Par l'une, entre, sur des rails, le chariot chargé des objets à désinfecter; par lautre, ce chariot ressort avec les objets désinfectes.
Pour empêcher la condensation de la vapeur, quand on l'introduit dans la chambre d'épuration, il existe en haut et en bas de celle-ci
LA DESINFECTION
deux faisceaux de lubes (fig. 123) qui servent à chauiïer l'air intérieur de l'étuve, avant l'introduction de la vapeur et après l'opération. Ces batteries de chaulle additionnelles sont desservies pur une arrivée de
Fig. l'2-?. — Étuve fixe do Geneste et Herscher.
vapeur distincte et indépendante, qu'il est bon de porter et de maintenir à la température de 135° à 140".
La conduite de l'opération est simple : lorsque les objets à désinfecter sont enfermés dans la chambre de désinfection, que les portes sont bien
Fig. 123. — Coupe transversale de l'étuve Geneste-IIersclier.
assujetties, que l'air et les parois ont été préalablement chauiïés, on fait entrer la vapeur dans le cylindre, le robinet de dégagement étant ouvert pour chasser l'air intérieur, puis on ferme l'issue. Dès que la pression atteint une demi-atmosphère (environ 110°), on ouvre, do nouveau, le robinet de dégagement, de fagon à faire une décompression brusque, qui détermine l'expulsion des bulles d'air, restées dans les
tissus; on ramène ensuite la pression à 112", 115" que l'on maintient
Fig. 124. — Étuve locomobile de Geneste et Ilerscher.
Fig. 1-25. — Étuve verticale Vailiard. et iiessun ; C, couvercle : S, cylindre intérieur ; M, manomètre; D. soupape; K, orifice à soupape souvrant de hanit en bas: B, écrou ; J, cornière en fer; N, robinet de niveau; P, robinet de jauge; F, foyer.
dix à quinze minutes, en produisant encore une ou deux décompressions.
La durée de l'opération est de vingt minutes environ.
Avant d'être enlevés, les objets désinfectés sont desséchés par le réchaufîement de l'air, produit par le passage de la vapeur dans les batteries de chauffe.
Les constructeurs font des étaves locomobiles .peimettant d'aller pratiquer les opérations de désinfection surplace (fig. 124).
Le point capital dans la désinfection par la vapeur dormante sous pression est Vexpulsioji de Pair, compris dans les interstices des objets, par des décompressions brusques, pour permettre à la
vapeur de venir au contact des microbes pathogènes.
LA DESINFECTION
b) Étuves à vapeur circulante ou fluente sous pression. — Elles suppriment cet inconvénient. Les objets à désinfecter sont placés dans un courant de vapeur sous pression, qui chasse continuellement, avec elle, Tair et les gaz accumulés dans les objets.
Voici, à litre d'exemple, Vélave de. Vaillard et Besson (iig. 125 et 126). Sur un socle, constitué par le foyer, repose l'étuve constituée par deux cylindres concentriques.
Le cylindre intérieur limite la chambre de désinfection.
L'espace, compris entre le fond de chaque cylindre, constitue la chaudière proprement dite (40 à 45 1.). La vapeur, produite dans cette chaudière, circule dans l'espace ménagé entre les deux cylindres, aborde la chambre de désinfection par la partie supérieure et, après avoir circulé de haut en bas, s'échappe par la partie inférieure. Le fond du cylindre intérieur est en effet muni d'un orifice à soupape, très ingénieux, qui permet le passage de la vapeur d'eau condensée, de l'air entraîné, etc., sans qu'il y ait de communication, en sens contraire, entre la chaudière et la chambre de. désinfection.
L'étuve fonctionne à une pression de 700 g., correspondant à 115% et l'opération est terminée au bout de vingt-cinq minutes.
Fig. 126. — Coupe de l'étuve verticale de Vaillard et Besson.
B. — Désinfectants gazeux.
Le nombre des gaz, possédant une action bactéricide marquée, est considérable. En pratique, deux seulement doivent être retenus : Tanhydride sulfureux et surtout Faldéhyle formique.
1° Anhydride sulfureux. — Il a joui autrefois d'une grande vogue; on y renonce de plus en plus, depuis que Texpérimentation a montré l'insuffisance de son pouvoir germicide.
Dans la pratique de la désinfection, on peut l'obtenir par la combustion du soufre à l'air libre (60 à 80 g. de soufre par mètre cube, pour la désinfection des locaux). En Amérique, on utilise des fourneaux à soufre : les vapeurs d'anhydride sulfureux sont dirigées du four dans le local à désinfecter, à l'aide d'un
ventilateur qui les oblige à péuétrer dans un tuyau de large diamètre, placé à la partie inférieure du local (à cause de la densité élevée du gaz).
On ,peut également employer V acide sulfureux liquide. L'anhydride sulfureux axige, pour agir au point de vue bactéricide, la présence de Thumidité. On devra donc faire évaporer, avant ou en même temps, de Peau dans la proportion de 100 g. d'eau pour 300 g. de soufre brûlé.
Malheureusement, à la faveur de Toxygène et de l'humidité, il donne naissance à de Vacide sulfurique, qui attaque les métaux, si Ton a pas eu soin de les préserver par une couche de vaseline. De plus, l'anhydride sulfureux blanchit toutes les couleurs d'origine végétale et beaucoup de couleurs d'aniline. Il agit sur les tissus de coton et de laine, en diminuant leur solidité.
Par contre, le gaz, peu actif sur les bactéries, détruit rapidement les insectes et les rats. La sulfuration est, comme on le verra, le meilleur procédé de désinfection et de dératisation.
2° Aldéhyde formique. — L'aldéhyde formique, ou formol ou méthanal, est le plus employé de tous les désinfectants gazeux. En 1888, Trillat a découvert ses propriétés antiseptiques. Ce gaz incolore possède une odeur spéciale, extrêmement irritante. Il est soluble dans Teau.
La formaldéhyde se polymérlse très facilement en donnant, suivant les conditions, soit de la par a formaldéhyde., masse blanche, insoluble dans Teau, soit du trioxyméthylène qui, par volatilisation, reproduit la formaldéhyde. On utiUse souvent la combustion du trioxyméthylène, pour la production du formol.
La formaldéhyde forme, avec l'ammoniaque, de Yhexaméthylènctélramine (utilisé en médecine sous le nom d'urotropine). On met à profit cette propriété pour neutraliser le formol, après la désinfection.
Le formol prend naissance dans la combustion incomplète de l'alcool méthylique. C'est ainsi qu'on le prépare industriellement, d'après le procédé de Trillat; et on obtient une solution à 40 p. 100, dite solution commerciale (formaline).
Les vapeurs de formol ont une densité, sensiblement égale à celle de l'air, et sont très dilTusibles, d'où résulte l'indication de boucher hermétiquement les pièces que l'on veut désinfecter avec le formol.
Les vapeurs de formol possèdent un pouvoir germicide très remarquable. Trillat, Berlioz et Trillat, Philip, Miquel ont soumis, à Faction de ce gaz, la plupart des bactéries pathogènes et ont vu que toutes étaient tuées en des temps variables, sauf les spores.
Dans le but d'appliquer ce germicide puissant à la désinfection des locaux, des expériences ont été faites dans des chambres
Fig. 127. — Autoclave t'ormogène de Trillat.
cubant plus de 100 m^ Les résultats ont été concluants, pourvu que le local fût saturé de vapeurs de formol.
Mais, on constata que, dans ces conditions, la majeure partie de la formaldéhyde se condense immédiatement à la surface des murs, si bien qu'on attribua faction antiseptique non pas au gaz, mais à la solution de formaldéhyde, résultant de sa condensation à la surface des objets. On en conclut qu'il fallait charger l'atmosphère du local à désinfecter de vapeur d'eau. Des expérimentateurs échouèrent dans des essais de désinfection, malgré l'adjonction de vapeur d'eau, et l'on considéra le formol comme un désinfectant en surface, devant être réservé exclusivement à la désinfection des locaux.
En 1906, Perdrix montra qu'en faisant intervenir une température suffisamment élevée (80°), on augmente non seulement
CouRMONT. — Précis d'Hygiène.
le pouvoir bactéricide du formol, mais sa puissance de pénétration. C'était là un fait très important qui permettait d'appliquer le formol à la desinfection en profondeur et qui est le principe
des étuves à vapeur d'eau et à formol combinés, dont nous reparlerons plus loin.
En somme, le formol est utilisé comme désinfectant en surface pour les locaux, et comme désinfectant en profondeur, lorsqu'on lui associe la vapeur d'eau et la température, pour la désinfection de tous les objets poreux (matelas, couvertures, etc.).
Les procédés pour l'utilisalion de la formnldéhyde, à l'état de vapeurs, sont nombreux. On peut les grouper sous trois chefs.
a) Vaporisation de solutions de formol. — On s'est contenté des vapeurs de formol, fournies par l'évaporation de linges, imbibés de formaline du commerce et tendus en travers du local. Ce procédé est insuffisant.
Flûgge a proposé le moyen suivant :
Fig. 158. — Vaporipe Fournicr. — on fait bouillir une solution de formol E, Enveloppe surtout de.-la chau- du commerce, additionnée de quatre (lière; Ch, Chaudière, timbrée à fois son poids d'eau. La vaporisation 3 kilos; Sp, Soupape à ressort; s'obtient à l'aide d'un simple récipient B, bouchon de remplissage; Pr, -^ f^^^^ pj^^^^ ,g^^ g^j. ^^^ grande surprojecteur;R, robinet à pointeau ^^^^ ^^ ç^h^nïïe, dont le débit est calpour les protections de lorinace-
tone; N, naphteuse. ^ule pour produire une evaporation
complète. Le récipient est fermé par un couvercle, muni d'une tubulure, par laquelle s'échappe la vapeur. Cette disposition empêche la flamme du foyer de venir enflammer l'alcool méthylique que renferme parfois le formol; on complète cette précaution en mettant le trépied de l'appareil sur une couche de sable. Pour un local de 100 m^, il suffirait ainsi de vaporiser 625 g. de formaline (à 40 p. 100), additionnés de 2 1. et demi d'eau.
Mais, la concentration, qui résulte de l'évaporation, transforme la forinaldéhyde en ses polymères, la paraformaldéhyde et le Irioxyméthylène, sans action bactéricide; ce qui appauvrit la solution en produits actifs.
Aussi a-t-on cherché à empêcher la polymérisation par l'addition de
LA DESINFECTION
certaines substances, chlorure de calcium (formochlorol), acétone (formacétone), glycérine (glycoformol), mentliol (holzène).
U autoclave formoghne de TriUat {iig. 127) utilise le formochlorol. C'est un autoclave d'une contenance de 5 litres, (jui permet de faire pénétrer les vapeurs de formol, sous une pression de 3 à 4 atmosphères par le trou de la serrure, dans le local à désinfecter. La dose doit être de 15 g. 4 de formochlorol par mètre cube, la durée de contact sept heures.
Fig. 129. — Volatilisateur Guasco.
^appareil vaporigène dit formogène de Dehaître et Vautoclave formogène de Gourdon sont analogues.
Le vaporipe Fournier (fig. 128) emploie la formacétone à la dose de 36 cm^ par mètre cube de local.
Le volatilisateur Guasco permet d'évaporer le formol à froid. Cet appareil (fig. 129 et 130) fonctionne de la manière suivante : on introduit la formaldéhyde dans le réservoir par la cuvette de remplissage G; on ferme hermétiquement cette dernière avec son bouchon; on introduit le jet volatilisateur dans le trou de la serrure. On appuie le pied sur l'étrier et on actionne la pompe.
La pression de l'air oblige le liquide à s'élever dans le tube T' et à se rencontrer à l'orifice avec l'air refoulé par le tube T", de manière à former un mélange intime, qui suffit, après le temps voulu (huit heures), à saturer l'atmosphère du local.
Fig. 130. — Volatilisateur Guasco (Coupe verticale i.
— P, pompe à air; H, récipient à liquide ; B, boîte à clapet de retenue de l'air refoulé par la pompe P ; T,tube de conduite de l'air refoulé par la pompe P dans le réservoir R ; T', tube plongeur conduisant le liquide refoulé par l'air en pression à l'orifice du bec métallique; T", tube conduisant l'air du récipient R au bec métallique.
L'appareil de Lingner (flg. i31 et 132) consiste en une chaudière annulaire (fig. 132) dans lariuelic se forme la vapeur qui est amenée à
un réservoir A,, rempli de formaline ou de glycoformol. La formaline est vaporisée et expulsée sous forme d'une fine pulvérisalion ù travers quatre orifices {d) dans des directions différentes.
Les expériences de Houston et Nevvmann, de Klein et d'Escherich ont montré l'efficacité de l'appareil de Lingner.
Fig. \?)\. — Appareil de Lingner.
Vue d'ensemble.
Fig. 132. — Appareil de Lingner.
Chaudière annulaire.
b) Volatilisation du trioxyméthylène. — La combustion du
trioxyméthylène donne du formol.
Les fumigaiors (fig. 133) sont de petites cartouches métalUques ren-
j fermant du trioxyméthylène. Elles sont
entourées d'une pâte combustible, brûlant
sans flamme et portant rapidement la
substance antiseptique contenue dans la
cartouche à une température suffisante
pour la transformer en formaldéhyde. Le
fumigator est commode : il ne nécessite
aucun appareil et réduit au minimum le
personnel nécessaire pour pratiquer une
désinfection. Un fumigator désinfecte
La durée de contact doit être de sept heures. Mais l'inconvénient est que la production du gaz se fait à sec, alors que l'humidité est nécessaire à l'activité de son pouvoir désinfectant.
Au lieu d'employer le trioxyméthylène sous forme de poudre, on peut se servir de pastilles obtenues par simple compression. Parfois» on l'incorpore au Kieselgur, au plâtre (formalithe, sanolithe, etc.).
Fig. 133. — Fumigator en combustion.
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