‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 161 sur 267 · CHAPITRE XXXIV FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV FIÈVRE TYPHOÏDE

La fièvre typhoïde, qui a exercé de tous temps des ravages considérables, est une maladie essentiellement évitable. Elle diminue de fréquence chez les' nations civilisées. L'hygiène d'un pays se mesure à la rareté de la fièvre typhoïde.

1° Particularités. — Incubation : de quelques jours à 20 jours (15, en moyenne). Grande fréquence des cas frustes (ambulatoires, simples diarrhées, non diagnostiqués). Existence assez fréquente des porteurs de germes (p. 557).

La fièvre typhoïde est une maladie endémique, dans tous les pays, avec, de temps à autre, des exacerhations épidémiques.

Le pronostic est sévère. La mortalité est de 20 p. 100 en moyenne, souvent beaucoup plus; elle est moins forte chez les

MALADIES INrEGTIEUSES ET PARASITAIRES

malades soignés à domicile ou dans des services spéciaux (p. 398). Les séquelles sont fréquentes.

En somme, la fivre typhoïde est une maladie socialement et individuellement Irès grave. Il y a un grand intérêt à la combattre.

2° Fréquence. — La fit'vre typhoïde pèse lourdement sur les statistiques de mortalité, mais de façon très différente suivant les pays, suivant les villes. Elle diminue lorsque Thygiène s'améliore, surtout quant à l'eau potable. Sa fréquence est donc la pierre de touche du souci hygiénique des États et des municipalités. Voici quelques chiffres :

En France, la fièvre typhoïde a cnusé pendant ces 17 dernières années environ 161 000 décès, c'est-à-dire environ 9 000 décès par an.

Cette mortalité a d'ailleurs baissé ((ig. 149). L'abaissement s'est surtout accusé de 1886 à 1901.

Dans les villes de plus de 5 000 habitants, les décès par lièvre typhoïde étaient, en 1893, de 0,34 par 1000 habitants; en 1908, ce chiffre était tombé à 0,17. En 1886, dans les villes de plus de 10 000 habitants, la fièvre typhoïde comptait pour 20 p. 100 dans la mortalité générale, tandis que la moyenne, de 1901 à 1905, n'a été que de 10 p. 100. Dans l'armée française, il y a eu, de 1875 à 1901 (vingt-cinq ans), 160 000 cas, avec 20000 morts. De 1900 à 1909 (dix ans), on a compté 32 000 cas et 4 600 décès.

A Paris, alors que le chiffre des décès était, par exemple, de 3 214 (1,43 par 1000 habitants), en 1882, de 1 880 décès (0.84), en 1883, ce chiffre a progressivement baissé (depuis l'amélioration des eaux de Paris, en 1900) à une moyenne de 240 à 290 de 1905 à 1909, soit environ 0,09 par 1 000 habitants. C'est un des plus beaux exemples de diminution de la fièvre typhoïde par amélioration du régime des eaux potables.

En 19U, la mortalité moyenne par fièvre typhoïde en France a été de 0,19 par 1 000 habitants. Voici des chiffres (1898) pour les 15 villes de plus de 100 000 habitants :

IFIÈVRE typhoïde

Décès par 10.000 h.

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