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Scarlatine

Au point de vue épidémiologique et hygiénique, le type scarlatine est absolument opposé au type rougeole.

i° Particularités. — Cas frustes, légers, sans éruption, donc méconnus, très fréquents. Mais, diagnostic cependant plus facile que pour la rougeole avant la période éruptive {diagnostic précoce par angine). Période d'incubation de longueur variable (4, 7 jours au plus). Période d'invasion courte (quelques heures à un jour).

Pas de complications pulmonaires. Mais, angines pseudo-membraneuses (diphtériques ou à streptocoques) contagieuses et albuminurie.

Réceptivité extrême de l'homme; plus de personnes échappent cepen-

dant à la scarlatine qu'à la rougeole, le germe étant moins dilTusible. Maladie du jeune âge (seconde enfance). Une première atteinte confère l'immunité.

Domaine géographique moins étendu que celui de la rougeole.

2° Périodes contagieuses. — Contagieuse pendant toute la maladie^ dès Fangine et pendant toute la convalescence, jusqu'à

dis])arition des squames (fig. 153). Il est probable que Tangine seule est contagieuse, mais que les mucosités banales contaminent les squames, le corps du malade, d'où le danger certain des squames.

3° Germe. — Inconnu. Les streptocoques décrits dans le sang étaient des agents de complications. La scarlatine est peut-être une maladie commune à rhomme et à la vache, pouvant se })ropager par le lait, suivant les Anglais. Le germe existe dans les mucosités buccales, sur les amygdales au moment de Tangine. Comme il est très résistant, il contamine les squames, la peau du malade et s'y conserve longtemps. Il est peu diffusible.

Les cas frustes constituent de véritables porteurs de germes.

¥ Modes de contagion. — La contagion directe est fréquente ; la contagion indirecte Test aussi (poussières, vêtements, livres, chambre, literie, infirmiers, médecins, etc.); tout ce qui a été en contact avec un scarlatineux est longtemps dangereux.

La porte d'entrée est certainement au niveau des amygdales. 5° Épidémies. — En raison des cas frustes, non diagnostiqués, de la ténacité et du peu de diffusibilité du germe, Tépidémie au lieu d'être massive et courte est en chapelet et interminable. L'origine est très souvent difficile à trouver (un cas fruste). Quelques cas apparaissent; on désinfecte; accalmie; nouveaux

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Fig. 154. — Décès par Scarlatine en France.

cas, etc. En réalité, c'est une chaîne, un chapelet ininterrompu^ mais dont beaucoup de c/ralns sont formés de cas frustes, non diagnostiqués, inaperçus. Rien n'est tenace et désespérant comme une épidémie de scarlatine dans une école.

6° Gravité. — La scarlatine est souvent grave par elle-même {scarlatine maligne). Cette gravité est très variable suivant les pays, suivant les périodes.

En Angleterre, en Pologne, dans les pays Scandinaves, la scarlatine est fréquente et très grave. Paris ne compte qu'une centaine de morts par an, et Londres plusieurs milliers. En France, la gravité paraît augmenter. Trousseau disait que la scarlatine méritait à peine le nom de maladie; actuellement elle fait beaucoup plus de victimes (1 500 morts connus en 1908).

Le danger du voisinage dans les salles d'hôpital est moindre que pour la rougeole, les seules complications infectieuses étant des angines pseudo-membraneuses, dont il est plus facile de se défendre.

L'albuminurie est une complication à surveiller.

La scarlatine fait moins de victimes en France que la rougeole (fig. 154).

7° Prophylaxie. — Elle est beaucoup plus compliquée que celle de la rougeole.

a) Dans la famille. — La base est Visolement complet avec toutes les précautions indiquées p. 525, pour l'entourage, les linges, etc., etc. C'est la prophylaxie de toutes les maladies à contagion indirecte possible. Brûler les livres et les cahiers; ne pas envoyer de lettre de la chambre du malade. Faire prendre un bain savonneux au convalescent, avant de le laisser sortir de sa chambre, etc.

b) A l'École. — Licenciement pendant quelques jours pour opérer la désinfection complète de l'école (brûler livres et cahiers).

Pour éviter les cas frustes, qui ramènent la contagion, faire examiner par le médecin de Vécole (ce ne sera possible que lorsque l'infection médicale des écoles sera sérieusement organisée), pendant plusieurs jours de suite, tous les matins, les

pharynx de tous les enfants et ne pas admettre ceux qui ont cette région même simplement suspecte. C'est le seul moyen d'arrêter Vépidémie. Sinon, elle recommencera bientôt.

Ne permettre la rentrée que 40 jours après Téruption, l'enfant et ses vêtements ayant été soigneusement désinfectés (p. 530).

c) A l'Hôpital. — Le danger des salles communes est moins grave pour la scarlatine que pour la rougeole. Cependant, Visolement par boxes ou par chambres (individuel) sïmpose. Surveiller les pharynx (streptocoques).

d) Prophylaxie personnelle. — Surveiller les urines (fréquence de la néphrite) ; régime alimentaire.

e) Déclaration et désinfection. — Elles sont obligatoires (p. 56). La surveillance et la désinfection en cours de maladie (lessivage du linge, précaution de Tentourage, etc.) .sont indispensables (p. 524).

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